Langue française

  • Ce livre est une plongée dans la pensée politique du grand philosophe allemand, figure fulgurante et rebelle de la philosophie, qui aura marqué le vingtième siècle de la pensée européene par sa sensibilité et exigence extrêmes. C'est le résultat d'un travail d'immersion complète dans l'oeuvre du jeune Nietzsche, que Michèle Cohen-Halimi mène ici avec la rigueur et la clarté qui caractérisent son approche de la philosophie allemande moderne, dont elle est l'une des plus lumineuses spécialistes.
    L'Action à distance ambitionne de mettre en perspective le XXe siècle politique allemand à partir du XIXe siècle de Nietzsche - à partir du diagnostic relatif au totalitarisme nazi annoncé par le wagnérisme, profondément anticipé par le philosophe. Il montre la fécondité de la pensée du jeune Nietzsche, qui a poursuivi son déploiement par-delà la rupture avec Wagner, par-delà l'abandon du modèle micropolitique grec, sans jamais céder sur la relation agonistique indissoluble de la culture, de l'État et de la religion.
    Comment le jeune philologue Nietzsche est-il devenu philosophe ? Peut-être fallait-il s'attarder sur son imperceptible écart au monde sécularisé et sur son désaveu de ce qu'il advenait de l'unité politique allemande, pour mieux saisir en lui les crises et le malaise par lesquels la philosophie s'est imposée à lui dans la souveraineté d'un geste antagonique.
    L'opération nietzschéenne de l'antagonisme montre d'emblée la force de sa relation à ce que l'on ne voit pas encore :
    La libération du devenir ordonné à une autre pensée du temps et l'horizon politique qui s'exorbite de la seule instance de l'État. Le levier du livre est la puissance sous-estimée de la négation. C'est la puissance du devenir que Nietzsche en tire : puissance plastique où se prépare l'ouverture d'un autre rapport à l'histoire et à la politique.

  • Naissance de la phrase

    Bailly

    • Nous
    • 5 Juin 2020

    Naissance de la phrase est composé de deux textes. Le premier est consacré au langage et s'efforce d'explorer la question - insondable - de son origine. Le pari aura été de superposer à la question de l'origine des langues (et, donc, de l'apparition du langage) celle de la venue, en nous, des phrases que nous nous efforçons de former. Autrement dit de tenter de comprendre de quoi le langage répond et de quelle manière il le fait, différemment dans chaque langue et à chaque fois en ravivant le souvenir de sa venue.
    Le second texte s'efforce quant à lui de regarder de près comment il revient au poème de restituer au mieux cette éclosion. Le modèle étant Paterson, le livre de William Carlos Williams comme le film de Jim Jarmusch.

  • Une cause dansée tresse les éléments d'une traversée géographique et intellectuelle sur les traces de l'écrivain et historien de l'art Aby Warburg. Écrit dans une langue à la fois évocatrice et précise, Une cause dansée entend une nouvelle fois explorer les attendus et les effets de ce que Pierre Parlant a nommé l'« autobiographie d'un autre » - venant ainsi clore un cycle composé de Les courtes habitudes, Nietzsche à Nice (Nous, 2014) et Ma durée Pontormo (Nous, 2017). Pour chacun de ces ouvrages, la « méthode » n'a pas varié. Partant de la lecture d'écrits latéraux au regard de l'oeuvre la plus connue - ici le texte d'une conférence prononcée par Warburg en 1923, intitulée « Le rituel du serpent » -, l'auteur s'est rendu sur place afin de s'y installer provisoirement, d'y trouver d'éventuelles traces et d'éprouver les particularités et quelquefois l'étrange familiarité des lieux.
    Alors que le premier livre avait été conçu à partir d'extraits de la correspondance de Nietzsche, que le deuxième s'intéressait à l'oeuvre et au journal du peintre maniériste Pontormo, Une cause dansée trouve son origine dans l'expérience relatée par l'historien de l'art Aby Warburg à l'occasion du voyage qu'il fit chez les Hopis en 1895- 1896. Sa composition a été amorcée lors d'un séjour au Nouveau-Mexique (Santa Fe et sa proche région) puis dans le Nord-Est de l'Arizona, une zone aride de mesas où sont bâtis les pueblos des Indiens Hopis. Le texte s'est nourri de divers éléments empruntés à la biographie de Warburg, du contenu de sa conférence « Le rituel du serpent » et de ce que la présence et les déplacements accomplis dans les espaces démesurés de l'Ouest américain ont su produire sur le narrateur. On se doute par ailleurs que les rencontres effectuées et que le jeu du hasard n'ont pas été sans effets. Mêlant les bribes d'un journal de voyage à des remarques et observations d'ordre plus réflexif, Une cause dansée renoue avec ce genre hybride qu'Hubert Lucot, ayant lu Les courtes habitudes, avait désigné comme relevant de l'« essai-poème ».

  • Dire cela

    Robert Creeley

    • Nous
    • 12 Juin 2014

    Dire cela propose un choix de poèmes de Robert Creeeley traduits par Jean Daive, accompagnés d'entretiens inédits. Il s'agit également d'un travail de témoignage à propos d'un poète considérable et des poètes de sa génération.
    « À la parution en 1997 chez Gallimard d'un choix de poèmes de Robert Creeley, traduits et présentés par mes soins sous le titre de La Fin, le poète américain ne souhaitait pas que nous en restions là. Il souhaitait que je poursuive mon travail de traducteur avec un autre choix incluant des inédits. Parallèlement au travail de traduction, trois entretiens importants ont été enregistrés, qui révèlent l'historique voire le sens de certains poèmes comme « La voix de la mère » et expliquent l'importance de ses amitiés avec ses contemporains, tels que Robert Duncan, Charles Olson, Louis Zukofsky, Allen Ginsberg, George Oppen. » [Extrait de la présentation de Jean Daive] La musique est une danse / elle s'adresse à ceux qui ne dansent pas, elle est / une contorsion, obscène, qui commence aux hanches, et remonte directement / jusqu'à l'esprit. [Robert Creeley, Los guitaristas] « J'aime localiser de façon intensive des motifs simples. Un assouvissement instantané. J'aime les moments concentrés.
    Les moments brillants comme disent les musiciens de jazz. Je suis patient, je peux perdre mon temps, mais j'aime les moments intenses. » [Robert Creeley, entretien avec Jean Daive]

  • L'éthique est un texte dense, vif et facile d'accès, qui n'a rien perdu de son actualité. Ce petit livre polémique est par ailleurs un véritable manuel, au sens classique, où Alain Badiou expose son éthique des vérités, à savoir « les orientations majeures d'une éthique véritable, qui préserve, et même exige, les droits de la création, de l'invention dans la pensée, de la politique d'émancipation, de l'art d'avant-garde. » Alain Badiou dira plus tard de ce livre qu'il est « une introduction à la fois animée et consistante aux vastes entreprises par lesquelles je tente de déplacer les enjeux de la philosophie contemporaine. » Vingt cinq ans après sa première publication - et parmi la bibliographie si copieuse d'Alain Badiou - L'éthique reste l'introduction idéale à la philosophie d'Alain Badiou. Le plus traduit des livres de Badiou (désormais disponible dans une trentaine de langues), L'éthique est la meilleure vente des éditions NOUS.
    « Droits de l'homme », « bio-éthique », « respect de l'autre » : l'éthique est aujourd'hui à la mode. Mais ses valeurs (l'Homme, l'Autre, la Vie...) sont trop générales pour permettre une pensée des situations singulières. Contre cette vague « éthique des principes », surtout habile à dénoncer partout un Mal radical, une éthique des vérités concrètes - vérités de la politique, de la science, de l'art et de l'amour - nous permettrait d'identifier autrement le Mal, pour pouvoir alors y parer.

  • C'est du propre

    Jacques Barbaut

    Quatrième livre de Jacques Barbaut aux éditions Nous, C'est du propre explore la question du nom. Nom propre, prénom, anthroponyme, nom de famille, nom de scène : ce livre emprunte, sous la forme d'une anthologie malicieuse et savante, drôle et profonde, autant à divers textes critiques (Genette, Barthes, Starobinski, Richard...) et philosophiques (Derrida, Lacan, Deleuze & Guattari...), qu'aux figures littéraires qui se confrontèrent aux questions du pseudonyme ou du « nom d'artiste » (Céline, Gracq...), de l'« hétéronyme » (Pessoa, Gary...), aux enjeux de la nomination des personnages (et lieux) fictifs de leurs romans (Balzac, Proust...) ou qui écrivirent à partir des associations et rêveries que leur propre nom suscita (Ponge, Quignard...) Comme les autres livres de Jacques Barbaut aux éditions Nous (qui portaient sur la lettre A, sur l'année 1960, sur la lettre H), C'est du propre accueille citations, collages, fragments, extraits de publications de toute nature, jeux typographiques, calligrammes, listes, rassemblant les fantaisies (arbitraire du signifié et échos des signifiants) et effets de l'onomastique. C'est du propre mêle l'érudition la plus étendue à un humour permanent. Le lecteur est happé dans un labyrinthe fascinant de réflexions sur les pouvoirs du nom.

  • Chant tacite

    Emmanuel Laugier

    Chant tacite, le deuxième livre d'Emmanuel Laugier aux éditions Nous (après Ltmw, paru en 2013), est un livre ambitieux : se donnant à lire sous la forme d'un journal en poèmes, il s'est élaboré à partir de l'ordre des jours et de leur succession sur toute l'étendue d'une année civile. Les choses les plus ordinaires (impressions, descriptions, réflexions, constats), s'entremêlent parfois au regard porté sur d'autres arts (dont la photographie, le cinéma, la peinture), comme aux événements les plus communs qui constituent et forment le « sentiment de l'existence ». Chant tacite tresse ainsi différentes temporalités (du temps présent au plus lointain passé), et tisse, par la succession des poèmes, une durée spécifique. Les expériences sensibles qui s'écrivent sont toujours issues de la traversée de lieux, de saisons, de voyages - réels, projetés ou remémorés.

  • Après L'Etna, Excursion aux îles Éoliennes est le deuxième titre d'Alexandre Dumas proposé dans la collection VIA. Initialement paru dans Le capitaine Arena (1842, épuisé depuis des décennies), ce texte vif et méconnu méritait d'être exhumé, mis en lumière, et édité pour lui-même. Ce récit haut en couleur d'Alexandre Dumas n'a pas pris une ride, il impressionne par son esprit de curiosité, sa rapidité narratve, son humour, et la soif de rencontres dont il témoigne.
    De Palerme vers les îles éoliennes (ces sept îles volcaniques et aujourd'hui paradisiaques du nord de la Sicile), Alexandre Dumas nous relate une équipée d'île en île faite d'expériences très contrastées : douces heures du voyage sur l'eau, aridité d'Alicudi, île désolée, puis séjour chez les moines de Lipari, enfer des forçats dans les mines de souffre de Vulcano, et enfin description du volcan Stromboli, de son ascension vertigineuse, et de ses explosions régulières, sa « pluie de lave et de pierres ». Le périple est ponctué d'épisodes bigarrés (pêche à la langouste, chasse aux lapins, tarantelle, mésaventures du chien Milord) et marque par le contraste entre le caractère immuable de ces îles dont le voyageur peut aujourd'hui faire une expérience sensible proche de celle des protagonistes de Dumas, et le bouleversement des conditions sociales et des manières de vivre.
    « Vulcano, pareil au dernier débris d'un monde brûlé, s'éteint tout doucement au milieu de la mer qui siffle, frémit et bouillonne tout autour de lui. Il est impossible, même à la peinture, de donner une idée de cette terre convulsionnée, ardente et presque en fusion. »

  • Les journées en arlequin

    Jean Daive

    • Nous
    • 22 Octobre 2020

    Les journées en Arlequin est un livre des rencontres. Homme de radio, homme de revues, d'entretiens, Jean Daive a passé sa vie à dialoguer avec des poètes, des artistes, parfois des inconnus. Les journées en Arlequin racontent comment se trament le temps consacré à l'écriture et le temps libre, un temps ouvert à la rencontre, temps de l'écoute, de la chance, de l'accident, de l'imprévisible. Le livre réunit douze textes (sur Paul Celan, Georges Seurat, Jean Paulhan, Pierre Reverdy...) et s'ouvre sur un entretien avec Jean Starobinski à propos du temps et de la journée - la journée productrice de moments intenses, la journée qui doit pouvoir permettre d'écrire un livre.

  • M'y voilà enfin ! Toute ma froideur s'est évanouie.
    Je suis accablé, persécuté par ce que j'ai vu ; j'ai vu, je crois, ce que personne n'a vu, ce qu'aucun voyageur n'a peint [ ]. Je n'ai pas quitté la villa Adriana sans remplir d'abord mes poches de petits fragments de porphyre, d'albâtre, de vert antique, de morceaux de stuc peint, et de mosaïque, ensuite j'ai tout jeté. Elles ne sont déjà plus pour moi ces ruines, puisqu'il est probable que rien ne m'y ramènera.
    On meurt à chaque moment pour un temps, une chose, une personne, qu'on ne reverra jamais : la vie est une mort successive.

  • Dans Le corps miroir, la pensée explore à reculons le temps du commencement de l'univers. Cette exploration interroge la possibilité narrative, quand celle-ci est radicalement privée du témoignage d'un sujet. Provoquant une explosion du récit, sorti des gonds du « sujet » narrateur et de l'« objet » narré, Jean-Pierre Faye explore l'hypothèse d'une pensée narrative qui ne calcule ni ne juge, mais se transforme. La pensée narrative pousse le langage en avant des concepts qui la fixent, elle provoque en elle-même une espèce d'ébranlement de l'intelligence, toujours moins figurative, toujours plus dynamique, dont la trace est gardée dans les mots comme le dépôt mobile d'un processus infini de transformation.

    « Supprimez le corps de femme et d'homme, il n'y a plus de corps d'univers : il n'y a plus de lever du soleil, ni crépuscule ni aube ne donnent de mesure du temps et l'univers entier cesse de savoir son âge, qui maintenant atteint le chiffre - fictif?? - de treize milliards sept cent mille années. »

  • La vie volatile

    Jacques Demarcq

    • Nous
    • 20 Août 2020

    Jacques Demarcq poursuit l'aventure des Zozios par des voyages aux Amériques, en Afrique et en Asie, que complète un tour du monde des arts traditionnels et modernes des cinq continents. Parmi les humains et d'autres animaux, il y rencontre beaucoup d'oiseaux, volatiles incitant son écriture et sa pensée à ne pas tenir en place.

    « Les oiseaux sont une chance à saisir, à l'égal de l'amour. »

  • Que pense le poème?

    Alain Badiou

    • Nous
    • 18 Octobre 2016

    Agencement de textes théoriques sur la poésie et de lectures spécifiques de poètes (Pasolini, Hopkins, Stevens, Pessoa, Mallarmé...), ce livre est le premier qu'Alain Badiou consacre à la poésie.
    La poésie occupe une place centrale dans le parcours et dans l'oeuvre d'Alain Badiou. Avec la politique, les sciences et l'amour, l'art est désigné comme « procédure de vérité ». Or, parmi les arts, c'est la poésie qu'Alain Badiou a le plus souvent convoqué dans sa pensée. Car il s'agit bien ici de penser le poème, et de penser ce que le poème pense.
    Depuis toujours, le poème déconcerte la philosophie. Celle-ci est - depuis Platon, jusqu'à Heidegger et au-delà - en interlocution et en rivalité constante avec la poésie. Alain Badiou, notamment à travers sa proposition-diagnostic, d'« âge des poètes » reprend cette querelle qui semble être l'essence même de leur rapport. Il explore aussi dans ce livre un autre rapport, celui entre poésie et politique. Le poème est une pensée qui est son acte même - voici ce que nous invite à penser cet éloge de la poésie par Alain Badiou.
    « À l'opposé de Wittgenstein, le poème dit : 'Cette chose qui est impossible à dire dans la langue du partage et du consensus, je fais silence pour la dire, pour séparer du monde qu'elle soit dite, et toujours redite pour la première fois. ' »

  • Tridents

    Jacques Roubaud

    • Nous
    • 8 Novembre 2019

    Événement pour les éditions Nous, ce livre rassemble presque 20 années de travail : Jacques Roubaud a écrit plus de 4 000 poèmes de cette forme qui est réduction extrême mais qui constitue dans le temps un immense corpus. Ce sixième livre de Jacques Roubaud aux éditions Nous rassemble pour la première fois l'ensemble des poèmes écrits dans la forme éponyme, dont Roubaud dit qu'elle est « la seule » qu'il ait véritablement inventée en poésie.

  • Noir de l'Égée est le résultat de plusieurs séjours en Grèce et en Sicile. Au coeur de ce livre compact et incisif, la Grèce contemporaine et la situation des « migrants » qui y transitent. L'écriture intrique les notes aux souvenirs, les composants documentaires aux faits constatés, les paroles échangées aux perceptions géographiques. Elle offre l'horizon du poème à ce dont la Méditerranée est encore aujourd'hui le théâtre.

    Ali dit - On ne pouvait pas faire de sport . j'ai regardé sur une télévision cachée . comment font les champions . et j'ai essayé de faire la même chose dans ma tête . je vais devenir champion de lancer du disque

  • L'audace

    Pascale Petit

    L'audace, c'est l'autobiographie en direct d'une héroïne de conte de fée qui attend son heure, son histoire, son prince ou sa princesse, son lecteur ou sa lectrice, enfin. Mais c'est une héroïne sans histoire qui parle simplement d'une expérience intime, introspective, féminine d'une façon à la fois moderne et démodée, un peu dubitative, un peu désabusée. Elle donne des indices, libelle des messages, s'amuse des paradoxes, conduit dans des impasses. Elle s'amuse de l'ambivalence, de la quête et du dérobement. Une tension s'installe, peut-on capter dans un livre une voix et le silence de son lecteur?? L'audace est peut-être le projet de ces captations.

    « Un défi est lancé. J'attends l'heure et le jour de ton retour. Je respecte le temps. L'étiquette est déjà prête : « Méfie-toi de l'héroïne qui dort » té.

  • Demande au muet, disciple est une série de dialogues courts où un maître, d'une intelligence relative, répond à son disciple, guère plus malin. Néanmoins, de temps à autres, tout comme une montre arrêtée finit par donner l'heure exacte, un jaillissement du sens, une fulgurance de la pensée ne sont pas impossibles. Oscillant entre nonsense et sagesse, ils traitent du monde avec l'absolu sérieux et la distance ironique qui conviennent.
    La qualité de la réflexion est variable. Disons-le : certains confinent au génie. Et même les plus médiocres ont une qualité : ils sont courts. Ces « dialogues socratiques de qualité », écrits au fil des ans, ont régulièrement été lus aux Jeudis de l'Oulipo, avec Frédéric Forte dans le rôle difficile du disciple.

  • Au nord du futur (qui prend son titre d'après une citation de Paul Celan) est composé de trois « chapitres » ou trois « temps » qui se complètent, se font écho, s'articulent, faisant ainsi, en quelque sorte, une composition au sens musical du terme. Au nord du futur revisite les traces d'un passé commun douloureux à partir d'un point d'énonciation situé dans le futur. L'objectif de cette entreprise est de réinvestir la pensée utopique à travers une forme d'écriture qui traduise les enjeux du monde contemporain. Au terme d'un parcours à travers les égarements historiques du siècle précédent, l'ambition de ces textes est de proposer une vision de l'espèce non dénuée d'espoir, mais qui en souligne la fragilité et qui tient compte avec lucidité des échecs passés.
    Ce livre est également une expérience de « poésie conversationnelle et méditative », avec son souci de transparence, de vivacité, de clarté et de netteté. Le texte s'adresse à un « tu », non identifié et variable, incluant le lecteur.

  • « Toutes les bonnes doctrines sont inutiles. Vous devez changer votre vie. ».
    Ludwig Wittgenstein.

    Biographie intellectuelle de référence, le Ludwig Wittgenstein de Christiane Chauviré est l'introduction la plus claire et la plus incisive à la pensée de cette figure rebelle de la philosophie du vingtième siècle. C'est aussi le récit d'une vie tourmentée et marquée par une extraordinaire exigence éthique. Le livre retrace la vie de Wittgenstein et son développement intellectuel parallèlement, en alternant les épisodes vécus et une présentation des principaux aspects de sa philosophie : le dicible et l'indicible, l'éthique, l'esthétique, les jeux de langage.

    « Ses écrits théoriques, de par leur valeur littéraire et leur '?élévation?' morale, exigent une autre approche que celles des philosophes académiques?; la beauté abstraite de son écriture, simple et ramassée, l'énergie morale, le courage, l'exigence, la tension intellectuelle que l'on sent à chaque ligne demandent qu'on les aborde comme on aborderait ceux d'un poète, d'un mystique ou d'un moraliste. »

  • Traduire, journal

    Jacques Roubaud

    • Nous
    • 16 Mars 2018

    Jacques Roubaud est l'un des plus grands poètes contemporains. Son Grand incendie de Londres a marqué la prose française des dernières décennies. C'est également un théoricien réputé. Mais il y a encore un autre Roubaud, moins perçu : le traducteur. C'est cette pratique de la traduction, régulière et importante, que ce livre a rendu visible, il y a 17 ans. Traduire, journal a été l'un des livres fondateurs des éditions Nous au moment de leur création - il brûla quelques mois plus tard dans l'incendie des Belles Lettres et devint presque aussitôt épuisé.
    Traduire, journal est un journal de traduction, traduction de poèmes, présentés selon l'ordre chronologique (des années 1970 aux années 2000). Un très grand nombre de poètes américains y sont présentés (David Antin, Mina Loy, George Oppen, Ron Padgett, Charles Reznikoff, etc.), souvent traduits alors pour la première fois.
    Certains poètes sont traduits à pusieurs reprises, au fil des ans (Gertrude Stein, Louis Zukofsky). On y trouve aussi Dante et le troubadour Arnaut Daniel.
    Traduire, journal ressort aujourd'hui dans une version complétée - quelques textes avaient été oubliés (William Bronk par exemple), d'autres ont été traduits depuis (Zukofsky à nouveau) - et avec une postface très éclairante d'Abigail Lang. Traduire, journal c'est plusieurs livres en un : une anthologie subjective, un journal de traduction, une traversée de la poésie américaine et une incitation à la découverte.

  • Nous sommes embarqués

    Patrizia Atzei

    • Nous
    • 4 Octobre 2019

    Nous sommes embarqués est le premier livre de Patrizia Atzei. Ce livre court et incisif est le point d'aboutissement condensé d'un travail de longue haleine, orienté vers les enjeux actuels de la subjectivation politique. Il entend s'inscrire dans le présent des situations, tout en dialoguant avec certains philosophes (Foucault, Rancière...). Il allie la clarté de l'argumentation à une approche résolument non-académique, s'adressant ainsi à un public non-spécialiste.

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