• Le Grand Soir

    François Dupeyron

    Illustre et décrié, vieillissant et proscrit, Gustave Courbet croise un soir à Genève une prostituée en qui il croit reconnaître une amante de jadis, la belle Jo - celle qui donna naissance à L'Origine du monde, l'oeuvre maîtresse de sa peinture... Ivre d'amertume et de solitude, devant cette femme de hasard, le temps d'une nuit, Gustave Courbet se raconte, laisse déferler ses utopies et ses désillusions, sa colère et sa honte, son égoïsme, ses échecs, la tempête de ses passions. Car il aura mis à peindre, à jouir ou à lutter toute la puissance de sa nature, toute la véhémence de sa révolte - lui, l'artiste libertaire, l'ami du peuple, le communard. Avec une force d'évocation impressionnante, François Dupeyron entre de plain-pied dans la vie et le siècle de Gustave Courbet, personnage superbe et dévasté dont il célèbre, corps et âme, l'amour de l'insurrection.

  • Inguelezi

    François Dupeyron

    Geneviève vient de voir mourir Daniel, son compagnon, quand le hasard lui met sur les bras un visiteur inattendu. Aussitôt débute un voyage vers "Inguélézi" - l'Angleterre -, horizon et point de fuite de cette rencontre imprévisible, troublante, qui a suivi l'enterrement. Quelques jours plus tard, la jeune femme essaiera d'en fixer par écrit le récit. Mais les mots sont pleins de ruses, ils se jouent d'elle. Ils lui font entrevoir ce qu'elle voudrait savoir et n'est même pas sûre de penser. Car il y a, face à un autre possible, au plus intime d'elle-même, un poids d'inhibition, de souffrance, qui s'est embarqué dans son existence comme un passager clandestin.
    Inguélézi est l'histoire de deux destins qui se nouent fugacement, font jaillir une lueur d'espérance et, immédiatement, son ombre portée sur la page. C'est un texte tendu par la sincérité, la lucidité, la volonté de se reconstruire. Cinéaste, François Dupeyron a fait de cette aventure un roman pour exprimer tout ce que l'image, par-delà la rencontre et le voyage en Angleterre, n'aurait pu révéler - et que seule la littérature peut atteindre.

  • " J'ai voulu les aimer, est-ce un crime ? Un péché ? J'ai cru que la pluie qui nous tombait dessus, cette grâce, cette Chose, était sacrée, qu'une main nous désignait. J'ai cru, c'est une faute, quand il n'y a rien à croire. J'ai cru qu'enfin le moment était venu, que j'allais pouvoir aimer. " Ainsi parle Freddy. Il taille des arbres, il tond des pelouses, épileptique, il vit seul dans un mobil-home. À la mort de sa mère le destin le rattrape, le don qu'elle lui a transmis, il n'a jamais voulu en entendre parler. Il a ses raisons. Là, il cesse de fuir, il dit d'accord... qu'ils viennent donc se guérir ! et ils viennent, et ça défile. Certains repartent guéris. Ce n'est pas rien la vie qui revient, et pas seulement chez eux, chez lui, quand tout son être chamboulé Freddy se met enfin à vivre... Il ne voulait pas grand-chose, seulement aimer une femme et en finir avec les trous que lui laissent ses crises. Ce n'est pas rien un être que vous aimez et qui vous guérit, ce n'est pas rien...

  • Jean qui dort

    François Dupeyron

    • Fayard
    • 6 Mars 2002

    De son travail de cinéaste (Drôle d'endroit pour une rencontre, La Chambre des officiers), François Dupeyron tire une maîtrise absolue de la construction et du rythme. Son premier roman nous livre l'itinéraire d'un homme simple qui reconstruit le puzzle de sa vie et en trouve enfin les clefs au moment même où il commet l'irréparable.
    Le premier roman du cinéaste François Dupeyron nous livre le drame intime d'un homme simple.

  • Le voyage d'une jeune femme à travers la Méditerranée, au hasard des rencontres.
    Au bout du chemin, elle-même. Juliette a une vingtaine d'années.
    Elle vit avec sa mère dans une ville portuaire du sud de la France, où elle est caissière. Elle mène une existence dont elle sait à peine qu'elle est triste et frustrante : pour elle, c'est ainsi, il n'y a rien à y faire. Mais tout vole en éclats le jour où elle surprend sa mère au lit avec son propre petit ami.
    D'un homme à l'autre, elle apprend à se connaître, à s'aimer, à aimer la vie. Quand elle reviendra, elle aura assez grandi pour retrouver et accepter les siens.

  • Cet ouvrage renvoie tout d'abord les « légendes » de la Commune à leurs insuffisances et à leur rapport biaisé aux faits. Puis il examine, sans préférence affirmée, la pensée des actrices et des acteurs, en s'efforçant d'en restituer aussi fidèlement que possible la pluralité. Trois principales conceptions de la Commune se combinèrent souvent au sein du mouvement pour définir celle-ci : soit comme un simple conseil républicain garant des franchises municipales de Paris, soit comme un gouvernement révolutionnaire central de la France, soit comme le complément politique des organisations de travailleurs dans la restructuration socialiste de la société.
    Pour ne pas réduire la Commune à un appendice meurtrier du passage de l'Empire à la République d'ordre, il faut réhabiliter la révolution théorique inachevée et la quête d'une alternative à la République bourgeoise qui mirent une population en mouvement autour de ces trois axes politiques.
    Dans cet esprit, la modeste mais ferme ambition de cet ouvrage est de contribuer à l'exploration de la philosophie politique et des pratiques politiques qui circulèrent dans le Paris libre du printemps 1871 et qui, aujourd'hui encore, portent des enseignements pour les révolutions contemporaines du Commun.

  • La Commune de Paris fête son 150e anniversaire en 2021. Sa pensée éducative et son action effective en matière scolaire sont encore très peu connues car le modèle dominant de l'histoire scolaire française les oublie systématiquement. Pourtant, la première laïcisation des écoles publiques fut l'oeuvre de la République de Paris dès le 2 avril 1871. De même, celle-ci, dans les conditions extrêmement difficiles que lui imposa le second siège de Paris, entama la construction d'une école inspirée par la pensée pédagogique des divers socialismes du XIXe siècle.
    La notion d'éducation intégrale fut au coeur de cette approche d'une éducation nouvelle, qui voulait "qu'un manieur d'outil puisse écrire un livre, l'écrire avec passion, avec talent, sans pour cela se croire obligé d'abandonner l'étau ou l'établi". Cet ouvrage se consacre à l'étude de l'oeuvre scolaire de la Commune de 1871 et propose de réhabiliter une histoire pédagogique presque totalement méconnue : celle qui va des projets pédagogiques ouvriers dès les années 1830 au projet syndical d'école rouge de la jeune CGT avant le premier conflit mondial, en passant par l'école nouvelle élaborée par la Commune.
    C'est donc la conception et l'histoire d'une autre école qui nous sont présentées ici : ni l'école étatique des "républicains d'ordre", ni l'école confessionnelle des congrégations religieuses, mais une école émancipée construite par et pour le peuple.

  • Montaigne a été beaucoup lu ; il a été plus encore commenté, et bien plus encore cité de façon morcelée. Le travail qui est présenté dans cet ouvrage n'a pas pour vocation d'ajouter quoi que ce soit d'important à ce légitime fourmillement de commentaires.
    Il se propose modestement d'examiner un point précis de l'oeoeuvre montanienne - ses propos sur les Indiens et sur les "Cannibales" du Brésil - et d'enquêter sur les "raisons" qui ont incité Montaigne à écrire ce qu'il a écrit à leur sujet. Le verbe "enquêter" est ici important : il suppose que la liberté des commentaires soit momentanément supplantée par l'effort de rigueur dans l'établissement des données. Cet effort porte sur plusieurs motifs de recherche : les sources et leur fiabilité des témoignages, la situation de Montaigne, son processus d'écriture etc.
    Le travail que cet ouvrage possède ne s'intéresse donc pas pour l'essentiel au sens du texte montanien, mais plutôt à l'histoire singulière de la production de ce sens, de ce sens et pas d'un autre, donc.
    Une "rumeur savante" perdure d'ailleurs autour de la validité de l'idée, chère à Lévi-Strauss, d'un "Montaigne précurseur des anthropologues" et fin connaisseur de la réalité sociale des Indiens Tupinambas dont il parle dans les Essais.
    Pour examiner cette idée, alors que d'ordinaire nous nous intéressons au Brésil de Montaigne, c'est-à-dire au sens de ses propos sur le Nouveau Monde et sur ses "Cannibales", c'est plutôt sur les traces du "Montaigne du Brésil" que cette enquête lance son investigation, sur la piste de ce que ses propos révèlent de sa façon d'écrire et de penser.
    C'est donc à une reconstitution de l'acte d'écriture philosophique que cette enquête se consacre, Alors que bon nombre de commentaires voient dans le chapitre XXXI du livre premier des Essais (« Des cannibales ») un texte fondateur pour l'image européenne du "bon sauvage", l'enquête sur son processus de production exhibe un processus d'écriture plus complexe, dans lequel des souvenirs de lecture et des rumeurs ont tenu lieu de "connaissance" et d'"informations" des Indiens. En fait Montaigne ne savait rien des "cannibales" et n'a pas grand-chose d'un "précurseur" des méthodes en anthropologie. Ce constat, bien loin d'invalider les lignes qu'il leur consacra, fait d'autant mieux ressortir son positionnement philosophique humaniste et le fait que les Essais ont su dire quelque chose d'essentiel : le barbare n'est pas celui que l'on croit.

  • Découvrez le scénario du film Le Fils préféré
    Jean-Paul est endetté, au bord du gouffre, et ses frères Philippe et Francis ne peuvent ou ne veulent l'aider. Jean-Paul souscrit alors une assurance-vie au nom de son père Raphaël, lequel semble avoir des remords à son sujet et disparaît quelques jours plus tard. Les trois frères se réunissent alors pour reconstituer son passé...

  • La nouvelle épreuve menant aux métiers de l'Education Nationale Agir en fonctionnaire de l'Etat et de manière éthique et responsable' révele paradoxalement une importante crise de valeurs. Cet ouvrage interroge les formes de la réflexion éthique au sein du monde éducatif ainsi que la tentative ministérielle de définition du bon fonctionnaire' de l'Education Nationale.

  • En Occident, la relation adulte/enfant a longtemps été structurée par des liens de domination. Aujourd'hui l'enfant serait pleinement reconnu comme un sujet porteur de droits, dont la personnalité serait d'emblée mise en avant dans les protocoles éducatifs. Cependant l'image des "sauvageons", des "petits monstres cruels" revient éternellement dans les discours. Cet ouvrage propose d'étudier les représentations de l'enfance et de certaines de leurs conséquences éducatives.

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