Ibis Rouge Editions

  • Dans des travaux antérieurs, l'auteur a contribué à la mise au jour des traits marquants de la société guyanaise d'avant la départementalisation. Il propose ici une nouvelle approche de l'histoire guyanaise du rétablissement de l'esclavage par Napoléon (1802) à la départementalisation (1946).
    L'idéologie de la solidarité nationale ainsi que les pratiques sociales de la période départementale (1946-1999) ont eu tendance à évacuer de la mémoire collective le fait colonial dont le poids est pourtant déterminant dans les attitudes et les comportements, au temps de l'esclavage comme après l'abolition. C'est à la lumière du fait colonial que l'auteur saisit la vie économique, sociale et politique. Ainsi, en dépit de signes avant-coureurs d'une résistance à l'assimilation, pour se libérer des pratiques racistes du système esclavagiste, la petite bourgeoisie guyanaise naissante met toute sa foi dans le processus de francisation ; une certaine conception de la vie politique dans les colonies impose aux Guyanais le spectacle de scrutins électoraux manipulés, à l'abri de toute inquisition ; la production du territoire évolue sous le signe d'une dépendance économique que les aménagements effectués depuis la départementalisation, enfin obtenue en 1946, ne parviendront pas à réduire de façon significative. Les extraordinaires mutations, qui ont fait du département un pays à haut niveau de vie, ne doivent donc pas masquer une histoire coloniale, responsable de puissantes contradictions rendant plus difficile la résolution des problèmes économiques, culturels et politiques de la Guyane.

  • Il est important que les cadres et les militaires du rang puissent appréhender l'histoire de leur formation ou de leur service. Les jeunes générations doivent pouvoir puiser la foi en leur mission dans l'exemple de leurs aînés. Et ce d'autant plus que l'histoire de la Guyane est souvent méconnue en Métropole et souffre souvent d'un déficit d'image. La Guyane est un département ultramarin atypique que l'on apprend à apprécier et à apprivoiser avec le temps. Tous les militaires qui y ont servi se sont appropriés la défense et la protection du seul territoire français d'Amérique du Sud.

    Le livre rend un hommage mérité à leur engagement et à leur dévouement au service de la Guyane dans des conditions de vie, autrefois, pénibles, difficiles et souvent dangereuses.

    Extrait de la préface de Philippe Carpentier,

    Général de brigade aérienne,

    Commandant supérieur des Forces armées en Guyane

  • Prix Louis Marin 2000
    Né en 1897 à Cayenne, le jeune Gaston Monnerville, nourri des vertus humanistes et républicaines transmises par l'école laïque, achèvera ses études par une double licence de Lettres et de Droit, suivie d'un doctorat en Droit. Installé à Paris, comme avocat, le procès de Nantes des Cayennais inculpés après les émeutes ayant suivi la mort de Jean Galmot le ramène à la réalité coloniale de son pays. Sa plaidoirie jugée déterminante dans l'acquittement des inculpés le conduira à la députation de son pays (1932-1946). Il sera l'un des acteurs principaux de la suppression du bagne en Guyane, l'un des principaux auteurs des lois de départementalisation, du Fonds d'Investissement ? Pourtant, il est battu après une campagne électorale haineuse aux législatives de novembre 1946 par R. Jadfard. Il aura fallu attendre l'année de la célébration de son centenaire pour que Gaston Monnerville figure dans la galerie des grands Hommes guyanais. C'est le parcours guyanais de Gaston Monnerville que Rodolphe Alexandre étudie dans cet ouvrage.

  • Traiter de l'esclavage et de son abolition « sans être esclave de l'esclavage », comme le recommandait Frantz Fanon, suivi en cela par l'ancien ministre des DOM-TOM dans sa circulaire relative aux manifestations du cent cinquantenaire de l'abolition de l'esclavage, c'est le pari qu'a voulu tenir l'auteur dans le présent ouvrage.
    Le Docteur Bangou qui, depuis une quarantaine d'années, s'est attaché à édifier et valoriser la véritable histoire de son pays, se devait de donner une suite à son essai sur l'aliénation et la désaliénation de cette société post-esclavagiste paru récemment aux Editions L'Harmattan.
    La plus grande lisibilité du sujet et de son éclairage permettra rétrospectivement de mieux appréhender la problématique encore ouverte des déviances psychiques, sociales et politiques entraînées par le passé esclavagiste des collectivités en question.
    Mais, et c'est là l'essentiel, dans ce dernier ouvrage, l'auteur, devenu historien pour mieux identifier le fondement de son engagement politique, essaye de faire partager ses conclusions sur une quête politique conduite tout au long de ce demi-siècle suivant la Seconde Guerre mondiale.

  • L'histoire des Caraïbes est trop souvent perçue sous le seul angle des relations entre les îles et les métropoles européennes qui les dominent : Angleterre, Espagne, France, Pays-Bas. Il nous semble à nous que la Caraïbe est une entité qui existe par elle-même. Elle existe d'abord par les contacts que les différentes colonies ont su nouer les unes avec les autres. Sa personnalité profonde est aussi à rechercher dans les rapports complexes qui la relient aux autres régions du monde : l'Amérique bien sûr, l'Afrique évidemment, mais aussi le reste de l'Europe et le monde asiatique d'où sont venus tant de travailleurs à la fin du xixe siècle.
    Ce sont ces contacts qui sont à l'origine du monde culturel antillais. Il en résulte un ensemble composite qui explique la richesse du regard que les Antillais portent sur eux-mêmes, mais aussi la diversité du regard des autres sur le monde caribéen. Ce sont ces réflexions qui sont à la base de ce volume qui réunit des chercheurs de toute origine. Ils ont voulu par ces quelques pages approfondir une approche de l'identité d'une région qui nous tient tellement à coeur.

  • De nombreux chercheurs ayant apporté leur contribution à l'histoire de la canne à sucre, donc à la connaissance de la route du sucre, ont permis d'établir que cette plante a fait l'objet d'une culture irriguée tant en inde, qu'en Perse et dans la Méditerranée. La première dissémination de la plante qui nous intéresse dans ces Actes coïncide avec l'installation de l'empire arabo-musulman.
    Les étapes de la Sicile, de Chypre et de Madère assurent une transition puisque la plante dans cette dernière est introduite dans un écosystème où elle n'a plus besoin d'être irriguée. Il convient également de noter que c'est la nation catholique portugaise qui organise la production de sucre de canne dans l'île de Madère au XIVe siècle.
    A partir du XVIe siècle, l'extension de la religion catholique et l'implantation de la canne en Amérique vont de pair. Cette implantation détermine un ébranlement multidirectionnel avec comme résultat l'introduction de peuplements nègres et indiens dans les colonies à sucre des nations européennes (Espagne, Portugal, France, Angleterre, Hollande voire Danemark) régies par le Code noir, matrices des sociétés américaines actuelles.
    L'un des participants note : « un trait fondamental demeure : le rôle considérable joué par les juifs dans le développement de l'industrie sucrière dans le Nouveau Monde (Brésil, Antilles) et du commerce lointain aux XVIe et XVIIe siècles. Sans eux, les premiers colons européens ne seraient pas capables de fabriquer du sucre pour l'exportation et organiser leurs habitations. Il s'agit donc d'ouvrir un véritable débat gravitant autour de ces questions essentielles en restituant tout l'arrière-plan historique resté dans l'ombre ».

  • Y-a-t-il une marche de l'Histoire ? Peut-être ! en tout cas si c'est le cas il est évident que cette marche est faite d'avances et de reculs, de progrès et de régressions. et dans cette dynamique les révoltes et les résistances contre les pouvoirs établis ont eu un rôle décisif. c'est ce qui a conduit le cArdH (centre antillais de recherches et de documentation historiques) de l'université des Antilles et de la Guyane à proposer ce thème de réflexion à des chercheurs et des universitaires. dès le début nous avons envisagé ce sujet comme permettant des approches très différentes embrassant un champ historique très large.
    La vingtaine de communications que nous avons réunies nous permettent d'avoir une vision mondiale du phénomène puisqu'elles nous ont conduits en France et en espagne, dans l'empire ottoman et en Afrique. Le continent américain s'est taillé le partie belle puisque nos chercheurs se sont intéressés au canada, au Venezuela, au brésil et aux colonies anglaises d'Amérique du nord qui vont constituer les états-unis. dans ce domaine la région caraïbe n'a bien sûr pas été oubliée et cuba, Saint-domingue, la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe n'ont pas échappé aux investigations de nos chercheurs.
    Lucien Abénon
    Professeur émérite

  • Prix du livre Insulaire 2003
    Odile Gannier, consacre son ouvrage à une étude des mythes et représentation dans la littérature française de la découverte de l'Amérique à nos jours. Une confrontation tragique entre l'Europe et Nouveau Monde, où « découvreurs » et Indiens perdirent leur âme, dès lors que la curiosité, laissa la place à l'avidité et la cruauté. Odile Gannier, s'intéresse dans cet ouvrage à la perception de l'Autre et de sa culture.
    Et les Indiens des Caraïbes, après avoir tout naturellement occupé le devant de la scène, après nous avoir donné, avec la complicité de leurs « témoins », tout un spectacle éminemment baroque où les apparences comptent plus que la réalité, spectacle haut en couleurs qu'Odile Dupon-Gannier a magistralement orchestré, insensiblement s'effacent. Non sans que l'auteur bien entendu ne les ait consciencieusement réhabilités dans leur « étrangeté », eux et leurs cultures, en laissant apparaître les ficelles de la représentation, en en révélant les tours de passe-passe pour, sous les mythes et leur illusoire autorité, sous la « littérature » de voyage ou de fiction, retrouver un peu de leur réalité ethnique.
    Ils s'effacent pour nous donner, à défaut de cet or qui fit leur malheur, une leçon de relativisme, de modestie et de respect. Pour permettre à l'auteur de nous faire mesurer l'importance, insigne de ce que les historiens de l'Ecole des Annales (Lucien Febvre, Robert Mandrou, Georges Duby, Michel Vovelle et quelques autres) ont appelé l'histoire des idées, des mentalités, voire des sensibilités.
    Jack Corzani

  • Cet ouvrage constitue les actes du colloque Saint-Pierre, mythes et réalités de la cité perdue. La Martinique avant et après 1902 tenu au palais des congrès de Madiana à Schoelcher.
    Le colloque s'est tenu en mars 2002 à l'occasion du centenaire de la disparition de Saint-Pierre après l'éruption de la montagne Pelée en 1902, un événement non seulement majeur dans l'histoire de la Martinique, mais qui mérite l'attention de tous à cause du retentissement mondial qu'il connut à cette époque. L'opportunité de ce colloque se fit par ailleurs d'autant plus sentir que cent ans après cette tragédie, perdurent avec vivacité nombre de contre-vérités sur la question autant dans la société martiniquaise que dans d'autres régions du monde, à cause d'articles erronés parus dans des encyclopédies renommées. Notre satisfaction aujourd'hui est de pouvoir prétendre que jamais dans un ouvrage, autant de connaissances ne furent réunies à la fois sur nombre d'aspects de la ville de Saint-Pierre, sur la question de sa disparition brutale et sur les conséquences de cette disparition pour la Martinique. Les intervenants à ce colloque sont tous des chercheurs connus pour leurs travaux sur les sujets en question.

  • Il y a près d'une trentaine d'années, en 1970, disparaissait sous les flots de la tempête Dorothy, le quartier Au-Béro. Y vivaient plusieurs familles indiennes dans des conditions misérables, au bord du canal Levassor qui traverse la partie ouest de Foyal (ancien nom de Fort-de-France). Regroupées dans une sorte de hangar et dans des bicoques sordides, elles étaient vouées au service de voirie de la ville. Comment ce quartier s'était-il constitué ? Pourquoi une population descendante d'immigrants introduits à la Martinique pour remplacer les anciens esclaves dans les champs de cannes s'était-elle retrouvée là, à exercer les tâches les plus honnies ? Pourquoi le quartier Au-Béro, à la jonction entre Indianité et Créolité, n'a-t-il pas été reconstruit ? Que sont devenus ses habitants ?
    Après une enquête d'environ deux années auprès de ces derniers et de personnes ayant fréquenté le quartier, Jean-Pierre Arsaye a pu reconstituer l'histoire de toute une microsociété, de sa naissance à sa disparition, mettant ainsi au jour bien des aspects oblitérés d'un passé pourtant proche.
    Un remarquable essai d'ethnohistoire, qui est aussi une manière d'anti-épopée.
    Gerry L'Étang
    Préface de Raphaël Confiant, Prix Novembre 1992, Prix Casa de Las Americas 1994, Prix Carbet 1995, Prix RFO 1998.

  • En 1935, lorsque Maurice Thamar soutient sa thèse de doctorat, il y a déjà dix ans que des voix s'élèvent contre la Transportation des criminels présentée par ses défenseurs comme une peine, comme une mesure de sûreté pour la Métropole et comme un moyen d'expansion coloniale. Dans son ouvrage, Maurice Thamar analyse le phénomène de l'exécution pénitentiaire coloniale et expose en détails la politique pénitentiaire coloniale française. Il envisage sous différents aspects le phénomène sociologique que constitue la transportation des criminels mais aussi la déportation et la relégation. Il analyse plus particulièrement les résultats obtenus sous toutes ses formes par la transportation, les effets néfastes d'une coexistence sur un même territoire des criminels et des citoyens libres.
    Il faudra encore attendre plusieurs années, avant que la Transportation soit définitivement arrêtée et que les bagnes de Guyane soient enfin supprimés.

  • La période de la Révolution en Guyane avait été peu étudiée sauf ce qui concernait la déportation de prêtres réfractaires et politiciens de droite. S'appuyant sur des archives souvent négligées cette étude prend au contraire pour centre d'intérêt la première abolition de l'esclavage de 1794 à 1800 et montre comment avant et après cette abolition, les esclaves puis ex-esclaves ont joué un rôle actif dans l'histoire. Elle montre aussi comment la communauté des colons blancs n'a cessé de travailler contre la liberté générale et en est venu à bout dès 1800, avec l'appui du trop fameux Victor Hugues. Un travail qui peut nourrir la réflexion et les débats.
    Sous le patronage du programme "La Route de l'Esclave" de L'UNESCO.

  • Sous la direction de Serge Mam Lam Fouck, Juan Gonzalez Mendoza, Jacques Adélaïde-Merlande, Jacqueline Zonzon et Rodolphe Alexandre.
    Après Paramaribo en 1998 et la Havane en 1999, Cayenne a accueilli la conférence annuelle de l'Association des Historiens de la Caraïbe (AHC) du 16 au 20 avril 2000. L'AHC regroupe des historiens du bassin de la Caraïbe ainsi que des membres venant des universités et des organismes de recherche des Etats-Unis, du Canada, du Mexique, du Venezuela et du Brésil et de certaines universités de l'Union Européenne.
    Les trente-deux communications présentées ont été regroupées dans cet ouvrage. Un nombre significatif de communications a été consacré aux problématiques de l'histoire de la Guyane, le pays d'accueil. Dix intervenants ont ainsi traité des questions du peuplement et de la mise en valeur coloniale de la Guyane, des réactions politiques et identitaires liées à la pratique française de l'assimilation.
    Les questions abordées par ailleurs ont été rassemblées, dans les langues des intervenants, autour des thèmes suivants : criminalité et châtiments dans la Caraïbe ; la question de la nationalité aux Antilles françaises ; le traitement de l'environnement ; la Caraïbe vue du Mexique ; relations internationales et historiographie ; migrations transatlantiques et questions identitaires dans la Caraïbe britannique ; division sexuelle du travail et représentation de la sexualité.
    En dépit de l'obstacle linguistique que pourraient rencontrer certains lecteurs, les textes rassemblées ici donnent de la Caraïbe un éclairage diversifié rarement disponible dans les lieux accueillant le grand public.

  • La Guyane française, c'était « l'enfer vert », la « terre du bagne », aujourd'hui c'est « l'une des dernières réserves forestières du monde », « la base spatiale de Kourou ». Des clichés identifiant rapidement ce pays dans le monde, mais disant mal ce qu'a été son histoire marquée par la permanence de la relation coloniale.
    Le travail de synthèse historique que donne ici l'auteur invite au dépassement de l'énoncé des faits pour en saisir, dans une longue durée coloniale, les traits dominants qui donnent sens à l'histoire du pays, trop souvent présentée comme un suite d'événements chaotiques. L'attaque, puis la subjugation des sociétés amérindiennes, l'emprise des colons sur le territoire, sa mise en valeur et son peuplement qui jouent pleinement de la traite des noirs, de l'oppression esclavagiste et de la misère de l'immigration post-esclavagiste, ce temps de la violence et de l'exploitation coloniales est, au même titre que celle des autres états européens, l'oeuvre de la France. Est-ce cette même France qui abolit l'esclavage et invite les habitants des « vieilles colonies » à participer sans réserve aux « progrès » de sa civilisation ?
    Le discours politique post-esclavagiste des Mulâtres et des Noirs ne tergiverse pas : il oublie l'oppression coloniale et exalte la France républicaine abolitionniste et « progressiste ». L'image ainsi épurée de la « mère patrie » commande, à partir de 1848, leurs pratiques sociales : l'assimilation est leur credo et l'intégration au sein de la République Française leur objectif politique. Il est atteint en 1946 : la Guyane, comme les quatre autres « vieilles colonies » est transformée en département. La relation coloniale créée au milieu du XVIIe siècle est donc aménagée à la satisfaction des uns, rapidement (dès les années 1950) à l'indignation des autres. Quant au plus grand nombre, il semble désemparé, troublé au cours du XXe siècle finissant par la permanence d'une dépendance coloniale associée aux « avantages acquis » de la départementalisation.
    La seconde édition de ce travail présente une histoire mieux connue et des analyses informées des derniers travaux. Elle constitue une avancée certaine dans le long travail de recherche qu'exige encore l'histoire de la Guyane.

  • Jean Moomou étudie dans cet ouvrage, l'histoire méconnue de son peuple, les Boni descendants d'esclaves marrons du Surinam qui après avoir fui cette colonie, résisté contre l'armée coloniale hollandaise, se sont installés le long des grands fleuves du Surinam et de la Guyane française, et notamment le Maroni. A l'instar des autres groupes de marrons, descendant d'esclaves africains, les Saramaka, les Djuka ou encore les Paramaka, les Boni du nom du chef marron Boni Bokilifu, ont vécu en marge du système colonial et constituent jusqu'à nos jours des isolats humains.
    L'historien, Jean Moomou, s'attache à décrire une période cruciale de la vie de ce peuple qui va 1772 à 1860. En effet, alors que les autres groupes, vont signer des traités de paix avec les autorités hollandaises dès 1762, les Boni, poursuivront des guerres contre l'armée coloniale, qui paralyseront la colonie sur tous les plans entre 1772 et 1776. Puis ils franchiront la frontière entre la Guyane française et le Surinam et longeront différents fleuves avant de s'installer sur le Lawa à partir de 1860. En effet un traité, signé par les gouverneurs du Surinam et de la Guyane française à la conférence d'Albina, reconnaît l'indépendance aux tribus des Bonis et leur attribue un territoire. Les Bonis, désormais en paix se structurent en une communauté.
    Le peuple Boni prend naissance à ce moment, puisqu'il n'est pas issu directement de l'Ouest africain, mais de la réunion, durant le marronnage d'hommes et de femmes d'ethnies différentes. La période qui va de 1172 à 1860 marque définitivement la construction de l'identité des Boni et leur insertion dans l'histoire, non pas celle de l'intégration en Guyane, ni celle en rapport avec direct avec la France mais celle de l'isolement. La tâche de Jean Moomou n'est pas simple car il s'agit pour lui de mettre par écrit une histoire chantée, racontée à travers des contes, dans les formules de prières, lors de rencontres coutumières, dans l'art du Timbé, dans les récits des Gran Man.

  • Dans la conscience collective des Guadeloupéens, les deux dates les plus chargées de valeurs symboliques sont sans aucun doute 1848 et 1946. L'historiographie contemporaine, elle aussi, souligne la place des ces deux événements que sont l'abolition de l'esclavage et la départementalisation. Ces deux dates ont eu une influence considérable sur la démographie de la Guadeloupe, d'où le choix de l'auteur de ce cadre pour son étude de sa population. Il s'agit pour lui, en se plaçant sur le long terme, de saisir les mutations de cette population dans le domaine démographique, mais aussi dans ses comportements.
    Ce livre a reçu le prix Lucien de Reinach 2007

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