Céline Béraud

  • La bataille du genre

    Céline Béraud

    • Fayard
    • 10 Février 2021

    Ce petit livre se propose d'analyser ce moment de politisation qui émerge à la fin des années 1990 et de manière plus sensible au début des années 2010. Il entend mettre en évidence et ainsi contribuer à déconstruire l'un des principaux ressorts de ces mobilisations anti-genre qui se trouve dans la panique morale qu'elles alimentent, par l'horizon de confusion des sexes et d'effondrement de la civilisation qu'elles dessinent.

    Querelle sur les manuels scolaires, opposition à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, débats sur la PMA et la GPA, mise en cause du droit à l'avortement. La pensée et les mobilisations conservatrices connaissent un regain de vigueur depuis les années 1990. En leur sein, les questions de genre, c'est-à-dire celles des normes relatives aux identités sexuées, aux orientations sexuelles et à leur hiérarchie, sont particulièrement saillantes. Le positionnement que l'on peut qualifier d'« anti-genre » fait aujourd'hui partie des postures intellectuelles et politiques qui sont celles des conservatismes de tout poil. En la matière, il s'agit de faire prévaloir un ordre naturel des corps (de celui des femmes en particulier), qui semblait avoir pourtant été largement déconstruit. Le caractère plurivoque du terme « nature », qui se situe au coeur de la bataille du genre, a en outre permis des convergences militantes parfois incongrues, autour notamment de l'écologie intégrale, mais nourrit aussi des malentendus.
    En se centrant sur le cas français sans exclure des éclairages européens, le présent livre analyse ce moment de politisation et ses principaux ressorts qui se trouvent dans la panique morale alimentée par l'horizon de confusion des sexes et d'effondrement de la civilisation qu'il dessine.

  • Ces dernières années, le catholicisme français a été secoué par une série de scandales : des violences sexuelles ont été exercées sur des enfants et des religieuses, avec le silence et parfois même la protection de la hiérarchie. Ces affaires affaiblissent une institution en voie de minorisation, d'un point de vue tant démographique que culturel et politique. Elles conduisent aussi à poser, de manière tout à fait inédite, la question de l'autorité : l'accès des hommes mariés, voire des femmes, à la prêtrise ; une place plus importante pour les laïcs ; une plus grande collégialité dans la prise de décision. Enfin, c'est le rapport de force interne au monde catholique qui se trouve bousculé. Alors que la mobilisation contre le mariage pour tous avait démontré le dynamisme du pôle conservateur, c'est l'autre pôle, plus réformiste, qui monte aujourd'hui au créneau.

  • La collection "Le lien social", dirigée par Serge Paugam, directeur de recherche au CNRS, propose des essais d'interprétation sociologique, historique et économique des sociétés contemporaines. Elle a pour ambition de s'appuyer sur les méthodes et les moyens techniques des sciences sociales, sans renoncer pour autant à la réflexion philosophique sur le sens des expériences vécues et l'interprétation des évolutions globales de la société.

  • Comment maîtriser le paysage sociologique contemporain au-delà des repères que constituent les grandes figures des années 1970 (Boudon, Bourdieu, Crozier, Touraine) ?
    Comment dépasser les proclamations d'écoles et les controverses théoriques afin de comprendre les liens entre les travaux sociologiques actuels ?
    Écrit par deux enseignants-chercheurs en sociologie, ce manuel explore de façon didactique ce qui traverse la sociologie française depuis sa refondation après-guerre, non pas en abordant successivement chacun des courants, mais en mettant en résonnance ambitions théoriques et grandes questions transversales (inégalités, action, changement et individu).
    En complément de l'ouvrage, les Puf vous proposent la lecture de trois articles éclairants à télécharger sur cette page.

  • Alors que certaines manifestations religieuses se trouvent au coeur de l'actualité et qu'elles suscitent des débats passionnés, comment expliquer le peu d'intérêt apparent des sociologues pour le religieux, qui était pourtant un objet central chez les "pères fondateurs" de la sociologie ? Est-ce parce que le religieux n'est pas vu ou parce qu'il est évité ? Est-il encore considéré comme voué à disparaître ? Une telle situation ne s'explique-t-elle pas également par l'isolement de la sociologie des religions par rapport aux autres sociologies spécialisées ? En la matière, les sociologues se distinguent-ils de leurs collègues des autres sciences sociales, l'histoire, la science politique, la démographie ou l'anthropologie ? C'est à ces questions que cet ouvrage, issu d'un colloque de l'Association française de sciences sociales des religions, s'attache à répondre.

    Ont également contribué à cet ouvrage Amandine Barb, Pierre Bréchon, Nicolas Commune, Baptiste Coulmont, Guillaume Cuchet, Claire de Galembert, Jean-Pascal Gay, François Héran, Danièle Hervieu-Léger, Pierre Lassave, Olivier Martin, Lionel Obadia, Philippe Portier, Corinne Rostaing, Charles Soulié et Mahamet Timéra.

  • Cette recherche sociologique, basée sur deux ans d'enquête de terrain au sein des prisons françaises, englobe toutes les religions et se décentre du versant le plus exceptionnel ou spectaculaire du religieux pour embrasser ses manifestations ordinaires. Elle met au jour la façon dont l'administration gère les cultes. Elle donne des clés pour comprendre la façon dont les personnes détenues mobilisent - ou non - la religion et les rôles que peuvent tenir les aumôniers en la matière.

    Avec le soutien de l'Institut universitaire de France et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), laboratoire ISP-UMR 7220.

  • À l'origine de ce livre : une passionnante enquête sur la religion dans l'enseignement menée à l'initiative de l'Union européenne.
    De l'Espagne à la Russie, en passant par l'Allemagne, la France et quelques autres pays, plus de six mille questionnaires ont été remplis par des adolescents européens, entre 2006 et 2009. Neuf sociologues français présentent ici pour la première fois les résultats et les interprétations de cette enquête sans précédent.

  • Ecrit par deux enseignants-chercheurs en sociologie, ce livre prend en considération leurs expériences variées de l'enseignement et de la recherche. Au lieu de présenter les trois ou quatre mousquetaires des années 1970 (Touraine, Crozier, Boudon, Bourdieu) et leur école, les auteurs établissent des liens entre les travaux sociologiques. Ils prennent acte des usages multiples des théories qui parcourent la sociologie française contemporaine, structurée autour de ses pratiques depuis sa refondation après-guerre : un ancrage dans l'enquête empirique, une position intermédiaire entre le « raisonnement historique » et le « raisonnement économique », une mise en résonance des ambitions théoriques et des grandes « questions sociales » (école, individu, mémoire, classes...).

  • À l'horizon des discussions récentes sur la laïcité et la religion dans la sphère publique se joue le lien historique et profond que la France et le Québec nouent, par-delà leurs différences, avec un catholicisme romain majoritaire. C'est dans l'analyse de ce lien, autour de la problématique « catholicisme et culture », et l'affinement nécessaire des théories de la sécularisation que réside l'apport original de ce livre.

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