• Pourquoi le 18 juin 1901 Picasso est-il « signalé comme anarchiste » à la Préfecture de police, quinze jours avant sa première exposition parisienne ? Pourquoi le 1er décembre 1914 près de sept cents peintures, dessins et autres oeuvres de sa période cubiste sont-ils séquestrés par le gouvernement français pour une période qui dure près de dix ans ? D'où vient l'absence presque totale de ses tableaux dans les collections publiques du pays jusqu'en 1947 ? Comment expliquer, enfin, que Picasso ne soit jamais devenu citoyen français ? Si l'oeuvre de l'artiste a suscité expositions, ouvrages et commentaires en progression exponentielle à la hauteur de son immense talent, la situation de Picasso « étranger » en France a paradoxalement été négligée. C'est cet angle inédit qui constitue l'objet de ce livre.
     
    Pour l'éclairer, il faut exhumer des strates de documents ensevelis, retrouver des fonds d'archives inexploités, en rouvrir, un à un, tous les cartons, déplier chacune des enveloppes, déchiffrer les différentes écritures manuscrites. Alors tout s'organise autrement et le statut de l'artiste se révèle beaucoup plus complexe qu'on ne l'imaginait.
     
    Un étranger nommé Picasso nous entraîne dans une enquête stupéfiante sur les pas de l'artiste surdoué, naviguant en grand stratège dans une France travaillée par ses propres tensions. On le voit imposer au monde son oeuvre magistrale, construire ses propres réseaux et devenir un puissant vecteur de modernisation du pays. Un modèle à contempler et peut-être à suivre.

  • Après l'enterrement de Sartre, en avril 1980, on eut l'impression que la France venait d'enterrer Victor Hugo pour la deuxième fois. Puis son oeuvre s'embarqua dans une étrange aventure, faite de bonheurs et de malheurs, selon les pays et selon les époques. Dans cet essai, Annie Cohen-Solal porte sur cette pensée en mouvement un regard nouveau, nourri de ses voyages à travers le monde et des lectures auxquelles il lui a été donné d'assister. Car, pendant qu'en France on s'amusait à chercher des poux dans la tête de Socrate, les hommes en provenance d'Europe, d'Afrique, d'Asie, d'Océanie, des deux Amériques s'accordaient sur un point : le message de Sartre restait, aux yeux de leurs intellectuels, un outil de référence pour déchiffrer leur époque.

  • Leo Castelli reigned for decades as America’s most influential art dealer. Now Annie Cohen-Solal, author of the hugely acclaimed Sartre: A Life (“an intimate portrait of the man that possesses all the detail and resonance of fiction”--Michiko Kakutani, The New York Times), recounts his incalculably influential and astonishing life in Leo and His Circle.
    After emigrating to New York in 1941, Castelli would not open a gallery for sixteen years, when he had reached the age of fifty. But as the first to exhibit the then-unknown Jasper Johns, Castelli emerged as a tastemaker overnight and fast came to champion a virtual Who’s Who of twentieth-century masters: Rauschenberg, Lichtenstein, Warhol, and Twombly, to name a few. The secret of Leo’s success? Personal devotion to the artists, his “heroes”: by putting young talents on stipend and seeking placement in the ideal collection rather than with the top bidder, he transformed the way business was done, multiplying the capital, both cultural and financial, of those he represented. His enterprise, which by 1980 had expanded to an impressive network of satellite galleries in Europe and three locations in New York, thus became the unrivaled commercial institution in American art, producing a generation of acolytes, among them Mary Boone, Jeffrey Deitch, Larry Gagosian, and Tony Shafrazi.
    Leo and His Circle brilliantly narrates the course of one man’s power and influence. But Castelli had another secret, too: his life as an Italian Jew. Annie Cohen-Solal traces a family whose fortunes rose and fell for centuries before the Castellis fled European fascism. Never hidden but also never discussed, this experience would form the core of a guarded but magnetic character possessed of unfailing old-world charm and a refusal to look backward--traits that ensured Castelli’s visionary precedence in every major new movement from Pop to Conceptual and by which he fostered the worldwide enthusiasm for American contemporary art that is his greatest legacy.
    Drawing on her friendship with the subject, as well as an uncanny knack for archival excavation, Annie Cohen-Solal gives us in full the elegant, shrewd, irresistible, and enigmatic figure at the very center of postwar American art, bringing an utterly new understanding of its evolution.
    From the Hardcover edition.

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