• Comprendre la France d'Ancien Régime implique de se distancier de réflexes mentaux trop contemporains. L'État moderne se construit dans une économie préindustrielle, entraînée par le commerce des produits agricoles dans une société où les libertés sont longtemps confondues avec les privilèges des ordres sociaux et dans une culture largement vivifiée par la religion. La formation de l'État-nation est l'oeuvre d'une monarchie sacralisée à perspective absolutiste, où le souverain ne parvient pas à s'adapter à la redéfinition de la nation au siècle des Lumières.
    Après un lent dégagement des conceptions féodales, la monarchie n'a pas été capable de maîtriser la question du pluralisme religieux, ni d'imposer une réforme progressive de la société pour en tirer une fiscalité à la hauteur de ses ambitions. Le refus politique d'association de la nation à la gestion de l'État, longtemps maîtrisé grâce à l'attachement des élites au partage financier des ressources de l'État fort, finit par asphyxier la monarchie lorsque l'enlisement des réformes se paie par la faillite.
    Pour cerner la vraie nature de l'absolutisme français, de sa naissance à sa crise ultime, huit chapitres thématiques replacent l'État royal dans son environnement géographique, économique, social, religieux et culturel. Trois chapitres dégagent ensuite les caractéristiques essentielles de chaque siècle ; enfin, des synthèses approfondissent quelques questions fondamentales pour l'histoire de la France moderne.

  • Présentation claire et précise des principaux développements de la linguistique, cet ouvrage propose une mise en perspective raisonnée de l'apport du Cours de linguistique générale de F. de Saussure. Ce texte princeps, qui consacre l'avènement et l'autonomie de la linguistique, est restitué par rapport aux courants de pensée avec lesquels il rompt, mais également aux élaborations théoriques qui l'ont revendiqué comme nouveau point de départ.
    L'exposé des théories linguistiques, obéissant à une triple exigence -  épistémologique, historique et pédagogique  - rend compte des principaux moments de constitution de la discipline  :l'interrogation linguistique du XIXe  siècle (la grammaire comparée)  ;le moment saussurien (les diverses formulations du structuralisme et du fonctionnalisme)  ;les modèles poststructuralistes (théorie de l'énonciation, linguistiques discursives, théories pragmatiques).Pédagogique, complète et maniable, cette initiation, en facilitant le repérage et l'apprentissage des notions, stimulera la réflexion du lecteur et l'aidera dans l'entretien de ses connaissances.
    Cet ouvrage propose une présentation claire et précise des principaux développements de la linguistique. Il rend compte des principaux moments de constitution de la discipline : l'interrogation linguistique au XIXe, le moment saussurien (les divers formulations du structuralisme et du fonctionnalisme), les modèles poststructuralistes (théorie de l'énonciation, linguistiques discursives, théoriques pragmatiques). 
    L'exposé des « grandes théories » obéit à une triple exigence : épistémologique, historique et pédagogique. 
     

  • Dans le cadre d'une histoire de l'art comparée, ce manuel examine successivement les relations entre l'histoire de l'art et son historicité, l'esthétique, les études anthropologiques, la sémiologie, l'approche formaliste des oeuvres, la philosophie du langage. Sont abordées également les relations qui peuvent se nouer avec la psychanalyse, celles qui mettent en jeu les rapports entre la politique et l'Art, ou encore la manière dont la sociologie de l'art contribue à redéfinir les contours d'une histoire sociale de l'art.
    Enfin, sont examinées les questions de la classification des arts, des procédures d'appréhension des oeuvres, de la définition de l'Art et des modalités de coopération des disciplines impliquées.
    Cette deuxième édition comporte un nouveau chapitre qui traite des questions qui lient oeuvres d'art, perception et empathie, ce dernier mécanisme éclairant de manière nouvelle les problématiques inhérentes à l'histoire de l'art.
    À partir d'une approche résolument « indisciplinée » de ce qu'il est convenu d'appeler Art, cet ouvrage permet aux étudiants de disposer d'un outil de clarification de l'objet de l'histoire de l'art et d'approfondissement de ses méthodes.

  • Qu'est-ce que le premier empire colonial français et comment, sur près de trois siècles, a-t-il évolué ? Depuis la mise en place d'un projet colonial par Richelieu jusqu'aux années 1810, qui voient la prise de contrôle par l'Angleterre des derniers vestiges de possessions françaises fragilisés par l'épisode révolutionnaire, l'ouvrage montre les politiques coloniales à l'oeuvre en Amérique du Nord, aux Antilles et dans l'océan Indien.
    Cette étude présente les acteurs, privés et institutionnels, de cette entreprise coloniale, mais aussi les populations, esclaves et libres cultivateurs, négociants et Habitants, nationaux et autochtones, à l'origine du démarrage véritable de l'outre-mer français, vers le milieu du XVIIIe siècle. Dépassant la simple perspective économiste et l'approche institutionnelle et militaire, l'auteur restitue la multiplicité des points de vue des acteurs et les ambiguïtés des marqueurs culturels entre « créolisation » et signes ostentatoires d'intégration.
    Cartographie originale, documents et portraits de grandes figures accompagneront le lecteur dans cette découverte de la première vague colonisatrice de la France.

  • Ce manuel développe une  théorie appliquée aux dispositifs, aux pratiques et aux langages des «  médias informatisés ». Véritable manuel à destination de ceux qui ont  besoin  d'analyser les écrits sur   tout type d'écran (ordinateurs, téléphones portables, tablettes, etc.).  L'objet de ce livre est donc là  : fournir à ses lecteurs une gamme de notions et de pratiques pour analyser, avec rigueur, pertinence et justesse, les textes numériques tels qu'ils se donnent à nous.
    Les auteurs proposent  une approche simple, claire et pertinente, destinée aussi bien aux étudiants, aux rédacteurs web et tout professionnel de la communication numérique.

  • « Foulard islamique », disparition des abeilles, vieillissement de la population : comment des faits ou des dossiers deviennent-ils « problèmes », dont s'emparent les médias ou les partis en campagne ?
    Une tradition sociologique née aux États-Unis au début du XXe siècle est venue montrer que la réponse n'était pas dans une gravité objective des « faits ». Les brutalités sur les enfants n'ont été que tardivement constituées en problème public, alors que l'usage de la margarine suscitait jusqu'à des référendums. C'est donc vers l'activité des entrepreneurs de problèmes qu'il faut se tourner.
    Qui sont-ils (think tanks, haut-fonctionnaires, mouvements sociaux) ? Comment justifie-t-on de l'importance d'un problème ? Pourquoi certains problèmes suscitent-ils plus l'attention médiatique que d'autres ? Comment des cadrages viennent-ils les mettre en récit pour qu'ils soient au diapason des sensibilités sociales ? Quels tris président à leur prise en charge (ou non) par les politiques publiques ? Est-ce là la fin du processus ?
    Dense en exemples pratiques proposés sous formes d'encadrés et en outils théoriques, ce manuel aide à penser comment s'alimentent nos conversations, les « Unes » des médias et l'agenda des politiques.

  • Le rêve de transporter, de projeter et d'animer les images est peut-être immémorial et l'histoire de ceux qui ont voulu faire vivre ce rêve est déjà longue quand, en 1895, les frères Lumière projettent la vie, prise sur le vif, sur l'écran du cinématographe. Cette anthologie rassemble quelque cent textes qui nous invitent à parcourir une histoire culturelle de la vision, de ses moyens et dispositifs, de l'idée que nous nous faisons du visible, des attentes, des croyances et de l'imaginaire qui s'y rattachent, afin de mieux comprendre nos propres façons de voir et de vivre avec les images. 
    De Platon à Jules Verne, avant le cinéma, sans le cinéma, se croisent les préoccupations philosophiques, artistiques et littéraires autant que sociales, scientifiques et techniques. Autour des jeux de l'ombre et de la lumière, de la chambre noire, des lanternes magiques, de la fantasmagorie, des panoramas, de la photographie, des machines optiques et des images en mouvement, dialoguent, parmi bien d'autres, Vinci, Kepler et Sterne, Kircher, Inés de la Cruz et Leibniz, Robertson, Balzac et Strindberg, et encore Kleist, Wordsworth et Hawthorne, Lichtenberg, Hoffmann, Hugo, Marx et Zola, Arago, Poe, Delacroix et Nadar, Plateau, Baudelaire, Marey et Edison, Villiers de l'Isle-Adam, H. G. Wells et Charles Cros... 
    Daniel Banda, professeur agrégé, enseigne la philosophie au Lycée Victor Hugo à Paris et l'esthétique à l'université de Paris I Panthéon- Sorbonne. 
    José Moure, ancien élève de l'École normale supérieure, est professeur en études cinématographiques à l'université de Paris I Panthéon- Sorbonne. 
    Ensemble, ils ont publié Le Cinéma : naissance d'un art. 1895-1920 et Le Cinéma : l'art d'une civilisation.1920-1960.

  • Cet essai auquel contribuent trois parmi les meilleurs spécialistes de l'Italie fait le point sur les rapports entre la France et l'Italie depuis le milieu du XVIIe siècle à nos jours ; il retrace entre autres l'histoire des relations tumultueuses des "Républiques-soeurs", entre l'expédition de Rome de Garibaldi, le héros de l'Italie unifiée, jusqu'à l'ère berlusconienne en passant par les malentendus franco-italiens ("doctrine Mitterrand").Bénéficiant du regard de trois historiens français (Gilles Bertrand et Jean-Yves Frétigné) et d'un historien italien (Alessandro Giacone), l'ouvrage revêt la forme d'un dialogue critique permettant de revenir sur les relations franco-italiennes sur le plan diplomatique mais également sur les échanges culturels, sociaux et économiques.

  • Le cinéma espagnol, profondément inscrit dans l'histoire du pays, est le reflet fidèle des questionnements de sa société. Les auteurs de cet ouvrage, européens et américains, en montrent ici toute la richesse. Loin des clichés et des stéréotypes, cette étude est menée à travers le prisme de l'histoire culturelle, en privilégiant quatre axes : l'identité nationale, la différenciation sexuelle, la représentation de l'autre et la mémoire.
    L'Espagne présente un cas très particulier par les changements radicaux qu'elle a connus et par le rôle essentiel que le cinéma a joué dans la construction de l'imaginaire national. Longtemps soumis à la censure, ce pays a ouvert depuis l'avènement de la démocratie une voie de renouvellement spectaculaire. Modernité, forte présence des nationalismes régionaux, révolution des moeurs, essor économique puis confrontation à la crise irriguent le propos des cinéastes et construisent une identité nationale en constante évolution.

  • Nouvelle édition revue par Colette Scherer
    Préface de Georges Forestier
    Apparu au milieu du XXe siècle, ce livre est immédiatement devenu le point de référence des études littéraires et théâtrales. Il constitue d'abord un manuel qui expose, avec une rare clarté, les éléments clés de la dramaturgie classique (les trois unités, les notions d'exposition, de noeud, de péripétie, d'obstacle, de vraisemblance et de bienséance...) et l'ensemble des techniques de composition du théâtre classique, de Corneille à Voltaire en passant par Racine et Molière.
    Mais ce livre est bien plus qu'un manuel. Jacques Scherer a proposé, chemin faisant, une réflexion novatrice sur la création dramatique. On comprend en le lisant que les grands dramaturges classiques ne sont pas des génies brimés par des « règles » et qui ont réussi en dépit d'elles ; pour eux, compo ser une pièce de théâtre, c'est entrer dans un jeu dialectique entre le sujet choisi et les contraintes techniques liées au système dramatique de leur époque. En proposant un renouvellement aussi profond de la description de l'acte créateur, Jacques Scherer a contribué à transformer la manière même dont spectateurs et lecteurs interprètent les chefs-d'oeuvre du théâtre classique français.

  • Villes-cinéma, ciné-cités, Shanghai et Hong Kong cristallisent réalités et fantasmes des cinéastes et des spectateurs. Emblèmes de la modernité urbaine chinoise, du colonialisme et des excès du capitalisme, repères de criminels, coeur du trafic d'opium, du jeu et de la prostitution, depuis les années 1930 jusqu'à aujourd'hui, elles n'ont cessé de fasciner les artistes et les intellectuels, chinois et occidentaux.
    Successivement centres de l'industrie du cinéma chinois, ces villes, leur identité, leur histoire, sont aussi devenues source de création cinématographique et objets filmiques à part entière.
    Cet ouvrage, s'appuyant sur un large corpus de films, fait découvrir Shanghai et Hong Kong, mais aussi la société et le cinéma chinois à travers les multiples rapports qui unissent les deux villes et les oeuvres qu'elles ont inspirées. Il restitue l'extrême richesse d'un cinéma en constante évolution, reflet passionnant des traditions et des mutations culturelles et politiques de la Chine.

  • La sociologie du droit et de la justice connaît un essor remarquable. De nombreux travaux éclairent d'un jour nouveau les rapports entre droit et société. Accordant une large place aux approches empiriques, ce manuel propose une synthèse des derniers acquis de la recherche en huit grandes thématiques : normes juridiques et normes sociales, cultures et conscience du droit, principes de justice et formes de jugement, droit et État, droit et action publique, professions juridiques, institutions de justice, rapports entre droit et activités économiques.
    Volontairement interdisciplinaire, ce manuel de sociologie emprunte aussi bien à la science politique, à l'histoire ou à l'anthropologie. Phénomène de judiciarisation, usages du droit par les mouvements sociaux, introduction de préoccupations gestionnaires dans l'exercice de la justice ou encore transnationalisation d'activités juridiques et judiciaires autrefois monopolisées par l'État-nation... autant de questions qui seront ici abordées.
    Un manuel destiné aux étudiants en sociologie, en science politique, ainsi qu'à ceux qui préparent les concours d'accès aux métiers de la justice, de la police ou de l'administration.

  • Images oniriques, images filmiques : la proximité entre les deux dispositifs qui les produisent s'est inscrite en profondeur dans l'histoire du cinéma. Depuis toujours, en effet, des films se pensent comme les rêves se forment. 
    Quand naissait le cinéma, Freud analysait les mécanismes de la formation des images de rêve. Aujourd'hui, des neurobiologistes montrent comment l'activité onirique est une des aventures de la vie mentale. Ainsi pourra-t-on entrer au pays des rêves et des cauchemars du cinéma en leur compagnie. 
    Des films d'époques et d'origines très variées jalonnent ce parcours. Leurs réalisateurs (Mosjoukine, Laughton, Lang, Welles, Hitchcock, Bergman, Kobayashi, Fellini, Bunuel, Gilliam, De Oliveira, Nolan...) ont tous célébré à leur manière les noces séculaires du cinéma et de l'onirisme. 
    Maxime SCHEINFEIGEL est professeur à l'université Paul Valéry de Montpellier. Elle enseigne l'esthétique et l'histoire du cinéma. Dernières publications : Jean Rouch (CNRS, 2008), Cinéma et Magie (Armand Colin, 2008), Le Cinéma, et après ? (Presses Universitaires de Rennes, 2010, ouvrage collectif).

  • Le cinéma allemand est depuis l'origine parcouru par l'idée du mal : en cela est son originalité, voire sa spécificité. De l'Allemagne de Weimar jusqu'aux années 2000, l'ouvrage montre comment le mal est un véritable fil rouge dans la création cinématographique.
    L'expressionnisme des années 1920 invente le film d'horreur et impose la figure d'un mal métaphysique qui contamine l'ensemble du monde. Au même moment naît un cinéma engagé, qui dépeint une nouvelle figure du mal, celle de la fatalité du déterminisme social : prostitution, ascension sociale et chute. Pour le pouvoir nazi, le cinéma est un objet de propagande totale, entre divertissement et idéologie, et le mal est désormais les « autres », qui veulent souiller la pureté de l'Allemagne.
    /> Après une après-guerre amnésique, où le mal n'existe plus, ce dernier revient au coeur du jeune cinéma allemand des années 1970 qui interroge le pourquoi et les survivances du nazisme. Le mal n'est plus l'autre, mais soi : son pays, ses parents, donc sa propre histoire. Penser le mal, c'est donc penser la responsabilité et se penser soi-même. Depuis les années 2000, la question n'est plus de savoir si le mal existe mais plutôt comment le bien et la morale sont possibles.

  • Cet ouvrage retrace les grands modèles de professions qui se sont succédé en Occident et expose les principales théories sociologiques des professions. Les évolutions récentes des groupes professionnels - changements démographiques, transformation du rôle de l'État, managérialisation et internationalisation - sont présentées autour de cas empiriques. L'ouvrage clarifie le vocabulaire qu'utilisent les sociologues pour décrire le travail professionnel, analyser la dynamique des groupes professionnels et des marchés du travail, interpréter l'évolution des systèmes et des identités professionnelles. Cette quatrième édition prend acte des nombreux travaux suscités en France par cette discipline.

  • La France des XVIe-XVIIIe siècles est marquée par des périodes de rébellions et de révoltes, qui culminent avec la Révolution. Cet ouvrage constitue le premier manuel exclusivement consacré au fait rébellionnaire et ouvre un champ d'étude et de réflexion sur ce phénomène essentiel, au coeur de l'histoire politique de la France d'Ancien Régime.
    Outre l'étude de la mise en place du pouvoir absolu et ses implications sociales et culturelles, il établit les jalons d'une histoire du maintien de l'ordre et de la répression, en mettant en lumière ses traits originaux, comme l'importance des processus de médiation, longtemps occultés.
    L'ouvrage déroule, sur trois siècles, la trame événementielle des mouvements de révolte, populaires comme nobiliaires, en présentant le contexte, les acteurs et les réponses du pouvoir. Puis il se consacre aux approches transversales et au décryptage de ces épisodes : quels sont les mots, les modalités, les temps et les lieux, les figures de la révolte ? Quelles sont les formes de règlement, pacifique ou violent, de ces épisodes par les autorités ?

  • Cet ouvrage collectif offre une synthèse sur une figure fondamentale dans l'histoire du théâtre : l'acteur. Il dépasse les visions monographiques en proposant une galerie représentative du vedettariat et en s'intéressant à quelques destins individuels (comme Molière, Mlle George, Frédérick Lemaître etc.). Un ouvrage au carrefour des lettres et de l'Histoire. 

  • Cet ouvrage d'une conception originale rassemble des textes fondateurs de la psychiatrie, introduits et commentés par les meilleurs spécialistes à la lumière des connaissances actuelles. Ces textes - extraits des Annales Médico-Psychologiques (bulletin officiel de la Société Médico-Psychologique), la plus ancienne revue de psychiatrie au monde, fondée en 1843 par Jules Baillarger et toujours publiée aujourd'hui -, constituent pour la plupart des premières mondiales de descriptions cliniques des troubles de l'humeur (bipolaires, mélancolie), des troubles psychotiques (schizophrénies), de l'anorexie mentale, des troubles mentaux liés à la grossesse, des troubles de la personnalité ou encore de la confusion mentale.
    Les auteurs de ces descriptions sont reconnus internationalement comme des pionniers de la psychiatrie (Jules Baillarger, Jules Falret, Gaëtan Gatien de Clérambault, Joseph Capgras, Paul Sérieux, Henri Ey, Jean Delay, Pierre Denicker...). La découverte des neuroleptiques, celle de l'efficacité des sels de lithium et de certains anti-épileptiques dans les troubles bipolaires sont également retracées et commentées.
    Ce véritable patrimoine psychopathologique français, ainsi remis en lumière dans cet ouvrage, deviendra une référence pour les professionnels de la santé mentale (psychiatres, psychologues) mais aussi pour les étudiants et les chercheurs.

  • Entre littérature et cinéma, les relations ont souvent été envisagées à travers le prisme de l'adaptation des textes littéraires, dont la pratique a alimenté des débats - parfois très vifs. Mais les rapports entre les deux arts ne se limitent pas à cette problématique, dont on peut penser au contraire qu'elle a longtemps fait écran à d'autres échanges. 
    Sans négliger cette question, on essaiera donc ici de déséquilibrer les confrontations bipolaires traditionnelles afin d'examiner comment, dans l'intervalle entre littérature et cinéma, des transactions se négocient, et dans les deux sens, pour des enjeux qui n'appartiennent proprement ni au cinéma ni à la littérature. 
    C'est dans cette interaction que se reformulent aujourd'hui les enjeux de la représentation cinématographique et littéraire. 
    En effet, sur le plan des langages comme du récit, de l'image ou de l'Histoire, des affinités électives déterminent un régime de déstabilisation réciproque extrêmement fécond pour chacun des deux arts. 
    Jean Cléder est maître de conférences en littérature comparée (Université Rennes 2). Il a publié de nombreux articles sur les relations entre littérature et cinéma, et des ouvrages collectifs consacrés à Marcel Proust, Marguerite Duras, Éric Rohmer, Patrice Chéreau, Benoit Jacquot.

  • L'Amérique latine est en train de vivre une transformation démocratique sans précédent. Pour la première fois de son histoire, la sortie des dictatures et les passages à la démocratie politique vont de pair avec un ébranlement des multiples réseaux de tutelle que furent le patrimonialisme, le clientélisme, le corporatisme, et débouchent à la fois sur des processus d'individuation des citoyens et sur la revendication d'identités collectives. La reconnaissance de la diversité ethnique et de l'égalité de genre constituent les ingrédients d'une culture anti-autoritaire. 
    S'appuyant sur l'histoire, mais aussi sur une analyse comparatiste, cet ouvrage s'attache à distinguer les points communs unissant l'évolution de ces régimes, mais aussi les singularités de chaque pays. Il offre un panorama complet des régimes et des systèmes politiques en oeuvre en Amérique latine. Il intéressera principalement les étudiants en science politique, en histoire, en sociologie, en langues et civilisations, mais aussi tous ceux qui se passionnent pour ce continent en pleines mutations. 
    Bérengère MARQUES-PEREIRA est professeure de l'Université libre de Bruxelles en sciences politiques et sociales. 
    David GARIBAY est maître de conférences en science politique à l'Université Lumière Lyon 2, chercheur à Triangle (UMR CNRS 5206).

  • Dans la France des années 60 et 70, des écrivains et des cinéastes comme Jean-Paul Sartre, Jean Genet, Jean-Luc Godard ou Chris Marker s'engagent en faveur des luttes tiers-mondistes. Après l'engouement des intellectuels pour l'URSS au début du siècle et les luttes de décolonisation, la révolution cubaine, la résistance vietnamienne et le mouvement palestinien symbolisent désormais l'espoir d'un socialisme à visage humain.
    Cette floraison de témoignages - articles, essais, pièces de théâtre, films de fiction et films militants - permet l'émergence d'une nouvelle forme d'engagement artistique : un engagement critique qui n'exclut ni la lucidité idéologique ni la sensibilité esthétique.
    À travers une rhétorique comparée de la littérature et du cinéma engagés, cet essai propose une exploration d'oeuvres parfois méconnues d'artistes pourtant majeurs, qui s'interrogent sur les conditions d'une authentique politisation de l'art.

  • Les débats publics mouvementés et les manifestations qui ont précédé en mai 2013 le vote en France de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe révèlent le trouble ressenti par une partie de la population face à ces changements familiaux. Les résistances tiennent surtout au fait que la loi devrait logiquement conduire à une légalisation de la procréation médicalement assistée pour ces couples. Ces changements législatifs seraient-ils la manifestation d'une véritable révolution dans notre système de parenté ?
    Pour répondre à cette question, hors du champ des polémiques idéologiques et politiques, ce livre réunit les contributions d'anthropologues et de sociologues qui ont mené depuis plusieurs années des enquêtes sur les relations des gays et des lesbiennes avec les divers membres de leur famille d'origine ainsi qu'au sein des familles homoparentales qu'ils ont créées, cela en France, en Belgique, en Espagne, en Suisse, ainsi qu'aux États-Unis et au Brésil.
    Le double objectif des auteurs est, d'une part, de contribuer à approfondir les débats à partir d'une analyse des situations concrètes de ces familles et, d'autre part, d'analyser en anthropologues de la parenté les effets de l'homosexualité sur les relations de parenté dans nos sociétés contemporaines.
    Ont contribué à ce livre : Claire Ansermet, Yazid Ben Hounet, Céline Costechareire, Jérôme Courduriès, Ainhoa de Federico de la Rua, Agnès Fine, Pascal Gaberel, Martine Gross, Miriam Pillar Grossi, Cathy Herbrand, Ellen Lewin, Marianne Modak, Claudia Regina Nichnig, José Ignacio Pichardo Galán, Wilfried Rault, Flávio Luiz Tarnovski.

  • Tandis que la plupart des musées d'ethnographie régionale conçus sur un modèle classique peinent à toucher leurs visiteurs, et que les musées locaux se multiplient, un nouveau modèle est en train d'émerger : le musée dit « de société » ou « de civilisation ».
    Cette « catégorie » de musées offre de multiples visages - de la collection thématique au musée national, du musée de plein air aux musées sans objets - et une complexité passionnante à explorer : enjeux politiques, problématique identitaire, rapports affectifs avec la mémoire, statut du patrimoine ethnologique, professionnalisation au détriment du « charme » que certains apprécient...
    Comment ces musées se sont-ils constitués ? Quelles en sont les spécificités ? Comment répondent-ils aux problématiques contemporaines ? Quels publics peuvent-ils toucher ?
    Cet ouvrage, première grande synthèse sur le sujet, vient faire le point sur ces institutions, interroger leur devenir dans la société mondialisée et multiculturelle d'aujourd'hui et montrer également que l'approche « de société » ne s'applique pas à une discipline mais concerne tous les types de musées.

  • La période classique (Ve-IVe siècles) est la plus célèbre de l'histoire de la Grèce, la plus célébrée aussi. Elle a exercé une véritable fascination sur les siècles suivants grâce aux témoignages littéraires, architecturaux ou artistiques qu'elle a laissés à la postérité. Cette fascination n'est pas allée sans distorsions des réalités contemporaines, moins aisées à comprendre qu'il n'y paraît au premier abord. L'importance et le poids d'Athènes durant ces deux siècles a en effet occulté la diversité du reste du monde grec, tandis que l'appropriation par les civilisations occidentales du « miracle grec » a contribué à donner à cette période l'image d'un apogée dans tous les secteurs de la civilisation.
    De fait, de Marathon à Chéronée, de Miltiade à Démosthène en passant par Périclès, Hérodote, Thucydide, Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane, Phidias, Praxitèle, Platon ou Aristote, c'est Athènes qui semble fournir le fil conducteur à l'histoire, donner le ton à la civilisation du temps et préciser le cadre d'un éternel grec, dans ses réussites comme dans ses échecs.
    Mais Athènes n'est pas la Grèce et la vision idyllique d'un monde est ici discutée et partiellement remise en cause, au travers des événements, mais aussi des grands domaines de l'histoire (politique, société, culture, religion), pour aboutir à des conclusions plus nuancées sur une période qui demeure extraordinaire.

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