Maison Sciences De L'homme D'aquitaine

  • Quel est le rôle de la ville dans la lutte contre les discriminations? Les mouvements Black Live Matters ou les manifestations contre le harcèlement sexiste ont bien montré que la ville est un théâtre de représentations et d'actions discriminantes. Les villes, pour de nombreuses raisons politiques, civiques ou humaines, ont un rôle central à jouer dans cette promotion de l'égalité. A travers plusieurs contributions, ce livre se propose d'éclairer quatre grandes thématiques. Premièrement, celle des quartiers (dits) prioritaires et des inégalités subies par leurs habitant.e.s: quelle prise en compte de ces quartiers? Puis, dans un contexte post-confinement, quel accès à la santé pour ces territoires? Deuxièmement, celle de la prise en compte du racisme à l'échelle municipale à partir de deux « cas » municipaux. Troisièmement, celle des stigmatisations dans la ville: de quelles manières les municipalités peuvent-elles s'engager dans une ville vivable pour les minorités de genre et de sexualité, ou bien encore pour les personnes en situation de handicap psychique? Quatrièmement, celle de la précarité et du logement: comment faire glisser la question du sans-abrisme du côté de la discrimination? Pour conclure ce livre, des diagnostics seront posés, l'un en matière de prévention et de lutte contre les discriminations au logement au regard de villes « Airbnbisées », l'autre sous forme d'échanges entre élu.e.s en charge de la lutte contre les discriminations dans différentes villes: Bordeaux, Paris, et Lille. A la lecture de ces pages il s'avère qu'inoculer plus activement encore le principe de non-discrimination dans l'horizon des politiques municipales et métropolitaines doit devenir une priorité.

  • La notion d'urbicide appartient au vocabulaire classique des chercheurs qui s'intéressent à toutes les formes de destruction urbaine, au point de nourrir désormais tout un pan des disaster studies. Mais le fait que plusieurs disciplines en revendiquent la paternité montre qu'il faut continuer à la discuter; c'est l'ambition de ce livre.Qu'est-ce que la mise à mort d'une ville? Si la guerre est une caractéristique sui generis de l'urbicide, elle ne saurait recouvrir entièrement la notion. L'urbicide est en effet emblématique du rapport affectif que les sociétés urbaines nouent autour de leur ville, quand les violences infligées à la ville, à son architecture, à sa population et à sa culture menacent l'urbanité au point de se muer en catastrophe urbaine. L'urbicide existe alors autant en temps de guerre qu'en temps de paix, autant dans les faits que dans les récits et les images. Ceux-ci expriment tout à la fois une perte et la nécessité de la réparer afin de construire une mémoire de la catastrophe.La renaissance urbaine coïncide toujours avec l'urbicide, qui met en lumière la résilience des sociétés et la vigueur des territoires mutilés. Toutes ces questions sont au coeur de ce livre collectif de près de trente auteurs issus de formations différentes (architecture et urbanisme, histoire et histoire de l'art, géographie, droit, sociologie) mais acquis à l'idée que les logiques de l'urbicide ne peuvent apparaître sans profondeur historique ni dialogue interdisciplinaire.

  • Cet ouvrage collectif réunit des collègues qui se sont attachés à promouvoir les parcours de la science géographique au gré des divers champs de la mise en oeuvre de ses concepts et de ses méthodes et de ses investigations et, en même temps, à rendre hommage à la personnalité, aux recherches et aux enseignements du professeur (émérite) de géographie à Sciences Po Bordeaux, Michel Favory.L'objectif est que chaque auteur (enseignant ou expert) fasse partager ses méthodes d'analyse dans chacune des spécialités thématiques qui assurent au livre une riche diversité intellectuelle: urbanisme, sport, territoires du Sud-Ouest, société. À chaque fois, c'est l'actualité, voire l'utilité, d'une géographie enracinée dans les espaces de l'homme qui est mise en valeur par le biais des multiples cheminements d'une « géographie en action », propre à exprimer les mutations récentes des territoires et des sociétés.C'est que la géographie est devenue un outil clé dans la gestion des territoires par les responsables politiques des grandes agglomérations ou des espaces fédérés par les communautés et les syndicats de communes. Au sein d'un système économique où la fluidité de l'emploi a rendu l'emploi et la société élastiques, les « nouvelles mobilités » prennent aussi leur sens grâce aux analyses des géographes, en convergence avec celles des spécialistes de l'aménagement des territoires et des urbanistes ou ruralistes. Les politistes et les juristes se préoccupent de même de l'interprétation de cette évolution, d'où leur présence dans cet ouvrage.Enfin, les territoires de la Gironde et du Sud-Ouest bénéficient d'une partie spécifique, car, au-delà de leurs études portant sur des espaces nationaux ou européens, les géographes présents dans cet ouvrage savent aussi mobiliser leur boîte à outils au service d'espaces proches, qui permettront au lecteur des va-et-vient entre des champs d'étude variés.

  • Voici un livre original et attendu sur l'histoire des lieux, des hommes et des produits du vignoble de Cahors et plus largement du Quercy. Original parce qu'il recueille des publications qui pour certaines étaient déjà parues, mais restaient peu accessibles à tout un chacun, et qui pour d'autres sont inédites, apportant de la fraîcheur à ce bouquet d'histoires millésimées. Attendu parce que les historiens, même locaux, ont trop longtemps boudé ce vignoble du Haut-Pays. Il était temps, au-delà des légendes, de mettre en lumière un passé riche et fluctuant de labeur, de goûts, de relations avec le voisin bordelais, complexes, et avec le Chili, l'Argentine, l'Ukraine ou encore la Russie, dépaysantes assurément, et méconnues.

  • « Gouverner c'est prévoir », écrivait Emile de Girardin au XIXe siècle mais de tout temps, tous ceux qui exerçaient un pouvoir quelconque s'efforçaient de prévoir et pour cela s'informaient avec les moyens dont ils disposaient. Cet ouvrage collectif regroupe une vingtaine d'auteurs qui, de la Renaissance à nos jours évoquent les multiples facettes de l'informations, le rôle des informateurs et les décisions prises par les détenteurs du pouvoir.

  • Ce deuxième volume applique la réflexion sur la fabrique des garçons aux activités organisées en périphérie de l'école. Celles-ci participent fortement à la construction des identités sexuées et à leur bicatégorisation, alignée le plus souvent sur les stéréotypes de genre. Le sport apparaît comme un temple du masculin, présentant l'homme comme l'être le plus fort, même si la place des femmes, minoritaire, n'a cessé de progresser, en particulier au sein de pratiques ludosportives plus mixtes. Dans le monde de la culture, plus que jamais dominé par les hommes, les pratiques féminines sont importantes, mais se heurtent à des plafonds de verre, dans un contexte de minorisation des activités spécifiquement féminines. Les vacances et les loisirs permettent une plus grande fluctuation des rôles de genre, même si les activités proposées reproduisent le plus souvent les stéréotypes et la hiérarchisation qui en découle. Quel pourrait être le rôle du sport, de la culture et des loisirs dans le renouvellement d'une réflexion sur la mixité et la coéducation des filles et des garçons ?

  • Depuis près de 50 ans l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes fait l'objet d'un intérêt particulier des politiques publiques françaises sous l'impulsion du droit international et du droit européen mais la résorption des inégalités peine à se réaliser. La volonté de porter un regard pluridisciplinaire sur la situation française et étrangère a été l'élément conducteur d'un colloque sur « Les politiques publiques en matière d'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes » qui s'est tenu les 14 et 15 novembre 2019 à l'Université de Bordeaux. Cette rencontre entre chercheur.e.s en droit, sociologie, sciences de gestion, ainsi que des acteurs et actrices engagé.e.s. dans la réduction des inégalités a contribué à une analyse des politiques publiques nationales tout en intégrant une perspective comparative transnationale. Cet ouvrage restitue la richesse des contributions en offrant aux lectrices et lecteurs une synthèse des différentes approches de l'égalité professionnelle: de sa définition aux politiques mobilisées, jusqu'aux moyens et aux acteurs qui participent à leur mise en place. Les cinq sections du livre proposent un regard sur la mobilisation des institutions dans la déclinaison du dialogue social, en considérant les outils et les expériences des acteurs dans la construction et l'application des politiques publiques sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

  • L'accessibilité numérique constitue une question centrale pour le public des personnes en situation de handicap. Appuyé sur l'expérience d'un projet de recherche, l'ambition de cet ouvrage dirigé par Véronique Lespinet-Najib et Nathalie Pinède est de révéler les facettes multiples du concept d'accessibilité décliné dans les environnements numériques à partir de différents points de vue et contextes, en croisant regards applicatifs, méthodologiques et théoriques.Dans une première partie, sont posés les grands enjeux et risques du numérique pour les publics en situation de vulnérabilité ou de fragilité, mais aussi les moyens d'action possibles, entre conception et sensibilisation. La deuxième partie propose une lecture pluri-facettes (normative, réglementaire, technique) de l'accessibilité numérique. La troisième partie interroge la question de l'accessibilité numérique à partir du concept de médiation, en s'intéressant tout particulièrement aux dispositifs numériques de communication dans les environnements culturels et éducatifs. Enfin, la dernière partie de cet ouvrage discute la notion d'usage en lien avec les technologies selon une approche interdisciplinaire, telle qu'elle est mobilisée dans notre projet de recherche (sciences de l'information et de la communication, droit, ergonomie, sciences de l'éducation, économie-marketing-sciences de gestion).

  • Categories referentes des langues minoritaires en europe Nouv.

    Les langues minoritaires ont fait et continuent de faire l'objet de préoccupations de plus en plus débattues depuis la première moitié du XIXe siècle. Cette réalité socio-culturelle et politique a été, globalement, celle d'un mouvement descendant de la pratique de ces langues et celle d'un développement croissant des prises de conscience et des revendications à leur sujet. Leur prise en compte en Europe, malgré des réticences, de l'indifférence ou des mesures contraires, a graduellement débouché sur divers types de structuration et de gestion des demandes dont celui de textes internationaux à caractère juridique comme la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Les procédures d'aménagement ou de normalisation linguistique qui ont résulté de ces divers engagements se sont accompagnées, au fur et à mesure de leur développement, de l'émergence et de la fixation progressive de notions qui désignent ces langues en même temps qu'elles informent sur la place et les représentations dont elles font l'objet dans le paysage sociolinguistique de tel ou tel pays.Trois de ces notions, « langue régionale », « minorité linguistique » et « langue propre » sont étudiées dans cet ouvrage qui complète ainsi d'autres parutions autour notamment des deux premières d'entre elles, dans le cadre du projet de recherche « Typologie des langues minoritaires historiques en Europe » (2014-2019, Conseil régional Nouvelle Aquitaine, MSHA avec l'UMR 5478 Iker et l'UA CRDEI de l'Université de Bordeaux / droit). Le choix de ces trois notions procède de l'hypothèse selon laquelle elles seraient censées être les plus référentielles en Europe dans la terminologie juridique des droits linguistiques et en sociolinguistique des langues minoritaire.

  • Découvrez Les parlements et les Lumières, le livre de Olivier Chaline. Parlements et Lumières : l'association des deux notions peut sembler contre-nature, tant l'historiographie a longtemps vu dans les magistrats une catégorie hostile par principe aux Lumières, les bourreaux de Calas et de quelques autres comme les adversaires égoïstes d'une monarchie éclairée et réformatrice qu'ils finissent par perdre en descendant eux-mêmes à sa suite au tombeau. Seuls quelques avocats apparaissent sous un jour plus favorable, défendant l'innocence accablée par l'injustice des nantis ou prenant part à la Révolution. Pourtant les progrès de la recherche nous conduisent à des vues beaucoup plus nuancées aussi bien sur les cours et les parlementaires que sur les Lumières elles-mêmes qui ne se limitent pas au seul combat philosophique. Dans ce volume collectif, il est question des gens de justice face aux idées nouvelles, des formes de leur adhésion à celles-ci et de la définition qu'ils ont essayé de donner d'un ordre du monde rénové. Réintroduire les parlementaires en tant que tels dans l'étude de la France des Lumières permettra de comprendre celle-ci plus exactement.

  • Les tropiques évoquent dans l'esprit des Occidentaux à la fois un paradis lointain et une incommensurable pauvreté. Ils apparaissent comme une entité géographique stable mais aux contenus ambigus. Cette réalité géographique n'est pas une réalité naturelle; elle fut inventée peu à peu, par des scientifiques qui ont participé à son émergence et ont contribué à la définition de l'Ici et de l'Ailleurs, du Nous et des Autres. Ils ont mis en place les grandes catégories d'espaces dont les tropiques sont un exemple; ceux-ci ont alors semblé relever de la nature. À partir des années 1980, le questionnement était et est toujours de comprendre les ressorts de l'invention des tropiques. On parle aujourd'hui de tropicalisme. Cet ouvrage, fruit de la collaboration entre C. Bouquet et H. Velasco-Graciet, géographes de l'Université de Bordeaux et chercheurs au Laboratoire ADES, est le résultat d'une interrogation née il y a trente ans et qui a ré-émergé ces dernières années. Plusieurs géographes se sont pliés à l'exercice consistant à repenser les tropiques.

  • L'approche sociologique de l'immigration distingue la problématique de l'immigration (causes, politiques des États d'origine et de destination, déplacement) de celle de l'installation (intégration : acculturation, acquisition d'une place sociale, économique et politique dans le pays d'accueil). Combinant les deux problématiques, l'ouvrage a aussi une approche politique, historique, géographique et anthropologique, éclairée par des recours constants au pays d'origine et à son histoire. Un travail bibliographique et statistique détaillés permet de dépasser les limites de l'Aquitaine pour une comparaison avec des migrants portugais et maghrébins et des Turcs d'Allemagne.

  • Ce séminaire, portant sur la production et la patrimonalisation des grands ensembles et des ZUP du Sud-Ouest de la France, traite notamment de la question de la réhabilitation du quartier du Mirail à Toulouse, réalisé à partir de 1960 par l'équipe de Candilis, Josic et Woods dont on connaît l'appartenance au groupe européen du Team X (ou Team 10) dès les années 50. Ce groupe va, en effet, tout en revendiquant l'appartenance à l'avant-garde des années 50-60, inscrire la référence au lieu et à la culture locale comme une donnée fondamentale et accorder la priorité au problème de l'habitat du « plus grand nombre » dès 1952. Ce sont ces décalages, par rapport à la pensée « orthodoxe » des CIAM de l'époque, qu'il nous a paru intéressant de faire resurgir dans l'optique d'une démarche d'analyse comparatiste portant sur ce thème du logement collectif à grande échelle.

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