Pu De Paris-sorbonne

  • Arcimboldo ou rhétoriqueur et magicien Nouv.

    Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte. En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Laurence Bertrand Dorléac partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : " Arcimboldo ou Rhétoriqueur et Magicien " de Roland Barthes.

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  • Les ambivalences de Nietzsche : types, images et figures féminines Nouv.

    Les réflexions de Nietzsche sur les femmes n'ont pas une place marginale dans son oeuvre ; elles ne sauraient se réduire à des préférences personnelles et moins encore à des égarements ponctuels. Bien au contraire, elles s'inscrivent dans son entreprise philosophique et sont en étroite relation avec les thèmes centraux de sa pensée.

    Examiner les images de femmes que Nietzsche construit et les rôles qu'il leur accorde, étudier la façon dont il se sert de la typologie dans ses analyses de figures féminines, soulever la question de savoir pourquoi il crée des personnifications féminines d'entités abstraites, s'interroger sur ses positions vis-à-vis des femmes émancipées, comprendre les raisons qui le conduisent à combattre frontalement les femmes de lettres : voilà le fil conducteur de cette enquête. À partir d'une lecture immanente des textes de Nietzsche, Scarlett Marton met en relief les ambivalences multiples et variées qui caractérisent ses prises de position à l'égard des femmes : elles concernent le comportement des femmes mariées face aux esprits libres, l'attitude des femmes aimantes vis-à-vis de leurs amants, les traits des femmes bien-aimées de Zarathoustra, comparés à ceux des femmes seulement humaines. En définitive, quand il traite des femmes émancipées, Nietzsche ne témoigne plus d'aucune ambivalence. Il retrouve le geste d'exclusion caractéristique de la philosophie des temps modernes.

  • La décolonisation de la pensée et des savoirs est de plus en plus présente dans la littérature contemporaine (philosophie, sciences sociales, littérature). On peut la définir comme une démarche comprenant trois dimensions : une critique de la raison hégémonique et universaliste (déconstruction), une critique de la raison colonisée (émancipation et désobéissance épistémique) et une reconstruction des savoirs dans le cadre d'un espace commun et transculturel (migration et traduction).
    L'afrocentrisme est l'une des formes de décolonisation de la pensée et des savoirs. Ce courant de pensée, qui a prospéré aussi bien en Afrique que sur le continent américain, se présente d'une part comme une critique de l'eurocentrisme et d'autre part comme une approche, fondée sur la théorie du stand point, pour l'étude de l'histoire et des réalités africaines à partir de modèles endogènes. Bien que ce courant de pensée ait donné lieu à de vives polémiques idéologiques et à des critiques épistémologiques bien fondées, il conserve toute sa force paradigmatique et son potentiel critique, mobilisable moyennant un travail de mise à jour. Il permet de repenser divers sujets comme la philosophie ellemême, l'historiographie philosophique, la colonisation, la décolonisation, l'histoire, le développement, la gouvernance, la citoyenneté, etc.

  • Tirés à part n. m. - Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte.

    En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Michelle Zancarini-Fournel partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "Quelle histoire pour la révolution ?" de Jean Chesneaux.

  • Une merveille de l'histoire : le Japon vu par Elisée Reclus et Léon Metchnikoff Nouv.

    Au milieu du XIXe siècle, le Japon connaît des bouleversements intenses. La féodalité est abolie, un État-nation moderne est construit avec le retour de l'empereur sur le devant de la scène. S'agit-il d'une restauration monarchique ou bien d'une révolution ?

    Deux géographes anarchistes, compagnons de Bakounine, apportent à cette question une réponse originale, surtout si on la compare à la vision des autres visiteurs du Japon qui, à cette époque, sont essentiellement des diplomates, des militaires, des négociants, des missionnaires ou des voyageurs souvent conservateurs.

    L'un, Léon Metchnikoff (1838-1888), a été invité à Tokyo par les dirigeants du nouveau régime en vertu de ses talents polyglottes et de son passé garibaldien. L'autre, Élisée Reclus (1830-1905), bénéficie des connaissances de son ami, parmi de nombreuses autres ressources, pour rédiger le volume consacré au Japon et à l'Asie orientale au sein de sa monumentale Nouvelle géographie universelle, puis certains passages de L'Homme et la Terre, sans jamais se rendre lui-même dans le pays.

    Élisée Reclus, dans son analyse du Japon de Meiji, traite de sujets sensibles comme les "races", les "civilisations" ou le "péril jaune", et propose une analyse souvent ponctuée de remarques visionnaires. Libre de toute approche dogmatique et sans préjugés de classe ou de race, il replace le Japon, et plus largement l'Extrême-Orient, dans un cadre géopolitique et métagéographique mondial qui transcende la classique dichotomie Orient-Occident.

  • Tirés à part n. m. - Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte.

    En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Arnaud Esquerre partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "On y croit toujours plus qu'on ne croit. Sur le manuel vaudou d'un président" de Jeanne Favret-Saada.

    Croisant sorcellerie, droit et politique, un procès fait en 2008 par Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, à une maison d'édition ayant édité une poupée vaudou à son effigie, attire l'attention de l'anthropologue Jeanne Favret-Saada. Elle livre quelques mois plus tard une analyse magistrale de cette affaire dans un article présenté par le sociologue Arnaud Esquerre.

  • Depuis le début des années 1990, un marché dit volontaire des crédits carbone a vu le jour. Dans l'optique de compenser leurs émissions de gaz à effets de serre (GES), des entreprises achètent ainsi sans contrainte réglementaire des crédits carbone à d'autres entreprises ou ONG. Afin d'obtenir ces crédits carbone, dont chaque unité correspond à une tonne de GES évitée ou réduite, les opérateurs (entreprises et ONG) mettent en oeuvre des projets de réduction d'émissions de GES dans les pays du Sud. Des journalistes, des ONG environnementales et même des scientifiques considèrent que ce marché ne permet pas de réduire efficacement les émissions de GES, mais qu'il conduit au contraire des entreprises de s'acheter une image verte (greenwashing). Ils estiment aussi que les populations du Sud encourent de potentiels dangers avec la mise en oeuvre de tels projets, comme celui de se voir accaparer leurs terres au profit de projets de compensation carbone. Comment s'est construit ce marché en dépit des controverses qu'il suscite ? C'est à cette question que s'attelle cet ouvrage.

  • A partir de 1967, Michel Foucault s'essaye à un répertoire d'actions plus classique sous la forme de signature de pétitions, appels et autres lettres ouvertes. Le présent volume en donne à lire les principaux, que Michel Foucault cosigna jusqu'à sa mort prématurée en 1984. Un portrait méconnu du philosophe apparaît à travers ces textes, le dessinant à la fois attentif à ce qui survient en France mais aussi aux quatre coins du monde.

  • Duchamp et le fantôme de Marcel Nouv.

    Ce livre conte l'histoire d'une ombre étrange, celle qui grandit au fil du temps sur la porte qui sert de seuil à la dernière oeuvre de Marcel Duchamp : une installation (Étant donnés) qui fut planifiée par son auteur pour n'être érigée qu'après son décès. Selon Jean Lancri, il se pourrait que cette oeuvre cataloguée comme dernière en recèle une autre, inaperçue jusqu'à ce jour, et qui serait "plus ultime" qu'elle. Logée où? À même sa porte! Entée sur son bois comme pour la hanter, il y aurait l'ombre en question... La question que pose cette ombre est ici approchée de trois manières successives. D'abord au fur d'une enquête iconographique sur la part de l'ombre dans l'oeuvre de Duchamp; puis au fil des ricochets dits "artistiques" qui furent induits par cette investigation. Car le texte de cette enquête fut par la suite "traité" graphiquement et picturalement; transformé en une production plastique qui a connu deux expositions : au musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg et à la galerie Michel-Journiac (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Par ailleurs, l'articulation entre l'hypothèse émise au cours de l'enquête textuelle et sa reprise dans l'oeuvre visuelle qui s'ensuivit a fait l'objet d'une conférence-performance dont la transcription figure au milieu de cet ouvrage. Prenant appui sur l'oeuvre dite dernière de Duchamp, son texte joue le rôle d'une charnière entre Les deux autres volets du livre tout en y assumant une fonction de surplomb épistémologique. S'y trouve mise en éclat(s) la question que voici : à quelles conditions peut-on dire qu'une recherche universitaire, conduite dans le champ institutionnel des Arts plastiques, souscrit aux exigences qui sont propres à l'art de notre temps ?

  • Cet ouvrage s'adresse en premier lieu à tous les étudiants préparant les agrégations de Lettres et de Grammaire, mais aussi au lecteur curieux de recherches en stylistique. Se trouvent ici réunies les interventions de la traditionnelle journée d'agrégation, à l'initiative de l'UFR de langue française de la faculté des Lettres de Sorbonne Université, sur le programme de la session 2021 des épreuves de grammaire et stylistique françaises : le Testament de François Villon, L'Heptaméron de Marguerite de Navarre, les Satires de Nicolas Boileau, l'Histoire de ma vie de Giacomo Casanova, Mauprat de George Sand, Le Balcon de Jean Genet. En appuyant leurs analyses sur des aspects linguistiques, lexicales, génériques ou poétiques, les contributeurs de ce volume illustrent l'apport de la lecture stylistique à l'interprétation des textes.

  • Patrimoines incertains. Photographie et récits familiaux dans la France du XIXe siècle Manuel Charpy / "Attraction- Répulsion". Histoire de la patrimonialisation des collections photographiques Dejerine Alice Aigrain / Les archives discrètes. Entrevoir la pratique photographique au Muséum national d'histoire naturelle Lisa Lafontaine / L'Afrique de l'Ouest dans les tiroirs. Documentation scientifique et photographie coloniale à la photothèque de l'IFAN (Dakar) Anaïs Mauuarin / Un patrimoine visuel sous le communisme. La photographie amateur et sociale du président tchécoslovaque Antonin Zapotocky Fedora Parkmann / "Faut-il tout garder ?" Patrimoine et archives photographiques Marie-Ève Bouillon.

  • Hors les murs : photographes et studios Nouv.

    Centré autour d'un dossier thématique, ce numéro aborde l'histoire des photographes ambulants et de leurs pratiques, ainsi que celle du matériel lié à ces circulations, aux XIXe et XXe siècles. Si les ateliers et studios sédentaires ont fait l'objet de recherches historiques et d'expositions, la mobilité des photographes professionnels hors du studio a été moins explorée.

    À travers cinq articles de fond, ce numéro propose plusieurs études qui font émerger une histoire matérielle et visuelle des opérateurs itinérants : on y trouvera ainsi par exemple un essai sur les photographes allemands en Suède dans les années 1840-1850, l'étude d'une femme photographe itinérante dans la France du XIXe siècle, une réflexion sur le matériel photographique des explorateurs, un texte sur les photographes parisiens du dehors, ou encore un article sur la querelle des photo-filmeurs dans l'après-guerre.

    Éclairages complémentaires, la rubrique "source" traite ici des brevets d'inventeurs liés à la photographie portative, tandis qu'un entretien avec le cinéaste Hu Wei vient creuser la contemporanéité de ces pratiques. En varia, on pourra suivre l'histoire d'un modèle photographié par Man Ray et Picasso, et dont l'histoire est aujourd'hui redécouverte.

  • Le métier de philologue : envoye par Pierre Judet de La Combe Nouv.

    Tirés à part n. m.
    Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte. En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Pierre Judet de La Combe partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "Le métier de philologue" de Heinz Wismann.

  • LE TERME prépon (TTpéTTov) ne signifie pas seulement le convenable, mais encore la brillance - Homère l'emploie, par exemple, pour dire d'Hector qu'il "brillait" parmi les guerriers troyens ("ho d'éprepe kai dia pantôn", Iliade, XII, 104). Prépein (...) se dit ici d'un héros qui parmi ses semblables se distingue, sans doute parce qu'il convient plus qu'eux à la fonction guerrière, mais surtout parce qu'il est plus éclatant.

    C'est la nuance métaphorique qu'il faut saisir ici. Leconte de l'Isle traduit : "Il les surpassait tous." Mais la prééminence d'Hector n'est pas une question de taille : Hector est plus considérable que les autres, il est splendide.

    Selon la première définition de Socrate, le beau serait donc l'éclat d'une splendeur exubérante ; et cette traduction, voire cette interprétation, change le sens du Hippias majeur du tout au tout. La convenance concerne la bonne proportion, l'harmonie, comme Chauvet et Saisset le soulignent, en bons classicistes français du XIXe siècle. Cette définition de la beauté peut éventuellement avoir un sens dans le contexte de l'art français du XVIIe siècle et de son académie où l'on apprenait les canons de proportion simplifiés des Italiens du XVIe siècle, mais elle n'a aucun rapport avec les discussions de l'académie platonicienne.

  • Les femmes ont eu un rôle fondamental dans la Commune de Paris : en retraçant l'histoire de trois cheffes de file du Paris révolutionnaire, Carolyn J. Eichner démontre l'influence des féminismes sur les événements sociaux et politiques de cette époque. Elle met en évidence l'ampleur, la profondeur et les effets des socialismes féministes communards bien au-delà de l'insurrection de 1871.

    Du début des années 1860 à la fin du XIXe siècle, ces femmes radicales développèrent une critique du genre, de la classe sociale et des hiérarchies religieuses. Ces idéologies ont émergé en une pluralité de socialismes féministes au sein de la révolution, qui ont influencé les relations de genre et de classe à la fin du XIXe siècle. L'auteure se concentre sur trois femmes, qui ont mené les insurgés sur les barricades et qui illustrent la multiplicité des socialismes féministes, à la fois concurrents et complémentaires : André Léo, Élisabeth Dmitrieff et Paule Mink. Léo théorisait et enseignait par le biais du journalisme et de la fiction, Dmitrieff oeuvrait à l'organisation du pouvoir institutionnel pour les femmes de la classe ouvrière, et Mink haranguait les foules pour fonder un monde socialiste égalitaire. Chacune de ces femmes a tracé son propre chemin vers l'égalité des sexes et la justice sociale, chemins qu'emprunte cet ouvrage pour éclairer la vie et les stratégies plurielles de ces trois cheffes révolutionnaires et leur le rôle dans la Commune de Paris.

  • À la périphérie des institutions publiques et privées se développent aujourd'hui des formes nouvelles de communs. L'idée centrale de ce livre est que le Commun fait système avec l'État et le Marché et qu'il existe une pluralité d'options et de pistes possibles d'aménagement de cette combinatoire. Il ne s'agit pas ici de promouvoir les communs per se, mais d'observer les conditions et les voies de déploiement de différentes formes de communs à la lisière des systèmes institués (comme l'État et le Marché), d'évaluer leurs transformations, d'examiner les dimensions éthiques de leur mobilisation.

    Cet ouvrage réunit des chercheurs, des enseignants de plusieurs disciplines et différents acteurs privés et publics du Commun qui apportent à la fois des précisions théoriques - du côté du droit et de la philosophie en particulier - et leurs expériences pratiques dans les domaines de l'énergie, de l'agriculture et du numérique.

  • Concepts de l'ordinaire Nouv.

    Quelle connaissance avons-nous de l'ordinaire ? Quelle en est la grammaire ? Y a-t-il une normativité de l'ordinaire, ou relève-t-il d'une pure description? Mais aussi plus largement, dans quelle mesure un même concept d'ordinaire permet-il de mieux comprendre ces vies que nous menons, des plus proches aux plus étrangères? Enfin, quelle forme donner à ces vies ordinaires? Telles sont les grandes lignes de ce volume consacré aux différentes approches conceptuelles de l'ordinaire. Depuis près de deux décennies maintenant, l'ordinaire - d'habitude minoré, ou négligé par la réflexion théorique - s'est en effet imposé comme un nouveau champ de recherches en philosophie et en sciences sociales. Ce volume collectif témoigne de la richesse et du caractère novateur de ces explorations, et cherche à établir plus fermement ce que l'on appellera les "concepts de l'ordinaire".

    Contributions de : Bruno Ambroise, Jocelyn Benoist, Alexandra Bidet, Christiane Chauviré, Piergiorgio Donatelli, Pierre Fasula, Barbara Formis, Carole Gayet-Viaud, Sandra Laugier, Daniele Lorenzini, Paola Marrati, Richard Rechtman, Paul Standish, Emma Williams, Joëlle Zask.

  • Ce livre rassemble les nouvelles vénitiennes de Camillo Boito (1836-1914), écrivain italien qui fut aussi critique d'art et architecte. Pour la première fois, une édition française rassemble « Senso », son oeuvre la plus connue, qui fut adaptée au cinéma par Luchino Visconti en 1954, et ses autres nouvelles ayant Venise pour cadre. Deux de ces nouvelles (« La couleur à Venise » et « Quatre heures au Lido ») sont inédites en France, tout comme deux articles publiés par l'écrivain sur la sauvegarde du patrimoine vénitien. Dans une Venise aux deux visages, tantôt splendide, tantôt décrépite, Boito joue avec les lieux communs de son époque, notamment le mythe des amours vénitiennes, qu'il s'amuse à réécrire dans plusieurs de ses nouvelles, dont « Senso ». Dissimulant son ironie sous une impassibilité de façade, l'écrivain dresse un portrait sans complaisance de la société vénitienne de la fin du XIXe siècle.

  • Ce livre retrace le parcours d'un Juste : Jules Molina, dit "Julot", militant d'Algérie, habité très tôt par ses convictions, marginalisé par l'Histoire.

    Né en 1923 à Mohammadia dans une famille d'immigrés espagnols, il ne quittera l'Algérie qu'en 1989, à contrecoeur. Vingt ans plus tard, à la veille de sa mort, il rédige ses mémoires et les transmet à sa famille. Les voici, livrées dans un style sobre mais étonnamment vivant, accompagnées de réflexions historiques et d'entretiens que Guillaume Blanc a mené auprès des proches de Molina.

    Cet ouvrage raconte d'abord une histoire algérienne. Celle d'un homme entier, qui fut un soldat du contingent colonial, un indépendantiste torturé par l'armée française puis, comme une évidence, un citoyen algérien, impliqué corps et âme dans la construction du pays. Le parcours de Jules Molina fait voler en éclat les visions simplificatrices de l'Histoire, donnant à voir une expérience coloniale parfois faite d'hommes moraux dans un contexte immoral, puis une Algérie socialiste portée, aussi, par des communistes et des Algériens d'origine européenne.

    Ces mémoires racontent une Algérie disparue mais également une lutte sociale. La vie de Molina signale combien, pour lui, ses camarades et sa famille, le communisme a toujours relevé de l'hu-manisme : un combat permanent, toujours du côté des victimes, pour un monde à visage humain, comme nous le rappelle Henri Alleg en 2009, lors de l'enterrement de son ami le plus proche.

  • Cet ouvrage collectif et tiré d'un colloque international entend retracer, à l'aune de sources nouvelles et de questionnements renouvelés l'émergence et l'institutionnalisation de l'histoire des relations internationales comme nouveau champ académique (en France, mais en intégrant la dimension européenne - voire internationale - du sujet), des années 1920 aux années 1950, et en réalité bien au-delà.
    Il s'agit notamment d'étudier, à travers les figures bien connues des deux pères fondateurs de la discipline, Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle, les processus d'institutionnalisation qui caractérisent cette discipline d'un après-guerre à l'autre. Il s'agit pour les contributeurs de démontrer les spécificités de ce champ académique qui s'assume d'emblée comme histoire du temps présent et comme outil d'aide à la décision politique.
    Renouvin et Duroselle sont ainsi solidement replacés au sein de la communauté savante de leur époque, de même que l'ouvrage prend soin de les réinscrire dans le riche contexte politico-social de leur temps (guerres mondiales, guerre froide, construction européenne, etc.). La diffusion de cette nouvelle discipline hors des frontières nationales et le dialogue avec les historiographies étrangères est également bien pris en compte, de même que les rapports complexes avec la science politique.

  • « La musique a-t-elle un genre? »: la question soulève encore souvent indifférence polie, sinon hilarité, voire mépris. Et pourtant! Comme la littérature et la peinture, la musique n'échappe pas aux catégorisations genrées et encore moins aux inégalités de genre qui relèguent dans l'ombre les femmes artistes.

    Ce volume examine sur la longue durée ce phénomène d'invisibilisation des musiciennes à l'oeuvre tant dans l'historiographie que dans l'imaginaire social, tant dans les discours que dans les pratiques de création et les programmations.

    Repérant les différentes voies de disqualification des talents féminins, les seize études réunies ici scrutent les indices de l'enfouissement des musiciennes dans les traités philosophiques et esthétiques, dans les manuels d'éducation, dans les témoignages du public, dans les récits de vie, comme dans les écrits savants et la critique musicale, y compris la plus récente.

    Surgissent ainsi autant de jalons pour débusquer et mieux déconstruire les stéréotypes de genre dans les écrits sur la musique et les pratiques musicales d'hier et d'aujourd'hui.

  • Comment écrire une histoire des temps coloniaux à partir de points de vue d'Algériens ? Quels rapports établir entre la colonisation et le réformisme musulman, problème majeur de l'histoire contemporaine de l'islam ? C'est à ces deux questions, aussi centrales qu'irrésolues, que s'attaque cette étude sur l'ibadisme aux XIXe et XXe siècles.

    Ce livre retrace la trajectoire de la minorité des musulmans berbères et ibadites du Mzab depuis l'occupation de cette région du nord du Sahara par la France, en 1882, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie, en 1962. Il montre la manière dont, face à la domination coloniale, des savants musulmans - les oulémas - s'emparent de l'idée de réforme en islam, pour en faire une arme de conquête du leadership et de reconfiguration de la religion et de la société locales. Par-delà le face-à-face entre la France et l'Algérie, circuler entre Le Caire, Tunis, Alger et le Mzab permet à ces lettrés de trouver de nouveaux modèles politiques, d'opérer de fortes ruptures culturelles et de s'adapter à d'importants changements socio-économiques. Trois générations successives d'oulémas repensent l'ibadisme comme foi et comme pratique et, surtout, redéfinissent les contours de leur communauté face à l'occupation étrangère, tout en lui ménageant une place dans la nation algérienne en construction. Très minoritaires (1% à peine de la population), les ibadites se révèlent un observatoire unique des bouleversements vécus par les Algériens à la période coloniale.

    Au terme d'un patient travail de terrain et en archives (de langues arabe et française), Augustin Jomier renouvelle la question du réformisme musulman, révélant l'existence de sa variante ibadite et, plus largement, la métamorphose coloniale de l'islam. Il montre surtout qu'écrire l'histoire de l'Algérie en observant l'évolution des institutions sociales et culturelles antérieures à la colonisation permet de restituer la capacité d'action des colonisés, leurs manières de donner sens aux cadres coloniaux et de se réinventer dans ce contexte.

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