Essais / Réflexions / Ecrits sur l'histoire

  • Le destin historique d'un grand homme se dessine-t-il dès l'enfance ? Sabine Melchior-Bonnet montre dans ce livre que derrière tout héros, qu'il soit grandiose ou maudit, il y a... une mère. C'est dans les relations entre mère et fils que se joue aussi l'Histoire. Que seraient en effet Néron, François Ier, Louis XIII, Louis XIV, Napoléon, mais aussi Churchill, Staline, Hitler, sans leur mère ? C'est à la restitution de ces biographies historiques sous l'angle inédit des relations entre mère et fils que s'attache ici l'auteur. Et c'est à résoudre le mystère de ces destins uniques que nous sommes ici conviés, dans une série de portraits d'Histoire déroutants et inattendus. Sabine Melchior-Bonnet est historienne, spécialiste de l'histoire des sensibilités. Elle travaille au Collège de France auprès des professeurs Jean Delumeau et Daniel Roche. Elle a notamment publié une Histoire du miroir, Une histoire de la frivolité, et codirigé une Histoire du mariage. 

  • Il y a une Grèce de rêve. La douceur méditerranéenne et le marbre des temples, Périclès et Platon, Homère - l'Olympe à portée de main. « Berceau de la civilisation », « patrie du Beau et de l'Idéal » : on l'a bien souvent (ré)inventée, usant d'une Antiquité enjolivée ou tronquée pour mieux servir les desseins du présent. Grand amoureux de la Grèce, Patrice Brun entreprend ici de balayer clichés, idéologies et fantasmes pour dévoiler l'Antiquité telle qu'en elle-même?: à la fois familière et éloignée de nous. Certes, il y a de quoi être fasciné par les oeuvres, les écrits, la pensée politique des Grecs. Patrice Brun s'efforce de sortir de l'apologie, de remplacer une Grèce de musée embaumée dans l'éloge par celle de l'historien, soucieux des faits et du concret?: la guerre, les femmes, le sexe, les esclaves, la démocratie, etc. Voilà qu'elle renaît sous nos yeux, intensément vivante et colorée, crue, ambivalente, formidablement humaine. Un livre passionnant sur l'usage et le mésusage de la Grèce antique, où l'on redécouvre ses moeurs, sa politique, sa vie, au plus près de ce qu'elles ont vraiment été. Et une réflexion sur la manière dont l'Occident se perçoit lui-même à travers le passé magnifié dont il revendique l'héritage. Patrice Brun est professeur d'histoire grecque à l'université Bordeaux-Montaigne, qu'il a présidée de 2009 à 2012. Il est membre de l'Institut universitaire de France. 

  • Les Français croient-ils encore à leurs libertés?? L'État de droit nous fait-il encore rêver?? Avons-nous encore la force de désirer autre chose que notre sécurité?? Au cours des années 2015 à 2020, les conditions de notre liberté se sont réduites par vagues : urgence sécuritaire, urgence sanitaire, maintien de l'ordre public. Réflexe de protection face au traumatisme du terrorisme islamiste, sacrifices nécessaires pour endiguer le Covid-19, normalisation des atteintes aux droits de la presse, accoutumance à un traitement répressif des manifestants... Alors que nos gouvernements successifs développent une addiction sécuritaire, l'esprit de résistance s'endort.  Avec une plume acérée, François Saint-Pierre nous livre un document essentiel pour capter, derrière les coups de bélier sécuritaires qui ont ponctué ces années, une lame de fond préoccupante : la passion française pour la liberté s'est érodée. De cette chronique, sachons tirer des clés pour raviver la flamme. François Saint-Pierre est avocat. Sa pratique de la défense pénale nourrit sa réflexion de citoyen sur notre modèle démocratique et judiciaire depuis de nombreuses années. Il a publié aux éditions Odile Jacob Avocat de la défense (2009), Au nom du peuple français (2013) et Le Droit contre les démons de la politique (2019). 

  • Imaginaires nucléaires : représentations de l'arme nucléaire dans l'art et la culture Nouv.

    Ce livre s'intéresse aux représentations de l'arme nucléaire dans l'art et la culture, et à la manière dont elles façonnent nos perceptions et notre imaginaire collectif. Réunissant 35 auteurs aux profils et aux modes d'expression très divers (chercheurs, diplomates, artistes, critiques, conservateurs, etc.), tels le dessinateur Plantu ou le réalisateur Antonin Baudry (Le Chant du loup), il dresse un vaste panorama invitant à penser la représentation de l'arme nucléaire?: lire les oeuvres littéraires, les romans, la bande dessinée qui la mettent en scène?; regarder la bombe sur le grand et le petit écran, au cinéma et dans les séries télévisées?; écouter la musique qui en parle?; ou jouer aux jeux vidéo qui la représentent. Ses chapitres s'intéressent aussi à ceux qui montrent la bombe, par la photographie ou l'exposition?; qui bâtissent les villes en fonction de cette menace et les bunkers pour s'en protéger?; qui la promeuvent dans des stratégies nationales?; et la contestent par l'humour, l'art et la culture. Cet ensemble inédit et les 170 illustrations qui l'accompagnent font de cet ouvrage de référence un objet unique en son genre. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe, juriste et politiste, est directeur de l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM). Membre du Comité d'éthique de la défense, auteur d'une vingtaine d'ouvrages, il était précédemment en poste au ministère des Affaires étrangères et dans des universités (King's College London, McGill University). Il enseigne à la Paris School of International Affairs (PSIA) de Sciences Po. Céline Jurgensen, diplomate, a occupé divers postes au ministère des Affaires étrangères, au ministère des Armées et au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), où elle a été directrice de la stratégie à la direction des applications militaires. Elle enseigne au Centre interdisciplinaire d'études sur le nucléaire et la stratégie (CIENS) de l'ENS Ulm. 

  •  Les civilisations naissent, se développent, déclinent et meurent. Le peuple juif, cependant, semble constituer une exception. En plus de trois mille ans d'existence - dont près de vingt siècles en exil -, il a maintenu presque inchangés ses traditions, son mode de vie et les principes de sa religion. Moshe Sebbag et Armand Laferrère explorent les raisons de cette exception historique. Leur enquête décrit le modèle familial du peuple juif, ses idéaux politiques et sociaux, l'importance donnée à l'étude, la relation du peuple avec sa terre, le système de valeurs morales élaboré à travers les âges. Ils décrivent aussi la relation unique qui unit le peuple avec son Créateur. En parcourant l'Histoire, mais aussi les textes de la Bible et du Talmud, les auteurs trouvent l'explication de la survie du peuple juif dans la vision unique du monde que ce peuple a forgée. Cette vision du monde a accompagné les Juifs à travers leur longue histoire et leur a permis d'échapper à l'extinction. Moshe Sebbag, études rabbiniques au séminaire israélite de France. Ancien rabbin de la communauté de Tours, puis de celle d'Avignon?; depuis septembre 2009, rabbin à la Grande Synagogue de Paris, la Victoire. Conférencier universitaire sur la philosophie juive et la pensée talmudique. Travail interreligieux avec la Conférence des évêques de France et la Conférence des imams de France. Armand Laferrère, ancien élève de l'École normale supérieure et de l'École nationale d'administration, est membre du comité de rédaction de la revue Commentaire.

  • Ce livre de Christian Ingrao a deux facettes. D'une part, c'est un texte d'historien sur des objets historiques situés : les discours, les représentations et les émotions des acteurs du génocide nazi ; le suicide de guerre en Allemagne et au Japon en 1945 ; la médecine d'urgence face aux attentats du 13 novembre 2015. Captivant. D'autre part, c'est un essai pour penser l'histoire, qui expérimente des rapprochements conceptuels et disciplinaires, qui analyse et met à l'épreuve notions et méthodes. Éclairant. À la fois livre d'histoire et livre sur l'histoire, il présente au lecteur l'oeuvre et la fabrique, dans un va-et-vient entre théorie et pratique qui fait la force du propos. Ainsi, la notion de paroxysme est d'abord analysée comme outil théorique pour l'historien, puis appliquée à des objets historiques qui en sont des figures et dont l'auteur est un spécialiste. On découvre l'historien au travail, réfléchissant sur sa démarche et ses concepts avant de les mettre en oeuvre pour explorer des passés utiles pour comprendre le présent. Tirant le bilan de vingt années d'enquête sur le nazisme et la violence de guerre aux xxe et xxie siècles, Christian Ingrao entreprend d'esquisser aussi « un avenir désirable pour l'histoire du temps présent ». Un livre d'histoire en même temps qu'un regard sur l'histoire de demain. Christian Ingrao Christian Ingrao est historien, directeur de recherche au CNRS. Il a dirigé l'Institut d'histoire du temps présent (2008 à 2013), enseigne à l'IEP de Paris. Il a écrit sur le nazisme et les violences de guerre aux XXe et XXIe siècles. 

  • Qui ne s'intéresse pas aux origines de l'homme ? En plus de soixante-cinq ans de carrière, des fouilles d'Éthiopie à celles du Tchad, de ses laboratoires du musée de l'Homme et du Collège de France aux palais présidentiels et princiers, le spécialiste de la préhistoire a rencontré les chefs d'État du monde entier. Le fossile devient prétexte à des échanges privilégiés avec ceux qui font l'histoire d'aujourd'hui. Yves Coppens nous dresse dans ce livre cinquante portraits inattendus et intimes des présidents Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, de la reine Elizabeth II, de l'empereur Haïlé Sélassié, de Nelson Mandela, des papes Benoît XVI et François et de bien d'autres... cinquante portraits qui sont aussi cinquante rencontres pleines d'esprit autour des questions fondamentales de l'origine et du devenir de l'espèce humaine. Yves Coppens est le découvreur mondialement connu de nombreux fossiles humains célèbres, dont Lucy. Il est paléontologue, professeur au Muséum national d'histoire naturelle, professeur au Collège de France, membre de l'Académie des sciences et de l'Académie de médecine. Il est l'auteur de Pré-ambules, Le Genou de Lucy, L'Histoire de l'homme, Pré-textes, Pré-ludes, Des pastilles de préhistoire, Origines de l'homme, origines d'un homme, etc., qui tous ont été de très grands succès. 

  • Dans un monde de concurrence exacerbée entre les grandes puissances, de compétition pour l'accès aux ressources, d'affrontements violents entre les civilisations et les religions, une nouvelle guerre mondiale est-elle vraiment improbable, voire impensable ? Si elle veut survivre, l'humanité est « condamnée » à la paix. Mais quelle paix ? L'histoire nous éclaire. Depuis l'aube du néolithique, il n'y a eu de paix qu'impériale. Une telle paix ne saurait se réduire à l'exercice brutal d'une force arbitraire. Elle doit laisser aux populations dominées des zones d'autonomie, les persuader qu'il n'y a pas d'autre ordre possible. Or la Pax americana des années 1945-2003 a été la dernière paix impériale. La mondialisation, dynamique globale et conflictuelle, voue désormais toute ambition impériale planétaire, même celle d'une Chine réveillée, à l'échec. La seule paix mondiale possible doit reprendre le laborieux chemin de la paix contractuelle, démocratique et institutionnelle, exploré notamment par le philosophe allemand Emmanuel Kant. Il faudra bien bâtir la paix pour que notre terre ne devienne pas un enfer. Diplomate, puis chercheur à l'Institut français des relations internationales (IFRI), Philippe Moreau Defarges a enseigné à Sciences Po (Paris) et codirigé le rapport RAMSÈS (IFRI). Il est l'auteur d'ouvrages d'histoire des relations internationales et de géopolitique qui sont de grands classiques. 

  • Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, à Berlin, le monde a changé de visage. Le « mur de la honte » s'est effondré sans combat. Et la guerre froide de s'achever, et l'URSS d'exploser... Ce livre raconte les manoeuvres, les tractations, les intrigues qui ont mené à ce basculement. Pourquoi l'URSS n'a-t-elle pas réagi comme par le passé ? Quelle a été l'action... ou l'inaction de Mikhaïl Gorbatchev ? Contre quelle redoutable conjuration de cavaliers de l'Apocalypse une Raïssa Gorbatcheva, par exemple, a-t-elle dû lutter pour retenir le bras armé du maître du Kremlin ? Sur le devant de la scène ou en coulisses, quel a vraiment été le rôle de chacun des acteurs ? À la manière d'un thriller, cette enquête historique inédite révèle la partie de poker stratégique d'une rare perversité qui, du printemps 1987 à l'automne 1990, a mobilisé les grands fauves de la géopolitique et du renseignement soviétiques, allemands et anglo-saxons. Avant, pour ainsi dire par inadvertance, de provoquer l'impensable, la fin de l'Empire soviétique. Écrivain et journaliste, Michel Meyer a été pendant plus de quinze ans le correspondant en Allemagne d'Antenne 2, de France Inter et de L'Express. Intime de la chose allemande, confident et traducteur de Willy Brandt, proche des chanceliers Helmut Schmidt et Helmut Kohl et expert des problématiques Est-Ouest, il est aussi l'auteur d'une douzaine d'essais et de romans, dont Le Frère rouge et Le Réveil du poisson-chat. 

  • « Les démocraties sont, à leur manière, des systèmes vivants. Mais il ne suffit pas qu'elles vivent : il faut qu'elles survivent. Par conséquent, il nous faut identifier et analyser, de façon lucide et critique, les dispositifs qui, dans une démocratie, surveillent et corrigent les inévitables dysfonctionnements et imprévus, internes et externes, que son existence lui réserve. Ce sont ces mécanismes qui la rendent robuste et en assurent la survie. La robustesse d'une démocratie est son assurance sur la vie. » P. K. Philippe Kourilsky s'exprime ici en citoyen et en scientifique. Appliquant les concepts de robustesse et de complexité, centraux en biologie, il met au jour les défauts de démocratie qui expliquent la crise actuelle : défauts d'altruisme qui fonde le devoir de solidarité, de discussion qui permet la participation à la vie démocratique, d'efficacité sans laquelle il n'y a pas de bien-être... Puis il ouvre des pistes pour rajeunir notre système politique, parmi lesquelles la science et l'éducation jouent un rôle primordial. La réflexion d'un scientifique de haut niveau sur l'un de nos biens les plus précieux : la démocratie. Chercheur au CNRS, ancien directeur de l'Institut Pasteur, Philippe Kourilsky est professeur émérite au Collège de France et membre de l'Académie des sciences. Il a notamment publié Les Artisans de l'hérédité, La Science en partage et Le Temps de l'altruisme, des ouvrages majeurs qui ont été de grands succès. 

  • Les relations internationales ont connu ces dernières décennies d'importants bouleversements. Comment la diplomatie française s'adapte-t-elle à ce nouvel ordre du monde, alors même qu'elle dispose de l'un des trois premiers réseaux de postes diplomatiques ? Elle a ainsi subi des réformes sans précédent, que ce soit dans son organisation ou dans son action, comme aussi dans le choix des hommes et des carrières. Plus que tout autre, le Quai d'Orsay a été touché par ces transformations. À travers sa politique extérieure, à travers le ministère des Affaires étrangères, c'est le visage même de la France du XXIe siècle qui se dessine. L'ambition de ce livre est de nous en tracer les contours et de nous en restituer l'histoire. C'est au coeur de la Ve République que nous sommes ainsi conduits. Car, si les diplomates continuent à jouer un rôle essentiel de représentation, d'information et de coordination de l'action extérieure de la France, la négociation et la prise de décision sont de plus en plus l'apanage de l'Élysée. Voici donc le portrait saisissant du nouveau Quai d'Orsay, de son évolution passée et de ses perspectives à venir, et du futur qu'il ouvre aujourd'hui pour la France dans le monde. Ouvrage dirigé par Maurice Vaïsse, professeur émérite d'histoire des relations internationales à Sciences Po. avec la collaboration de Louis Amigues (ancien ambassadeur), Denis Bauchard (ancien ambassadeur), Frédéric Charillon (professeur de sciences politiques), Marie-Christine Kessler (directrice de recherches émérite au CNRS), Dephine Lagrange (maître de conférences en sciences politiques), Isabelle Richefort (conservateur général du patrimoine aux Archives diplomatiques), ainsi que d'une quarantaine d'auteurs, de diplomates, de conservateurs d'archives, de hauts fonctionnaires, d'historiens et de politologues. 

  • Les avant-gardes en art ne sont-elles pas misogynes ? Censées être le lieu de toutes les libertés, de toutes les ouvertures, n'occultent-elles pas, elles aussi, en toute bonne conscience, la contribution des femmes ?Si la pratique artistique féminine a toujours été riche et abondante en France, l'opposition des institutions l'a longtemps cantonnée à un rôle subalterne, montre Marie-Jo Bonnet. Tout a-t-il changé avec le XXe siècle, alors que tout semblait éclater ? Certainement pas. Bref, êtres sensibles et délicats, les femmes seraient toujours bornées aux arts mineurs, à la méconnaissance, à la simple exposition narcissique. Alors qu'Annette Messager a été choisie pour représenter la France à la biennale de Venise, où en est-on ? Peut-on encore soutenir que, si les femmes sont moins bien considérées en art, c'est parce que leurs oeuvres seraient de moindre valeur que celles des hommes ?Un ouvrage polémique qui montre la persistance des clichés et des conformismes sexistes dans le milieu de l'art contemporain. Marie-Jo Bonnet est historienne et écrivain. Elle a notamment publié Les Relations amoureuses entre les femmes (XVIe-XXe siècle), Qu'est-ce qu'une femme désire quand elle désire une femme ?, Les Femmes dans l'art.

  • 1940 : la France capitule devant les troupes du IIIe Reich. Le 17 juin, Pierre Verdeil et trois camarades de lycée quittent Brest à bord du dernier navire en partance pour l'Angleterre. Ils n'ont jamais été soldats, ils ne connaissent pas de Gaulle. Ils sont la France libre, cette poignée de volontaires qui refusent la défaite. Devenu préfet de police, en pleine tourmente de Mai 68, Verdeil mêle et démêle ses souvenirs, reprend la trame de vies emportées par l'Histoire. Il cherche la vérité, et peut-être avant tout la sienne. De Bir Hakeim à la Libération de Paris, voici l'aventure d'hommes ordinaires devenus des héros. Dans la lignée de L'Armée des ombres, Jean-François et Lucie Muracciole livrent ici le roman des Français libres. Une histoire, un roman époustouflants. Jean-François Muracciole est historien, professeur d'histoire contemporaine à l'université Paul-Valéry de Montpellier. Spécialiste de la Résistance, il a codirigé l'Encyclopédie de la Seconde Guerre mondiale et le Dictionnaire de la France libre, et il a notamment publié Les Français libres. L'autre Résistance. Lucie Muracciole est maître de conférences en études italiennes à Sorbonne Universités, spécialiste de théâtre et traductrice. 

  • Italie 1922, Allemagne 1933, Espagne 1939, France 1940, etc. Une fois déjà la démocratie a été massivement menacée en Europe. Avec elle, ceux qui n'avaient pas su ou voulu la défendre ont vu disparaître l'État de droit et leurs libertés. Jean-Claude Hazera a relu l'histoire de l'entre-deux-guerres en y cherchant des leçons utiles pour nous tous qui voudrions éviter que l'histoire ne bégaie aujourd'hui. Les explications courantes par la crise et le chômage sont très insuffisantes. Pourquoi les États-Unis, aussi gravement atteints que l'Allemagne par la crise économique, ont-ils échappé au fascisme ? Convoquant documents d'archives, mémoires et témoignages, ce livre est le récit original et troublant de cette période mouvementée de l'entre-deux-guerres. Mais il se pourrait aussi qu'il éclaire d'un jour inédit les dangers les plus actuels de nos démocraties modernes. Jean-Claude Hazera est journaliste économique (il a notamment été rédacteur en chef aux Échos). Son précédent ouvrage Les Patrons sous l'Occupation (coécrit avec Renaud de Rochebrune) a été un immense succès. 

  • Du Xe au VIIIe siècle avant notre ère, deux royaumes hébreux ont coexisté : Israël au nord, Juda au sud. Compilés à Jérusalem, capitale de Juda, à partir de la fin du VIIe siècle, les textes bibliques présentent le « Royaume du Nord » comme impie et ses rois comme maudits. Biblistes et historiens ont largement emboîté le pas : chacun savait qu'Israël était une entité politique et économique bien plus importante et puissante que le petit royaume de Juda, mais on n'a jamais essayé d'écrire son histoire depuis ses origines jusqu'à sa disparition en 722. Archéologue hors pair du Levant ancien, Israël Finkelstein relève le défi et présente une histoire de ce royaume « oublié », voire « censuré ». Poursuivant la démarche de La Bible dévoilée et des Rois sacrés de la Bible, il offre une nouvelle version des origines d'Israël et nous permet aussi de mieux saisir comment les textes bibliques ont reconstruit son histoire. Israël Finkelstein est professeur d'archéologie à l'Université de Tel-Aviv. Il est notamment l'auteur d'Un archéologue au pays de la Bible (2008) et - avec Neil Asher Silberman - de La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations de l'archéologie (2002) et des Rois sacrés de la Bible. À la recherche de David et Salomon (2006). Le présent livre est issu de conférences qu'il a données au Collège de France en février 2012. 

  • Quand est apparue la carte d'identité ? Quelles logiques ont présidé à sa création et à ses évolutions ? Quels furent depuis le XIXe siècle les réactions, les débats et les multiples formes de résistance face aux entreprises d'encartement envisagées ou conduites par les pouvoirs publics ? Pierre Piazza, s'appuyant sur de nombreuses sources inédites, cerne, dans une perspective historique, les enjeux qui ont accompagné l'instauration de ce document aussi familier qu'essentiel et sa progressive généralisation en France. L'analyse accorde notamment une large place à la période 1940-1944 et révèle des aspects méconnus et troublants du régime de Vichy. Un regard inédit pour mieux comprendre nombre de problématiques au coeur des débats sur la citoyenneté, la sécurité. Pierre Piazza est docteur en science politique et chargé de recherche à l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure.

  • Comment les entreprises intègrent-elles le long terme dans leurs processus de décision ? Quelle place y tient l'anticipation ? Et comment s'articule-t-elle avec l'action ? S'appuyant sur des entretiens menés auprès de dirigeants d'entreprises centenaires - Danone, Michelin, Saint-Gobain, SPIE, Veolia, la Caisse des dépôts, Malakoff Médéric, etc. -, ce livre montre que leur pérennité s'explique largement par leur capacité de prévision. Parce qu'elles ont appris à faire face à l'inattendu, voire à l'imprévisible, en développant des stratégies pour absorber les crises, elles ont su renouveler leurs modèles et apprendre de leur histoire. « Une leçon à méditer, tout particulièrement à notre époque où le court-termisme fait, trop souvent, force de loi dans la vie des entreprises et, plus largement, en économie. » Jean Monville. Jean Monville est président fondateur du Cercle des entreprises centenaires, président d'honneur de Spie et de l'Anvie. Philippe Durance est professeur du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), titulaire de la chaire « Prospective et développement durable », et président de l'Institut des futurs souhaitables (IFs). Ses travaux portent sur la prise en compte du futur dans les organisations, ainsi que sur l'innovation et le changement social. Régine Monti est professeure associée du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et directrice associée du Groupe ressources prospective (GERPA). 

  • Quelles conséquences le renoncement par la France, au milieu des années 1990, à mener des essais nucléaires en vraie grandeur (comme elle l'avait fait pendant une trentaine d'années) a-t-il sur les fondements de la crédibilité technique, et donc politique, des forces nucléaires françaises ? Cet ouvrage retrace l'histoire du passage de la fin des essais nucléaires en Polynésie française au programme Simulation. Il explique comment le programme Simulation est devenu l'outil ultime de garantie de la dissuasion nucléaire, sans que celle-ci soit pour autant virtuelle, sinon elle ne serait pas opératoire. Il montre combien les enjeux d'un tel programme sont considérables, sur les plans tant géostratégique, diplomatique, technologique, politique, administratif que militaire. La dissuasion nucléaire française est depuis lors entrée de plain-pied dans l'ère de la « simulation ». Cette révolution, imposée à l'époque par l'autorité politique, et sans réelle concertation, a été rendue possible par des évolutions technologiques majeures que les scientifiques et ingénieurs français avaient su anticiper dès le début des années 1960. S'appuyant sur l'exploitation inédite de sources écrites et orales, ce livre, profondément novateur, éclaire cette révolution scientifique et stratégique. Dominique Mongin, docteur en histoire, connaît bien l'organisation et le fonctionnement de l'appareil de défense français, ayant notamment travaillé au Secrétariat général de la défense nationale (service du Premier ministre), au cabinet du ministre de la Défense et au Centre des hautes études de l'armement. Il enseigne au Centre interdisciplinaire d'études sur le nucléaire et la stratégie à l'École normale supérieure (ENS Ulm). 

  • Pourquoi donc Byzance a-t-elle survécu deux fois plus longtemps que Rome, son équivalent d'Occident ? Cette endurance extraordinaire est d'autant plus remarquable qu'elle n'était favorisée ni par la géographie ni par une prépondérance militaire. Selon Edward Luttwak, cette performance est due à l'habileté de ses souverains qui ont su s'adapter aux circonstances et inventer de nouveaux moyens de faire face à leurs ennemis successifs. La stratégie reposait donc moins sur la force militaire que sur la persuasion. Et, même au combat, les Byzantins étaient moins portés à détruire leurs adversaires qu'à les contenir. Apparue au ve siècle face à la formidable menace représentée par les Huns d'Attila, vaincus avec un minimum de forces, cette méthode a continué à s'affiner au fil des siècles. Edward Luttwak analyse avec une extraordinaire précision tous les aspects de cet incomparable art de la guerre, étudiant aussi bien la religion et le pouvoir à Byzance que sa diplomatie, ses pratiques dynastiques, ses armes, sa tactique, son système fiscal ou encore ses méthodes d'espionnage. La « résilience » de Byzance : une leçon pour les grandes puissances de demain ?Auteur notamment du Grand Livre de la stratégie et de La Grande Stratégie de l'Empire romain, Edward Luttwak est l'un des spécialistes de stratégie et de géopolitique les plus respectés à l'échelle internationale. Il travaille notamment au Centre d'études stratégiques et internationales de Washington.

  • Parler avec l'ennemi, comprendre ses perceptions et ses objectifs, chercher à résoudre des conflits, telles sont les raisons d'être de la diplomatie. Mais à quoi sert-elle encore quand l'ennemi a pris les traits du diable, à l'instar d'un Ben Laden, d'un Saddam Hussein ou, plus récemment, d'un Bachar el-Assad ? Comment expliquer le succès de cette rhétorique du bien et du mal depuis quelques décennies ? Et peut-on penser autrement les relations internationales aujourd'hui ? Dans cet essai ambitieux et foisonnant, Pierre Grosser puise dans l'histoire, l'actualité internationale et même la psychologie pour mettre au jour les impasses du processus de diabolisation. Il montre comment celui-ci se nourrit des « leçons de l'histoire » - de la « capitulation » de Munich à la guerre froide - légitimant ainsi toutes les danses de la guerre juste. Il analyse aussi les prismes cognitifs qui rendent difficiles les interactions avec l'adversaire, une fois celui-ci diabolisé. Enfin, dénonçant les mythes d'une sécurité totale et d'une stratégie parfaite, Pierre Grosser rappelle la complexité des choix qui s'offrent à nos dirigeants et redonne ainsi tout son sens à l'action diplomatique. Pierre Grosser est historien, spécialiste de l'histoire des relations internationales et du monde post-guerre froide. Il enseigne à Sciences Po et est membre de son Centre d'histoire. Il a été directeur des études de l'Institut diplomatique du ministère des Affaires étrangères (2001-2009) et a publié de nombreux ouvrages. Le dernier, 1989, l'année où le monde a basculé (Perrin, 2009) a reçu le prix des Ambassadeurs 2010. 

  • Il ne faut pas avoir peur des émotions collectives, ces formidables moteurs de l'histoire. Avec un véritable talent de conteurs, Anthony Rowley et Fabrice d'Almeida font revivre les grands événements à travers le vécu des contemporains, les puissants et les dirigeants, mais aussi les humbles et les anonymes. De la panique à Pompéi à l'hébétude du 11 septembre 2001, de la fièvre de la ruée vers l'or à l'angoisse des Londoniens secoués par les crimes de Jack l'Éventreur, de l'enthousiasme au moment de la chute du mur de Berlin à l'espoir suscité par l'élection de Barack Obama en 2008, voici vingt histoires de l'histoire qui rendent aux sentiments leur juste place. Grâce à cette approche inédite, une image réaliste et savoureuse du passé surgit. Elle révèle la fabrique des sentiments collectifs, ce mécanisme par lequel les sociétés traversent les grandes mutations, les crises et les guerres, les révolutions scientifiques et les changements dans les moeurs. Longtemps historien à Sciences Po Paris, Anthony Rowley a publié de nombreux ouvrages, notamment sur la gastronomie, comme Une histoire mondiale de la table. Fabrice d'Almeida, professeur à l'université Panthéon-Assas (Paris-II), est spécialiste de la propagande et du nazisme. Son dernier ouvrage paru est Ressources inhumaines. Les gardiens des camps de concentration et leurs loisirs. Ensemble, ils ont précédemment signé Et si on refaisait l'histoire ?. 

  • Il y a des moments où l'histoire hésite. Alors, la décision d'un homme, le sort d'une bataille, la découverte ou l'accident imprévus représentent autant de carrefours au sortir desquels l'histoire d'un peuple, voire du monde, prend une direction précise. Si Ponce Pilate avait gracié Jésus, si les Arabes avaient gagné la bataille de Poitiers contre Charles Martel, si Louis XVI avait réussi à quitter la France et Napoléon III à empêcher la guerre de 1870, si les Allemands avaient gagné en un mois celle de 1914 et si les Américains n'avaient pas lâché la bombe atomique sur le Japon... Chacun sent bien que la longue durée historique autant que certains aspects de la vie quotidienne en auraient été modifiés. C'est sur ces hypothèses surprenantes que s'écrivent les histoires potentielles ici racontées. Anthony Rowley est professeur à Sciences-Po et a notamment publié Une histoire mondiale de la table. Fabrice d'Almeida est professeur d'histoire contemporaine à l'université Panthéon-Assas (Paris-II), après avoir été directeur de l'Institut d'histoire du temps présent (CNRS) et membre de l'École française de Rome. Il est notamment l'auteur de La Vie mondaine sous le nazisme et d'une Brève Histoire du XXIe siècle.

  • Afrique et nous (l'()

    Biasini-E

    « Tu comprends, mon commandant, ça fait vingt ans que je reçois des commandants, tous les commandants. D'habitude, ils viennent me voir tous les deux ou trois mois. Ils s'assoient devant moi, on boit le dolo, je leur donne un poulet, des oeufs, ils me demandent comment vont mes femmes, comment vont les enfants, comment va la population, comment rentre l'impôt, comment vont les chevaux, etc., etc., puis ils s'en vont. Toi, tu es toujours là, tu me poses des questions, souvent je ne sais pas répondre, tu brouilles tout dans ma tête, tu m'emmerdes, tu m'emmerdes. Tout cela, naturellement, avec un infini respect. » Hiver 1946. Nommé administrateur, Émile Biasini débarque au Dahomey, en pleine brousse. Pendant des années, il va vivre, de l'intérieur, la réalité africaine et accompagner une décolonisation qui fut pacifique. Il raconte ce qu'il a vu, ce qu'il a fait, et explique quelle doit être, selon lui, l'attitude des nouvelles élites africaines. Serviteur de la France coloniale en Afrique, Émile Biasini a participé sous de Gaulle à la création du ministère de la Culture et dirigé la télévision au temps de l'ORTF. Il a été la cheville ouvrière du projet du Grand Louvre, puis secrétaire d'État aux Grands Travaux.

  • L''effondrement du bloc soviétique, la mondialisation, puis les attentats du 11 septembre 2001 et l'intervention américaine en Irak n'en finissent pas de bouleverser l'ordre international et l'équilibre du monde occidental. De Berlin à Bagdad, de 1992 à 2005, cette chronique de l'après-guerre froide éclaire « en temps réel » les moments clés de la construction de l'Europe et de la relation transatlantique au cours de cette période charnière. On y lit au fil des années la lente et prévisible dérive menant à la double crise contemporaine du projet européen et de l'Alliance atlantique. Un témoignage lucide et engagé sur la difficulté des démocraties occidentales à exercer un leadership collectif dans un monde en mutation. Laurent Cohen-Tanugi est l'auteur de plusieurs essais marquants, dont Le Choix de l'Europe et Les Sentinelles de la liberté. Associé du cabinet d'avocats internationaux Skadden Arps, membre fondateur de l'Institut Notre Europe au côté de Jacques Delors, il compte parmi les spécialistes reconnus des affaires européennes et transatlantiques.

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