• Il y a près d'une trentaine d'années, en 1970, disparaissait sous les flots de la tempête Dorothy, le quartier Au-Béro. Y vivaient plusieurs familles indiennes dans des conditions misérables, au bord du canal Levassor qui traverse la partie ouest de Foyal (ancien nom de Fort-de-France). Regroupées dans une sorte de hangar et dans des bicoques sordides, elles étaient vouées au service de voirie de la ville. Comment ce quartier s'était-il constitué ? Pourquoi une population descendante d'immigrants introduits à la Martinique pour remplacer les anciens esclaves dans les champs de cannes s'était-elle retrouvée là, à exercer les tâches les plus honnies ? Pourquoi le quartier Au-Béro, à la jonction entre Indianité et Créolité, n'a-t-il pas été reconstruit ? Que sont devenus ses habitants ?
    Après une enquête d'environ deux années auprès de ces derniers et de personnes ayant fréquenté le quartier, Jean-Pierre Arsaye a pu reconstituer l'histoire de toute une microsociété, de sa naissance à sa disparition, mettant ainsi au jour bien des aspects oblitérés d'un passé pourtant proche.
    Un remarquable essai d'ethnohistoire, qui est aussi une manière d'anti-épopée.
    Gerry L'Étang
    Préface de Raphaël Confiant, Prix Novembre 1992, Prix Casa de Las Americas 1994, Prix Carbet 1995, Prix RFO 1998.

  • Sur le plan purement littéraire, convient-il de traduire une langue hautement littéralisée (le français) en une langue qui ne l'est pas ou n'est qu'en passe de l'être (le créole) ? Dans l'affirmative, comment effectuer cette opération aux multiples écueils, c'est-à-dire quelle conception et quels procédés. Riche des "leçons" de l'Europe en la matière, cet ouvrage s'adresse à toute personne qu'intéresse la problématique de la traduction et même, plus largement, de l'écriture (au sens où l'entendait un Roland Barthes) en pays créolophone.

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