Divergences

  • « Le féminisme n'a jamais tué personne ». Cette phrase est brandie depuis des décennies par le discours féministe majoritaire. Comme si les féministes cherchaient à rassurer un patriarcat pétri d'angoisse, ou à appuyer l'idée - déjà bien répandue - qu'une femme ne peut pas faire peur, qu'une femme ne peut pas être dangereuse. Mais est-il vrai que le féminisme n'a jamais tué personne ? Elles s'appellent Maria, Noura, Judith, Diana, Christabel. Elles ont fait usage de la violence contre la patriarcat. Elles ont touché au grand tabou. Pour nourrir une réflexion sur la place de la violence dans la lutte contre le patriarcat, Irene nous raconte l'histoire de ces femmes violentes.

  • « Pour faire simple, le féminisme est un mouvement qui vise à mettre fin au sexisme, à l'exploitation et à l'oppression sexistes. » Ainsi débute cette efficace et accessible introduction à la théorie féministe, écrite par l'une de ses figures les plus influentes, la militante noire-américaine bell hooks.

    Conçu pour pouvoir être lu par tout le monde, ce livre répond de manière simple et argumentée à la question « qu'est-ce que le féminisme ? », en soulignant l'importance du mouvement féministe aujourd'hui. Ce petit guide, à mettre entre toutes les mains, nous invite à rechercher des alternatives à la culture patriarcale, raciste et homophobe, et à bâtir ainsi un avenir différent.

  • La puissance féministe . ou le désir de tout changer Nouv.

    Des mobilisations féministes massives éclosent sur tous les continents bouleversant les moeurs et les législations. Verónica Gago, figure majeure du féminisme latino-américain, observe avec un regard original l'émergence de cette internationale féministe. Mêlant analyse et manifeste politique, La Puissance féministe revient sur les débats féministes actuels et sur les controverses autour du modèle de développement néo-extractiviste.

    Riche de son expérience au sein des mouvements radicaux, l'autrice questionne le lien étroit entre le genre et la race. Gago se demande à quoi pourrait ressembler une nouvelle théorie du pouvoir, fondée sur notre désir de tout changer.

  • Peu après la publication de Surveiller et punir, Michel Foucault est amené à répondre à la question suivante : « Y a-t-il des "alternatives" à la prison ? » Foucault doute que l'imposition croissante de conditions restrictives en dehors de l'enceinte de la prison témoigne d'une rupture avec l'emprisonnement ; le progressisme pénal et le développement de techniques de surveillance sembleraient aller de pair.

    Ainsi ne s'agit-il pas tellement d'inventer des « alternatives », mais plutôt de savoir si l'on souhaite diffuser ou faire décroître le contrôle social. La lecture rétrospective d'« Alternatives » à la prison, loin de tarir les questionnements sur l'actualité criminologique, suscite de nombreuses interrogations quant à l'extension d'une société policée. Des textes de Sylvain Lafleur, Toni Ferri et Anthony Amicelle viennent actualiser cette analyse.

  • Nos corps sont des terrains de résistance car ils sont pour d'autres des terrains à conquérir. Dans cet ouvrage accessible et personnel, en discussion avec les mouvements féministes contemporains, Silvia Federici entreprend d'extirper nos corps des pouvoirs et des dispositifs technologiques qui les aliènent et les transforment.

    Comment reprendre corps aujourd'hui alors que les publicitaires dictent à ce corps son allure, que les petits chefs l'épuisent au travail, que les médecins l'entourent de sa naissance à sa mort, et qu'on le marchandise jusqu'à la reproduction ? Comment le corps et le genre se forment-ils, entre histoire, luttes collectives, et politique de l'identité ?

    De l'examen de ces questions brûlantes, il ressort un refus : celui de la transformation du corps en machine (ouvrière, procréatrice ou esclave). Et une affirmation : la nécessité d'écouter le langage du corps, afin de retrouver par-delà ses frontières la continuité magique qui nous relie aux autres êtres vivants qui peuplent la terre.

  • "A l'heure où le réseau resserre son emprise sur le réel, les promesses d'internet n'ont jamais semblé si ambivalentes. Outil d'émancipation ou bras armé de nouveaux totalitarismes ? Sanctuaire de la liberté d'expression ou terrain de jeu des intelligences artificielles ? De la Silicon Valley à la Chine, des réalités alternatives se dessinent. Pour les comprendre, on peut retracer l'histoire des idéologies et des récits qui ont contribué à dessiner l'architecture du réseau, depuis les cybernéticiens des laboratoires d'après-guerre jusqu'aux transhumanistes du XXIème siècle, en passant par la contreculture de la baie de San Francisco, et par les libertariens dans l'administration américaine des années 1990.
    C'est aussi réfléchir aux nouveaux récits qui pourront en infléchir le devenir".

  • La question de la technique en Chine : essai de cosmotechnique Nouv.

    S'il y a un domaine où la Chine s'impose, c'est bien celui de la technique. Conquête spatiale, 5G, construction d'un Internet « national » avec ses géants numériques, technologies de surveillance et de contrôle : Yuk Hui part de ces avancées pour questionner la façon dont les Chinois pensent la technique.

    Si l'immense système technique qui étend aujourd'hui son emprise sur terre pour en extraire les ressources trouve ses origines dans la modernité européenne, rien ne semblait prédestiner la Chine à l'accepter ni à l'intégrer, encore moins à en être à la pointe. Yuk Hui analyse la révolution technologique dans un contexte local et cosmologique, confrontant ainsi les philosophies de la technique en Occident et en Asie.
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  • Radiation et revolution

    Sabu Kohso

    Dans Radiation et révolution, Sabu Kohso utilise la catastrophe nucléaire de Fukushima de 2011 pour mettre en lumière la relation entre le nucléaire, le capitalisme et l'État-nation. Si la catastrophe est un événement crucial dans le Japon d'après-guerre elle incarne le mode de développement capitaliste qui ravage notre planète.

    Kohso démontre que le nucléaire n'est pas une simple source d'énergie - c'est devenu le principe organisateur de l'ordre politique mondial et le moyen le plus efficace d'accumuler des profits et de gouverner les populations. Pour se libérer de la domination des États-nations capitalistes, l'abolition de l'énergie et de l'armement nucléaires est essentielle.

  • « Le Macronisme est une nouvelle variante du fascisme, et il nous faudra avoir la plus grande attention à la façon de débrancher ces êtres de nos institutions au moment du changement démocratique nécessaire et qu'ils chercheront compulsivement à éviter ».

    Telle est la thèse de Juan Branco, normalien et docteur en droit, conseiller juridique de Julian Assange et de Wikileaks, spécialisé dans les violences politiques et de masse. Ce texte montre comment, dès les premiers jours de son mandat, se dessinait chez Emmanuel Macron une pratique du pouvoir dangereuse pour la démocratie, ancrée dans une histoire politique éloignée des préceptes auxquels sa rhétorique donnait l'impression d'adhérer.

  • Devant l'ampleur planétaire du désastre, un nouveau mouvement écologiste a émergé au fil des marches pour le climat, des grèves de la jeunesse et des actions de désobéissance. Mais sa stratégie se réduit encore à adresser une demande de transition à de supposés décideurs.

    Pour Désobéissance Écolo Paris, collectif à l'origine des grèves scolaires dans la capitale, on a déjà perdu trop de temps à demander aux pyromanes d'éteindre l'incendie. L'inertie de ce monde n'appelle pas une transition, mais une rupture. Pratiquer une écologie sans transition consiste à interrompre dès maintenant l'oeuvre destructrice de l'économie et à composer les mondes dans lesquels nous voulons vivre. Et cela, d'un même geste.

  • « Nous ne sommes pas assez modernes. » En définissant la magie comme la délégation à un artefact des agencements sociaux, Hornborg démystifie la monnaie et la technologie. La magie des modernes est telle qu'elle les empêche d'identifier leur technologie, issue de la Révolution industrielle, à l'accaparement de l'énergie, du temps de travail et des terres au profit d'une minorité. Hornborg démontre l'inanité des politiques d'innovation technologique face au désastre social et écologique qui affecte la majorité des sociétés et des écosystèmes.

    Contre la magie de la finance, il défend ainsi une révolution du système monétaire, le renoncement à l'équivalence généralisée et le renforcement des communautés contre l'ordre mondial.

  • « Le capitalisme est mort ».

    C'est sur ces mots que, le 29 juillet 2019, Jérémy Désir, ancien banquier de la City (place financière de Londres), débutait sa lettre ouverte de démission après dix années d'un parcours académique d'élite. C'est l'aveuglement de ces mêmes élites quant à leur rôle dans la catastrophe en cours, aussi bien que son parcours personnel qui l'ont conduit à cette conclusion inéluctable. Une démonstration aussi limpide qu'implacable sur la fin d'un monde, vu de l'intérieur, et des stratégies envisageables pour en précipiter la chute : seule alternative au chaos programmé.

  • Les forêts sont en flammes, le monde se réchauffe, les tensions s'aiguisent. Les écologistes commencent à se faire à l'idée que les gouvernements et les "décideurs" ne feront rien pour arrêter le ravage. Pour celles et ceux qui n'entendent pas rester sans rien faire, il y a un temps avec lequel renouer, où l'écologie était un vaste mouvement d'action directe, doté d'une histoire révolutionnaire et d'une stratégie.

    Cette histoire oubliée, c'est celle des années 1990 en Angleterre, où le gouvernement a dû plier le genou devant l'éclosion, sur son territoire, d'une myriade de "zones à défendre". Opposée à l'écologie résignée des ONG, une génération avait alors pris pour mot d'ordre : pas de compromis dans la défense de la terre?! Blocages de pelleteuse, bris de vitrine, débats passionnés, randonnées illégales, occupations de bureaux, ouvertures de squats, amourettes ensoleillées, vie dans les arbres - tout cela a été le quotidien de dizaines de milliers d'écologistes.

    Rédigé par un membre d'Earth First?!, ce récit critique de ces années intenses est riche d'enseignements politiques pour aujourd'hui.

  • Gilles Deleuze est connu comme le penseur de la création, de l'affirmation joyeuse et du rhizome. Mais Andrew Culp défend l'idée polémique que cette pensée radicale et joyeuse a perdu son potentiel de résistance au présent. Ces concepts créés pour combattre le capitalisme ont été recyclés dans des slogans publicitaires qui affirment allègrement que : « Le pouvoir est vertical ; le potentiel horizontal ! » Culp retrouve la négativité oubliée de Deleuze et perturbe la lecture dominante en révélant un réseau souterrain de conspiration, de cruauté, de terreur de l'extérieur et de la honte d'être humain. Un Deleuze révolutionnaire pour notre monde digital, de bonheur compulsif, de contrôle décentralisé et de surexposition.

  • La multiplication à l'échelle planétaire de mouvements sociaux, inédits dans leurs formes et dans leur ampleur, semble venir contredire une certaine idée post-moderne de la « fin de l'histoire ».

    Dans ce court texte incisif, Mikkel Bolt Rasmussen, spécialiste des mouvements politiques et des avant-gardes artistiques, livre un essai original sur les théories de l'Histoire au regard des grands mouvements sociaux et des soulèvements insurrectionnels contemporains. Il nous engage alors à repenser la relation entre le présent historique et l'action politique.

    En opposant, sous forme de boutade, « la fin de l'histoire » hégélienne à la disruption d'Occupy, ce livre met en valeur l'actualité d'une « ré-ouverture de l'histoire ».

  • Nicola Massimo De Feo (1939-2002) a la particularité d'opérer une réconciliation des traditions marxiste et anarchiste au regard des expériences dont les années 1970 italiennes et allemandes étaient porteuses.

    Dans Contre la révolution politique, la reprise de la séquence de l'anarchisme russe l'amène à penser à nouveaux frais la question de la prise de pouvoir révolutionnaire en un temps où elle apparaissait déjà de moins en moins désirable. Surtout, en confrontant les conspirations de cette époque avec leur figuration chez Dostoïevski, il aborde de front les ambiguïtés théoriques et pratiques du processus destituant dans la tradition de l'autonomie.

  • Nous pouvons redevenir des habitants de cette Terre, pris dans les rets de notre incommensurable cohabitation avec d'autres êtres. Singulariser les communautés des êtres du vivant que nous sommes, ce n'est rien d'autre que fragmenter le monde. Contre le cauchemar de l'utopie capitaliste qui prétend intégrer tout être, toute chose dans le monde global de sa décomposition : se désintégrer, à nouveau des manières de faire exister notre expérience, instaurer la différence. Retrouver des voies d'une politique inséparable de sa localisation. Il n'y a pas de monde commun qui préexiste à l'expérience que l'on en fait. Il n'y a que des formes de communisation qui rendent le monde ingouvernable. Cette nouvelle édition est l'ouvrage de référence de l'exposition Fragmenter le monde au Palais de Tokyo (2020).

  • Si l'on récuse l'idée d'un effondrement fatal et déjà acquis, la mise en évidence d'une dynamique de crise structurelle implique que l'emprise du monde de l'économie peut continuer à se perpétuer, quoiqu'au prix d'une décomposition politique et sociale, d'une pression sur les "ressources humaines" et d'une dévastation écologique sans cesse exacerbées.

    Écrit sous l'effet du soulèvement des Gilets jaunes, le présent livre argumente que ce mouvement, tout comme les mobilisations pour le climat dont l'essor est presque simultané, est annonciateur de nouvelles formes d'explosion sociale qui sont vouées à se multiplier au cours des années à venir.

  • Capitalisme carcéral

    Jackie Wang

    Jackie Wang pose une question cruciale pour comprendre ce qui se passe actuellement aux États-Unis : comment un réseau carcéral et des appareils de répression policiers s'articulent-ils à la violence de l'économie et du racisme ? S'agit-il de la continuation directe, sous un autre visage, du système d'esclavage qui perdura jusqu'au XIXe siècle et sur lequel se sont fondés les États-Unis d'Amérique ? Est-ce un système de gestion des populations « surnuméraires », déclassées dans l'impossible course à l'American Dream du fait de leur position dans la hiérarchie sociale ? Les nouvelles formes de contrôle n'ont pas pour seul objet de mettre au pas les gens de couleur, mais aussi de les exploiter et d'en tirer profit en les enfermant dans le cercle vicieux de la dette. Au cloisonnement racialisé des populations s'ajoutent de nouveaux dispositifs comme les bracelets connectés ou les algorithmes de prédiction des crimes, qui font des villes de véritables prisons à ciel ouvert. Ce livre nous plonge au coeur de l'enfer du capitalisme américain, de ses logiques sécuritaires et de ses processus de racialisation des corps.

  • Horizons brisés

    Collectif

    Le désastre emporte tout, au point qu'il est plus facile d'imaginer la fin du monde qu'une bifurcation. Le collectif Liaisons - groupe de recherche partisane transocéanique - appelle cela "l'éclipse de l'horizon" : perte des perspectives et des repères qui nous permettaient d'envisager une possible révolution. Comment continuer de croire et de lutter en ce monde à l'ère de sa probable extinction ? Comment penser la victoire ? Dans Horizons brisés, des collectifs en lutte provenant de quatre continents tentent de répondre à cette question afin de mettre en commun la pensée révolutionnaire sur une échelle planétaire - au Mexique, aux Etats-Unis et en Chine en passant par le Soudan.

  • Le peyotl, appelé "la chair des dieux" par les peuples indigènes mexicains, est une plante psychotrope emblématique, employée entre autres pour soigner et consommée durant les fêtes. Mais les colonisateurs européens et missionnaires chrétiens qui n'y virent qu'une plante "maléfique", la rebaptisèrent "herbe du diable" et prononcèrent son interdiction. Cependant, malgré l'interdit et la répression, le peyotl continua d'être consommé durant la période coloniale et jusqu'à nos jours.

    L'auteur questionne les usages de psychotropes et leur prohibition, la "guerre à la drogue" comme guerre aux "drogués", l'histoire d'une guerre "morale" contre les minorités racisées.

  • "Jusqu'à quel point le mouvement révolutionnaire fut il responsable de sa propre défaite ?" demandait Vernon Richards en 1953.

    Dans l'Espagne de 1936, que restait-il du projet communiste libertaire après le 19 juillet quand en le propulsant en Catalogne, en Aragon et en pays valencien, un certain nombre de militants de la CNT-FAI se rendirent compte qu'ils agissaient à contre-courant de leur organisation ? Comment parler encore de sortie du capitalisme quand un syndicat anarcho-syndicaliste "collectivise" le secteur productif sous l'égide de l'Etat, incite la classe ouvrière à s'adapter "au panorama économico-industriel du monde", et repousse aux calendes grecques l'abolition du salariat ?

    Premier volume : Et l'anarchisme devint espagnol Second volume : L'anarcho-syndicalisme travaillé par ses prétentions anticapitalistes 1910-1937.

  • Après l'année 2008 et son krach, les plans de sauvetage, les banqueroutes étatiques et les mouvements de réfugiés qui en ont résulté ces derniers temps, il devient de plus en plus évident dans les centres que le capitalisme est en train de tomber en morceaux. Quant à la périphérie, elle se désintègre elle aussi toujours davantage et s'enfonce dans la guerre civile, la criminalité et le banditisme. D'un côté comme de l'autre on voit se répandre un terrorisme d'exclusion, de démarcation, de verrouillage des frontières. Dans un tel contexte nous publions ce texte de Robert Kurz se rapportant aux thématiques de l'« impérialisme d'exclusion » et de l'« état d'exception ».

  • Après avoir retracé les moments forts de la rencontre entre une partie des classes populaires espagnoles et l'anarchisme au temps de la première Internationale, l'auteure aborde dans ce deuxième volume les "deux manières d'interpréter le sens de la vie et les formes de l'économie post-révolutionnaire" qui s'agitaient au coeur de la CNT et de la mosaïque libertaire de 1910 à 1936.

    Après le 19 juillet 1936, une partie du mouvement, nourrie d'une solide culture de l'action directe, se lança avec enthousiasme dans un début de sortie du capitalisme, inédite par son ampleur et sa durée, une epérience dont les leçons restent à tirer.

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