Vendemiaire

  • Espagnoles venues avec les conquérants du Vieux Continent, Indiennes, Noires, métisses, esclaves ou libres...
    Au carrefour de l'histoire du genre, de celle des colonisations et de celle des sociétés fondées sur l'inégalité de traitement accordé selon la couleur de peau, Bernard Lavallé propose une synthèse sans équivalent en langue française sur toutes ces femmes, héroïnes ou anonymes, qui vécurent en Amérique espagnole depuis le temps des conquistadors jusqu'aux indépendances du XIXe siècle et qui surent souvent affirmer leur autonomie - parfois leur pouvoir - dans un monde dominé par la violence du patriarcat.
    On connaît Malinche, Indienne née loin de Mexico, interprète et maîtresse du conquistador Hernán Cortés. Ou Catalina de Erauso qui se fit passer pour un homme et vécut des aventures picaresques au Chili, au Pérou et au Mexique. Ou Josefa Ortiz de Domínguez, la Corregidora, emprisonnée pendant plusieurs années du fait de son engagement pour l'indépendance du Mexique. Mais autour d'elles surgissent aussi, au fil d'une étude très précise des archives, des centaines d'autres figures : femmes des villes ou des campagnes assignées à leur communauté, femmes abandonnées, femmes en fuite, religieuses préservant au coeur de la clôture un véritable contre-système, révolutionnaires prêtes à sacrifier leur vie pour une cause nationale qui n'était cependant pas totalement la leur...
    Une histoire de préjugés et d'oppression, mais aussi de métissage et d'émancipation. Une histoire éclipsée. Et inachevée, puisque la reconnaissance de leurs droits est encore l'objet d'un combat, dans la majorité de l'espace latino-américain.

  • Comment parvenir, au sein d'institutions républicaines, à manipuler les foules en instrumentalisant les frustrations, les désirs et les haines ? Comment opposer le peuple à l'élite pour maintenir son pouvoir politique ? Et comment, en bout de course, faire accepter son pouvoir absolu, au mépris des limitations constitutionnelles ?
    Véritable maître en la matière, Jules César, bien avant Trump, Xi Jinping, Poutine ou Bolsonaro, a su jouer sur tous ces registres pour faire basculer la République romaine vers un régime autoritaire dans lequel il régnait en maître.
    En démontant, en dix leçons, les rouages de la prise de pouvoir par César, Christian-Georges Schwentzel tire de la Rome antique une leçon politique qui éclaire les bouleversements du temps présent avec une surprenante précision.

  • Personnage de jeu vidéo, motif de pyjama, créature de Harry Potter ou support de « tutos beauté » : la licorne, icône de la pop culture, est aujourd'hui partout. Mais si on l'associe volontiers au Moyen Âge tardif, et en particulier à la spectaculaire autant qu'énigmatique tenture La Dame à la licorne du musée de Cluny, sait-on que cet animal mythique trouve ses origines dans l'Antiquité grecque et l'Ancien Testament ? Qu'elle a oscillé dans la littérature médiévale entre les genres mâle et femelle, devenant tour à tour bête féroce capable d'éventrer l'éléphant et symbole de pureté virginale ? Et qu'en tant qu'exemple canonique d'objet dont il faut déterminer ou non s'il existe - ou s'il est possible qu'il existe et ce que cela signifie -, elle a passionné les philosophes, de Duns Scot à Bertrand Russell en passant par Kant et Leibniz ? Saisissant cette figure sans cesse réinventée dans toutes ses dimensions, un collectif de philosophes et de spécialistes d'histoire de l'art et de littérature lève le voile sur les mystères de cet animal-totem devenu l'incarnation de la nostalgie de l'innocence et de l'insatiable besoin de réenchantement de notre monde contemporain

  • « C'était Naples, la belle esclave grecque, qui devait m'offrir ce second visage, voilé pour nos grands maîtres, sous la lave d'Herculanum et la cendre de Pompéi. » Le tumultueux périple italien d'Alexandre Dumas le mène, du 2 au 23 août 1835, à Naples où il séjourne clandestinement, bien décidé à explorer les multiples facettes de cette ville bouillonnante. Dans un texte resté inédit depuis 2006, le grand écrivain populaire fait voyager son lecteur entre Chiaia, le quartier des étrangers et de l'aristocratie, Toledo, celui des flâneurs et des boutiques, Forcella, celui des avocats et des plaideurs, tous théâtres d'intrigues amoureuses et politiques.

  • Des intrigues politiques de Boris Godounov à la rivalité de Mozart et Salieri, en passant par la tragédie du visiteur de marbre : l'oeuvre théâtrale de Pouchkine est d'une richesse sans équivalent. Si l'on connaît bien en France la prose de l'auteur d'Eugène Onéguine et de La Fille du capitaine, la traduction de ses vers est un exercice de taille auquel peu se sont confrontés.
    Andreï Vieru, auteur, traducteur et musicien reconnu, s'attelle à la tâche. Dans cette nouvelle traduction, une attention particulière est portée à l'usage d'une langue française d'époque, celle dans laquelle Pouchkine, qui avait failli devenir un écrivain français, rédigeait luimême ses lettres.

  • Qu'y a-t-il de commun entre Mary Shelley, Edgar Allan Poe, J.G. Ballard et Mikhaïl Boulgakov ? Ou entre Georges Méliès, Friedrich Wilhelm Murnau, Stanley Kubrick et Michael Haneke ? Ils ont prévu, représenté, décrit dans ses moindres détails, avec une verve éblouissante, la fin du monde. Jusqu'à en faire un spectacle inoubliable : une oeuvre destinée à passer à la postérité, et à façonner nos imaginaires.
    À l'heure du Covid-19 et d'Ébola, des explosions chimiques, des bouleversements écologiques, du souvenir lancinant de Fukushima et de Tchernobyl, quelle hantise pourrait nous être plus familière ?
    Pour la première fois, une encyclopédie répertorie, avec une érudition pointilleuse et une jubilation assumée, toutes les pluies de météorites, les séismes, les éruptions volcaniques, les tsunamis et les pandémies qui ont irrigué le champ du cinéma, comme ceux de la littérature ou de la bande dessinée, depuis le XIXe siècle. De Hector Servadac à Vongozero en passant par Akira ou Le Mur invisible, du Pic de Dante à Mad Max sans oublier La Route ou Le Jour d'après, c'est une farandole vertigineuse qui se déroule devant nous, à la fois horrifique et fascinante.
    La fin du monde est bien un genre à part entière, auquel cette somme rend enfin justice.

  • Olympe

    Liesel Schiffer

    Trop souvent confondue avec son homonyme révolutionnaire Olympe de Gouges ou tout simplement oubliée, Olympe Audouard est pourtant une figure de proue du féminisme sous Napoléon III, qui n'a cessé de transgresser les normes en vigueur en franchissant la frontière de la sphère privée, seul espace autorisé aux femmes.
    Au coeur de la vie intellectuelle du Second Empire, elle a fondé pas moins de trois quotidiens, écrit une trentaine de livres et ferraillé avec la plupart des intellectuels et hommes de pouvoir contemporains, de Barbey d'Aurevilly à Zola en passant par le préfet Haussmann, incarnations de la phallocratie triomphante du XIXe siècle. Maîtresse d'Alexandre Dumas et de Victor Hugo, protégée de Théophile Gautier, ses combats contre « le sexe barbu », notamment pour le droit au divorce, résonnent encore aujourd'hui.
    Celle que l'on surnomme la « Papillonne », du nom de son premier journal, est également une aventurière chevronnée : juchée sur les premiers chemins de fer, elle a observé de près la conquête de l'Ouest américain, les mouvements nihilistes russes, failli périr noyée dans un naufrage entre Alger et Marseille, affronté une tempête dans le désert avec Abd el-Kader...
    Un destin hors du commun, une figure qui a marqué son époque et que la nôtre gagnera à redécouvrir.

  • Le Prince Genji est le fils illégitime de l'Empereur du Japon. En plein Moyen Âge, dans un univers splendide et ritualisé où s'échangent serments et malédictions, où l'on porte autant d'attention à la couleur de ses vêtements qu'à la qualité de sa calligraphie, au souffle du vent dans les arbres ou aux reflets de la lune sur la neige, il multiplie intrigues, aventures et tentations, délaissant sa magnifique épouse qui n'a que le tort d'exiger sa loyauté.
    Ce monde d'illusions et de faux-semblants, où l'on s'écrit autant que l'on s'aime, où l'on meurt de chagrin, où les esprits comme les sens sont possédés par des fantômes qui, eux aussi, ont beaucoup souffert, c'est la toile de fond du plus grand classique de la littérature japonaise, écrit il y a mille ans par une jeune femme dont on ne sait rien, sinon qu'elle vivait à la cour et qu'elle en connaissait tous les secrets.
    Les neuf premiers chapitres de ce texte-fleuve furent traduits au XXe siècle par Kikou Yamata, romancière franco-japonaise qui rend ainsi hommage, dans son style limpide, à la poésie et à la sophistication de ce chef-d'oeuvre. Grâce à elle, le Resplendissant, exerçant sur tous ceux qui l'approchent, pour leur plus grand malheur, sa sombre séduction, nous semble étrangement contemporain.

  • Qui est donc Guillaume de Beaujeu, lorsque, en 1273, âgé d'une quarantaine d'années, il est élevé à la dignité de grand-maître de l'ordre du Temple, ce qui l'amènera à rejoindre Acre en Terre sainte ? Apparenté à tout ce que l'Europe comptait de souverains, élevé dans l'esprit de croisade, c'est d'abord un guerrier, un homme d'action ; mais aussi un homme de réseaux : il entretiendra d'excellentes relations avec le pape, des échanges avisés avec les cités italiennes, et surtout une étonnante proximité avec le sultan mamelûk et les émirs de son entourage, où il compta un grand nombre d'amis fidèles, et autant d'espions. Vingt ans plus tard, cependant, un ultime assaut allait avoir raison de la forteresse d'Acre, dernière capitale du royaume latin. Beaujeu participa activement aux combats de défense, menant des sorties de jour et de nuit, avant de trouver la mort sur les remparts. La ville tomba le jour même où il fut tué : l'annonce de sa fin avait jeté l'épouvante et le découragement dans la population et jusque dans les rangs de l'armée. Éclipsé depuis par le sort tragique de son successeur Jacques de Molay, qui mourut sur le bûcher par ordre de Philippe le Bel, il mérite pleinement qu'une biographie lui soit aujourd'hui consacrée, son destin étant intimement mêlé aux grands bouleversements géopolitiques de la fin du XIIIe siècle.

  • Louis XI aurait-il provoqué la mort de son père, Charles VII, et cherché à se débarrasser de son fils, le futur Charles VIII ? Quelles relations entretenait-il avec sa femme, avec ses filles, avec ses maîtresses ? Ses incartades, ses fantaisies vestimentaires étaient-elles compatibles avec la dignité que l'on attend d'un souverain ?
    Adepte d'un humour brutal, voire cynique, faisant ostensiblement fi des honneurs, manifestant son impatience lors des cérémonies, cruel avec ses adversaires comme avec ses anciens favoris, préférant payer ses ennemis plutôt que les affronter, Louis XI a dès le XVe siècle suscité une légende noire qui fit de lui l'exact inverse du roi chevalier des temps anciens.
    Point par point, retour sur ces rumeurs et ces faits vrais qui ont nourri tous les fantasmes.

  • E maquillage du Joker a envahi les manifestations de lutte sociale, la cornette des « servantes écarlates » celles de défense des droits des femmes. Une déclaration de J.K. Rowling sur les femmes transgenres a déclenché le courroux des fans de Harry Potter. Quant à Game of Thrones, nombreux sont ceux qui y lisent l'invasion de marcheurs blancs comme une allégorie de la catastrophe climatique à venir.
    Indubitablement, les littératures de l'imaginaire, longtemps perçues comme de simples moyens d'évasion, sont devenues un creuset de mobilisation civique, des arènes où se jouent de féroces affrontements militants.
    On peut y voir l'affirmation exaltante d'une capacité des fictions grand public : celle de parler de notre époque, pour changer les mentalités ou rêver le futur. Mais ce mouvement va de pair avec une profonde transformation du statut des lecteurs et des spectateurs. Qui vont désormais jusqu'à contester l'autorité de l'auteur sur sa propre création...
    Anne Besson, grande spécialiste des mondes alternatifs, décrypte les ressorts et les enjeux de ce rôle politique, à présent déterminant, que jouent la fantasy et la science-fiction dans nos sociétés.

  • La photographie dite de la « Tondue de Chartres », prise par Robert Capa le 16 août 1944, est sans doute le document le plus représentatif du phénomène de l'épuration sauvage qui a entaché la Libération de la France. Victime sacrificielle, ou coupable avérée ?
    Au fil d'un long travail de recherche, il a enfin été possible de reconstituer l'itinéraire familial et politique de cette femme. C'est une société provinciale en proie aux déchirements idéologiques, mais aussi aux querelles de voisinage, aux rancoeurs de tous ordres, qui resurgit devant nous. Poursuivant leurs recherches, les deux auteurs apportent dans cette nouvelle édition de nombreuses informations sur les personnages clé de cette histoire, le fiancé allemand de la jeune femme ou son amie, membre de la Gestapo.

  • « Tel est le concept de race qui a dominé ma vie, et dont j'ai tenté, en traçant son histoire, de faire le thème majeur du présent livre. » Ainsi le grand écrivain William E.B. Du Bois, premier Noir à obtenir un doctorat à l'université de Harvard et figure incontournable de la lutte pour les droits civiques des Noirs américains au XXe siècle, analyse-t-il son projet d'autobiographie. Dans cette oeuvre fondamentale, écrite en 1940 à l'âge de 72 ans, il prend son parcours comme objet d'étude pour mettre à nu les dynamiques raciales aux États-Unis. De son enfance à l'apogée de sa carrière politique, la relecture et l'analyse de son passé deviennent sous sa plume le terreau d'une réflexion sur la résistance à une oppression dont les conséquences sont encore sensibles aujourd'hui.

  • Du visage de Greta Garbo dans La Reine Christine en 1933 à celui, défiguré, de Jeff Goldblum dans La Mouche en 1986, des montagnes brutes filmées dans Visages d'enfants de Jacques Feyder en 1925 aux forêts symboliques imaginées par Terrence Malick pour Le Nouveau Monde en 2005, des trucages cinématographiques utilisés par Méliès dès 1896 aux technologies numériques à Pauvre dans Gravity en 2013...

    Chacune de ces images fortes, sensibles, témoigne de métamorphoses, de réinventions, de basculements du cinéma à travers les âges, par le prisme de ce qu'en ont fait réalisateurs, acteurs, spectateurs, techniciens ou théoriciens. Et chacune sert de point de départ à une exploration thématique et historique du septième art. Corps, décors, effets spéciaux, couleurs, montage, rires, larmes : à rebours d'une évolution continue et linéaire, cette approche très complète et pourtant très personnelle, signée de deux auteurs parmi les plus réputés, met en lumière les influences et tendances qui traversent les films, grands classiques ou méconnus, au gré des époques et des continents.

  • Il existe une légende noire des parachutistes envoyés en Algérie. Ces unités, marquées par la défaite de Diên Biên Phu et décidées à mobiliser tous les moyens pour ne pas subir un nouveau revers, auraient théorisé des doctrines anti-subversives impliquant l'usage de la torture, avant de participer au renversement de la IVe République puis au putsch d'avril 1961. Ce canevas schématique est très loin de rendre compte de la réalité de l'engagement de tous les « paras » : une étude historique rigoureuse s'impose, au plus près des sources et des témoignages, qui restitue les parcours et l'évolution de ces unités réservées aux interventions. Des premières opérations en hélicoptère dans les djebels, réalisées dans l'improvisation et l'urgence, à la bataille des frontières, en passant par le parachutage sur Suez, la bataille pour Alger et les poursuites dans le désert, Marie-Danielle Demélas revient sur la façon dont ces combattants se sont adaptés à un conflit d'un nouveau genre. Une somme d'histoire militaire sur des troupes d'élite prises dans une guerre qui fit vaciller la république française.

  • 45 % des Français ne sont pas d'accord avec l'affirmation « les vaccins sont sûrs ». Le tétanos réapparaît sur notre territoire, la diphtérie en Europe, la poliomyélite voit s'éloigner son éradication, seuls 20 % des infirmiers se vaccineraient contre la grippe saisonnière... D'où vient cette vague de méfiance envers la vaccination, menaçant de faire resurgir en Occident des maladies que l'on pensait disparues ?
    Si internet facilite la diffusion de théories conspirationnistes, la plupart des courants « antivax » modernes reprennent des arguments nés dès le XVIIIe siècle. Pasteur lui-même ne fut-il pas accusé d'être un spéculateur vantant les mérites d'un vaccin qui ferait plus de victimes que la maladie elle-même ?
    Une enquête sur deux siècles d'oppositions à une révolution médicale.

  • Que filles et garçons se côtoient sur les bancs des écoles, de la maternelle à l'université, nous semble naturel. L'éducation s'est pourtant longtemps fondée sur la séparation des sexe, les filles n'ayant droit qu'à une instruction de seconde zone : il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que l'État leur ouvre collèges et lycées, visant d'abord à en faire de bonnes mères de famille, et les années 1930 pour que ceux-ci les préparent au baccalauréat.
    Aussi les Françaises désireuses d'accéder aux études supérieures ont-elles, dès la veille de la Grande Guerre, forcé la porte des établissements de garçons - bien avant la loi de 1975, qui instaurera la mixité à tous les échelons scolaires...
    L'histoire d'une révolution silencieuse qui éclaire les débats actuels sur les inégalités de genre.

  • Biographie de ce maquisard qui libéra Limoges sans effusion de sang et en deviendra le maire de 1945 à 1947. Mais ce militant communiste gênait les dirigeants du PCF qui l'exclurent du parti en 1952. Georges Guingouin fut emprisonné sous la IVe République avant d'être réhabilité en 1998.

  • « L'existence avait pris un sens supérieur. » Ainsi le dissident soviétique André Siniavski raconte-t-il l'exaltation des premiers jours qui suivent la révolution de 1917 en Russie. Pourtant, très vite, puis durant les sept années terribles où le pays fut dirigé par Lénine, l'utopie est balayée par la plus sordide des réalités. Guerre civile, révoltes paysannes, ravages du choléra, usines fermées, transports paralysés, logements sans chauffage, complots inventés par la Tcheka... Les maux se déchaînent sur une population dont l'existence quotidienne est marquée par l'attente impatiente d'un morceau de pain, de la victoire des Blancs ou du triomphe de la révolution mondiale.
    Au plus près de la vie des femmes et des hommes de l'époque, le récit de dix années d'espoir et de souffrances.

  • Merlin est-il le fils d'un démon et d'une pucelle ? Perceval a-t-il lu la Poétique d'Aristote ? Le Saint-Graal serait-il en réalité un bocal à anchois ? Kaamelott, série écrite et réalisée par Alexandre Astier, a marqué son public par son humour et ses répliques-cultes.
    Mais faut-il prendre au sérieux la façon dont elle réécrit l'histoire, celle de la légende arthurienne, mais aussi celle de ce moment crucial qu'est le Ve siècle de notre ère, entre Antiquité tardive et Moyen Âge ?
    C'est le pari qu'a fait une équipe de jeunes chercheurs : montrer que, par-delà les anachronismes, Kaamelott produit sur la période en question un discours riche d'enseignement. Tant il est vrai que chaque génération réactualise ses mythes, les parodiant ou les réinventant pour mieux se les approprier.

  • Dictatures totalitaires, règne des écrans, apocalypses nucléaires, rébellion des machines, catastrophes climatiques, famines poussant à l'anthropophagie, abrutissement des masses par le consumérisme ou par le jeu, eugénisme, clonage... Depuis plus de cent ans, la dystopie s'est montrée d'une inventivité fascinante dans l'imagination de futurs malheureux. Grimaçante antinomie de l'utopie, le genre a obtenu ses lettres de noblesse avec des classiques reconnus comme Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley ou Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, avant de conquérir l'espace littéraire, cinématographique et télévisuel. Car nul mieux que lui n'a su dévoiler et exacerber les angoisses de notre présent face aux bouleversements de la modernité. Tous les dilemmes que pose l'intelligence artificielle n'ont-ils pas déjà été anticipés par Philip K. Dick et Blade Runner (Ridley Scott) ? Ceux soulevés par la vidéosurveillance et le fichage des citoyens par 1984 de George Orwell et Black Mirror ? Quant à la série des Mad Max de George Miller, n'annonce-t-elle pas les risques que fait courir à notre société une pénurie des énergies fossiles ?
    Cette anthologie sans équivalent s'attache à couvrir toutes les facettes de ce genre protéiforme et omniprésent. Sous la plume alerte de l'écrivain de science-fiction qu'est Jean-Pierre Andrevon, ce sont des centaines de futurs potentiels qui se révèlent, au travers d'oeuvres incontournables ou méconnues. Autant de récits qui interrogent les frontières morales et politiques de l'humanité et son rapport aux limites environnementales de notre planète

  • Epidémies, mouvements de foule, frénésie de la valse, possessions démoniaques, modes vestimentaires... De la diffusion du Covid-19 sur l'ensemble de la planète à la pollution généralisée des espaces naturels, du mouvement MeToo aux rumeurs qui se propagent comme un feu de poudre sur les réseaux sociaux, des attaques de hackers aux bâillements qui se transmettent irrépressiblement d'un individu à un autre, la contagion, loin d'être uniquement un concept médical, est un processus omniprésent dans le monde d'aujourd'hui, aussi bien à l'échelle des nations qu'à celle des événements les plus infimes de notre vie quotidienne.
    Dépassant l'actualité à partir de cas précis allant de l'Antiquité à l'époque contemporaine (lutte contre la variole au XVIIIe siècle, assimilation de l'antisémitisme à une maladie contagieuse, propagation des innovations chez les enlumineurs et sculpteurs du Moyen Age ou inquiétante contamination de la planète par la diffusion de particules radioactives...), des chercheurs venus de tous les horizons tracent les contours de ce phénomène multiforme - clé de compréhension des temps à venir.

  • Enfant sauvage, homme-singe, seigneur de la jungle... Né en 1912 dans l'esprit du feuilletoniste américain Edgar Rice Burroughs, le personnage de Tarzan n'a jamais vraiment quitté notre imaginaire collectif. Sous les traits de Johnny Weissmuller, Christophe Lambert ou plus récemment Alexander Skarsgård, sur grand ou petit écran, de Hollywood à Bollywood, en muet ou en parlant, en couleur ou en noir et blanc, sur des planches de bandes dessinées ou dans des jeux vidéo, ce héros mi Robinson Crusoë mi Mowgli semble décidé à ne jamais vieillir.
    Jean-Pierre Andrevon, avec le concours de ses complices du magazine L'Écran fantastique, nous livre ici une somme indispensable qui n'oublie rien sur l'univers de ce personnage continuellement revisité, devenu un véritable mythe.

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