Syllepse

  • Le 19 juillet 1979, les jeunes guérilleras et guérilleros du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) chassaient le dictateur Anastasio Somoza du Nicaragua, mettant ainsi fin à une des plus anciennes tyrannies d'Amérique latine.
    La révolution populaire sandiniste se cherchait une voie à part?: respectueuse des libertés religieuses et politiques, elle lançait une campagne d'alphabétisation et encourageait la participation des organisations populaires (jeunes, femmes, paysans, ouvriers, indigènes) aux institutions et à la gestion du pays, à la réforme agraire et à l'«économie mixte».
    Pourtant, Daniel Ortega, qui, au sein du FSLN, l'incarnait à ses débuts, revenu en 2007 à la présidence après avoir perdu le pouvoir dans les urnes, est aujourd'hui considéré comme un tyran.
    Depuis avril?2018, des femmes, des jeunes, des paysans le défient dans la rue malgré la répression.
    Comment en est-on arrivé là? Comment le FSLN, porteur des espoirs de tout un peuple et de tout un continent, est-il devenu un tel repoussoir?
    Cette enquête historique très documentée est nourrie par la connaissance du terrain de Matthias Schindler, qui, depuis plus de quarante ans, a séjourné plusieurs fois au Nicaragua.
    Il tente de tirer des leçons qui dépassent ce pays et qui interrogent toutes celles et tous ceux qui se battent pour un changement de société.

  • De 1910 à 1920, Emiliano Zapata, Pancho Villa et les paysans en armes en quête de justice, de terre et de liberté se sont battus contre un régime militaire corrompu et une bourgeoisie libérale qui tentait de prendre le pouvoir. Ces deux révolutionnaires restent aujourd'hui encore dans la mémoire des humbles du Mexique?: leurs figures sont évoquées à chaque fois que l'on s'insurge contre les possédants et les gouvernants. Ainsi, les Indiens du Chiapas, éternels oubliés d'une «?modernité?» barbare qui ravage périodiquement le pays, se sont-ils rangés sous la bannière du zapatisme.
    Cet ouvrage est une référence majeure sur ce moment révolutionnaire.
    En donnant âme, chair et sang à cette guerre paysanne pour la terre et le pouvoir, Adolfo Gilly nous invite à comprendre le Mexique d'aujourd'hui à travers l'épopée et la réalité d'une révolution «interrompue» dont le souvenir et les idéaux hantent et enchantent encore notre imaginaire

  • Que reste-t-il de la révolution ? Ou, plutôt, que reste-t-il des révolutions ? Ancrée à quelques encablures seulement des côtes de l'Empire, Cuba charrie en effet avec elle une histoire riche en soulèvements, insurrections et transformations. L'épopée castriste et la révolution qui s'ensuit, aussi centrales soient-elles, ne sauraient occulter les processus sociaux et politiques antérieurs qui plongent leurs racines dans la lutte contre le colonialisme espagnol puis contre la mise sous tutelle de l'île par les États-Unis.
    En interrogeant le passé pour mieux éclairer le présent et les contradictions actuelles du système cubain confronté à un regain de tensions avec Washington depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, les auteurs proposent une brève histoire populaire de Cuba, analysant, au fil des chapitres, les épisodes les plus marquants qu'a connus la plus grande île de la Caraïbe de 1868 à nos jours.

  • En 2010 Lula quittait la présidence du Brésil avec 80 % d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, sa successeuse est destituée par un coup d'État parlementaire et il se retrouve emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite dont les frasques personnelles en viennent souvent à éclipser la violence des politiques mises en place.
    Que s'est-il donc passé ? Fabio Barbosa dos Santos tente d'y répondre en brossant le portrait des trois mandats et demi du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui aura été le centre de gravité du changement social au début des années 80 pour se transformer au cours des années 2000 en bras gauche de l'ordre en vigueur.
    Au-delà de l'impasse de la stratégie de conciliation de classe proposée par le PT qui liait les améliorations des conditions de vie des plus pauvres aux profits des secteurs les plus conservateurs et corrompus de la bourgeoisie nationale, l'auteur montre que la priorité donnée au maintien au pouvoir et à la politique institutionnelle privilégiée par ces gouvernements a mené à un affaiblissement des mouvements sociaux brésiliens.
    Ceux-ci, affaiblis et divisés par les stratégies d'instrumentalisation de leurs dirigeants, se retrouvent aujourd'hui les mains vides pour résister.
    L'auteur plaide donc pour une ouverture des perspectives de la gauche brésilienne, au-delà de la focalisation sur l'occupation des institutions étatiques. Cela implique d'abandonner le rêve de pacification sociale porté par le PT et au contraire de renforcer les instruments de pouvoir populaire autonomes permettant aux exploités et aux opprimés de progresser vers une sortie du capitalisme.
    Ce livre, à la fois essai sur l'histoire récente et livre d'intervention a été écrit afin de donner des clés de compréhension de l'élection de Bolsonaro et de l'avenir du Brésil.

  • Depuis 1998 et l'élection d'Hugo Chávez, plusieurs pays de l'Amérique latine ont connu ce qui a été parfois qualifié de « tournant à gauche ».
    Cet élan a alors incarné un espoir de transfor- mation sociale et de construction de diverses expériences post-néolibérales aux accents anti-impérialistes. « Révolution bolivarienne » au Venezuela, « Révolution citoyenne » en Équateur, État plurinational en Bolivie, nouvelle politique avec Lula et le Parti des travailleurs au Brésil.
    L'époque était au changement, la « longue nuit néolibérale » semblait prendre fin ou tout du moins s'estomper, fruit d'une période d'intenses mobilisations populaires et de nom- breuses révoltes sociales. Les inégalités sociales et la pauvreté reculaient, Washington perdait du terrain, alors que la participation de celles et ceux « d'en bas » progressait.
    Plus de vingt ans après l'ouverture de ce cycle, la région est pourtant entrée de nouveau dans une zone de fortes turbulences et incertitudes, tandis que le bilan des gouvernements « pro- gressistes », au-delà de leur diversité, est très largement contrasté.
    Capitalisme d'État et crise économique, colo- nisation des imaginaires de gauche par des logiques gestionnaires, approfondissement de modèles économiques basés sur le saccage des biens communs, consolidation de leaderships charismatiques, dérives autoritaires, corruption et rupture avec les mouvements sociaux : les problèmes se sont accumulés.
    En parallèle, la réorganisation des droites sociales, politiques et religieuses, la montée des extrêmes droites, la multiplication des défaites électorales, mais aussi des coups d'État par- lementaires, sont désormais un fait majeur.
    L'immense crise au Venezuela et l'ascension de Jair Bolsonaro au Brésil sont deux exemples de cette dangereuse conjoncture.
    Faire le bilan d'un cycle débuté dans l'espoir et qui s'achève dans la violence est fondamen- tal pour comprendre l'Amérique latine actuelle.
    Alors que la « patrie de Bolívar » est parta- gée entre menaces réactionnaires ou impériales, nouvelles espérances émancipatrices et fuite en avant des gouvernements dits progressistes, ce livre vient nous proposer un éclairage original indispensable.

  • Il y a vingt-cinq ans, des accords de paix mettaient fin à la sanglante guerre civile née à la fin des années 1970 au Salvador.
    Cet ouvrage raconte ce conflit armé hors norme à partir du témoignage de deux adolescents ayant vécu la guerre en première ligne, l'un au sein des escadrons de la mort de la dictature, l'autre parmi la guérilla du Front Farabundo Martí de libération nationale.
    Les événements sont racontés tels qu'ils ont été vécus, de façon brute, sans recherche d'esthétique, de justification ni de glorification, ce qui confère au récit une richesse et une force peu communes.
    Ils témoignent, d'un côté, de la formation suivie par les futurs commandos des escadrons de la mort au début des années 1980, du déroulement d'opérations militaires, des tortures, ou encore d'anecdotes légères ou dramatiques du front ou de la vie à la caserne?; et de l'autre, du quotidien des paysans à la fin des années 1970 et de l'émergence de la guérilla, de la répression et de la fuite dans les montagnes, de la vie dans les campements, des combats, de l'organisation militaire clandestine, ou encore des difficultés de l'après-guerre...
    Au final ces récits de personnes dont le lieu de naissance a déterminé l'engagement dans l'un ou dans l'autre camp se complètent et livrent une vision panoramique des événements.
    Et s'ils décrivent souvent très froidement des événements d'une terrible cruauté, on y trouve aussi des manifestations d'une grande humanité.
    Enfin, au-delà du cas du Salvador, il témoignent aussi d'une histoire populaire du continent latino-américain, des résistances, des guérillas, mais aussi des dictatures qui ont ensanglanté le continent.
    Maurice Lemoine, dans une préface très complète, revient sur l'histoire de ce petit pays d'Amérique centrale et nous montre en quoi ces récits demeurent en phase avec l'actualité du pays et du continent.
    Il présente ainsi le travail du sociologue salvadorien Óscar Martínez Peñate qui résume bien le sens de cet ouvrage?: «L'Histoire est généralement écrite par les commandants, les intellectuels et les internationalistes?; ceux qui se trouvaient en première ligne, personne ne s'intéresse à eux, leur histoire est très peu connue.?» Cet ouvrage comportera en outre un riche cahier d'illustrations inédites.

  • Ce livre - qui vient s'ajouter à La Révolution mexicaine d'Adolfo Gilly et à La Pensée coloniale de Fernando Matamoros, tous deux publiés dans la colection Coyoacán - envisage le Mexique contemporain dans son contexte historique et international, en partant du cycle de mobilisations sociales fondateur que fut la révolution de 1910-1917. Il dévoile la richesse idéologique et politique de ses précurseurs, en particulier de Ricardo Flores Magón et de ses frères, avant même Emiliano Zapata, sur des questions aussi décisives que les luttes d'émancipation des petits paysans, des peuples indigènes et des femmes, sans oublier celles de l'émigration aux Etats-Unis.
    L'auteur dresse un tableau effrayant du Mexique d'aujourd'hui, où les recettes néolibérales les plus brutales sont imposées par un Etat mafieux, avec l'appui inconditionnel des Etats-Unis, au prix d'une militarisation croissante de la société. Dans le contexte d'une offensive contre certains secteurs de narcotrafiquants, menée la main dans la main avec des cartels rivaux, l'Etat livre ainsi une véritable guerre, dont les civils - jeunes et femmes en particulier - sont les principales victimes.
    Il révèle enfin la puissance des mobilisations en cours, notamment parmi les peuples indigènes, les salariés des mines et de l'électricité, les immigrés aux Etats-Unis, femmes et hommes, dont la détermination n'a d'égal que le courage. Celles-ci puisent dans l'expérience d'un siècle de combats contre l'oppression tout en ne cessant d'inventer de nouvelles modalités de lutte contre les oligarchies économiques et politiques en place et contre la terreur d'Etat. Pour l'auteur de cet ouvrage de référence enfin traduit, la révolution mexicaine n'a pas encore dit son dernier mot.

  • Civilisatrice et destructrice, la pensée coloniale classifie et condamne.
    Au Mexique, elle assimile les Indiens à des " barbares " et à des " sauvages incultes " qu'il faut éduquer et " civiliser ". La pensée des vainqueurs, dans ses dimensions religieuses, mystiques, messianiques, utopiques et politiques, accompagne les barbaries expansionnistes qu'elle pare des vertus de la " modernité " et de la " civilisation ". Ces réflexions sur le 16e siècle ne se limitent pas au passé.
    En effet, malgré la distance historique et les éradications, le passé des vaincus n'est pas mort. Les identités contemporaines meurtries font resurgir de la mémoire des peuples vaincus et asservis des actions libératrices. Ce livre permet d'appréhender les cinq siècles d'oppression qui se sont déroulés depuis la " découverte " de 1492. On peut, ce faisant, comprendre au présent les discours et les actions de l'Armée zapatiste de libération nationale du sous-commandant Marcos, qui a déclenché son soulèvement au Chiapas précisément en 1992, lors du cinquième centenaire de la " découverte ".
    L'auteur nous propose un rendez-vous du passé avec l'espérance salvatrice du présent qui questionne la marche triomphale de la " raison " capitaliste.

  • - Le Chili d'Allende vu d'en bas - 40 ans après le coup d'état de Pinochet, retour sur la révolution chilienne 11 septembre 1973: une des dates les plus noires de l'histoire de la gauche au 20e siècle!
    Il y a quarante ans, le putsch militaire mettait un terme à trois années d'une expérience sans précédent. Pour la bourgeoisie chilienne comme pour les dirigeants des États-Unis, il fallait briser le rêve de Salvador Allende et de l'Unité populaire avant qu'il ne soit trop tard. Avant que le pouvoir populaire ne se développe encore plus...

  • - Une histoire des mouvements et résistances populaires dans l'Argentine de Perón - Une histoire vue par ceux d'en bas Comment parler de trente années de lutte et de résistance d'un peuple dont une grande partie, pendant dix-huit ans, était essentiellement motivée par le retour d'UN individu, Perón? C'est à cette question que tente de répondre cet ouvrage en faisant le récit de cette période riche et conflictuelle au plus près de ces acteurs d'en bas.

  • - « Les envahisseurs appelèrent cannibales les premiers Américains, mais plus cannibales encore étaient les mines de Potosi dont la bouche dévorait la chair indienne pour alimenter le développement du capitalisme européen ».
    - Au-delà de la figure devenue mythique du sous-commandant Marcos, l'histoire occultée des insurrections indigènes.
    Le 1er janvier 1994, le claquement des fusils zapatistes qui retentit dans les montagnes annonce une tempête et une prophétie : la révolte des Indiens du Chiapas est une part de l'Histoire universelle.

  • De Túpac Amaru aux révoltes urbaines, cinq siècles de Des récits au jour le jour d'épisodes marquants dans la mémoire des peuples latino-américains.
    Contre l'histoire des héros, une histoire des peuples en rébellion.

  • Le sujet de ce livre est un " nous " collectif.
    Le " nous " des habitants de Porto Alegre (Brésil) qui témoignent de leur expérience, au quotidien, du budget participatif. Pour tous ceux qui, élus par leurs communautés, deviennent le temps d'un mandat " conseiller populaire ", leur action vise d'abord à obtenir l'assainissement de leur quartier, la légalisation des titres de propriétés des terrains qu'ils occupent ou la construction d'immeubles salubres.
    Mais pour chacun d'entre eux, cet investissement dans la politique au quotidien constitue aussi une source de formation et d'émancipation. À Porto Alegre, la réussite du " budget participatif " a reposé sur le dynamisme du mouvement populaire. Après quatorze ans de pratique le processus est traversé à la fois par les contraintes de l'action institutionnelle et les exigences de la démocratie directe.
    Qu'en sera-t-il demain, alors que le Brésil a élu un président issu du mouvement ouvrier ? L'ONG Solidariedade qui regroupe des conseillers et des délégués du budget participatif de Porto Alegre est à l'initiative de ce livre, Les textes et les témoignages sont le fruit de débats collectifs et ont été mis en forme par la journaliste Estelle Granet qui a séjourné à Porto Alegre à l'invitation de Solidariedade.
    Un reportage photographique de Jacques Windenberger donne des visages aux paroles des acteurs de ce livre. Porto Alegre. Les voix de la démocratie paraît simultanément en France et au Brésil.

  • Salvador allende

    Collectif

    Le coup d'Etat du 11 septembre 1973 marque le début de l'application des politiques néolibérales.
    Ce livre reprend l'histoire de l'Unité populaire, sa force. ses espoirs, sa mémoire vivante et fait également apparaître l'actualité du Chili de l'après-Pinochet. avec ses avancées et ses limitations. Ecrit à plusieurs voix d'origines politiques et intellectuelles différentes, françaises et chiliennes, ce livre porte des éclairages sur les mécanismes idéologiques et répressifs sur lesquels s'est construite la mondialisation libérale et dont le Chili d'Allende a été une victime expérimentale.
    Issue d'un colloque tenu à Saint-Denis à l'occasion de la commémoration du trentième anniversaire du coup d'Etat du 11 septembre 1973, avec la participation d'Isabel Allende, présidente en 2003 de l'Assemblée nationale chilienne et fille du président Allende, cette commémoration évoque en contrepoint le 11 septembre 2001 américain. Le hasard de l'histoire a fait que les agresseurs d'hier, sont devenu, vingt-huit ans plus tard, le même jour du calendrier, les agressés d'aujourd'hui.
    Ou en tout cas, c'est ce que le Département d'Etat américain et le Pentagone entendent faire croire au monde entier, pour redoubler une politique impériale, criminelle et hors la loi, au service d'obscurs intérêts. L'ouvrage vise à éclairer cette politique américaine inaugurée au Chili avec le bombardement du palais présidentiel et l'assassinat du président élu constitutionnellement. Les conséquences les plus néfastes de cette volonté mondiale de pouvoir, de contrôle militaire et économique, rayonnent jusqu'à ce jour au-delà des frontières latino-américaines.
    Par les débats qu'il soulève comme par ses références communes, ce livre apporte des éléments de réorientation pour la gauche européenne et latino-américaine.

  • Ce livre est une analyse des luttes indigènes et de la guérilla dans l'histoire mexicaine des dernières décennies.
    L'auteur propose de décrypter la recherche de la différence et de l'altérité dans le Mexique moderne. L'apparition publique de l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) et du sous-commandant Marcos au Chiapas ont contraint le Mexique et le monde à " découvrir " et " regarder " les Indiens spoliés et condamnés depuis cinq siècles. La rébellion indienne plonge ses racines, profondes et complexes, dans l'histoire du Mexique.
    Mais il faut se méfier de ne regarder que l'arbre de la lutte armée au Chiapas qui cache la forêt du conflit séculaire qui déchire ce pays aux multiples facettes. Le Chiapas focalise aujourd'hui le non-dit de la discrimination que Carlos Montemayor perçoit dans la non application des Accords de San Andres signés en février 1996. Il s'agit de reconnaître, dans un Mexique pluriel, les droits et les cultures indigènes.
    Selon l'auteur, ces accords restaurent l'espérance éternelle, c'est-à-dire, passée, présente et future, de la construction d'une authentique démocratie incluant l'Autre et le reconnaissant. Pour Ignacio Ramonet la connaissance du monde indigène de Carlos Montemayor nous permet de comprendre, " enfin, les origines lointaines et les causes récentes de ce qu'on a appelé parfois une " guerre indienne en terre promise " ".

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