Jerome Goffette

  • " Naissance de l'anthropotechnie " aborde à sous un angle philosophique et anthropologique la question du futur visage de l'humain. Plus précisément, de nombreuses pratiques " médicales " contemporaines ont quitté le cadre du soin et de la lutte contre la pathologie pour " améliorer " l'homme. Une nouvelle activité, l'anthropotechnie, serait en train de naître. En rupture avec l'appel à l'aide contre la mort et la souffrance, en rupture aussi avec l'obligation médicale d'assistance, l'anthropotechnie apparaît comme un service multiforme de transformation biologique de l'humain à des fins de performance, de quête d'identité, de liberté, de standardisation, etc. Modifications esthétiques, dopage physique ou intellectuel, modulation de l'humeur et de la sexualité, cyborgisation, procréations assistées atypiques : telles sont les principales facettes de cette anthropotechnie, étudiée ici méthodiquement. L'avenir humain sera affecté de façons multiples et radicales, potentiellement humanisantes et déshumanisantes, aliénantes ou libératrices.

  • L'auteur de cet essai explore l'imaginaire de l'intériorité corporelle dans quelques oeuvres de science-fiction (L'Homme truqué de Maurice Renard, La Musique du sang de Greg Bear et Le Voyage fantastique de Richard Fleischer), en prenant comme grille d'analyse la vision du milieu intérieur chez le médecin et physiologiste Claude Bernard.

  • Lunettes, stimulateurs cardiaques, prothèses dentaires, audioprothèses, implants mammaires, bras mécatroniques, etc. : notre monde nous plonge de plus en plus dans un univers de prothèses (l'âge venant, peu d'entre nous y échappent).

  • Ce petit ouvrage dense mais accessible veut apporter plusieurs contributions originales à l'éthique et à la philosophie politique. La cohérence de leur ensemble peut former l'assise d'un nouvel humanisme. La réflexion part du constat que la condition humaine, tissée d'essence et d'existence, est à la fois un état et un projet. De plus, le sujet humain est autant un nous qu'un je , autant une personne commune qu'une personne individuelle. Prenant le contre-pied de la lutte du maître et du serviteur de Hegel, l'existence d'un nous requiert de mettre de côté la dialectique de la domination pour adopter la dialectique de la curiosité. Elle seule permet à soi et à l'autre une reconnaissance mutuelle comme conscience de soi d'égale valeur, ce qui fonde la dignité, la complicité humaine, et un monde commun partagé avec l'autre. Ainsi, l'éthique et le politique reposent sur cet espace du nous , qui est d'abord un espace avec . Penser à la fois le je et le nous conduit à approfondir et compléter la formulation de l'impératif de Kant, en intégrant éthique et politique, respect de l'autonomie des personnes individuelles et respect de la synomie (syn- : avec en grec) des personnes communes. Dans cet esprit, mieux que le modèle du consentement, il faut penser selon le modèle de l'accord pour que le nous ne résulte ni de la contrainte ni de la pression. De même, comme toute personne est responsable de ses actes, il convient de mieux penser les responsabilités individuelles et collectives. L'auteur montre les implications sur quatre aspects importants dans nos vies : 1° exiger l'établissement d'un vrai contrat démocratique au lieu des délégations semi-démocratiques actuelles, qui favorisent le mensonge, 2° lutter contre l'intoxication publicitaire et consumériste, qui nous donne une fausse image du monde réel, nous harponne sans notre accord et fait pression sur nous, 3° rétablir et renforcer les systèmes de garantie de vérité pour dégonfler l'inflation des affabulations dans le tissus de nos cultures, 4° promouvoir dans le cadre du travail un nous humaniste, en décourageant par exemple les techniques délétères de management désincarné. Ce manifeste se conclut sur une réflexion métaphysique : l'être humain et l'humanité ne sont ni infinis ni finis, mais transfinis, sans cesse à la recherche d'eux-mêmes. Cette situation même est la condition humaine. Notre devoir est que nos vies s'épanouissent et notre humanitude se densifie le plus possible.

  • Human enhancement has become a major concern in debates about the future of contemporary societies. This interdisciplinary book is devoted to clarifying the underlying ambiguities of these debates, and to proposing novel ways of exploring what human enhancement means and understanding what practices, goals and justifications it entails.

  • La médecine fait rêver dans de multiples directions : de la mort soudainement éloignée jusqu'aux cauchemars du corps ouvert, de la figure bienveillante jusqu'à la profanation, de l'antalgique salvateur jusqu'à d'horribles supplices. Alors que le corps intérieur nous est obscur, la science-fiction, le fantastique, la Fantasy et l'horreur nous font découvrir des paysages du corps splendides, étonnants ou répugnants, mais toujours prenants.
    Pourquoi cette profusion de l'imaginaire médical ? Avec une médecine aujourd'hui rationnelle, on s'attendrait à la fin des passions imaginatives, mais au contraire la science médicale nouvelle a démultiplié les perspectives. La prolifération de l'imaginaire médical est naturelle, car la littérature et le cinéma aiment ses images fortes. Les effets de science sont aussi des effets de fiction et de merveilleux.
    Le lecteur comprendra l'intérêt de ce travail collectif (grâce au réseau CERLI), mais aussi notre humilité, car nous n'épuisons en rien la thématique.

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