Sébastien Chauvin

  • Qu'il soit célébré pour sa flexibilité ou dénoncé pour son caractère impitoyable, le marché du travail américain fait l'objet en Europe d'une attention continue. Il est cependant rarement exploré de première main. C'est ce projet qu'a mené l'auteur au cours d'une enquête de deux années à Chicago parmi les travailleurs les plus précaires du pays : les hommes et les femmes, immigrés mexicains sans papiers ou sous-prolétaires afro-américains, employés par des agences de travail journalier. Attendant à l'aube avec eux les offres d'emplois quotidiennes dans les locaux de ces établissements, travaillant à leurs côtés dans les usines de la région, et militant enfin dans les organisations où ils se mobilisent, il en dresse un portrait qui renouvelle notre vision de la précarité aux États-Unis et complexifie les théories contemporaines sur la fonction des intermédiaires du marché du travail. Il montre que les agences sont moins là pour faciliter le licenciement des travailleurs que pour assurer leur disponibilité permanente, qui implique de longues phases d'attente gratuite. Il met aussi en évidence les contradictions de l'utopie néolibérale de la flexibilité absolue : dans les usines et les entrepôts, l'emploi massif, durable et régulier de la main-d'oeuvre journalière oblige en effet à la traiter « en masse » et interdit le recours des directions aux formes les plus extrêmes d'intermittence ou d'individualisation.Sébastien Chauvin est sociologue, professeur assistant à l'université d'Amsterdam et chercheur à l'Institute for Migration and Ethnic Studies.

  • Qu'il soit célébré pour sa flexibilité ou dénoncé pour son caractère impitoyable, le marché du travail américain fait l'objet en Europe d'une attention continue. Il est cependant rarement exploré de première main. C'est ce projet qu'a mené l'auteur au cours d'une enquête de deux années à Chicago parmi les travailleurs les plus précaires du pays : les hommes et les femmes, immigrés mexicains sans papiers ou sous-prolétaires afro-américains, employés par des agences de travail journalier. Attendant à l'aube avec eux les offres d'emplois quotidiennes dans les locaux de ces établissements, travaillant à leurs côtés dans les usines de la région, et militant enfin dans les organisations où ils se mobilisent, il en dresse un portrait qui renouvelle notre vision de la précarité aux États-Unis et complexifie les théories contemporaines sur la fonction des intermédiaires du marché du travail. Il montre que les agences sont moins là pour faciliter le licenciement des travailleurs que pour assurer leur disponibilité permanente, qui implique de longues phases d'attente gratuite. Il met aussi en évidence les contradictions de l'utopie néolibérale de la flexibilité absolue : dans les usines et les entrepôts, l'emploi massif, durable et régulier de la main-d'oeuvre journalière oblige en effet à la traiter « en masse » et interdit le recours des directions aux formes les plus extrêmes d'intermittence ou d'individualisation.Sébastien Chauvin est sociologue, professeur assistant à l'université d'Amsterdam et chercheur à l'Institute for Migration and Ethnic Studies.

  • Au cours des trois dernières décennies, l'accélération des processus de mondialisation et l'augmentation des inégalités économiques dans la plupart des pays du monde ont posé la question de l'émergence d'une nouvelle classe dominante globale, qui serait caractérisée par son niveau de richesse inégalé, son ubiquité transnationale et sa culture spécifique. [Chapitre extrait de l'édition 2016 de L'état du monde]
    Depuis plusieurs années, et singulièrement après la crise financière de 2008, les inégalités sont redevenues un thème d'actualité. Des best-sellers internationaux se consacrent à cette question trop longtemps négligée. Des ONG publient des chiffres alarmistes qui illustrent le fossé croissant entre les pauvres, qui paraissent toujours plus nombreux et vulnérables, et les ultra-riches, qui ne savent plus comment dépenser leurs gigantesques fortunes. D'Athènes à New York, de Madrid à Hong Kong, les mouvements populaires qui placent la lutte contre les " inégalités " au coeur de leur programme se multiplient et prennent de l'ampleur.
    Mais, derrière les slogans, comment appréhender et mesurer précisément ces inégalités qui pèsent de plus en plus sur l'agenda international ? Politiques, économiques, sociales, raciales, culturelles ou sexuelles : comment s'enchevêtrent les différentes facettes de l'inégalité ? Pourquoi les institutions internationales, elles-mêmes très inégalitaires, échouent presque toujours à atteindre les objectifs qu'elles se sont fixés en matière de " développement " ? Pourquoi l'accès à l'alimentation, au logement, à l'éducation ou à la santé reste-t-il à ce point inégalitaire ? L'injustice ressentie par de nombreuses populations favorise-t-elle les conflits et la violence politique ?
    Grâce aux chercheurs et journalistes réunis autour de Bertrand Badie et Dominique Vidal, cette édition 2016 de L'état du monde propose de nouvelles perspectives pour comprendre les inégalités contemporaines aux échelles mondiale, régionale et nationale. S'appuyant sur de solides ressources statistiques et sur d'innombrables exemples, sur les cinq continents, les spécialistes qui ont contribué à ce volume en décortiquent les mécanismes et fournissent ainsi quelques pistes pour tenter de les combattre.
    Ceci est le chapitre " Vers une hyper-bourgeoisie globalisée ? " par Bruno Cousin et Sébastien Chauvin, extrait de l'ouvrage L'état du monde 2016.

  • Au-delà de la variété des phénomènes étudiés, l'ouvrage souligne plusieurs partis pris essentiels des études sur le genre : les différences systématiques entre femmes et hommes sont le résultat d'une construction sociale et non pas le produit d'un déterminisme biologique ; l'analyse ne doit pas se limiter à l'étude « d'un » sexe, mais porter sur leurs relations ; le genre est un rapport de domination des hommes sur les femmes, dont les modalités et l'intensité sont sans cesse reconfigurées.

  • Cet ouvrage s'inscrit dans le foisonnement de la sociologie du genre et des études gaies et lesbiennes. Il propose une synthèse des recherches en sciences sociales sur l'homosexualité en France et dans le monde. Nourri des apports de la réflexion théorique et de la critique historique, il donne à voir la diversité des figures de la dissidence sexuelle selon les périodes, les milieux sociaux et les aires culturelles, et la façon dont celle-ci interroge les constructions contemporaines de l'hétérosexualité.

  • Pourquoi offre-t-on des poupées aux filles et des voitures aux garçons ? Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes ? Comment expliquer qu'elles effectuent les deux tiers du travail domestique ? Pourquoi est-ce si mal vu pour un homme d'être efféminé ? Le pouvoir est-il intrinsèquement masculin ?

    Il s'agit là de quelques-unes des nombreuses questions auxquelles s'intéressent les études sur le genre, devenues depuis une trentaine d'années non seulement un champ de connaissances, mais aussi un outil d'analyse incontournable en sciences humaines et sociales.

    Au-delà de la variété des phénomènes étudiés, l'ouvrage souligne plusieurs partis pris essentiels des études sur le genre : les différences systématiques entre femmes et hommes sont le résultat d'une construction sociale et non pas le produit d'un déterminisme biologique ; l'analyse ne doit pas se limiter à l'étude « d'un » sexe, mais porter sur leurs relations ; le genre est un rapport de domination des hommes sur les femmes, dont les modalités et l'intensité sont sans cesse reconfigurées.

    Ce manuel propose un panorama clair et synthétique des notions et références essentielles des études sur le genre, en les illustrant par de nombreux exemples concrets.

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