Grasset

  • Après le succès d'Histoires d'oeils, Philippe Costamagna applique sa science d'historien de l'art et du goût à quelqu'un que l'on n'aborde jamais sous cet angle  : Napoléon. Dans ce premier livre sur la question, il aborde à la fois le Napoléon intime et le Napoléon public par ses goûts, tous ses goûts, et parfois ses dégoûts.
    Quel était le goût de Napoléon en matière de mobilier  ? De vêtements  ? De littérature  ? De théâtre  ? De peinture  ? De cuisine  ? De femmes  ? Parmi la quantité de détails et d'anecdotes sur le général, Premier consul, empereur des Français et exilé le plus célèbre du monde, on découvrira sa passion pour les rougets, mais aussi pour les vers de Corneille, qu'il se faisait réciter par des acteurs, pour la couleur mauve dont il a fait tapisser le palais de l'Elysée, ou encore pour le jeu de barres (une variante du chat-perché). Et chaque fois, en plus de ces goûts, sa décision bien à lui de vouloir les imposer à tous, parfois pour notre plus grand bien, comme quand il a peuplé Paris de fontaines.
    Derrière la légende des canons et des conquêtes, des cavalcades et des codes, voici la vérité d'un homme qui s'est profondément révélé par ses choix esthétiques.   Ce passionnant Goûts de Napoléon est un trésor d'anecdotes méconnues et une mine d'informations inattendues sur un des grands hommes de l'histoire de France.

  • "Rechercher les causes de la Révolution n'est pas sans danger pour l'historien". Que dire de celui qui l'aborde à la lumière d'un sujet à la fois magnifié et tabou en France - l'alcool - et qui n'est pas historien de formation mais précisément alcoologue de métier  ? Face à ces résistances, Michel Craplet s'attaque, en spécialiste de l'addiction, aux grandes heures de la Révolution.
    La prise de la Bastille, les massacres de Septembre, l'arrestation du Roi à Varennes, la chute de la royauté lors de la prise des Tuileries, les clubs bruyants où Girondins et Montagnards s'empoignent et philosophent, les banquets républicains, la Terreur et son redoutable comité de Salut public, les guerres de Vendée  : autant d'épisodes célèbres de la Révolution que l'auteur revisite pour y déceler, sous les ors glorieux et tragiques de ces années tumultueuses, l'influence cachée de l'alcool.
    On le découvre dans le livre, les boissons contenant de l'alcool, y compris les vins les plus courants, étaient des produits rares et chers sous l'Ancien Régime. Seule une infime partie de la population pouvait en consommer régulièrement. Offrir à boire était donc un cadeau. Voici l'histoire explosive de ces cadeaux aux effets puissants et difficiles à maîtriser, dont on suit la circulation au coeur de la Révolution.
    Il ne s'agit évidemment pas d'affirmer un parti-pris contre-révolutionnaire. Michel Craplet décrit sans détours les comportements pathologiques de tous les camps, y compris des aristocrates. Sans exempter Louis XVI, auquel est consacré un long et fascinant chapitre. L'auteur est le premier à aborder la triple addiction du monarque qui allie trop plein d'alcool, excès de tables, passion de la chasse et sexualité problématique. Ni idéologue, ni naïf, Michel Craplet ne prétend pas expliquer la riche chronologie de la Révolution française par un déterminisme réducteur. La consommation d'alcool, qui n'est jamais la cause, est cependant très souvent en cause. Une enquête inédite et passionnante sur l'histoire secrète de l'alcool en temps de Révolution.

  • 22 décembre 2004. Pour la première fois, Simone Veil retourne à Auschwitz avec les siens à quelques semaines du 60e anniversaire de la libération du camp. Le reportage publié dans « Paris Match » avait bouleversé les lecteurs par l'intensité de l'émotion qui s'en dégageait. A l'origine de ce « voyage », Alain Genestar, alors directeur de la rédaction du magazine. Il avait réussi à convaincre Simone Veil de revenir sur les lieux où 1 million de Juifs et 120 000 autres déportés ont été assassiné par les nazis. Si Simone Veil s'était déjà rendue à deux reprises à Auschwitz lors de cérémonies officielles, elle avait toujours refusé les sollicitations des magazines et télévisons du monde entier pour réaliser un grand sujet sur elle à l'intérieur du camp.
    Simone Veil a accepté la proposition d'Alain Genestar,  touchée par le fait qu'il se soit rendu  à Auschwitz avant de formuler sa demande. Mais aussi parce qu'elle estimait qu'il était temps, pour elle, d'engager un dialogue avec ses petits enfants, et que ce dialogue devait débuter sur place, sur ces lieux symboles du plus grand crime contre l'humanité. D'où son souhait: revenir à Auschwitz-Birkenau avec ses petits enfants.
    C'est ce voyage « extraordinaire » que raconte Alain Genestar dans ce petit livre pudique. Il ne dévoile pas les propos échangés entre Simone Veil, six de ses petits-enfants et ses deux fils. Ces mots intimes, ces confidences appartiennent à eux seuls. Mais il restitue les coulisses de ce voyage, et surtout l'émotion qui les envahit et le gagne lui-même. Il décrit cette longue marche familiale dans le camp. Les souvenirs de l'ancienne déportée de 17 ans qui resurgissent telles des bouffées de douleur. Mais une douleur transmise.
    En deuxième partie du livre, Alain Genestar publie l'intégrale de la longue interview que lui a accordé Simone Veil au retour de ce voyage à Auschwitz. Des propos où se mêlent la dureté, la tendresse, l'absence de pardon, l'amour des autres. Et la volonté de survivre. « Là-bas, je n'ai jamais pleuré. C'était au-delà des larmes » dit Simone Veil.
    Ce livre est à la fois un document pour l'histoire et un hommage à une femme d'exception qui, avant d'entrer au Panthéon, est entrée dans le coeur des Français.Alain Genestar

  • Après Les Bourreaux (tome 1, le communisme d'en haut, du côté du pouvoir) et Les Victimes (tome 2, le communisme d'en bas, du côté de la société), Thierry Wolton achève sa monumentale trilogie «  Une histoire mondiale du communisme  » par ce dernier volume  : Les Complices (le communisme dans les têtes).
    L'auteur s'attache, dans ce volet de son essai d'investigation historique, à tous ceux qui ont permis au communisme de prospérer avec un tel succès dans l'espace et avec une telle longévité dans le temps.
    Les dizaines de PC dans le monde avec leurs millions d'adhérents  ; l'aveuglement idéologique de la quasi-totalité des intellectuels de l'époque  ;   la complaisance de la plupart des responsables politiques occidentaux à l'égard des régimes marxistes-léninistes  ; l'aide apportée par les capitalistes cupides aux économies socialistes  : autant de visages et de formes de complicité.
    A l'heure du bilan, maintenant qu'il est établi que l'espoir s'est mué en tragédie, les responsabilités apparaissent multiples et planétaires, ce qui rend ce passé si douloureux et la volonté de l'oublier impérieuse. Regarder ces vérités en face, sans honte mais sans concession, est pourtant une nécessité si l'on veut comprendre notre époque, héritage direct de ce siècle communiste achevé.
    Fidèle à sa méthode, Thierry Wolton brosse ici un grand récit ponctué de témoignages, d'anecdotes, d'analyses qui viennent compléter sa réflexion. Il montre aussi combien cette aventure humaine a façonné le visage de notre nouveau siècle, faisant de cette Histoire mondiale du communisme un livre au présent. 
    Sa trilogie, saluée par la critique et les plus grands spécialistes, fait déjà date dans l'historiographie du communisme et a été couronnée par le prix Jan Michalski.  Le tome 3 est aussi le lauréat du Prix Aujourd'hui 2018. 

  • Ni grand ni petit historien, tout au plus « historien du dimanche » - au sens où Levinas parlait des « talmudistes du dimanche » - Alain Minc se risque ici à nous raconter son histoire personnelle de la France, de la Gaule du IVème siècle jusqu'à l'élection de Nicolas Sarkozy. Promeneur de l'Histoire, il s'autorise tout ce que s'interdisent les historiens professionnels : rompre les enchaînements de faits, chercher des comparaisons dans le présent pour expliquer le passé (péché d'« anachronisme »), repérer les récurrences plutôt que l'unité des événements, établir sa propre hiérarchie des grands carrefours, des noeuds, des points de bascule de notre roman national, au mépris de la linéarité du temps et des vérités établies, imaginer ce qui aurait pu se passer différemment (péché d'« histoire-fiction »). Cette histoire personnelle de la France est donc portée par des partis pris, une forme assumée de superficialité et des choix par définition contestables. Ce n'est pas manque de respect aux maîtres de cette discipline que de se lancer dans une telle aventure. Alain Minc le fait avec la bénédiction posthume de Fernand Braudel qui lui avait murmuré il y a vingt-cinq ans : « Ecrivez une histoire de France : il n'y a pas de plus bel exercice intellectuel. N'ayez pas peur des historiens : ils ont besoin que l'on braconne sur leurs terres ».

  • Sous la domination coloniale française, quatre millions d'esclaves ont vécu ou survécu dans les territoires suivants : Gorée, Grenade, Guadeloupe, Guyane, Ile Bourbon (Réunion), Ile de France (Ile Maurice), Louisiane, Marie-Galante, Martinique, Nouvelle-France, Saint-Barthélemy, Saint-Christophe, Sainte-Croix, Saint-Domingue, Saint-Louis du Sénégal, Sainte-Lucie, Saint-Martin, les Seychelles, Tobago. Il existe des histoires de la colonisation française, des histoires de chaque colonie ou ensemble régional colonial, des histoires très générales de l'esclavage, mais il n'existe aucune histoire croisée de l'esclavage dans les colonies françaises sur toute la période coloniale. Ce livre est donc une première. Il s'adresse à un public large, désirant apprendre ce qui s'est passé durant les deux siècles de la période esclavagiste de la France, dans un souci de vérité et de clarté. La France et ses esclaves raconte cette histoire, loin du manichéisme habituel, elle décrit les relations complexes, entre Blancs, Noirs, Amérindiens, les métissages et les transformations. Ce livre, qui couvre une période allant des débuts de la colonisation à la seconde abolition de 1848, utilise des documents jusque là méconnus. Il permet de comprendre à tout lecteur ce que fut l'esclavage sous la domination française - un pan mal connu et peu enseigné de notre histoire .

  • « Tout le monde sait que les sociétés esclavagistes sont formées de maîtres blancs originaires du continent européen et d'esclaves noirs importés d'Afrique. Mais le fonctionnement concret de la société esclavagiste française est peu connu. Grâce à des sources inexplorées - des milliers d'actes notariés conservés aux archives de la Guadeloupe - , cet ouvrage nous restitue la vie quotidienne des esclaves et la pratique de l'esclavage dans la France d'Outre-mer à la veille de la Révolution. Apparaît aussi la complexité des relations entre Blancs et Noirs, qui donne naissance à un important métissage. Il aboutit à la création d'une classe juridique à part : les « libres de couleur », qui ont la particularité de posséder des esclaves.
    C'est donc une société complexe que la vague révolutionnaire venue de France bouleverse. Pendant les premières années de la Révolution, la société coloniale est maintenue. Mais les révoltes se multiplient jusqu'au décret du 4 avril 1792, qui donne la citoyenneté aux libres de couleur dans les mêmes conditions qu'aux Blancs, puis jusqu'à la loi du 4 février 1794 qui abolit l'esclavage. Dans une société marqué par un siècle et demi d'inégalités et de servitude, quelle portée peuvent avoir ces textes législatifs votés à plus de 7.000 km de distance?
    Les libres de couleur s'intègrent rapidement à la vie politique et à l'organisation sociale. Les anciens esclaves, soumis d'abord à l'autorité de leurs anciens maîtres, puis des républicains qui les ont remplacés, participent ensuite activement à la guerre révolutionnaire dans les Caraïbes. Intégrés dans l'armée française, ils parviennent même au pouvoir en octobre 1801, à un moment où la France s'est doté d'un régime politique stable et autoritaire dirigé par Bonaparte. Une expédition de 3.500 hommes est envoyée en Guadeloupe pour rétablir l'ordre ancien. Une partie de l'armée de couleur dirigée par Delgrès et Ignace résiste. Commence alors la moins connue des campagnes militaires de la période napoléonienne. En mai 1802, pendant 19 jours, les rebelles se battent aux cris de « vivre libre ou mourir » contre le général Richepance, l'un des vainqueurs de Hohenlinden. L'esclavage est rétabli... Fait unique dans l'histoire, cet incroyable aller-retour qui voit en moins d'une décennie l'abolition et le rétablissement de l'esclavage est l'objet de ce livre. »

    Frédéric Régent

  • « Si nous vivions en 1913, nous aurions déjà enterré bien des amis. Si nous vivions en 1913, nous serions surpris de voir autant de militaires. Si nous vivions en 1913, nous serions paysans, maréchaux-ferrants, couturières ou bourgeois, peut-être même rentiers. Si nous vivions en 1913, nous travaillerions beaucoup. Si nous vivions en 1913, nous serions fiers d'être une République. »A travers une série de chroniques originales et passionnantes qui réveillent le passé dans tout ce qu'il a de plus quotidien, Antoine Prost nous dresse un portrait de la société française en 1913 tel qu'on ne l'apprend pas dans les manuels scolaires. Une façon d'entrer dans la grande Histoire par une petite porte. Un livre qui nous en dit long sur cette « Belle Epoque », si lointaine, comme exotique, ce monde d'avant auquel mit fin la Grande Guerre.

  • "Ce récit est un document.
    Par petites touches accumulant les choses vues, les petits faits vrais, mêlant l'analyse à l'autobiographie, il relate avec l'objectivité d'un témoin ce que furent "les événements de 68".
    Etait-ce une farce ? Peut-être. En tout cas, cette farce aura duré quinze ans. Mais, bien qu'on l'ait eue longtemps sous les yeux, on y avait si peu cru qu'on ne l'avait pas vue.
    Sans doute ce récit fait-il comprendre comment a pu se produire en quelques mois l'éffondrement de l'Université.
    Mais il montre bien davantage combien cette agitation n'était que le symptôme tardif d'une crise bien plus ample et profonde dont on avait entendu les premières craquements dès 1924.
    Une civilisation finissait, alors qu'une autre avait déjà commencé. On ne se rappelle déjà presque plus la première. Nous vivons dans la seconde.
    Il en est de la civilisation comme de la géologie. Il y a des plaques tectoniques. D'où venait le vacarme de 68, on ne le comprenait pas. C'était le bruit que faisait une plaque au moment où elle allait en recouvrir une autre."N. G.

  • C'est en 1842, dans la ville de Shiraz, qu'est née la religion bahaïe. Un jeune homme, Seyed Ali Mohamad, prêche et célèbre Mahomet tout autant que Bouddha, Krishna ou le Christ, tous, selon lui, messagers du même Dieu. Cette religion se propage vite, peut-être parce qu'elle prône l'égalité des sexes et le droit à l'enseignement pour chacun. Mais bientôt, la religion bahaïe est rejetée par le régime en place en Iran - massacres, tueries, exils, sont le lot de ceux que l'on considère comme des renégats de l'islam et des agents de l'étranger. Les shahs et les ayatollahs ont donc toujours condamné le bahaïsme. Aujourd'hui les tenants de cette religion sont plus de dix millions et leur grand temple est à Haïfa. Ce document raconte le parcours tragique d'un bahaï qui exerça de hautes fonctions religieuses et diplomatiques à l'époque du dernier Shah. On voit comment, peu à peu, il se trouve piégé dans un procès terrifiant dont il sera la victime. L'auteur a bien connu cet homme et il nous fait revivre dans ce texte la parodie de justice qui aura mené peu à peu celui qui fut un de ses proches vers une effroyable descente aux enfers. {Par l'auteur de} Je n'ai plus de larmes pour pleurer {(Grasset, 1985)}, La Femme lapidée {(Grasset, 1990)}.

  • Bilqis, 12 ans et demi, est une paysanne afghane qui aide sa mère aux champs et à la maison depuis la mort de son père. Elle est l'aînée de six enfants. Un jour de 1989, elle est violée par des soldats soviétiques qui rentrent dans leur pays, après dix ans d'occupation. Alors commence pour Bilqis une lente descente aux enfers : rejetée par sa mère, puisque « souillée », elle vivra dans l'étable, avant d'être vendue à une famille d'un bourg voisin. Pendant une dizaine d'années, de bourgades en villages, elle sera bonne à tout faire, serveuse, femme de chambre, instrument de désirs et de fantasmes, battue, insultée, violentée... Dans un bordel à Herat, Bilqis a ses protecteurs parmi les talibans. Puis on la retrouve, enlevée par des bandits, prostituée dans une caserne, favorite d'un chef de guerre unijambiste et borgne qui la martyrise, avant qu'elle ne le poignarde et s'enfuie à nouveau... « Celle qui perd sa réputation n'est plus qu'une morte parmi les vivants. » Voilà ce que lui dit une de ses compagnes d'infortune. La jeune femme, qui a aujourd'hui 26 ans, a été sauvée par une ONG européenne. Elle a appris à lire, à écrire et à calculer. Elle se reconstruit lentement. Un document unique sur la condition des femmes en Afghanistan, et dans les pays ravagés par les guerres, par l'intégrisme, par l'obscurantisme.

  • « Après plus d'un an de présence en Indochine, je connaissais ce qu'on peut filmer dans la guerre. Au départ, on se dit : "Tiens, il faut filmer l'ennemi." Non, l'ennemi, il ne faut pas le filmer. Il faut filmer les gens avec qui l'on est. L'ennemi, si on le voit, il vous voit. Et il tire le premier ! »
    Pierre Schoendoerffer« La guerre est un combat contre, au minimum, un ennemi. Impossible de la couvrir sans être avec les combattants d'un des camps. Au Liban, en Bosnie, au Tchad, au Nicaragua, à Gaza, en Libye, en Somalie, en Afghanistan, en Iral et j'en passe, cela a été le cas, pour moi et pour d'autres. Difficile de relater la guerre au plus près sans être avec un des protagonistes. »
    Patrick Forrestier

  • "Il advint sous le "règne" de Vidocq, des faits étranges. Un vol important commis à la barrière de Fontainebleau, mit en mouvement toute la brigade de la Sûreté. On arrêta quatre des coupables ,qui habilement cuisinés par les magistrats, révélèrent aussitôt le nom de leur chef. Un nommé Léger".

  • L'Italie sur les traces de Stendhal - Andreotti, Craxi, Berlinguer et les autres - La politique, l'amour - Scalfari - Le pape - Quelques madones de l'ancien temps - Princes et prélats - Le Roi Agnelli - Eco, Moravia, Fellini - La Mafia - Les nouveaux aristocrates - La Vierge - Le bonheur transalpin - La beauté, le pire, le meilleur - Turin, Venise - L'Ingegnere et Sua Emittenza - L'art, le pouvoir - Une certaine qualité de la vie - La force du destin. L'Italie, toute l'Italie, par l'un de ses plus fervents adorateurs, par le plus italien des Français.

  • Combien de temps faut-il pour que l'Histoire accouche d'une nation ? Pour que des individus, inscrits dans des géographies ou des mémoires différentes, consentent un jour à assumer le même avenir ? Combien de temps pour que l'Europe, affranchie de ses anciens démons, accepte de devenir enfin ce qu'elle est ?

  • Pourquoi ce titre ? Parce que, au centre du livre, se trouve une réflexion sur les rapports de la puissance romaine - que symbolise la Louve - et de l'art baroque dont la floraison, aux alentours de 1630, a si profondément marqué jusqu'au visage actuel de Rome. Rome n'est pas une ville comme les autres, mais sans doute {la} ville par excellence. Elle est bien, en effet, le berceau d'une civilisation - la nôtre. En portant témoignage non seulement le réseau mystique de ses fontaines, de ses églises et de ses obélisques, mais aussi la culture des Romains, toujours vivante, le savoir-faire de ses artisans, la richesse de son cinéma et tant d'autres visages présentés de façon exclusivement concrète : anecdotes, rencontres, promenades ou faits divers... Pourtant, cette civilisation que Rome a modelée pendant plus de deux millénaires s'est aujourd'hui emballée comme un cheval fou : c'est en plein centre de la ville que les "autonomes" défilent, que la police tire, que les terroristes opèrent et que l'on retrouve le corps d'Aldo Moro. Symptômes d'une mutation dans les formes de pouvoir inventées, précisément, à Rome ? Peut-être, mais d'une mutation dans laquelle Rome, aussi, risque de s'engloutir : la vérité de Rome, ne serait-ce pas les ruines ?

  • Pourquoi Jésus changea-t-il le nom de l'apôtre Simon en celui de Pierre ? Pourquoi la fureur des ayatollahs contre un livre "satanique" ? Pourquoi Hitler inaugura-t-il son régime par un gigantesque bûcher de livres ? Pourquoi Sabbatai Tsevi entraîna-t-il la totalité des Juifs dans sa folie ? Ces questions ont-elles un dénominateur commun ? Ces énigmes partielles recouvrent une énigme fondamentale, celle du rapport de l'homme à la destruction des livres - c'est-à-dire à l'autodafé et à la "biblioclastie". L'éclairer permet de mieux comprendre les maladies politiques qui frappent ce siècle : totalitarisme, intégrisme, et, peut-être, de mieux s'en protéger. Cinquante ans après la mort de Freud, un psychanalyste s'attelle à ces questions avec ce résultat inattendu : une mise à jour freudienne du freudisme et du concept central de l'oedipe, trop vite rangé parmi les idées surannées.

  • "Farewell" : c'est le titre d'un dossier ultrasecret dont François Mitterrand prend connaissance un jour de juin 1981. Mais "Farewell" c'est avant tout le nom de code d'un très haut responsable du KGB qui est devenu l'un des espions les plus importants de ce siècle en passant au service de la Direction de la surveillance du territoire (DST). Grâce à "Farewell", la France a pu expulser quarante-sept "diplomates" soviétiques en 1983. Grâce à "Farewell", une centaine d'espions de Moscou ont été découverts dans le monde entier. Jamais ce secret explosif n'avait été révélé ! Thierry Wolton dresse ici le tableau stupéfiant et exhaustif des méthodes utilisées par les services de renseignements soviétiques, à travers des dizaines d'histoires vraies et des centaines d'anecdotes puisées aux meilleures sources.

  • Le socialisme français face au marxisme est u ivre d'histoire qui débouche sur l'actualité. Devant le malaise actuel de la pensée socialiste, hésitant à s'adapter à notre temps, oscillant en touts pays entre la dictature totalitaire et la confusion libérale, l'auteur a reposé le problème du socialisme comme un cas particulier de la crise de notre temps.

  • "Il y a dix ans bientôt, je publiais un petit livre qui avait pour titre Mort de la pensée bourgeoise. Comme il arrive presque toujours en pareil cas, ce qui semblait alors trop audacieux semblait aujourd'hui trop timide, et les mêmes personnes qui s'indignaient à l'idée que la pensée bourgeoise pût être morte croient aujourd'hui -mais dur comme fer- que la bourgeoisie est bel et bien enterrée.".

  • « Les itinéraires croisés de Jean Moulin et de René Bousquet sont fascinants : même milieu petit-bourgeois, radical, franc-maçon, républicain. Même ambition de provinciaux qui rêvent de gloire. Même carrière préféctorale jusqu'en 1940, avec un Bousquet plus courageux et plus brillant. Or, l'un devient progressivement un "héros" et l'autre un "salaud"...
    Etait-ce écrit ? Non. La vie est pleine de carrefours et de chemins de traverse. Qui se souvient que Moulin a été durant six longs mois un préfet diligent du régime de Vichy avant d'être mis à la retraite d'office ? Ne l'eut-il pas été, que serait-il devenu ? Bousquet est pris dans l'engrenage de l'ambition bureaucratique, mais tout en planifiant la rafle du Vel d'Hiv, il aide des résistants. Quel aurait été son destin si, au moment où il est relevé de son poste de Secrétaire général à la police en 1943, il avait rejoint la Résistance, puisque la victoire alliée se dessinait ? Et si l'on avait permuté les fonctions, l'un officiant auprès de Cot et l'autre de Laval, les influences respectives auraient-elles déterminé des comportements symétriques ?
    Ce livre suit pas à pas les deux hommes et tente de comprendre les évolutions psychologiques, les concours de circonstance, les hasards, les moments de vérité. Une vie n'est jamais complètement écrite. Il n'y a pas un ADN du bien et du mal : c'est une lente évolution qui fait pencher d'un côté ou de l'autre... »

  • Sa vie durant, Jean Lacouture n'a cessé de sacrifier à deux passions exigeantes : sa fascination pour les héros et les hommes illustres - dont il s'est fait le biographe, de Malraux à Mauriac, de Blum à Mitterrand, de Mendès France à de Gaulle - et son amour du journalisme, qui fut longtemps, en Asie et au Maghreb, son premier métier. Dans ce livre, tout d'enthousiasme et de gravité, il choisit de conjuguer cette double ferveur en revisitant le destin de quatorze journalistes éminents qui furent, par les « grandes causes » qu'ils surent incarner, quatorze individus exemplaires. Dans cette galerie de portraits, qui sont autant de mini-biographies, on retrouvera, entre autres, Théophraste Renaudot et Albert Londres, Bernard Lazare et Henri Rochefort, Hubert Beuve-Méry et Camille Desmoulins, Françoise Giroud, Bernard Pivot et Jean Daniel. Leurs aventures intellectuelles et morales résument plus de trois siècles de cape et de plume. De la Révolution à l'affaire Dreyfus, de la Libération à la décolonisation, de la politique à la guerre des idées, du féminisme à la lutte contre l'arbitraire, ces « Impatients de l'histoire » traversent trois siècles voués à la liberté d'écrire et de penser. Leur combat est plus que jamais notre héritage.

  • Le Moyen Age, ère de ténèbres : telle est l'image que nous avons tous gardée de nos études secondaires. Les bâtisseurs de cathédrales ont été longtemps présentés comme des barbares et les auditeurs de saint Thomas d'Aquin comme des naïfs. C'est contre ces jugements préfabriqués que se dresse Régine Pernoud. Elle révèle le Moyen Age dans sa "lumière". Elle nous fait connaître sa richesse littéraire et son essor artistique, mais aussi ce qu'on connaît le moins : l'intérêt porté alors aux sciences et à la médecine. La vie quotidienne même portait la marque d'une civilisation déjà raffinée : l'hygiène - l'usage des "retraits", des bains publics et privés - était plus développée qu'au XVIIe siècle. La hiérarchie sociale reposait essentiellement sur des liens familiaux et il était beaucoup plus facile d'approcher Saint Louis que Louis XIV. Si les hommes avaient généralement l'autorité dans la famille, les femmes avaient des droits qu'elles n'avaient pas dans la société romaine et qu'elles ont reperdus dès le XVIe siècle. {Lumière du Moyen Age}, une découverte fabuleuse d'un temps mal connu où se mêlent le profane et le sacré, où se développent le commerce, les sciences et les arts : les XIIe et XIIIe siècles sont sans doute les vrais "Grands Siècles" de notre histoire.

  • Un hôtpital au Japon: le docteur Ronald J. Glasser, qui a été rappelé comme médecin-major, veille sur des milliers de jeunes Américains belssés au Vietnam. Il parle avec eux, se fait conter leur histoire et nous découvre toutes les horreurs de la guerre: de jeunes Américains baptisés G.I. s'élancent contre un bosquet d'où étaient partis des tirs sporadiques. Ils tirent, abattent deux hommes et une femme en fuite. Un peu hébétés, ils se regroupent, haletants, auprès des cadavres puis - rite obscur de la mort - ils tranchent les oreilles et le nez de la jeune femme vietcong et laissent le corps à la méditation des villageois. Il y a aussi la mort que l'on subit, qu'affronte pendant sept jours et sept nuits un jeune athlète noir qui avait sauté sur une mine et avait eu la jambe gauche emportée, la jambe droite déchiquetée, le bas-ventre et l'abdomen brûlés. David Jensen avait à peine vingt ans. Une balle toucha son sac à dos dans lequel il transportait des détonateurs, il fût brûlé à 80% aux second et troisième degrés. 
    365 jours n'est pas un reportage sur la guerre du Vietnam. Ce livre ne décrit pas les combats. Il nous fait vivre avec des hommes pris dans le jeu de la Mort et par là même il dresse le réquisitoire le plus implacable qui soit contre la guerre, ses atrocités, son absurdité. 365 jours des soldats américains au Vietnam: 365 jours de meurtre, 365 jours de désarroi, 365 jours d'impuissance. Une oeuvre brutale, saignante, haletante qui est un appel à la paix.

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