• Avant d'être l'auteur mondialement connu du chef-d'oeuvre Vie et destin, Vassili Grossman a été lors de la Seconde Guerre mondiale correspondant de guerre pour Krasnaïa Zvezda, l'organe officiel des forces soviétiques, suivant l'Armée rouge au coeur des combats. L'agression nazie en 1941, l'arrivée des troupes russes à Treblinka, l'entrée dans Berlin en ruines, la capitulation en mai 1945 : l'auteur de Vie et destin a décrit tous ces événements, tirant de cette expérience quantité de récits à la lisière de la fiction et du reportage. Ce volume rassemble une partie de ces textes méconnus, hybrides, passionnants pour les liens qu'ils permettent d'établir entre documentaire et fiction. Années de guerre est en quelque sorte une version fragmentaire d'épisodes et de personnages que l'on retrouvera dans les romans Pour une juste cause et Vie et destin. C'est dans ces pages que prennent vie le soldat Gromov et son lance-roquette antichar ou les tireurs d'élite Tchékhov et Zaïtsev, d'autres encore, personnages héroïques et souffrants, figures vivantes devenues classiques de la littérature mondiale.
    Constitué de récits héroïques, dramatiques ou glaçants, Années de guerre est tout autant un formidable recueil littéraire qu'un extraordinaire document pour l'histoire.

  • Voici une oeuvre majeure de la littérature russe du XXe siècle. Lorsque Vassili Grossman (1905-1964) en entreprend la rédaction dans les années 1950, il est un journaliste officiel, parfaitement soumis à l'orthodoxie stalinienne. Mais l'expérience de la Seconde Guerre mondiale, l'horreur des camps soviétiques aussi bien que nazis, l'effarante campagne antisémite orchestrée par Staline à partir de 1949, l'ont plongé dans une crise profonde dont il est sorti transformé.
    Dans ce roman-fresque, composé à la façon de Guerre et paix, il fait revivre l'URSS en guerre à travers le destin d'une famille, dont les membres nous amènent tour à tour dans Stalingrad assiégée, dans les laboratoires de recherche scientifique, dans la vie ordinaire du peuple russe, et jusqu'à Treblinka sur les pas de l'Armée rouge. Á travers des destinées souvent tragiques, il s'interroge sur la terrifiante convergence des systèmes nazi et communiste alors même qu'ils s'affrontent sans merci.
    Radicalement iconoclaste en son temps - le manuscrit fut confisqué par le KGB, tandis qu'une copie parvenait clandestinement en Occident - ce livre pose sur l'histoire du XXe siècle une question que philosophes et historiens n'ont cessé d'explorer depuis lors. Il la pose sous la forme d'une grande oeuvre littéraire, imprégnée de vie et d'humanité, qui transcende le documentaire et la polémique pour atteindre à une vision puissante, métaphysique, de la lutte éternelle du bien contre le mal.

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  • En février 1943, le nom de « Stalingrad » est sur toutes les lèvres et va devenir le symbole de la défaite allemande. Correspondant de L'Etoile rouge, Vassili Grossman assiste aux combats, dont il rend compte dans ses chroniques. C'est à ce moment-là qu'il entreprend sa fresque monumentale, Pour une cause juste, dont la seconde partie sera connue dans le monde entier sous le titre de Vie et destin. Grossman est alors un homme ébranlé par la guerre. Son fils aîné a été tué au front, sa mère a péri dans un ghetto. Terminé après la guerre, Pour une cause juste est publié, entre juillet et octobre 1952, dans la revue Novy Mir. Épopée d'une bataille emblématique, c'est un vivant portrait du peuple russe saisi dans sa souffrance et dans sa grandeur. Mais, derrière cette mosaïque de destins, ces affrontements sans merci, ces sacrifices héroïques, nous voyons déjà se profiler les questions vertigineuses de Vie et destin sur les totalitarismes de notre temps.

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  • L'écrivain israélien Aharon Appelfeld dit que les romanciers russes, Tolstoï, Dostoïevski, Tchekov, Tourgueniev, savaient aimer « leur peuple, leurs douleurs et leurs blessures ». Vassili Grossman, romancier russe né en 1905 dans l'une des capitales juives de l'Ukraine et mort à Moscou en 1964, aimait son peuple et sa mère. Son oeuvre rend compte du chant secret de ceux qui, dans la Russie stalinienne, croyaient encore que la liberté, la tendresse, la bonté étaient « le pain et l'eau de la vie ». La pensée de cet homme, l'un des écrivains majeurs du XXe siècle, seul face à la tragédie totalitaire, dépasse les circonstances. Affrontant les horreurs et les idéologies mortifères de son temps, il parle « du grincement combiné des fils de fer barbelés de la taïga sibérienne et du camp d'Auschwitz ». Grossman, c'est aussi un destin hors du commun. D'abord chimiste de son état (comme Primo Levi) puis écrivain, il se montre un serviteur docile de l'État soviétique avant de centrer sa création sur le phénomène totalitaire. Son roman, Vie et destin, est saisi par le KGB et Grossman interdit de publication. Il meurt après avoir mis au point une dernière version de Tout passe, son testament spirituel, sans jamais savoir si ces textes seront publiés. C'est bien après sa mort que ses romans seront découverts en Occident.
    Ce volume, présenté par Tzvetan Todorov, réunit l'essentiel des écrits de Grossman postérieurs à la mort de Staline, Vie et destin, Tout passe, ainsi que plusieurs nouvelles et des lettres inédites à sa mère et à Nikita Khrouchtchev. La traduction de Vie et destin, véritable Guerre et Paix du XXe siècle, ce chef-d'oeuvre de la littérature mondiale, a été révisée et restituée pour la première fois dans son intégralité, conformément à l'édition russe de 2005.

  • La paix soit avec vous, l'une des dernières (sinon la dernière) oeuvres de Vassili Grossman, est à lire comme le testament d'un écrivain, le bilan de sa vie.
    À l'automne 1961, Vassili Grossman, malade, désespéré par la saisie de son dernier roman Vie et destin, accepte de passer un mois et demi en Arménie pour travailler à la mise en forme littéraire d'un roman traduit de l'arménien.
    Sa tâche accomplie, il entreprend, le 30 décembre 1961, de rédiger ses «impressions arméniennes» ?
    Prenant le prétexte de «notes de voyage», Vassili Grossman parle ici de ce qui lui tient le plus à coeur :
    Le peuple, les gens «simples» pas si simples que cela, le martyre arménien (et parallèlement, le martyre juif), la foi, la poésie, l'art.
    Impossible en lisant ce livre, de ne pas songer à Vie et destin. Car tous les thèmes, tous les motifs y ont été puisés. Mais La paix soit avec vous, véritable «poème», est un livre lumineux, empreint de lyrisme et de sérénité. Au soir de sa vie, Vassili Grossman jette sur le monde et lui-même un regard plein de compassion et d'ironie mêlées. La joie l'emporte sur la souffrance, et la foi en la bonté sur l'amertume. Jamais l'auteur n'a montré tant d'abandon, jamais il n'a mis à nu, avec une telle sincérité, son âme et son corps.
    Refusant la suppression de certains passages où il évoque l'antisémitisme soviétique, Vassili Grossman ne verra pas la publication de son texte. Celui-ci ne paraîtra qu'après sa mort, en 1965 et 1967, avec, dans les deux cas, les coupures exigées. Il a fallu encore vingt ans pour que la censure soviétique autorise enfin la publication du texte intégral, tel qu'on pourra le lire ici dans sa traduction française.

  • Avoir été parmi les premiers à découvrir et à décrire les camps de concentration nazis a sans doute beaucoup contribué à transformer le regard de vassili grossman sur le monde : c'est après la guerre qu'il a écrit ses oeuvres maîtresses, les plus profondes et les plus lucides.
    C'est aussi à partir de cette époque que ses yeux se sont ouverts sur le caractère totalitaire du régime communiste.
    Dans ces deux méditations sur la beauté et le destin, sur ce qu'il y a d'humain en l'homme et ce qui reste de lui après la mort, le lecteur retrouvera le souffle et la patte de l'auteur de vie et destin : le goût du détail concret et de brusques envolées lyriques, une grande faculté d'empathie et une robuste candeur associée à une sagacité pleine de réalisme.

  • La " Grande Guerre patriotique " - celle qui débuta en URSS en 1941 par une déroute et se termina, quatre ans plus tard, au prix de sacrifices inouïs, le drapeau rouge flottant sur le toit du Reichstag -, Vassili Grossman l'a vue de près. Correspondant de guerre pour Krasnaïa Zvezda (L'Étoile rouge), le quotidien officiel de l'Armée rouge, il a été sur tous les fronts : la défense de Moscou, Stalingrad, bien sûr - expérience qui lui inspira son inoubliable roman Vie et destin -, la libération des camps de la mort en Pologne, l'entrée dans Varsovie, la chute de Berlin. Il a couché sur le papier ce qu'il appelle " la vérité impitoyable de la guerre ". Ses carnets, par leur liberté de ton, différaient sensiblement de ses dépêches publiées dans L'Étoile rouge. Aujourd'hui, l'historien Antony Beevor nous en propose des morceaux choisis, reliés entre eux par des indications précieuses sur le déroulement de la guerre, le contexte politique et le cheminement personnel de Grossman, ex-communiste désenchanté, juif athée, et avant tout écrivain...

  • C'est en 1934, avec sa première nouvelle "Dans la ville de Berditchev", que Vassili Grossman se fait admirer de Gorki, qui l'introduit dans les milieux littéraires de la capitale. En 1963, peu de temps avant sa mort, Grossman écrit sa dernière nouvelle, "L'éboulement". Entre les deux, trente ans pendant lesquels Grossman a produit une oeuvre abondante : des romans, des essais et des nouvelles.
    Onze de ces nouvelles constituent le recueil La Route.
    Les premières nouvelles, écrites entre 1935 et 1940, se déroulent pendant la guerre civile, dans une Russie qui est en train de subir une importante transformation sociale et économique, dans le but de devenir un pays industrialisé. En fait, dès ses premiers textes, on peut entendre derrière le discours officiel la voix qui devait nous parvenir quelques dizaines d'années plus tard avec Vie et Destin, une voix qui s'insurge, discrète et miraculeusement sauvée, contre les dénonciations, les arrestations, contre les déportations et les travaux forcés en Sibérie.

    Dans ces onze nouvelles sont élaborés les thèmes qui prennent toute leur ampleur dans Vie et Destin. La soumission et la lâcheté des uns, la révolte et la bonté des autres qui seules permettent aux hommes solidaires de reconquérir leur liberté, cette liberté qui a parfois le prix du sacrifice. La route, celle que parcourent ensemble la mule italienne et le petit cheval kolkhozien, c'est celle que Grossman a connue de Stalingrad à Treblinka, la route sur laquelle, un jour, l'homme s'arrête, saisi de lucidité. L'homme comprend le sens de sa vie, de celle des autres, le sens du monde.

  • Comme tous les grands romans, vie et destin est un monde aux aspects multiples : le récit de guerre y côtoie une réflexion profonde sur la société russe, la vie des hommes et sa destruction par le totalitarisme.
    Comme la légende du grand inquisiteur chez dostoïevski, cette dernière lettre est la clef de voûte, psychologique et morale, d'un grand édifice romanesque et spirituel. a travers le testament d'une mère juive attendant la mort dans son ghetto cerné par les allemands, grossman livre sa confession, en même temps qu'il dépeint le drame de millions d'européens se voyant soudain rappeler, au travers de la persécution nazie puis soviétique, leur participation à une tragédie immémoriale.
    Mais, comme le rappelle sémion lipkine dans son témoignage sur son ami grossman, l'auteur de vie et destin était avant tout un très grand écrivain russe, attaché par tout son être à la russie. les carnets d'ikonnikov, également reproduits dans ce volume, sont la quintessence de cette autre face d'une culture composite : la résistance, la poésie et la spiritualité du peuple russe. ainsi, au travers de la dernière lettre et des carnets, le lecteur occidental pénètre au coeur des contradictions créatrices d'un génie romanesque, qui expliquent également, sous d'autres formes et alliances, le drame et la puissance de la littérature russe.

  • Le Livre noir raconte comment a commencé "la solution finale", l'extermination programmée des Juifs par les nazis. Un livre où les morts se mettent à parler.
    Une immense entreprise qui répond à l'impératif biblique toujours actuel :
    Zakhor ! (souviens-toi).

    Textes et témoignages traduits du russe par Yves Gauthier, Luba Jurgenson, Michèle Kahn, Paul Lequesne et Carole Moroz sous la direction de Michel Parfenov.

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