• Les journées en arlequin

    Jean Daive

    • Nous
    • 22 Octobre 2020

    Les journées en Arlequin est un livre des rencontres. Homme de radio, homme de revues, d'entretiens, Jean Daive a passé sa vie à dialoguer avec des poètes, des artistes, parfois des inconnus. Les journées en Arlequin racontent comment se trament le temps consacré à l'écriture et le temps libre, un temps ouvert à la rencontre, temps de l'écoute, de la chance, de l'accident, de l'imprévisible. Le livre réunit douze textes (sur Paul Celan, Georges Seurat, Jean Paulhan, Pierre Reverdy...) et s'ouvre sur un entretien avec Jean Starobinski à propos du temps et de la journée - la journée productrice de moments intenses, la journée qui doit pouvoir permettre d'écrire un livre.

  • Extrait du prologue de Jean Daive intitulé : Le poème, pourquoi en sait-il plus que les mortels ?

    « Trois coups sont frappés. Ils résonnent dans la cour de l'immeuble. La porte est ouverte par moi un après-midi d'été. La surprise est extrême, parce que, sur la passerelle nouvellement décorée par les soins de ma soeur de trois bacs à fleurs vides, je découvre une jeune femme habillée en jardinière. La robe est à la fois simple et somptueuse. Évidente en ce jardin préparé aux fleurs absentes. Somptueuse, car le taffetas rose plissé à la taille rappelle une scène de Degas : la danseuse à la barre. Elle se cache derrière un jeune homme grand qui l'accompagne, Claude Royet-Journoud. Je distingue néanmoins sur la tête un foulard vert noué derrière la tête, lequel enveloppe la chevelure extravagante d'Anne-Marie Albiach. Ils arrivent de Londres où ils vivent. Ils passent une nuit à Paris. Partent demain pour la Bretagne où ils doivent assister au mariage de son frère à elle. Ils ont lu Décimale blanche et ils ont décidé de frapper à ma porte. Ils sont là.
    « Je ne sais pas si sa voix à elle est une blessure ou un frisson. C'est une voix fatale. Craintive. Apeurée. Chuchotée. Haute. L'existence si indéterminée, de quoi est-elle atteinte, elle qui ne sait rien, mais construit une mémoire pour se dissoudre dans les souvenirs ? Elle produit une voix qui procède d'une négation. Cette voix est derrière la tête. Première rencontre. »

  • Aussi loin qu'il m'en souvienne, comment ai-je découvert l'image, la photographie ou le film et l'écriture ?
    Comment s'est joué en moi ce trouble : ce qu'il faut regarder et ce qu'il faut lire ? Comment s'est organisée cette double rencontre à vivre simultanément :
    L'image n'est plus à regarder mais à lire, et l'écriture n'est plus à lire mais fait image. Comment cette singulière permutation s'est-elle opérée dans l'art d'aujourd'hui ?
    Pas encore une image tire un fil de ce constat - l'écriture conquérante de l'image - et en propose un passionnant inventaire parlé depuis Mario Merz avec ses écritures au néon et se termine avec des textes inédits de Marcel Broodthaers. De l'un à l'autre un fil est tendu qui pose en permanence la question de la philosophie de l'art et ses conséquences, avec Jean- Michel Alberola, Jean-Pierre Bertrand, Christian Boltanski, Daniel Buren, James Lee Byars, Sophie Calle, Gilbert and Georges, Nan Goldin, Toni Grand, Raymond Hains, David Hockney, Shirley Jaffe, Pierre Klossowski, James Turrell, Rémy Zaugg, en interrogeant aussi Jacqueline Risset, Aby Warburg ou Ludwig Wittgenstein.

  • Crocus

    Jean Daive

    Depuis Décimale blanche (1967), Jean Daive est l'auteur d'une oeuvre énigmatique et dense, qui a marqué le champ poétique contemporain. Crocus succède à Une femme de quelques vies, Onde générale et Monstrueuse, accueillis ces dernières années dans la collection Poésie/Flammarion.

  • NOTES ALBUM est un autoportrait latéral : il s'incarne à travers la parole des autres, le regard des autres, l'oreille des autres. Avec entre autres Anne-Marie Albiach, Werner Hamacher, Bernard Noël, Paul Celan, Franz West, Édouard Glissant,...
    Le livre s'achève sur un album particulier où l'auteur médite sur les séries de dessins, pulsionnelles qu'il griffonne à longueur de journée. Il se demande s'il n'affronte pas un arc tantrique secret.

  • Dans L'énonciateur des extrêmes il aborde l'amitié entre Charles Olson et Robert Creeley en tant que phénomène, du point de vue du savoir, de l'énigme, de l'éphémère. Il tente de tramer ce qui les préoccupe - le premier la civilisation de l'indien, le second la civilisation de l'animal.



    La terre est la condition.
    Pour les pieds, ils sautillent au-dessus.
    De la marelle.
    Sautent dans le paradis.
    Pour les mains rongées par la saumure.
    Qui frappent le clavier de la machine à écrire.
    Je cherche la mesure.
    Pas la vérité.
    Est-ce que le sel est la.
    Mesure du séchage de poisson ?
    Qui est le sel ?

  • Paul Celan, les jours et les nuits est un portrait à facettes, un livre qui est tout à la fois un témoignage, une réflexion et une enquête sur Paul Celan, l'homme et le poète. Dans ce livre Jean Daive, qui en fut l'ami et le traducteur, nous montre un autre Celan. Il y est question de la relation avec Ingeborg Bachmann, de la rencontre avec Heidegger, des promenades et des conversations de Jean Daive avec Paul Celan, du partage des lectures entre les deux auteurs, de l'affaire Goll, de Celan et Hölderlin, de l'écriture duMéridien. C'est aussi le livre d'une amitié, une amitié entre deux poètes de deux générations différentes, une amitié d'écriture et de lecture, un « témoignage » au sens fort.
    Huit chapitres dont deux entretiens, un discours et des souvenirs, accompagnés d'une postface de Werner Hamacher, philosophe allemand, l'un des meilleurs spécialistes de son oeuvre.
    « Pourquoi ce livre ? Parce qu'il est essentiellement le témoignage du témoin. Comment est né ce livre ? Certainement à la mort du poète, brutale, en avril 1970. Beaucoup de questions restaient en suspens. Tout d'abord, qu'est-ce qu'une amitié, de quoi est-elle faite, comment se construit-elle ? Ou bien est-elle déjà construite au moment de la rencontre ? Comment un mot comme « insistance » retient-il définitivement l'attention de Paul Celan ? Un poète est celui qui insiste, qui revient, qui recommence et continue. Il doit insister. L'écriture est insistance.
    L'étude Le Méridien est une méditation sur la Bucovine et Czernowitz où est né Paul Celan. L'essai Se tuer à deux tente de répondre à cette formule qu'employait Paul Celan : « tuons-nous ensemble ». Le texte explique qui est Gisèle Celan, qui est Ingeborg Bachmann par rapport aux personnages suicidaires cités dans le Méridien comme Lucile Desmoulins.
    Les deux entretiens de Jean Daive avec Bernard Böschenstein, ami de Paul Celan et brillant chercheur, expliquent et présentent le traducteur incomparable, en rendant vivant et très contemporain un poème comme Le bateau ivre. » Après la Correspondance avec Adorno publiée aux éditions Nous en 2008, Paul Celan, les jours et les nuits révèle de nouveau, d'une autre manière, des facettes peu connues du poète de langue allemande.

  • Au commencement est la connaissance - dès que le pied humain se pose dans la vie, l'homme y cherche sa place, appelle à l'aide, désigne le personnage du guide. C'est Homère qui apparaît sous la forme d'un rêve dans le sommeil et Les Annales de Quintus Ennius, père de la poésie latine. Virgile dans L'Enéide reprend l'idée et se met à voyager avec Enée. Dante conçoit le projet de La Divine Comédie et s'approprie l'idée du guide en s'exposant au souffle de celui qui montre le chemin, Virgile.
    Jacques Lacan, parce qu'il ne peut découvrir Rome seul, cherche un guide qui l'aide à se frayer un chemin à travers un trouble. Lequel ? Jacqueline Risset apparaît - jeune inconnue, belle agrégée. Elle s'est exilée à Rome, ville qui a troublé profondément Sigmund Freud.
    Au fil des années, de rencontres en promenades et découvertes, de parcours en révélations, guide et docteur arpentent, regardent, écoutent, déchiffrent. Histoire séparée pour elle et pour lui dans l'Histoire. Histoire parallèle avec enjeu poétique et enjeu psychanalytique.
    Histoire unique, surabondante de vie où ils se découvrent tout entiers.
    Un dimanche matin, printanier de 2018, l'auteur compose normalement le numéro de téléphone de Jacqueline Risset alors décédée depuis 4 ans. Sonnerie normale.
    Sonnerie sonne et soudain lui saute à la figure la preuve. La Troisième s'écrit comme un jeu de construction.

  • Onde générale

    Jean Daive

    Onde générale réunit en 23 séquences l'essentiel des poèmes composés par Jean Daive au cours du nouveau siècle - si l'on excepte Une femme de quelques vies (publié en 2009) qui était un récit en vers d'un seul tenant. On retrouvera dans cet ensemble conséquent, à la narration morcelée mais d'une profonde unité, les thèmes centraux de son oeuvre : l'alternance des paysages intérieurs et extérieurs, la densité « objectale » des mots, l'ombre omniprésente de l'Histoire, la figure de la femme intercédant entre le jour et la nuit.
    « Voyage dans les choses promises », ces suites poétiques proposent une déambulation éblouie, somnambulique et tangible à la fois. La « femme sur les toits » s'y confronte aux « enfants afficheurs » et aux « pavés inégaux ». Par-delà ces « observations » attentives - et parfois sidérées - c'est à une exploration de la trame du langage qu'on assiste, remontant des troubles fondateurs de l'enfance jusqu'à la clarté que savent imposer, reconstruites en strophes sur la page, les images désassemblées.
    Un volume qui marque une étape importante, dans le parcours d'un grand poète d'aujourd'hui.

  • Une variation en douze séquences sur la grammaire familiale, l'histoire indéchiffrable et l'onirisme objectif. Ces poèmes laissent apparaître une écriture du regard tourné vers l'intérieur, qui contemple des scènes interdites, entre fascination et effroi.

  • Suite de scènes relatant les moments ordinaires d'une héroïne qui ne sera jamais nommée.

  • C'est l'automne sur un monde qui finit et sur un décor à la fois fabuleux et impressionnant de surréalité : Paris, la Contrescarpe avec ses paulownias, le jardin du Luxembourg, les quais de la Seine grise. Un personnage fascinant donne une dimension démesurée à l'Histoire : Paul Celan.
    Jean Daive, le narrateur, raconte, et le témoignage, en montrant comment la vie exile l'enfance, c'est-à-dire l'origine, restitue une sorte de crépuscule des dieux. L'extrême liberté des échanges, des rencontres, des promenades à l'ombre des marronniers, se fait pensée et langage en accord avec la promesse d'un effondrement universel, entre autres provoqué par ce que nous vivons en permanence : un transfert d'identités qui nous déplace et nous remplace en nous-mêmes. Notre condition d'infini.
    L'idée de délinquance impeccable, en action dans les deux volumes précédents, prend ici toute son amplitude au nom d'une urgence qu'il faut bien appeler destin.

  • L'exclusion

    Jean Daive

    Un livre sur les images, sur la nature des images, sur ce que produisent les images.

  • Perçu à New York en 1970 comme une série de bougés qui seraient des moments d'un apprentissage, Narration d'équilibre s'achève aujourd'hui, vingt ans après, avec l'expérience photographique, où les légendes, échos du vers, captivent l'enfant. Mais la partie centrale : 7 - Une leçon de musique, met en scène un narrateur aux prises avec le bougé féminin. Il y aurait quatre femmes : la femme invisible, la jeune femme, la femme qui n'existe pas, la femme endormie. Elles tournent avec les pages et avec l'enfant pour révéler la figure négative ou différer le mot FIN, car moi est une virgule.

  • Objet bougé

    Jean Daive

    • P.o.l
    • 18 Novembre 1999

    L'idée d'un triptyque présentant au moins trois images est à l'origine de ce travail qui en reprend la construction sous la forme de trois romans en vers.
    Le titre générique Trilogie du temps laisse présager que trois livres, Objet bougé, Le Retour passeur, Les Axes de la terre conçoivent une interprétation du système solaire où les planètes se meuvent sur des orbites elliptiques. Ces livres relatent les perturbations des trajectoires planétaires et les mouvements de révolution des corps célestes soumis à un magnétisme ? la gravitation universelle ? et non plus à d'autres forces que la main de Dieu. La mémoire de ces lois apprises sur les bancs de l'école et toujours vérifiables dans le boîtier ouvert d'une montre, révèle à nouveau une vision héliocentrique de l'univers ainsi que toutes les dérives possibles en combinaisons, en calculs d'angles, en gravitations des astres, en positions vues depuis la terre. Les personnages évoluent, ondoient comme des comètes, ont leurs déplacements dans la vie et dans le sommeil. Il y a aussi le métabolisme de chacun, les forces d'attraction, les centres de gravité, les rotations autour de l'origine, de l'identité, de la langue, même si les surfaces reflètent, mais ne sont pas perceptibles à l'oeil nu.
    Il faut rappeler qu'un triptyque, en principe, offre trois images : celle du panneau central pouvant parfois être cachée par les deux volets fermés qui laissent à leur tour entrevoir une quatrième image, le plus souvent l'auteur en son ordinaire ou le bienfaiteur. La Trilogie du temps se referme donc sur un autre roman et ses personnages : L'Autoportrait aux dormeuses. Le bienfaiteur, présenté ici en lecteur généreux et attentif, ouvre délicatement le volet de gauche et livre les douze chapitres qui séparent, non pas en lumière noire mais en étendue, le soleil et le soleil. Ce travail est aussi une méditation sur l'éternel retour, qui n'est pas l'éternel féminin, comme traumatisme inapparent.

  • «Qui était-il le personnage autre que Non?» Ainsi commence le premier tome d'un vaste roman qui en comporte sept et qui raconte les saisons en enfer de Jonathan Goofo. Ce héros moderne de l'égarement, confronté en permanence à l'Histoire humaine où chaque phrase de vie trouve en l'autre un monde réellement renversé, entraîne après lui un processus charmeur de désintégration généralisée. D'aventure en rencontre, d'expérience en dérive, c'est-à-dire du crime à l'inceste, de la cérémonie du suicide ou du rituel de la pince à sucre à la bisexualité, il s'avance toujours plus fasciné par ce qu'il appelle le pire impossible.
    L'écoulement du temps et parfois son triomphe sont donc appropriation par l'homme du déploiement de l'univers jusqu'à la folie. Dans un registre torrentiel tout d'abord, puis romanesque et narratif, enfin analytique, l'auteur saisit le siècle : l'ironie de l'Homme sans qualités devient celle du délinquant impeccable.

    Tome I : Elle descend l'escalier. Il descend l'escalier. Elle lui parle : «Je présage vous aimer.» Raconte son expérience du placard. Il lui parle. Raconte son Traité de la disparition. L'amour est naissant. Le premier voyage commence.


  • 1, 2, de la série non aperçue
    L'homme qui parle ici avance dans la nuit parallèle des « séries » - de mots oe de nombres oe d'images sans fin dérobées oe - pour résoudre l'énigme dont le « double récit » du poème est à ses yeux investi. Il s'agit aussi d'une enquête (« son père », « Qui oe ») plus fragmentaire d'obéir à la loi du vers, mais reconduite face au vide, à la vision muette que le langage égrène. La question de l'identité est au centre : elle s'y confond.
    Tout comme Le jeu des séries scéniques, avec lequel il forme une manière de diptyque, 1, 2, de la série non aperçue était paru chez Flammarion en 1976, dans la collection « Textes ». Il importait de redonner à lire aujourd'hui ces deux livres fondateurs, emblématiques de la « modernité négative » qui se dessinait à l'époque, retournant les propositions poétiques et narratives admises - vers un espace ignoré.


  • Tome IV :
    W, comme Wien. C'est dire la part donnée dans cette quatrième partie de Narration d'équilibre (Hachette POL, 1982) à Vienne où le narrateur a fait de fréquents et longs séjours. C'est un peu comme si quelqu'un (un analyste?) retrouvait une vieille boîte contenant les fiches des séances d'une analyse étrange. C'est un peu comme si l'auteur essayait d'introduire dans l'écriture - en même temps - la verticalité et l'horizontalité. Le narrateur est en effet couché, allongé dans le sommeil et il est debout puisqu'il marche désespérément dans les rues de Vienne pour aller jusqu'au bout du drame qu'il ne parvient à éclaircir tout à fait en dépit de la marche forcenée et du sommeil dont il tire toutes les images de l'intrigue.

    Tome V :
    New York. Un homme longe l'Hudson et suit une tache jaune qui flotte au milieu du fleuve. Elle va développer dans son sillage une force d'intrigue dont le mouvement amène le narrateur à s'interroger sur l'image, sur sa formation génératrice des trames du récit. L'image se transformant en plaque sensible progressivement capte les fragments, les phénomènes du réel pour laisser apparaître les éléments diphractés par l'écriture. Alors que la pensée élucide l'instant, la vitesse de la langue renvoie au temps de l'enfance, et plus loin au temps de l'antériorité. Tout le livre se développe donc comme un itinéraire et géométriquement comme un jeu de dominos, à travers lesquels visions, récits, souvenirs, illuminations induisent à un autre temps, où les plans d'une vie comme les plaques noires des dominos disposent le long de l'espace des énoncés de notre secret.

  • Tome IV :
    W, comme Wien. C'est dire la part donnée dans cette quatrième partie de Narration d'équilibre (Hachette POL, 1982) à Vienne où le narrateur a fait de fréquents et longs séjours. C'est un peu comme si quelqu'un (un analyste?) retrouvait une vieille boîte contenant les fiches des séances d'une analyse étrange. C'est un peu comme si l'auteur essayait d'introduire dans l'écriture - en même temps - la verticalité et l'horizontalité. Le narrateur est en effet couché, allongé dans le sommeil et il est debout puisqu'il marche désespérément dans les rues de Vienne pour aller jusqu'au bout du drame qu'il ne parvient à éclaircir tout à fait en dépit de la marche forcenée et du sommeil dont il tire toutes les images de l'intrigue.

    Tome V :
    New York. Un homme longe l'Hudson et suit une tache jaune qui flotte au milieu du fleuve. Elle va développer dans son sillage une force d'intrigue dont le mouvement amène le narrateur à s'interroger sur l'image, sur sa formation génératrice des trames du récit. L'image se transformant en plaque sensible progressivement capte les fragments, les phénomènes du réel pour laisser apparaître les éléments diphractés par l'écriture. Alors que la pensée élucide l'instant, la vitesse de la langue renvoie au temps de l'enfance, et plus loin au temps de l'antériorité. Tout le livre se développe donc comme un itinéraire et géométriquement comme un jeu de dominos, à travers lesquels visions, récits, souvenirs, illuminations induisent à un autre temps, où les plans d'une vie comme les plaques noires des dominos disposent le long de l'espace des énoncés de notre secret.

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