• Ce livre de Christian Ingrao a deux facettes. D'une part, c'est un texte d'historien sur des objets historiques situés : les discours, les représentations et les émotions des acteurs du génocide nazi ; le suicide de guerre en Allemagne et au Japon en 1945 ; la médecine d'urgence face aux attentats du 13 novembre 2015. Captivant. D'autre part, c'est un essai pour penser l'histoire, qui expérimente des rapprochements conceptuels et disciplinaires, qui analyse et met à l'épreuve notions et méthodes. Éclairant. À la fois livre d'histoire et livre sur l'histoire, il présente au lecteur l'oeuvre et la fabrique, dans un va-et-vient entre théorie et pratique qui fait la force du propos. Ainsi, la notion de paroxysme est d'abord analysée comme outil théorique pour l'historien, puis appliquée à des objets historiques qui en sont des figures et dont l'auteur est un spécialiste. On découvre l'historien au travail, réfléchissant sur sa démarche et ses concepts avant de les mettre en oeuvre pour explorer des passés utiles pour comprendre le présent. Tirant le bilan de vingt années d'enquête sur le nazisme et la violence de guerre aux xxe et xxie siècles, Christian Ingrao entreprend d'esquisser aussi « un avenir désirable pour l'histoire du temps présent ». Un livre d'histoire en même temps qu'un regard sur l'histoire de demain. Christian Ingrao Christian Ingrao est historien, directeur de recherche au CNRS. Il a dirigé l'Institut d'histoire du temps présent (2008 à 2013), enseigne à l'IEP de Paris. Il a écrit sur le nazisme et les violences de guerre aux XXe et XXIe siècles. 

  • Comment les nazis ont-ils rêvé leur victoire et le " Reich de mille ans " ?
    Entre 1939 et 1944, l'utopie impériale nazie connut des débuts de réalisation dans les espaces conquis à l'Est, brutalement vidés de leurs habitants, déplacés, réduits en esclavage et, pour les Juifs, assassinés. Elle eut ses ingénieurs, ses agences et ses pionniers (pas moins de 27 000 jeunes Allemands). Elle suscita de la ferveur et de l'adhésion. Dans le Reich de mille ans aux frontières élargies par la conquête, une communauté racialement pure vivrait bientôt une existence réconciliée de prospérité sereine.
    Christian Ingrao examine pour la première fois, dans leur cohérence et dans leurs tensions, le travail des différentes institutions, le parcours des hommes et des femmes qui y ont pris part, l'ampleur des planifications successivement dessinées. Il poursuit une anthropologie sociale de l'émotion nazie et dévoile, à côté de la haine et de l'angoisse, la part de la joie et de l'attente, deux faces d'une même réalité.
    L'espérance nazie fut le cauchemar des populations. C'est ce que révèle crûment l'étude des violences déchaînées à l'échelle de la région de Zamosc, aux confins de la Pologne et de l'Ukraine.
    Un grand livre, qui porte sur l'un des aspects les plus méconnus du nazisme.
    Chargé de recherche au CNRS, ancien directeur de l'Institut d'Histoire du Temps Présent (2008-2013), il est l'auteur de Les Chasseurs noirs : la brigade Dirlewanger (Perrin, 2006) et Croire et détruire : les intellectuels dans la machine de guerre SS (Fayard, 2010). Il est l'un des meilleurs spécialistes français du nazisme.

  • Ils étaient quatre-vingts et avaient à peine trente ans lors de l'arrivée d'Adolf Hitler au pouvoir. Leurs études universitaires destinaient ces juristes, économistes, linguistes, philosophes ou historiens à de belles carrières. Ils ont choisi de s'engager au sein des organes de répression du Troisième Reich. Ils ont théorisé et planifié l'élimination de vingt millions d'individus de race prétendument « inférieure ». Ils ont organisé et assisté à l'extermination d'un million d'entre eux.
    Au long d'une enquête éprouvante dans les archives du SD et de la SS, Christian Ingrao retrace le destin de ces enfants de la Grande Guerre, s'intéresse à leurs réseaux - militants, universitaires ou amicaux -, étudie leurs manières d'envisager la guerre et le « Monde d'ennemis » qui, selon eux, les menace. Apparaissent alors les mécanismes de l'engagement, dans le nazisme puis dans le meurtre de masse. Grâce à cette étude pionnière, on comprend comment ces hommes ont fait pour croire et pour détruire.
    Car l'histoire du nazisme est aussi tissée d'expériences personnelles, de ferveur et d'angoisse, d'utopie et de cruauté.Christian Ingrao dirige l'Institut de l'histoire du temps présent. Spécialiste du nazisme et du phénomène guerrier, il enseigne également à Sciences-Po. Son précédent ouvrage, Les Chasseurs noirs, a été un succès en Europe.

  • There were eighty of them. They were young, clever and cultivated; they were barely in their thirties when Adolf Hitler came to power. Their university studies in law, economics, linguistics, philosophy and history marked them out for brilliant careers. They chose to join the repressive bodies of the Third Reich, especially the Security Service (SD) and the Nazi Party's elite protection unit, the SS. They theorized and planned the extermination of twenty million individuals of allegedly `inferior' races. Most of them became members of the paramilitary death squads known as Einsatzgruppen and participated in the slaughter of over a million people.
    Based on extensive archival research, Christian Ingrao tells the gripping story of these children of the Great War, focusing on the networks of fellow activists, academics and friends in which they moved, studying the way in which they envisaged war and the `world of enemies' which, in their view, threatened them. The mechanisms of their political commitment are revealed, and their roles in Nazism and mass murder. Thanks to this pioneering study, we can now understand how these men came to believe what they did, and how these beliefs became so destructive.
    The history of Nazism, shows Ingrao, is also a history of beliefs in which a powerful military machine was interwoven with personal experiences, fervour, anguish, utopia and cruelty.

  • Le refus de la première guerre.
    Le régime nazi naît d'une pratique militante articulée sur un projet politique dont le fondement est le refus de la première guerre mondiale. Celle-ci est perçue comme une guerre raciale dont lissue a posé la question de la survie de l'Allemagne.
    L'idéologie nazie.
    L'idéologie défensive et millénariste nazie permet de faire face à ce traumatisme avec un projet qui se donne pour but la re-fondation socio-biologique de la « nordicité » au sein dun empire élargi à l'Est. L'imaginaire de croisade et de colonisation, la réforme des modes de vie et le fondamentalisme racial sont au coeur de cette utopie.
    Le régime en guerre.
    En guerre, le régime et les politiques raciales se radicalisent. L'utopie doit être mise en oeuvre, et les Juifs doivent disparaître. L'agencement des politiques d'extermination, leur mise en oeuvre et les mécanismes de prise de décisions font ressortir la très grande marge de manoeuvre des acteurs sur le terrain, leur profond consentement au génocide. Rhétorique utopique et argumentaires défensifs se mêlèrent pour obtenir ce consentement du plus grand nombre.
    Pour comprendre une césure fondamentale du XXe siècle.
    Cet enregistrement inédit d'un jeune historien éclaire la période dun jour nouveau en révélant des aspects peu connus, et notamment l'expérience du génocide par les bourreaux. Christian Ingrao met au jour le lien entre l'émotion sociale qu'a été le nazisme et l'expérience concrète du génocide pour tenter de comprendre comment s'est installé le consentement à la violence. Un point clé pour comprendre une césure fondamentale du XXe siècle et un très large aperçu des recherches actuelles sur le nazisme encore inconnues du grand public.

  • How did the Nazis imagine their victory and the subsequent `Thousand-Year Reich'? Between 1939 and 1943, the Nazi imperial Utopia started to take shape in the conquered areas of Eastern Europe, brutally emptied of their inhabitants, who were displaced, reduced to slavery and, in the case of the Jews and a considerable number of Slavs, murdered. This Utopia had its engineers, its agencies and its pioneers (no fewer than 27,000 Germans, most of them young). It aroused fervent support. In the Thousand-Year Reich, with its borders extended by conquest, a racially pure community would soon live a life of peace and prosperity, in total harmony. In this book, renowned historian Christian Ingrao draws on extensive archival material to shed new light on this movement and explain how it could prove so appealing, examining the coherence and the inner contradictions of the activities undertaken by the different institutions, the careers of the women and men who played a part in them, and the ambitious plans that were drawn up. Ingrao adopts a social anthropological point of view to investigate the emotions aroused by the Nazi dream, and describes not just the hatred and the anxieties it fed on but also the joys and expectations it created - two sides of a single reality. As we learn from the terrible violence unleashed across the region of Zamosc, on the border between Poland and Ukraine, the hopes of the Nazis became a nightmare for the native populations. This important work reveals an aspect of Nazism that is often overlooked and greatly extends our understanding of the general framework in which the Holocaust was realized. It will find a wide audience among students and scholars of modern German history and among a broad general readership.

  • Deux grands noms de l'histoire de l'Allemagne contemporaine dressent une biographie renouvelée du personnage le plus fantasmé du XXe siècle. D'où venait Hitler, quel était son véritable but et l'a-t-il atteint ? Plus qu'un portrait, c'est un parcours, entre échecs personnels et succès politiques, entre folles obsessions et pragmatisme froid, que Johann Chapoutot et Christian Ingrao retracent. L'une de ses prophéties était : « Il n'y aura plus jamais de novembre 1918 dans l'histoire allemande. » : lui et le peuple allemand ne survivront pas à la défaite. En déconstruisant méthodiquement le mythe - cette ambition ultime d'Hitler et de Goebbels -, le travail de l'historien peut aider à vaincre une dernière fois le nazisme : Hitler n'était ni brillant, ni même sain d'esprit ; son projet ne reposait sur aucune forme de rationalité ; l'ampleur de ses crimes est inédite et documentée. Comment alors a-t-il pu emmener toute une population aussi loin dans le meurtre et l'autodestruction ?

  • Comptant parmi les meilleurs savants de sa génération, spécialiste du nazisme et du phénomène guerrier au XXe siècle, Christian Ingrao explique ce que le métier d'historien veut dire au quotidien et dans la cité. Un éloge de la science et de l'engagement.
    Comment appréhender un phénomène aussi singulier et inédit que le nazisme ? Pour répondre à cette question, Christian Ingrao, spécialiste des commandos de la SS du front de l'Est responsables du génocide des Juifs par fusillade en URSS, se confie au philosophe Philippe Petit. Il revient sur ses années de formation et sur la façon dont le phénomène nazi a bouleversé et le monde et sa matière.
    Nourri d'anthropologie sociale, il montre comment la cruauté a pu se produire dans un pays apparemment civilisé et comment des hommes cultivés, ont pu être à l'origine des pires massacres.
    Après avoir expliqué les motifs de ses engagements, Christian Ingrao dévoile ses considérations sur l'Europe, la possibilité de son avenir et la condition de sa réussite, entre menace djihadiste et implosion politique. Un dialogue vif, serré, illuminateur.
    Au terme de ce dialogue où histoire, historiographie et philosophie se répondent, il est un message de Christian Ingrao à retenir : les armes seules n'ont pas vaincu le nazisme, mais " le fait que les Alliés avaient un ou des projets politiques à proposer en lieu et place du nazisme ".

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