Nous

  • Un silence s'ouvre Nouv.

    Un silence s'ouvre

    Amy Clampitt

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    • 9 Avril 2021

    Un silence s'ouvre (1994) est le dernier livre d'Amy Clampitt. Elle y explore la beauté et la variété du monde naturel, les questions de l'exil, du déplacement et de l'appartenance, les grands mythes fondateurs américains, et le souvenir d'une enfance et d'une adolescence dans le Midwest. Son écriture déploie une syntaxe baroque, un vocabulaire foisonnant et une versification libre où l'on entend parfois l'écho d'un mètre plus classique. Les poèmes d'Amy Clampitt tissent les fils de la langue, de la croyance religieuse, de la dégradation du monde naturel, de la violence, de la colonisation, jusqu'au noeud du genre et de la sexualité.

  • Transport vers l'été

    Wallace Stevens

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    • 21 Février 2020

    Wallace Stevens peut prétendre, en France, au titre de plus grand poète méconnu de langue anglaise. Quasi conclusif de son oeuvre, Transport vers l'été est l'un de ses livres les plus importants, et le seul non traduit en français à ce jour.
    Transport vers l'été : ce titre assez étrange semble présenter la poésie comme une agence de voyages spécialisée dans les destinations paradisiaques. À y regarder de plus près, cela se complique : un des poèmes s'intitule « Vacances dans la Réalité », et Stevens déclarera que la belle saison promise par le titre de son livre était pour lui simplement le monde tel qu'il est.
    On en concluera que la vie réelle, selon Wallace Stevens, pourrait être quelque chose d'aussi délicieux qu'un séjour aux Baléares, à condition d'être transfigurée par la poésie.
    Stevens prêtait à la poésie, en tant qu'activité de l'imagination, un pouvoir d'exaltation comparable à la foi religieuse ou aux passions collectives qui ravagèrent le globe entre 1939 et 1945, à l'époque même où il composait Transport vers l'été. Les poèmes de ce livre déclinent cette idée sur un ton mystérieux et magistral. Le volume donne en supplément un long poème, poème central et lui aussi inédit en français : Notes pour une fiction suprême, où il ébauche la définition méthodique de cet art qui écrirait l'histoire humaine « en beau langage sans une goutte de sang » - Stevens regardait cette proposition comme le manifeste de son oeuvre. Le recueil s'achève sur une adresse au soldat américain de retour après guerre au pays, l'exhortant non à renoncer à tout combat, mais à engager désormais ses forces dans une lutte universelle et spirituelle : Soldat, il y a une guerre entre l'esprit / Et le ciel, entre le jour, la nuit et la pensée. / C'est pourquoi le poète est toujours dans le soleil... La traduction de Transport to Summer est suivie d'un choix de lettres où Wallace Stevens revient diversement sur l'intention générale des Notes pour une fiction suprême, sans craindre à l'occasion de donner la clef de ses images les plus énigmatiques.
    Transport vers l'été est accompagné d'une préface éclairante d'Alexandre Prieux, traducteur et spécialiste de Stevens, qui explicite les enjeux du choix des textes, les situe par rapport à l'oeuvre de Stevens, et considère la place de cette dernière dans l'histoire de la littérature.

  • 80 fleurs

    Louis Zukofsky

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    • 19 Octobre 2018

    Louis Zukofsky est l'un des plus grands poètes américains du vingtième siècle. Chef de file du mouvement « objectiviste », avec Charles Reznikoff, il est encore assez peu traduit en langue française (la traduction et la publication de son 'livre d'une vie' « A » ne sont encore que très partielles). 80 fleurs est son chef d'oeuvre conclusif et lyrique. Le projet de Zukofsky est littéralement - à travers une exploration formelle fondée sur le compte des mots, et en prenant comme objet la botanique - d'y condenser l'ensemble de ses livres précédents.
    Toute la prosodie tardive de Zukofsky est fondée sur le compte des mots et ses derniers poèmes sont écrits en vers de cinq mots. En choisissant de compter les mots, Zukofsky inaugure une métrique qui court-circuite les sens pour s'adresser directement à l'intellect. Cette recherche formelle lui permet de créer une langue curieuse et belle et de revisiter sans mièvrerie les topos de la lyrique. Zukofsky conclut avec les 80 fleurs une recherche passionnée de la forme dont « A » offrait un répertoire exceptionnel et qui explique la ferveur d'un grand nombre de poètes d'après-guerre pour son oeuvre, aux États-Unis mais aussi en Grande-Bretagne ou en France.
    80 fleurs est son dernier livre. Dans ses carnets préparatoires, Zukofsky en résume le projet : « Commencer à 70 ans pour finir à mon 80e anniversaire un livre de chansons intitulées 80 Flowers. Substance. Uniquement les fleurs que j'ai réellement vues et toute la botanique que j'aurais apprise en 10 ans. Forme. Chansons de 8 vers de 5 mots : 40 mots par poème, qui naissent de mes livres précédents et les condensent. » Ce projet est tout entier déterminé par la mort qui approche. Zukofsky n'atteindra pas sa quatre-vingtième année mais achèvera 80 fleurs, publié à titre posthume par sa veuve Celia en 1978.

  • Tendres boutons

    Gertrude Stein

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    • 5 Octobre 2018

    Tendres boutons opère une véritable retranscription formelle des problèmes que posait le cubisme : ici, c'est l'écriture, en prise avec des bouleversements de syntaxe, de grammaire et de sens, qui construit une architecture radicalement nouvelle de la vision, de l'écoute, de la lecture. Tendres Boutons est un livre qui effectue un bouleversement complet de notre façon de comprendre, de prononcer, de lire, de voir, de sentir :
    Il impose au lecteur, via une sensibilité extrême aux détails du quotidien (objets, nourriture, chambres), à l'infime et à la matérialité du mot, une expérience de lecture vertigineuse, troublante, jouissive. La langue de Stein, court-circuitant en permanence le sens, affole la relation qui unit communément le langage et le monde.
    La traduction qu'en propose Jacques Demarcq (traducteur de E. E. Cummings), par ses audaces et ses trouvailles, restitue toute la force et l'étrangeté de cette expérience de lecture déroutante.

  • Galaxies

    Haroldo de Campos

    • Nous
    • 10 Mai 2019

    Les Galaxies est l'oeuvre centrale d'Haroldo de Campos, le grand poète, critique et traducteur brésilien. Poèmemonde écrit entre 1963 et 1976, c'est un livre-somme, dans la lignée des Cantos de Pound, « ayant comme aimant thématique le voyage comme livre ou le livre comme voyage ». Les Galaxies, ce sont des longs poèmes composés de vers immenses, mêlant les langues, les expériences, les sensations, écrits dans une langue vive, foisonnante, baroque, attestant d'un véritable souffle épique. Après Une anthologie (Al Dante, 2005), et De la raison anthropophage (Nous, 2018) voici le grand poème central d'Haroldo de Campos traduit par Inês Oseki- Dépré en collaboration de l'auteur, accompagné d'une préface de Jacques Roubaud.

  • Traduire, journal

    Jacques Roubaud

    • Nous
    • 10 Avril 2000

    Jacques Roubaud traduit les grands modernes américains (Louis Zukofsky, Charles Reznikoff, Mina Loy, Gertrude Stein, George Oppen...), quelques classiques (Dante, Gerard Manley Hopkins, le troubadour Arnaut Daniel, la Bible) et certains de ses contemporains (Italo Calvino, Ron Padgett, Oskar Pastior, David Antin...) Traduire, journal c'est plusieurs livres en un : un journal de traduction (les poèmes y sont présentés selon l'ordre chronologique de leur traduction, des années 1970 aux années 2000), une anthologie subjective, et une passionnante traversée de la poésie américaine.

  • Les rapports

    Antonio Porta

    • Nous
    • 20 Mai 2015

    Le regard dans le miroir scrute l'inexistence.
    Les poils du sourcil multiplient en labyrinthe.
    L'oeil dans la vitre reflète l'absence, dans la masse.
    Les cheveux, perruque temporaire, troublent les mains :
    Tombent sur les joues.

    L'inquiétude prolongée met en évidence.
    L'infini mortel des pores dilatés.
    Aventure extrême d'un objet qui se maquille.
    Choisit une direction inconsciente ou folle.

    Derrière le lavabo le corps en oscillation.
    évite l'éblouissement, révoltante présence.
    Indicatrice et éclairante, dans la chambre à vide.
    Parmi les plumes tourbillonne, l'étouffement.

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