VLB éditeur

  • Mostarghia

    Maya Ombasic

    Mostar, dans le sud de la Bosnie-Herzégovine, est une ville idyllique entourée de collines ensoleillées. La cité médiévale est traversée par la Neretva, le fleuve émeraude qui charrie jusqu'à l'Adriatique la douceur de vivre dans la « vallée des arbres sucrés », où naître chrétien ou musulman, serbe ou croate, est la dernière des choses qui comptent. C'est là que vit la jeune Maya quand les obus se mettent à tomber, d'abord un à un, puis en pluie drue sur la Yougoslavie.

    Dans l'abri anti-bombardements, les scènes tragicomiques que rapportent les habitants hilares n'empêchent pas la réalité du massacre de filtrer : la guerre est là, elle va durer, il faut partir. Maya et son petit frère s'enfuient dans la caravane des gitans ; ils retrouveront leurs parents à Split, d'où la famille s'embarquera avec d'autres réfugiés pour un exil qui la mènera en Suisse, puis au Canada.

    Tout au long de ce périple, Maya grandit et s'éduque, poursuivant jusqu'à Cuba un dialogue enflammé avec son peintre de père, homme blessé, prophétique, emporté, balkanique jusqu'au bout des ongles. La résignation révoltée de Nenad, ses enthousiasmes d'enfant cent fois déçus, ses explications savantes sur l'indigence des mots pour dire la vérité du monde et des coeurs scandent le texte sensible et baroque de Maya Ombasic, qui signe avec Mostarghia son livre le plus autobiographique.

  • Dans les dernières décennies, notre conception du sexe, du genre et de la sexualité a beaucoup évolué. La logique binaire selon laquelle on serait homme ou femme, de genre masculin ou féminin, d'orientation hétérosexuelle ou homosexuelle, a été profondément remise en question en faveur d'une pluralité d'identités. Quelles sont les origines de cette révolution ? Sur quelles connaissances scientifiques est-elle fondée ? Quelles nouvelles perspectives ouvre-t-elle ? Le présent ouvrage, version entièrement remaniée d'un des premiers livres en français portant sur ces questions, explore le monde nuancé et complexe de l'intimité, de la sexualité et de l'identité. Ce faisant, il explique et définit avec précision les différentes facettes de la diversité sexuelle et de genre.

  • Quand Djemila Benhabib a pris connaissance du rapport de la commission Bouchard-Taylor, elle a été outrée qu'on demande aux Québécois d'accueillir favorablement toutes les requêtes faites au nom de l'islam. Sous prétexte de tolérance, les commissaires ont ainsi confondu musulmans et islamistes, alors que ces derniers ne sont qu'une petite minorité parmi les immigrants de culture musulmane. Or, les islamistes, Djemila Benhabib les connaît bien et elle a toutes les raisons de s'en méfier. En Algérie, où elle a vécu, elle les a vus envahir l'espace public, en tirant parti des défaillances de l'État et en pratiquant la terreur, elle les a vus imposer leur programme politique et infliger aux femmes leur tyrannie. En France, où sa famille a trouvé refuge, elle les a vus exercer des pressions insoutenables auprès des populations maghrébines pour les garder en dehors de la société d'accueil. Au Québec, elle les a vus réclamer des passe-droits et des privilèges, en invoquant la Charte des droits et la liberté de religion. C'est leur stratégie éprouvée qu'elle expose ici et qu'elle dénonce, dans un témoignage solidement documenté, mais auquel elle donne de touchants accents personnels, parce qu'il remue en elle une histoire encore douloureuse.

  • Le 11 septembre 2001 a marqué l'irruption spectaculaire de la violence des soldats d'Allah en Amérique, dans le combat - le dijhad - qu'ils mènent depuis longtemps pour faire prévaloir une vision politique qui rejette bien des valeurs que les Occidentaux tiennent pour acquises: la séparation du politique et du religieux, l'égalité des hommes et des femmes, l'égalité de tous les citoyens face à la loi indépendamment de leurs convictions religieuses... 

    Djemila Benhabib revient sur l'histoire des peuples de culture musulmane pour montrer comment l'islam politique en est venu à supplanter les mouvements démocratiques et féministes, qui étaient pourtant apparus au Moyen-Orient en même temps qu'en Occident. Elle souligne la part de responsabilité des États-Unis dans ce gâchis, eux qui ont renié leurs valeurs fondatrices pour s'assurer en approvisionnement stable en pétrole auprès de l'Arabie saoudite qui finance les réseaux islamiques les plus réactionnaires. Elle fait l'histoire de l'implantation en Europe et en Amérique des Frères musulmans et de leur stratégie pour imposer l'intégrisme islamique sur la place publique, en tirant parti des chartes des droits et de la promotion du multiculturalisme. Elle se sert de l'exemple québécois pour illustrer comment les bien-pensants de gauche et autres partisans de la "laïcité ouverte" deviennent les alliés objectifs, les "idiots utiles", de ces dangereux militants antidémocratiques.

    Dans un récit en arabesque qui passe du général au particulier, qui entremêle l'analyse des idéologies aux exemples de leurs conséquences réelles sur les individus, en Égypte ou en Iran aussi bien qu'au Québec ou en Belgique, Djemila Behabib lance ici un appel à la vigilance démocratique et un plaidoyer sans concession pour la laïcité.

  • Yukonnaise

    Mylène Gilbert-Dumas

    Béatrice, écrivaine en mal d'inspiration, arrive au Yukon avec l'espoir d'y trouver le sujet de son prochain roman. Sur la route qui relie Whitehorse à Dawson City, elle prend une femme en auto-stop et réalise très vite qu'il s'agit d'Isabelle St-Martin, une esthéticienne dont elle a déjà été la cliente. Mais la Yukonnaise qui occupe le siège du passager n'a plus rien de la Québécoise superficielle qu'elle a connue autrefois. Au fil des conversations, Béatrice découvre l'histoire d'une jeune femme que tout le monde croyait fragile et qui pourtant a réussi à s'émanciper des cadres préétablis pour refaire sa vie au Yukon. Après le succès retentissant de L'escapade sans retour de Sophie Parent, Mylène Gilbert-Dumas nous revient avec Yukonnaise, l'histoire touchante et inspirante d'une femme qui a dû s'exiler au bout du continent pour redonner un sens à sa vie. Pour la rédaction de ce douzième roman, l'auteure a elle-même séjourné à Dawson City dans le Yukon.

  • Au décès de sa soeur, Vivianne, qui n'est encore qu'une jeune étudiante, se voit confier la garde de son neveu. Ce tour du destin l'oblige à changer sa vie radicalement.

    C'est dans un environnement inconnu que Vivianne apprendra, au prix de sacrifices immenses, son nouveau rôle de mère. Mais l'affection grandissante du petit Ben et sa rencontre avec Joséphine, une femme qui, sous des dehors bourrus, cache une âme généreuse, lui feront prendre conscience que le bonheur est rarement là où on croit le trouver...

  • Excitante, choquante ou distrayante, la sexualité s'expose aujourd'hui sur toutes les scènes, sur tous les écrans. Pourquoi fascine-t-elle tant ? Et que nous révèle-t-elle de ceux qui la produisent et de nous, son public avide de tout voir et tout entendre ? Peut-on jeter un regard neuf sur le phénomène ?
    Michel Dorais nous y invite dans cet essai critique teinté d'humour.
    Il nous montre comment la sexualité spectacle tient de l'art du cirque, qu'elle se nourrit du scandale et de la censure, qu'elle fait de l'exhibitionnisme une vertu et de l'abolition de l'âge, un must. En soulevant la toile du plus grand chapiteau du monde, l'auteur nous fait voir d'un autre oeil le vaste show de la sexualité.
    Ce livre, initialement publié au Québec par VLB, a été un bestseller au Canada.

  • L'avenir de l'art

    Hervé Fischer

    En 1979, Hervé Fischer a déclaré au cours d'une performance au Centre Beaubourg à Paris : L'Histoire de l'art est terminée . Puis, il a publié sous ce titre un livre qui a eu un grand retentissement. Trente ans plus tard, où en sommes-nous ? Sa prophétie était-elle juste ? Dans L'avenir de l'art , il fait le point et montre comment la crise généralisée de l'art postmoderne, si durement dénoncé, constitue en fait l'écho légitime de la crise de sens et de valeurs que nous traversons. Mais il en prend le contre-pied en évoquant l'avenir de l'art. Une véritable tour de Babel des arts émerge aujourd'hui, qui met fin au monopole de l'art occidental et ouvre de nouvelles voies. Les arts numériques se sont imposés, dans lesquels Hervé Fischer lui-même a été un pionnier très engagé, même s'il en montre aussi les écueils. Les arts scientifiques contribuent désormais activement aux débats de société sur l'intelligence et la vie artificielle, les manipulations génétiques et l'écologie. En réaction au désenchantement généralisé de notre époque, les arts prennent la relève de la magie, remplacent la religion et se rapprochent de la philosophie. Face au scandale éthique permanent de nos sociétés, ils recourent à une esthétique interrogative et vont contribuer à mettre au monde un autre monde.

  • Sophie trouve, dans l'entretoit de sa maison tricentenaire de Neuville, au Québec, un manuscrit qui y a été déposé en 1674 par son lointain ancêtre, l'architecte et constructeur naval Guillaume Bertrand. Signé Bénédicte, ce document relate les événements majeurs qui ont contribué à la formation de la pensée et de l'oeuvre d'une philosophe née à Amsterdam au XVIIe siècle et qui a vécu de sa naissance à sa mort dissimulée sous des habits d'homme. Qui était cette Bénédicte? Comment son manuscrit s'est-il retrouvé entre les mains de Guillaume Bertrand? Et y a-t-il moyen pour Sophie d'authentifier sa découverte? Au bout d'une année d'enquête menée avec son ami Balthazar, et après bien des péripéties, Sophie découvrira, à sa grande surprise, l'identité de cette Bénédicte dont elle se sent si proche.

  • Comment fonctionne l'érotisme masculin ? Qu'est-ce qui suscite le désir, l'excitation ou la passion chez les hommes ? Comment construisent-ils leurs fantasmes ? De quelle façon choisissent-ils leurs partenaires ? Pourquoi sont-ils fidèles ou volages ? Une enquête inédite, témoignages à l'appui.

  • Je m appelle Bosnia

    Gagnon Madeleine

    Après l'enlèvement de son frère par des paramilitaires, l'internement, dans un asile psychiatrique, de sa mère broyée de douleur et l'assassinat de son père tombé à ses côtés au combat, Sabaheta, jeune résistante musulmane, adopte le nom de Bosnia. Elle file vers Sarajevo, ville dévastée par les obus et les tirs des snipers, et y retrouve son amie Adila avec son amante ainsi qu'un camarade d'université, Adem. Ensemble, ils essaient de survivre à la guerre. Lorsque sont tuées Adila et son amie, Bosnia et Adem, devenus amoureux, décident de s'exiler, d'abord en France, puis au Québec, où ils s'installent pour de bon.Roman fort et émouvant, Je m'appelle Bosnia dénonce les horreurs de la guerre, le racisme, la violence faite aux femmes, l'intolérance sous toutes ses formes. À l'amour de certains pour la mort, Madeleine Gagnon oppose le chant d'amour de tous les autres qui apportent à Bosnia et à Adem secours, hospitalité et générosité sans limites sur la route de l'exil. Avec toutes les voix d'écrivains qui hantent Bosnia, ce roman se révèle l'un des plus beaux hommages rendus au pouvoir régénérateur et consolateur de la littérature.

  • Prenons un instant pour prendre conscience qu´il n´y a que trois façons de modifier la trajectoire de notre vie, pour le meilleur ou pour le pire : la crise, la chance et le choix.
    Sophie Parent, l´héroïne de ce livre, va passer par ces trois phases. Le jour de ses 40 ans, elle abandonne mari, enfants (2 ados) et vaisselle sale pour faire le vide pendant deux semaines dans un hôtel all-inclusiveà Mexico... Le début d´une escapade rocambolesque sans retour.
    "Sophie Parent n´avait rien d´une aventurière. Installée depuis des années dans le confort de sa banlieue, elle s´était laissé porter par la vague tranquille de son quotidien. Elle respectait l´ordre social, avait confiance en ses proches, ne mentait pas et avait pour le chaos une aversion intraitable. De l´avis de plusieurs, elle surfait avec adresse sur la grande mer de la vie. À preuve, deux mois avant que commence sa descente aux enfers, Sophie habitait encore une maison de briques dans un quartier tranquille. Elle enseignait dans une école de Montréal, partageait le lit du même homme depuis vingt ans et s´occupait de deux adolescentes avec toute l´abnégation et la tolérance qu´on exige des mères modernes. Elle parlait bien sa langue maternelle, la lisait et l´écrivait avec aisance, mais jamais elle n´avait ressenti la moindre envie d´apprendre l´anglais. Encore moins l´espagnol. Il est donc étrange qu´au moment où nous faisons la connaissance de cette femme ordinaire, elle gît en plein désert, sur l´accotement d´une route de campagne, quelque part au Texas, non loin de la frontière mexicaine."

  • Le choc du numérique

    Hervé Fischer

    En ce début du troisième millénaire, l'espèce humaine doit faire face au choc numérique qui envahit tous les secteurs d'activité. Un choc qui ouvre jusqu'à la boîte de Pandore des manipulations génétiques... Nous vivons une révolution fascinante qui, trop souvent, s'accompagne d'un retour de la pensée magique. Assisterons-nous, sans esprit critique, au triomphe des cyberprimitifs? L'âge numérique sera aussi décisif pour l'aventure humaine que l'ont été l'âge du feu ou l'âge du fer. N'est-il pas urgent alors de repenser les fondements de notre humanisme pour maîtriser notre destin?

  • Rescape

    Gorkynian Jean-Pierr

    Les débuts de roman que Youssef empile dans la boîte au pied de son bureau sont autant de morceaux de miroir dans lesquels se reflète son identité fragmentée. Son ex partie, le Moyen-Orient à feu et à sang, un rapport à remettre tous les vendredis... Comment faire naître le sens d'un monde en déroute dans lequel on n'a pas trouvé sa place ? Comment rêver quand il nous est impossible de même fermer l'oeil ?

    Les massifs dunaires voguent d'un bout à l'autre du désert, sous l'orchestration des étoiles, et moi, je suis perdu dans leurs méandres. Quand la solitude devient insupportable, quand la violence que je vois est trop immonde, je m'échoue, en quelques clics, au pied de mirages dissipés.

    Jean-Pierre Gorkynian est un Montréalais d'origine syrienne. Il anime à la radio web de l'UQAM une chronique sur la transmigrance en littérature. Rescapé est son premier roman.

  • Francis

    Alexandre Michaud

    Antoine Lavoie habite dans une petite ville glauque et pauvre avec samère, dépressive chronique, et son père, chômeur habituel. Il passe son temps àlire et rêve de devenir écrivain. Mais pour écrire quoi ? Il n'a rien àraconter, et ça se voit : à la poly, c'est comme s'il était transparent...Mais voilà que Francis Pigeon, la terreur du voisinage, lui fait uneproposition inespérée : il va lui faire vivre de quoi remplir son livre.

  • L'auteur de L'État succursale revient en grande forme avec un essai percutant sur la nature antidémocratique du nouveau libre-échange planétaire. Adoptant le point de vue de l'observateur citoyen, il démonte une à une les idées reçues de la mondialisation néolibérale.
    Si les défenseurs de cette idéologie (qui en sont les premiers bénéficiaires) ont su l'imposer comme une doctrine incontestable, Savard-Tremblay estime qu'aujourd'hui, la sauce ne prend plus. Entre les « révoltes populistes » des électeurs qui refusent le maintien du statu quo, les crises successives qui ont mis au jour les errements des institutions économiques mondiales, et la prise de conscience collective des déprédations des grandes entreprises transnationales, il croit discerner les signes qu'un reversement démocratique du système est non seulement souhaitable, mais possible. À condition, bien entendu, d'être porté par un projet politique cohérent et humain.

  • Rebatir le camp du oui

    Collectif

    La relance du Parti Québécois et du mouvement indépendantiste dans son ensemble est au coeur du livre de Paul St-Pierre Plamondon. Le candidat à la course à la chefferie du PQ y relate son expérience de l'engagement sur le terrain, fait état de ses observations sur le parti, et donne une lecture convaincante des facteurs qui, selon lui, ramèneront inexorablement la cause de l'indépendance du Québec à l'avant-scène dans les prochaines années. Il propose un plan de match pour préparer le camp du OUI, repérant les enjeux qui devront animer l'action du parti de René Lévesque sur le chemin de son nouveau rendez-vous avec l'histoire.

  • Coco

    Charbonneau-Demers A

    "Dans son « racoin du monde », un garçon de douze ans est repéré par Marie-Thérèse Lambert, actrice tordue et malheureuse qui décide de le prendre sous son aile. Des années durant, elle lui apprendra à se délecter de son propre malheur et, surtout, à susciter la pitié des autres - comme le faisait son alter ego, l'infâme Kamelia Kaze, du temps où elle se suicidait sur les scènes de New York.

    Coco est un roman d'apprentissage déjanté
    et minimaliste dont l'humour caustique se fait tour à tour jubilatoire et inquiétant.

    Extrait: Une femme se tient debout, dos à moi, au centre d'un cercle d'enfants couchés par terre, les yeux fermés. On entend tout. Les gouttes qui tombent de mes cheveux et la respiration de chacun d'eux, étalés sur le plancher comme des paires de poumons. Je risque de leur faire peur en m'approchant. Ou peut-être qu'ils vont m'ignorer jusqu'à la fin ? On n'arrive pas en retard à un cours de théâtre, j'imagine : tout y a l'air si sacré."

  • On fait monter une jeune Innue sur une plateforme de bois construite dans les arbres. Toute seule, juchée parmi les branches, elle attend la visite de l'animal totémique qui guidera son destin. Au terme de cette épreuve initiatique, que l'on réserve d'habitude aux garçons, elle sera prête à partir avec son clan à la recherche du caribou, qui a déserté la taïga.Car, sans le caribou, nul équilibre, nulle joie. Ce conte poétique, raconté avec tendresse et humour par le grand-père de l'héroïne, est un hommage aux forces de la nature, et à tous ceux qui en tirent les enseignements. " J'ai eu la vision du Caribou il y a un mois, et il m'a semblé voler à sa chasse en replongeant dans ce roman-conte... Toutes ces visions du Nitassinan, de cette vie ancienne, tant ancienne qu'elle en est oubliée, tout cet univers que je parcourais dans mon adolescence, je les ai retrouvés grâce à toi, Jean. Ils sont dans ce livre ! " - Natasha Kanapé Fontaine

  • "Les Abdelnour ont passé près de quinze ans au Québec avant que le père ne les force à rentrer au pays natal, le Liban. Après quelques mois d'émerveillement devant le paysage lumineux de la côte, il leur faut bien s'installer dans leur nouvelle vie, apprendre les codes culturels, s'inventer un avenir. Pour la jeune Ikram, profondément attachée à l'indépendance et à la liberté dont elle jouissait en Amérique, l'épreuve est particulièrement ardue. Dans la chaleur entêtante et sous le regard oppressant des hommes, comment rester fidèle à ses ambitions ? Comment exercer son métier de comédienne dans un monde ou « actrice » est synonyme de « putain » ? Au Grand Soleil, comment s'épanouir sans se brûler ?
    Dans ce roman sensible et sensuel, Abla Farhoud donne la parole à des personnages intenses et fait revivre autour d'eux le Liban des années soixante.
    C'est mon père qui prend la parole. Les mots sortent difficilement de sa bouche, comme s'il n'avait jamais parlé de sa vie. « Tu sais, ma fille, nous sommes au Liban... Nous espérions que... » Je le laisse se dépêtrer, je sais ce qu'il va me dire. Je les regarde et j'attends. « Tu le sais, ma fille, au Liban... une fille de bonne famille ne joue pas au théâtre. »"

  • Mélikah Abdelmoumen a passé douze ans à Lyon avec son conjoint et leur fils. Sans amertume, mais sans détour, elle raconte ce qui lui a finalement fait interrompre ce long séjour : les clivages sociaux et les lourdeurs administratives de la France, un climat politique étouffant, et l'épreuve quotidienne de vivre dans un pays en perpétuel état d'urgence. En contrepoint, le récit de son amitié avec une famille de Roms de Roumanie ballottés de squats en bidonvilles fait ressortir cette grande constante existentielle du déracinement : l'inquiétude.

    Quand on part, même dans des circonstances heureuses et relativement confortables, on part avec soi-même tout entier, névroses comprises, phobies comprises, araignées au plafond et squelettes dans le placard compris. Ce qu'on laisse derrière soi, c'est le terreau humain, social et institutionnel où tout ça était enraciné. On emporte, dans un mouchoir de poche, les petites mottes de terre accrochées au rhizome biscornu qui est tout ce qu'on est..

  • La navrure

    Gagnon Jean-Daniel

    Éclairé par la fiction romanesque, ce que j'ai vécu là-bas [...] a été plus accessible à ma conscience, moins terrifiant. Ma mémoire apitoyée en a fait une aventure paradoxale.Un homme s'éveille dans un hôpital perdu du Bélize en pleine tempête tropicale. Désorienté et fiévreux, il découvre, horrifié, qu'il ne peut plus parler, ni marcher. Pris de violentes convulsions, il délire, plongeant etreplongeant sans cesse dans les souvenirs de ses frasques, de ses amours, deson enfance. Quand il en émerge, c'est pour observer autour de lui un universqui n'a plus de sens.La navrure n'est pas une ode lénifiante à la résilience humaine : le narrateur est en colère, amer, révolté. Mais son regard sur le monde et sur lui-même est aussi empreint d'un humour délicieusement corrosif.

  • Mes parents suivaient la méthode du calendrier. Alors, ce qui devait ne pas arriver arriva. C'est-à-dire moi.Tourville, années 1950. Les locomotives ne sont pas encore passées au diesel et le CN est le principal employeur de ce village de la région des Appalaches, dépôt de charbon et de bois d'oeuvre. Depuis toujours, l'Église règne sans partage sur les âmes comme sur la politique : rien ne doit mourir et rien ne doit changer... Mais voilà que la télévision entre dans les foyers et, avec elle, une constellation de nouvelles vedettes dont la plus lumineuse, aux yeux du jeune Daniel Boisvert, est sans conteste Janette Bertrand. Le petit garçon ira jusqu'à confier à son idole la tragédie qui a bouleversé sa famille.À travers le regard d'un enfant de neuf ans, Rendez-vous à Tourville dépeint avec un humour à la fois tendre et ironique tout un chapitre de l'histoire culturelle et sociale du Québec.

  • Au loin se dessine un grand voilier : il amène un Danois venu se perdre dans la blancheur pour échapper à un sombre passé. Amusées, Mikak et sa famille le rebaptisent Jensigoak et l'adoptent comme un des leurs.

    Bientôt, Mikak prendra le large à son tour, amenée par l'officier Francis Lucas et ses hommes jusqu'à la cour de la princesse Augusta, en Angleterre, où elle sera traitée comme une curiosité avant d'être renvoyée chez elle, à jamais transformée.

    À son retour, elle servira de guide à Jensigoak pour l'établissement de la première mission des Frères moraves au Labrador. Mais la cohabitation improbable des deux cultures ne se fait pas sans dégâts : les traditions s'enchevêtrent et se confrontent irrémédiablement.
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    Dans ce deuxième volet du Cycle des chants de la terre, Jean Bédard prête sa plume à Mikak, la première Inuite à s'inscrire par son nom dans les annales de l'histoire de la conquête.
     
    Les Frères peuvent passer, dit-elle, nous les aimerons autant que le reste. Nous sommes en paix entre les omoplates de nos grands-pères. Le feu de nos lampes à graisse frétille comme du poisson de rivière. Dans mille ans, on marchera encore sur un manteau de neige dans un ciel de couleurs.
     
    Jean Bédard, docteur en philosophie, enseigne le travail social à l'UQAR. Lauréat du prix Ringuet pour Marguerite Porète, l'inspiration de maître Eckhart (VLB éditeur, 2012), il signe ici sont dixième roman.

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