Stéphane Mourlane

  • L'Italie oscille entre traditions et modernité, entre inertie et ruptures brutales.

    L'Italie, en proie à des difficultés pour renouveler son modèle économique, fait face à de nouvelles fractures sociales et territoriales. Le double regard de l'historien et du géographe éclaire ici la complexité des réalités italiennes depuis le XIXe siècle :

    - Un territoire soumis à de nombreuses contraintes - aléas naturels, inégalités de développement - et pourtant mis en valeur depuis l'âge du Bronze.
    - Une population confrontée à de nouveaux enjeux, entre crise de la fécondité, nouvelle pauvreté et immigration massive.
    - Un État qui fait face à une défiance généralisée et une instabilité gouvernementale à l'origine d'une montée des populismes.
    - Un pays à la culture millénaire, berceau de l'héritage culturel européen.
    - Une Italie qui tente de se faire une place dans le paysage géopolitique mondial.

    Les quelque 130 cartes et documents révèlent ainsi l'Italie et les Italiens d'aujourd'hui et renouvellent, loin des stéréotypes, notre vision sur ce pays si proche et pourtant si méconnu.

  • Cet ouvrage, qui accompagne l'exposition présentée au Musée national de l'histoire de l'immigration, propose de découvrir la grande diversité des regards portés sur les immigrés italiens venus s'installer en France, à travers différentes sources (cinéma, oeuvre d'art, récits de vie, articles de presse ou de personnalités politiques).

  • Nice, sa plage, ses hôtels, sa jet-set. Elle est, depuis le XIXe siècle, une des villes les plus connues au monde. Capitale du tourisme de luxe, le rendez-vous international de toutes les célébrités de la politique, des affaires, des arts, c'est aussi une ville cosmopolite, riche de la diversité de sa population. À la Belle Epoque, Nice perd son statut de modeste capitale régionale pour devenir une des villes les plus connues du monde, une des capitales du tourisme de luxe. Cette mutation s'accompagne d'une spectaculaire cosmopolitisation de la ville, phénomène observable dans la composition variée de la population, les formes de l'urbanisation, les comportements sociaux et culturels. Nice attire d'abord la main d'oeuvre italienne mais accueille aussi les exilés politiques des empires russes et ottomans : Russes blancs et Arméniens ; Juifs allemands fuyant l'Europe centrale et orientale. Une économie locale fondée sur le tourisme se met en place notamment grâce à cette main d'oeuvre italienne précaire, essentielle au fonctionnement et au développement économique de la ville. Comme ailleurs dans l'Hexagone, la guerre de 1914-1918 affecte les comportements démographiques : le nombre de mariages et de naissances chute. Pourtant, le recensement de 1921 révèle une augmentation de la population tandis que l'on observe une reprise rapide de l'activité touristique, en dépit de la crise économique internationale. Nice retrouve les voies d'une prospérité à laquelle contribue grandement une immigration étrangère massive. La période n'en est pas moins marquée par des crises, économiques ou politiques, dont les échos produisent des tensions au sein d'une population niçoise toujours plus cosmopolite. Mais le cosmopolitisme niçois est un édifice fragile, prêt à se lézarder sous l'effet de nouvelles crises et de nouvelles arrivées. À partir de 1945, et surtout, après l'indépendance de l'Algérie, le visage de l'immigration niçoise change et les Italiens cèdent peu à peu la place aux Maghrébins. Les tenants de l'identité niçoise s'alarment alors et on assiste à la montée du racisme anti-arabe.

  • 2006 : année de la coupe du Monde de Football. A cette occasion et pour initier une série d'ouvrages d'historiens dédiés aux « objets culturels », Autrement édite un ouvrage consacré à ce sport qui suscite des émotions et des passions, crée des identifications et établit le lien entre différentes cultures, langues et religions. Le football comme miroir des sociétés européennes au
    XXe siècle. D'ordinaire le sport est, éditorialement parlant, le domaine « réservé » des journalistes spécialisés ou des sportifs eux-mêmes. Rarement la parole a été donnée à des historiens pour étudier telle ou telle discipline - à moins qu'il ne s'agisse, en ce qui concerne le football, d'histoires de tel ou tel
    club. Or c'est chose faite avec cet ouvrage composé d'articles des meilleurs historiens européens spécialisés en histoire de la culture. Le football est ici appréhendé, avec chaleur bien sûr car les auteurs aiment l'« objet » qu'ils
    analysent, comme étant un élément de construction identitaire - une identité sociale, mais aussi politique et culturelle.

  • La mémoire de l'une des principales immigrations en France oscille entre oubli et idéalisation. Main-d'oeuvre indispensable en France, les itinéraires des Italiens ont été plus complexes que leur intégration ; célébrée aujourd'hui, peut le laisser paraître. Les trajets ont été sinueux et l'accueil souvent malveillant.
    Face au déracinement et en fonction de leurs activités, les Italiens se sont regroupés dans les mêmes lieux, développant un entre-soi fondé sur la solidarité et le souvenir des origines. Cette italianité n'a toutefois jamais signifi é le repli, en dépit des pressions exercées parfois par l'État italien. Les Italiens de France ont effet, par leur travail, leur engagement militant pour certains, ou encore, pour beaucoup, leurs pratiques culturelles, enrichi leur pays d'installation. Pendant plus d'un siècle, s'est construite une présence qui a conduit à une visibilité spécifi que, la ritalité, dont ce livre entend rendre compte.

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