La découverte

  • Ambitieuse, provocante et stimulante, cette Histoire populaire de l'humanité propose une alternative radicale à l'histoire traditionnelle, une réflexion puissante sur les courants profonds des peuples qui s'agitent sous l'écume des pouvoirs. De la révolte de Spartacus à la guerre des Paysans, de la rébellion des Boxers en Chine à celle des Diggers et des Levellers en Angleterre, des luttes des ouvrières du textile dans l'Amérique de la fin du XIXe siècle à la révolution russe, ce livre adopte le point de vue des délaissé-e-s de l'histoire " officielle ". Il offre une formidable plongée dans les combats que n'ont cessé de mener les révolté-e-s, les dominé-e-s et les minorités du monde entier pour affirmer leurs droits et leur légitimité politiques.
    /> Point ici de rois et de reines, de généraux, de ministres ou de prétendus " grands hommes ", mais des femmes et des hommes ordinaires qui ont dû lutter, s'organiser, mettre en place des stratégies de résistance et de conquête contre des puissances et des systèmes oppressifs : le servage, le féodalisme, le colonialisme, le capitalisme. Et si aujourd'hui le système capitaliste semble avoir colonisé jusqu'aux corps et aux esprits, l'histoire, nous prévient Harman, réserve des surprises : elle est ouverte aux possibles et peut basculer, pour peu que les forces nécessaires soient capables de s'organiser, dans le sens d'une forme de société véritablement émancipatrice.

  • Plus de soixante auteurs réunis pour faire l'histoire, protéiforme et en perpétuelle évolution, des mouvements sociaux en France, de la Restauration à nos jours. Les meilleurs spécialistes de l'histoire sociale proposent un récit et des analyses accessibles au plus grand nombre pour une fresque sans équivalent. Un livre de référence enfin disponible au format poche. Cet ouvrage vient combler une lacune et relever un défi. Après que l'évanouissement des horizons d'attente a disqualifié les grands récits qui, jadis, prétendaient donner un sens aux mobilisations collectives, il semble désormais possible et nécessaire d'en entreprendre l'histoire hexagonale. Possible, car les travaux existent qui permettent d'en renouveler l'approche comme d'en explorer des aspects inédits. Nécessaire, parce que, de nouveau, la question sociale, mondialisée dans ses causes et ses manifestations, revient en force sur le devant de la scène publique, en quête d'interprétations, de relais, de connexions et de solutions.
    L'histoire développée ici s'attache, du XIXe siècle à nos jours, à tous les types de mouvements sociaux - révolutions, rébellions, émeutes, grèves, campagnes électorales, pétitions, etc. - et quels qu'en soient les acteurs - ouvriers, paysans, jeunes, catholiques, minorités sexuelles, etc. Centrée sur la France, elle n'en ignore pas les interactions coloniales et internationales. Attentive à cerner l'articulation du social avec le politique, le culturel, l'idéologique et le religieux, elle entend réintégrer les mobilisations collectives dans une histoire globale dont elles furent et demeurent des moments essentiels.
    En partenariat avec
    Le Mouvement social.

  • À partir de textes politiques, d'archives, de romans, de poésie, de tableaux... Michèle Riot-Sarcey fait revivre les idées de liberté nées des expériences ouvrières et des révolutions sociales du XIX e siècle français. Leur écho fut considérable dans le monde entier, avec des pratiques éphémères largement oubliées depuis : minoritaires et utopiques, incomprises à leur époque, elles ont été maltraitées par l'histoire devenue canonique. Une tout autre histoire du XIX e voit ainsi le jour. Dans cet ouvrage, Michèle Riot-Sarcey fait revivre les idées de liberté surgies au cours des expériences ouvrières et des révolutions sociales du XIXe siècle français. Des idées largement oubliées depuis : minoritaires et utopiques, incomprises à leur époque, elles ont été maltraitées par l'histoire devenue canonique. Leur actualité s'impose pourtant aujourd'hui, à l'heure où l'idée de liberté individuelle a été dissociée de la liberté collective et réduite au libéralisme et à l'individualisme.
    Ce passé inaccompli est ici revisité à partir de ses traces multiples : publications politiques, archives, romans, poésie, tableau, etc. Avec un souffle singulier, l'auteure restitue l'étonnant parcours de vie de femmes et d'hommes du peuple si nombreux à s'engager dans les chemins de la révolte, révélant ainsi les modalités méconnues de l'effacement de cette histoire. Comme le rôle des idées du " socialiste " Henri de Saint-Simon, qui influença tant de ces acteurs avant de se retrouver au coeur du projet capitaliste et industrialiste du Second Empire. Ou encore celui de Victor Hugo, dont l'immense succès des
    Misérables contribua à l'oubli de l'esprit de liberté qui avait marqué les insurrections de 1830 et 1848.
    Cette fresque audacieuse, aussi excitante à lire qu'elle est remarquablement documentée, démontre la pertinence de la pensée de Walter Benjamin sur la nécessité de " faire exploser les continuités historiques ". Et elle invite à comprendre autrement les symboles aujourd'hui en ruines du XIXe siècle français : philosophie du progrès, contrôle de l'ordre social, " mission civilisatrice " de la république coloniale... Afin de libérer la modernité créatrice de la modernité dévastatrice, ce livre entend ainsi donner à voir sous un jour nouveau les rêves du passé, dont l'actualité prend sens au présent dans la quête d'un avenir radicalement autre.

  • Une étrange épidémie d'" empoisonnements " s'est répandue dans les Antilles françaises aux XVIII e et XIX e siècles. Les colons prêtent aux " nègres " (sorciers et guérisseurs) une extraordinaire force de nuisance et d'effrayants pouvoirs.L'incapacité de la justice ordinaire à mettre fin au fléau entraîne la création de juridictions spéciales et une répression épouvantable. L'auteure fait la généalogie passionnante de cette grande peur, elle en reconstitue la logique sociale et toute la violence.
    Aux XVIIIe et XIXe siècle, un étrange fléau affole les colons des Antilles françaises : le " poison ". Ce terme est souvent associé - voire assimilé - à celui de " maléfices ", les " empoisonneurs " étant d'ailleurs fréquemment dénoncés comme " sorciers ". Les imputations de crime d'empoisonnement participent d'un système de croyances magiques qui amène les maîtres à prêter aux nègres une extraordinaire force de nuisance fondée sur une science botanique occulte associée à d'effrayants pouvoirs.
    L'effroi qui saisit les colons engendre la terreur contre les esclaves : terreur illégale exercée à titre privé par les maîtres mais aussi terreur légalisée par la création de juridictions spéciales puis par l'instauration d'un impitoyable dispositif administratif de répression.
    Dans ce livre bouleversant, l'auteure trace avec précision la généalogie de cette grande peur et en reconstitue la logique sociale en s'appuyant sur des récits et des documents souvent totalement inédits. La violence esclavagiste mise en lumière par l'analyse du crime d'empoisonnement est tout autant la violence ordinaire (privations quotidiennes, travail effectué sous le fouet, châtiments corporels banalisés) que celle qui prend les formes les plus cruelles pour signifier aux esclaves que leur sort est entre les mains du seul maître, qu'aucun autre pouvoir (politique, judiciaire ou religieux) ne peut leur venir en aide.

  • Sur le territoire de l'ancien grand-duché de Lituanie, les Litvaks ont fortement imprégné le judaïsme dans son ensemble grâce à leurs talents et à leur humanisme, bien au-delà de ses limites " naturelles "
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.)
    Au coeur du vaste yiddishland, en Litvakie - sur le territoire de l'ancien grand-duché de Lituanie -, s'est développée durant des siècles une civilisation originale, dont se réclamaient plus d'un million et demi de Juifs avant la Seconde Guerre mondiale. Baltes, Polonais et Biélorusses, ces Litvaks ou " Juifs lituaniens " affirmaient leur spécificité dans un univers à la fois ouvert sur le monde et intimement attaché aux traditions. Religieux ou laïques, très souvent engagés sur les plans culturels, linguistique et politique, ils ont compté d'éminentes personnalités, dont certaines ont acquis une stature internationale : Marc Chagall, Sergueï Eisenstein, Emmanuel Levinas, Jacques Lipschitz, Golda Meir, Chaïm Soutine, etc.
    Dans ce livre, les auteurs retracent l'histoire méconnue de cette civilisation : ils montrent comment, à Vilnius, Minsk, Bialystok ou dans les shtetleh, sous l'influence du Gaon de Vilna, les Litvaks ont fortement imprégné le judaïsme dans son ensemble grâce à leurs talents et à leur humanisme. La Litvakie a alors débordé bien au-delà de ses limites " naturelles ". Quelques dizaines de milliers de Litvaks ont survécu aux souffrances et à l'horreur de la Shoah. Mais plus d'un million d'entre eux avaient quitté le " vieux pays " pour perpétuer, sur les cinq continents, une certaine manière de vivre, une éthique exigeante qui les rendait à la fois semblables et différents des autres Juifs.
    L'originalité de cet ouvrage qui rappelle le destin des Litvaks est d'éclairer la richesse de leur civilisation et de leur héritage, bien vivant, de New York à Melbourne, de Paris au Cap via Tel Aviv.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.)

  • Considéré comme l'une des plus belles réalisations de l'art français, lieu du pouvoir qui dit le pouvoir, objet savamment décortiqué, Versailles est devenu la France : l'histoire incorporée en un palais et ses jardins. En vérité, une partie du lieu, animal, organique, vivant, a définitivement disparu après 1789. C'est cette autre histoire que raconte ce livre original, qui sape l'histoire officielle du rapport entre pouvoir et nature en France.
    On croit bien connaître Versailles - son château, ses perspectives étudiées et ses jardins au cordeau -, ce lieu du pouvoir qui se met majestueusement en scène et incarne à lui seul la France et son histoire.
    Le domaine actuel de Versailles ne représente pourtant que le dixième de celui d'autrefois. Au sein de l'immense Grand Parc, dynamique, vivant et giboyeux, les habitants des villages enclavés comme la nature devaient se soumettre au bon vouloir du roi. Car, à Versailles, le monarque veut chasser en toute saison, voir jaillir les grandes eaux sur un site austère. Rien n'est trop grand pour faire plier la nature : on convoque la science pour construire un réseau hydraulique pharaonique, des murs d'enceinte pour parquer le gibier, dont l'abondance nuit aux cultures. Mais la nature et les hommes résistent : les animaux s'échappent ou se multiplient, incontrôlables, les paysans se jouent des contraintes, braconnent, volent du bois, détériorent les réseaux. On renforce les frontières, règles, contrôles et sanctions. Souvent en vain.
    C'est à la découverte de cet autre Versailles, animal, organique, que nous convie Grégory Quenet, loin du stéréotype d'une nature aménagée, rationalisée et contrôlée, " à la française ". Une visite passionnante qui prend à revers l'histoire officielle du rapport entre pouvoir et nature en France.
    Prix François Sommer 2016

  • Grâce à " l'opération Turquoise ", la France est apparue comme l'un des pays ayant agi le plus efficacement contre les conséquences du génocide rwandais. Ce faisant, elle est parvenue fort opportunément à faire passer au second plan ses responsabilités dans le mécanisme monstrueux qui a conduit à ce génocide. Or - c'est ce que démontre ce petit livre explosif - , ces responsabilités sont accablantes. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994.)
    Grâce à " l'opération Turquoise ", la France est apparue comme l'un des pays ayant agi le plus efficacement contre les conséquences du génocide rwandais. Ce faisant, elle est parvenue fort opportunément à faire passer au second plan ses responsabilités dans le mécanisme monstrueux qui a conduit à ce génocide. Or - c'est ce que démontre ce petit livre explosif - , ces responsabilités sont accablantes. La France a financé, formé et armé ceux qui préparaient ces massacres, elle a soutenu un régime en pleine dérive de type nazi : sourdes aux avertissements, les autorités françaises se sont trouvées profondément impliquées dans l'engrenage du génocide, ne commençant à infléchir leur politique que lorsqu'il était trop tard. " Politique " est d'ailleurs un bien grand mot : l'intérêt majeur de ce livre est en effet de montrer l'incohérence de la France dans son pré-carré africain, où se chamaillent une bonne douzaine de clans et réseaux, politico-affairistes ou corporatistes. Le pouvoir exécutif apparaît dépassé par les groupes qu'il a utilisés ou laissés prospérer. Cette " politique " ressemble aujourd'hui à un canard sans tête, dont les membres incontrôlables sont capables de tous les dégâts. Ce livre voudrait contribuer à susciter un sursaut démocratique : nous devons aux victimes de ne pas enterrer les complaisances françaises au génocide rwandais aussi longtemps que l'ont été celles du régime de Vichy à la Shoah. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994.)

  • Dans la Rome impériale, les banquets, comme les tragédies, sont des dénominations trompeuses pour ces festins et ces spectacles que le pouvoir et la richesse offrent au peuple. Plaisir de consommation d'un côté, plaisir de domination de l'autre : telle est la part du festin, rapport angoissé, ricaneur ou mensonger, que Rome entretenait avec la tradition grecque du Banquet socratique.
    Le banquet grec, lié à la cité, associe, sous le patronage de Dionysos, le plaisir et la loi. On voit se constituer, dans ce lieu pourtant privé, des discours publics : l'élégie, le dialogue philosophique et, notamment, le banquet socratique. Dans la Rome impériale, les banquets sont des dénominations trompeuses pour ces festins et ces spectacles que le pouvoir et la richesse offrent au peuple. Plaisir de consommation d'un côté, plaisir de domination de l'autre : telle est la part du festin. Mais seul le Banquet, légué par les Grecs, paraît honorable aux Romains. Le Festin quant à lui est toujours représenté comme parodie ou échec du Banquet. Ainsi de Pétrone : mais le Festin de Trimalchion est sans doute le seul texte où Rome passe aux aveux. Affranchi monstrueux, Trimalchion est un fantasme culturel représentant la non-citoyenneté absolue, le corps réduit à lui-même face à la richesse, dans une impossibilité de jouissance conviviale. Le Festin de Trimalchion est lu par Florence Dupont dans son rapport avec le Banquet de Platon. De Rome à la Grèce, quelle est la fonction et la signification de ce que l'on appelle l'imitation ? Le tourment de Rome fut d'avoir hérité de représentations inadéquates, mais de vouloir fonder sa légitimité sur cet héritage.

  • Centré sur l'analyse des interprétations et des débats historiographiques autour du fascisme historique, cet ouvrage, qui inaugure une nouvelle collection " Écritures de l'Histoire ", se propose également d'examiner les phases où ces débats ont pris l'allure de controverses qui ont vu converger renouveau historiographique, enjeux de mémoire et contexte de crise politique.
    Qu'est-ce que le fascisme ? Et à quoi tient la fortune de ce mot depuis son apparition dans l'Italie de 1919 ? Pour répondre à ces questions, cet ouvrage fait le point sur les interprétations et débats historiographiques relatifs au fascisme, qui font partie intégrante de sa construction comme objet historique. Le flou conceptuel ainsi que les usages polémiques qui ont longtemps entouré ce terme ont favorisé des lectures multiples du phénomène, les unes forgeant des conceptions extensives (certaines à des fins de délégitimation politique), les autres s'efforçant au contraire de limiter son usage à quelques mouvements et régimes politiques de l'Europe des années 1919-1945. Depuis les années 1960, en rupture avec les interprétations " classiques " du fascisme, les relectures et révisions historiennes ont permis de redonner au phénomène toute son autonomie politique et culturelle et aux fascismes nationaux toute leur singularité. L'ouvrage se propose également d'examiner les phases où ces débats interprétatifs ont pris l'allure de controverses, se déplaçant dans les médias de masse et dans l'univers politique, afin d'identifier des configurations où convergent renouveau historiographique, enjeux de mémoire et contexte de crise politique. Car c'est bien du côté des usages publics de l'histoire que le regard de l'historien doit désormais se porter, afin de contribuer à une meilleure compréhension de notre présent.

  • Remontant à l'Antiquité et à la création du Panthéon sous la Révolution française pour retracer la longue histoire qui va des héros aux saints, l'auteur décrit le processus de construction du mythe. Et il explique la démarche erronée qui transforme Jean Moulin en " homme du Parti communiste ", mythe créé dès 1950 par Henri Frenay.
    Publié en 1993, cet essai réagissait à une investigation frauduleuse sur Jean Moulin, premier président du Conseil national de la Résistance, mort sous la torture en juillet 1943. Ce journaliste à scandale affirmait alors que Jean Moulin, héros national inhumé au Panthéon, avait été un agent soviétique dès le début des années trente. De nombreux intellectuels ont répondu à cette accusation absurde. Mais cette affaire soulève d'autres questions que Pierre Vidal-Naquet analyse ici : peut-on, et surtout, a-t-on le droit de critiquer nos héros nationaux ? Quel sens confère-t-on au Panthéon ? Pourquoi la critique du " mythe Jean Moulin " par la résurrection d'un autre mythe - celui de Jean Moulin communiste - a-t-elle eu un impact aussi fort ? Remontant à l'Antiquité et à la création du Panthéon sous la Révolution française pour retracer la longue histoire qui va des héros aux saints, l'auteur décrit le processus de construction du mythe. Et il explique la démarche erronée qui transforme Jean Moulin en " homme du Parti communiste ", mythe créé dès 1950 par Henri Frenay.

  • Dans son livre L'effroyable imposture, Thierry Meyssan prétend qu'aucun avion ne se serait écrasé sur le Pentagone, le 11 septembre 2001, et que l'explosion serait en réalité un attentat de militaires américains d'extrême droite. C'est pour empêcher qu'une contrevérité habilement portée par un illuminé devienne une certitude dans l'esprit du plus grand nombre, que Guillaume Dasquié et Jean Guisnel ont écrit ce livre.

    Un petit livre contre un grand mensonge. Le mensonge, c'est celui de Thierry Meyssan : dans son livre " L'effroyable imposture ", il prétend qu'aucun avion ne se serait écrasé sur le Pentagone, le 11 septembre 2001, et que l'explosion serait en réalité un attentat de militaires américains d'extrême droite poursuivant de sombres desseins antidémocratiques. C'est pour en finir avec cette rumeur nauséabonde, pour empêcher qu'une contrevérité habilement portée par un illuminé devienne une certitude dans l'esprit du plus grand nombre, que Guillaume Dasquié et Jean Guisnel ont écrit ce livre. Au terme d'une enquête fouillée, ils réduisent en cendres la thèse délirante de " L'effroyable imposture ". Témoignages et faits à l'appui, ils montrent qu'un Boeing s'est bien abattu sur le Pentagone, ce 11 septembre 2001, dans la ville d'Arlington, devant des milliers de gens. Et que tout le reste du livre est à l'avenant... Surtout, ils dévoilent les noms des étonnants " experts " qui ont épaulé Thierry Meyssan dans son entreprise de mystification, et révèlent de curieux rapprochements avec d'autres fabricants de conspirations, notamment avec des professionnels du combat contre le prétendu complot " judéo-maçonnique ". Un ouvrage salutaire, pour éclairer l'opinion et éviter que la " rumeur de Roswell " ou " X-Files " ne deviennent les nouvelles références de l'enquête journalistique...

  • De 1880 à 1940, le mouvement ouvrier juif fut une force généralement décisive dans la vie et l'évolution des communautés juives européennes. Nathan Weinstock, en une vaste fresque, en a restitué la diversité des organisations, partis, syndicats et journaux. Sa connaissance du yiddish, langue dans laquelle pour l'essentiel s'exprimaient les revendications des artisans et des travailleurs, lui a permis d'exhumer des textes qui sont autant de facettes d'une foisonnante activité ouvrière. Dans l'Empire russe d'avant 1914, la prépondérance du Bund, le grand parti socialiste juif, et sa farouche autonomie face aux bolcheviks et aux mencheviks ne sauraient faire oublier les autres organisations : les Poaley-Tsiyon, les territorialistes et les sejmistes. Ni occulter que les débats au sein du mouvement ouvrier juif ne reflétaient pas seulement des querelles théoriques, mais répondaient à des urgences pratiques : que faire face à la vague d'antisémitisme populaire et de répression policière qui déferlait dans l'Empire jusqu'à la veille de la Grande Guerre ?

  • " Être Algérien n'est pas une nationalité. Ce n'est même pas une identité. C'est un travail à temps plein pour lequel nous ne sommes pas encore payés. C'est une maladie dangereuse dont personne ne s'est jamais relevé. " Un regard singulier et dévastateur sur la société algérienne. Sid Ahmed Sémiane, dit " SAS ", y a réuni une centaine de ses chroniques publiées dans le quotidien Le Matin de 1999 à 2002. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2005.)
    " Être Algérien n'est pas une nationalité. Ce n'est même pas une identité. C'est un travail à temps plein pour lequel nous ne sommes pas encore payés. C'est une maladie dangereuse dont personne ne s'est jamais relevé. " " Depuis jeudi, un jeune garçon de dix-neuf ans hésite à mourir, alors qu'une balle perdue a trouvé refuge au fond de sa tête. [...] Selon les théoriciens hargneux de la gendarmerie, la sentinelle de faction au niveau de la porte principale de l'établissement de réparation navale, situé au port d'Alger, a tiré un coup de sommation. " Ce livre propose un regard singulier, et dévastateur, sur la société algérienne. Sid Ahmed Semiane, dit " SAS ", l'un des journalistes les plus mordants de sa génération, y a réuni une centaine de ses chroniques publiées dans le quotidien Le Matin de 1999 à 2002, mises en perspective par des textes inédits que le recul de l'exil rend particulièrement incisifs. Rédigées à chaud, au fil d'une actualité tragique, ballottée entre des cadavres anonymes s'entassant à la une des journaux et des mensonges d'État avalisés par un Occident complaisant, ces chroniques restent d'une brûlante actualité. Et elles révèlent une réalité proprement sidérante : sur la terre d'Algérie coexistent aujourd'hui deux pays, séparés physiquement l'un de l'autre. Le premier, riche, corrompu et arrogant, est celui du pouvoir, des généraux et de leurs affidés barricadés dans le fameux " Club des pins ". C'est surtout celui-là que connaît la France officielle, ignorant l'Algérie réelle, pauvre, meurtrie et humiliée, celle d'un peuple abandonné à son propre désespoir. Sur un ton caustique et révolté, avec un humour chargé de poésie, Sid Ahmed Semiane nous aide à déchiffrer ce désordre algérien qui désespère tant. Des mots terribles s'y bousculent : torture, disparus, généraux, émeutes, morts, intrigues, misère, terrorisme, putsch, chasse aux couples... Mais d'autres mots affleurent : rêve, démocratie, liberté, jeunesse, espoir, tendresse...

  • Comment des hommes et des femmes qui occupaient des postes de responsabilité dans des administrations de l'État stalinien ont-ils réagi face à un pouvoir qui maniait la violence pour gouverner ? Participation passive ou collaboration active, quelle fut leur attitude ? (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2003.)
    La violence est associée à l'évocation du stalinisme. Comment des hommes et des femmes qui occupaient des postes de responsabilité dans des administrations de l'État stalinien ont-ils réagi face à un pouvoir qui maniait la violence pour gouverner ? Participation passive ou collaboration active, quelle fut leur attitude ? Dans ce livre passionnant, Alain Blum et Martine Mespoulet éclairent, à travers l'histoire de l'administration statistique, les relations tendues entre science et pouvoir sous Staline. Après plusieurs années de recherches dans les archives russes de la période soviétique, ils proposent une interprétation renouvelée du stalinisme et de la violence qui l'a accompagné, en s'appuyant sur une étude approfondie du parcours de ceux qui ont participé à la gestion de l'État stalinien. Des histoires de vie, le plus souvent tragiques, se croisent et se défont, s'interrompent ou passent à travers les filets de la répression, au sein d'une administration qui est le témoin privilégié des catastrophes humaines du pays, puisque l'une de ses fonctions est de compter les récoltes, les naissances, les morts et les mouvements de population. En redonnant vie à ces personnes, cet ouvrage contribue à mieux comprendre la manière dont s'est établi le pouvoir sans partage de Staline mais aussi son échec à construire un État cohérent dominant une société atomisée et soumise. Refusant de confondre l'histoire de l'URSS avec celle du stalinisme, il montre que cette histoire ne peut se réduire à l'action d'une idéologie, le communisme, mais est aussi le résultat de tensions contradictoires entre des dirigeants politiques et des administrateurs dont certains projetaient de construire un État progressiste.

  • Qu'est que l'histoire aujourd'hui ? Un tour d'horizon complet de la discipline et de ses méthodes dans une édition revue et mise à jour
    Cet ouvrage présente une synthèse actualisée des différents aspects de l'épistémologie de l'histoire (historiographie, méthodes, débats, etc.). La mise à distance critique de cette " science humaine " est désormais partie intégrante de la formation supérieure. Cette prise de recul est par ailleurs nécessaire face aux pressions tendant à instrumentaliser l'histoire en fonction des enjeux de mémoire, et à rechercher dans le passé des précédents de nature à justifier des décisions politiques. Conçu par des spécialistes des quatre grandes périodes historiques (Antiquité, Moyen Âge, périodes moderne et contemporaine), ce guide entend marier prise en compte des passions citoyennes et connaissance des pratiques scientifiques. Il vise plus particulièrement à répondre aux besoins des étudiants (classes préparatoires, universités, Sciences Po), des candidats aux concours de recrutement (masters enseignement) et des enseignants.

  • Jacques Le Goff est sans conteste l'un des grands historiens médiévistes français. Ses nombreux ouvrages ont trouvé une large audience et ont contributé à renouveler profondément la vision de cette époque charnière.Dans ce livre d'entretiens initialement publié en 1996, Jacques Le Goff retrace sa " vie pour l'histoire " : son enfance, ses années de formation à l'École normale supérieure, à Prague, à Oxford et à Rome, puis sa carrière universitaire qui l'amènera à jouer un rôle décisif à la direction de l'École normale supérieure en sciences sociales. On découvrira d'abord l'enthousiasme communicatif de Jacques Le Goff pour cette " nouvelle histoire " qu'il a contribuer à forger : une histoire complète, nourrie des autres sciences sociales, dont l'objet est autant de comprendre le passé que d'éclairer le présent. Mais on y trouvera également retracée l'aventure intellectuelle de l'équipe des Annales, et celle de la Ve section de l'École pratique des hautes études (devenue EHESS en 1975), qui a joué et joue toujours un rôle majeur dans le rayonnement internationnal des sciences sociales françaises.Ce portrait attachant révèle une grande personnalité de notre temps, passionnément attachée à son métier, mais aussi soucieuse des problèmes de la Cité et de construction européenne.

  • Comment est né le concept moderne, scientifique, de " race " ? Pourquoi est-il devenu si rapidement hiérarchique, distinguant les " races inférieures " des " races supérieures " ? Comment a-t-il pu revêtir une telle importance au cours du XIX e siècle et du début du XX e siècle, jusqu'à être utilisé pour expliquer l'histoire et le devenir de l'humanité ? Des contributions des meilleurs spécialistes internationaux. Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2014.
    Comment est né le concept de " race " ? Pourquoi est-il devenu si rapidement hiérarchique, distinguant les " races inférieures " des " races supérieures " ? Et comment ce concept a-t-il pu revêtir une telle importance, aussi bien au sein de la communauté scientifique qu'auprès du grand public, au cours du XIXe siècle et du début du XXe, jusqu'à être utilisé pour expliquer l'histoire et le devenir de l'humanité ?
    L'Invention de la race analyse la genèse des conceptions scientifiques de la " race ", et montre que les nouvelles techniques de mesure et de représentation des corps racialisés opèrent une révolution visuelle majeure, inscrivant la différence humaine dans la biologie. Cet ouvrage avance qu'à partir d'une origine européenne l'idée de race s'est étendue - par les connexions transnationales de réseaux scientifiques et marchands - à tout l'Occident, mais aussi au Japon, à la Corée et à une partie de la Chine. Partout, elle suscite représentations et politiques raciales discriminatoires.
    L'ouvrage montre aussi que les théories sur les hiérarchies raciales ont influencé les spectacles ethniques (dont les zoos humains), les expositions internationales et coloniales, la photographie ou les collections ethnographiques qui ont largement contribué à forger une vision du monde fondée sur l'inégalité des races.
    Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2014.

  • De la Préhistoire et l'Antiquité à la Bosnie et au Rwanda, en passant par la guerre de Trente Ans, la guerre des Boers ou Little Big Horn et, bien entendu, les deux guerres mondiales, ce passionnant volume montre l'apport considérable de l'archéologie contemporaine. Son approche anthropologique, libérée des contraintes de l'histoire militaire et stratégique, rennouvelle en profondeur notre vision les violences du XX e siècle.
    L'archéologie, par la documentation considérable qu'elle apporte sur l'expérience de la guerre et la réalité de la violence, renouvelle notre compréhension des conflits, depuis la Préhistoire jusqu'à aujourd'hui. Son approche anthropologique a en effet libéré la recherche des contraintes de l'histoire militaire et stratégique, les violences du XXe siècle conduisant la discipline vers de nouveaux enjeux liés à l'expertise médico-légale, à la récupération de la mémoire historique et au droit.
    Guerres et combats ne sont plus uniquement relatés par les archives des vainqueurs, mais étudiés par l'archéologue en prenant en compte l'ensemble des documents mis au jour : champs de bataille, dépôts d'armes, restes humains, garnisons, camps de prisonniers ou d'internement... La propagande est déconstruite, images et objets sont contextualisés, le cadre économique et social du conflit est restitué, la réalité de la violence collective est analysée. Et les morts peuvent sortir de leur anonymat.
    Dans cet ouvrage, qui propose une grande variété d'éclairages sur les violences et les guerres, l'archéologie apparaît ainsi à la fois comme la science de la mémoire matérielle des hommes et comme un instrument au service de la longue histoire du savoir, des techniques et de la diversité culturelle qui fait la richesse de l'humanité.

  • Un livre dense et informé, qui décrit de manière très personnelle cette vague de fond et en analyse les différents ressorts. Du grand journalisme, qui allie rigueur intellectuelle et expérience vécue. Édition mise à jour. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2008.)
    À partir de la fin des années 1970, l'Amérique du Sud a été le laboratoire de la " révolution néolibérale " inaugurée dans le sang par les dictatures chilienne et argentine. Trente ans plus tard, elle exprime son rejet du " consensus de Washington " et du capitalisme sauvage : du Venezuela à l'Argentine, du Brésil à la Bolivie et à l'Uruguay, autant de manifestations de ce tournant à gauche. Dans ce livre vif et informé, Marc Saint-Upéry analyse les différences de style et de stratégie qui s'y expriment, montrant qu'il n'existe pas aujourd'hui une seule gauche : les vrais clivages traversent le plus souvent les oppositions imaginaires entre " radicaux " et " modérés ", " populistes " et " réalistes ". Mais, dans un continent champion des inégalités, l'émergence politique massive d'acteurs issus des secteurs domi-nés de la société - indigènes, afro-américains, grandes masses plébéiennes exclues par les élites blanches locales - constitue une véritable révolution culturelle et symbolique. Coïncidant avec le déclin de la capacité des États-Unis à exercer un contrôle sans faille dans leur " arrière-cour ", la résurgence des gauches sud-américaines ouvre aussi la voie à la formation d'un puissant bloc géopolitique régional. Malgré les difficultés réelles auxquelles se heurte le processus d'intégration, cette dynamique sans précédent ressuscite le rêve d'unité continentale de Simon Bolivar. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2008.)

  • Comment saisir le sens des mythes et la pensée de la Grèce ancienne ? En analysant leurs traces, très concrètes et individuelles, dans la société de leur temps et dans ses marges. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2005.)
    " Le chasseur noir ", titre d'un chapitre de ce livre -; devenu un classique depuis sa parution en 1981 -;, est un personnage de la mythologie grecque : c'est un jeune homme qui part à l'aventure pour subir l'initiation, qui s'emploie aux techniques de la ruse, mais qui disparaît pour ne plus revenir. Par là, l'auteur entend montrer qu'il aborde le monde grec, non par la voie royale de l'agora, de l'assemblée du peuple et de la plaine, mais par celle des marges : les jeunes gens, les femmes, les artistes, les esclaves, les lointains de la cité. Il s'agit pourtant d'une entreprise globale : la pensée grecque -; celle des poètes, des mythologies, des philosophes -; et la société grecque sont ici étudiées dans leur liaison, pour l'effet de miroir qu'elles exercent l'une sur l'autre, tant l'une est incompréhensible sans l'autre. Les textes rassemblés ici abordent quatre thèmes principaux : l'espace et le temps ; les jeunes et les guerriers ; les femmes, les esclaves et les artisans ; la cité pensée et la cité vécue. Ainsi apparaît l'unité de l'ensemble, fondée sur la mise en rapport de ce qui semble a priori séparé. Au terme du livre, bien des rapprochements inattendus apparaissent comme nécessaires et prennent ce qu'il est convenu d'appeler un sens. Ces études ont en effet une ambition commune : montrer qu'il y a un sens. C'est là une entreprise qui concerne un tout autre public que celui des seuls spécialistes du monde grec. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2005.)

  • Dans le sillage de Hannah Arendt, cet ouvrage suit les traces de deux figures idéal-typiques du judaïsme moderne - le paria et le parvenu - autour desquelles se dégage une typologie des intellectuels juifs. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1992)
    La pensée judéo-allemande rayonne, dans l'histoire du XXe siècle, comme une sorte d'âge d'or de la culture, qui continue à projeter sa lumière sur notre époque. Et pourquoi, elle apparaît aujourd'hui comme un continent englouti de l'histoire. S'interroger sur ce paradoxe et sur le parcours de la judéité au sein de la Mitteleuropa signifie alors aller aux sources d'une déchirure majeure du monde contemporain, qui a transformé l'Allemagne de pays modèle de l'émancipation en lieu où fut conçu et mis en oeuvre un projet d'anéantissement systématique des Juifs. Cet épilogue tragique pousse l'historien à repenser l'entrée des Juifs dans la modernité et à rétablir, au-delà du mythe, la réalité de la " symbiose judéo-allemande ". Dans le sillage de Hannah Arendt, cet ouvrage suit les traces de deux figures idéal-typiques du judaïsme moderne - le paria et le parvenu - autour desquelles se dégage une typologie des intellectuels juifs. Souvent considérés, aujourd'hui, comme des classiques de la culture allemande, ces derniers vécurent toute leur vie sous le signe d'une altérité négative qui en faisait des outsiders et des marginaux. Par conséquent, la réappropriation de leur héritage spirituel implique de remettre profondément en question le passé allemand. Écrit dans une perspective historique qui prend en compte à la fois la longue durée de l'émancipation et le cassure de civilisation qui porte le nom d'Auschwitz, cet ouvrage montre que, sans élaboration critique du passé, l'idéalisation actuelle de la " symbiose judéo-allemande " risque de se traduire dans une nouvelle mystification de l'histoire et dans une offense à la mémoire des vaincus. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1992)

  • Dans cet ouvrage, Frédéric Monier retrace l'histoire de ces " stratégies du secret " et s'efforce de présenter une analyse globale du phénomène.

    De la conspiration boulangiste à la tentative de putsch menée par la Cagoule en passant par les menaces de complot bolchevique dans les années vingt, la France de la IIIe République a vécu au rythme des conspirations. Des années 1880 à l'effondrement de juillet 1940, une série de poursuites judiciaires pour complot et atteinte à la sûreté de l'État ont révélé l'inquiétude persistante des gouvernements devant les menaces de sédition. Pour la première fois, un ouvrage tente de mettre en perspective cette histoire secrète des complots politiques. Pour Frédéric Monier, ces épisodes souvent dramatiques, parfois rocambolesques, viennent témoigner de la crainte de voir le pays céder sous les assauts de minorités résolues, unies dans le secret et prêtes à employer la force pour renverser le premier régime démocratique stable qu'ait connu la France : le général Boulanger en 1889, Déroulède en 1899, des dirigeants de la CGT dans les premières années du siècle. Après les complots communistes des années vingt, ce fut au tour de l'extrême droit de se trouver dans la ligne de mire des pouvoirs publics pendant les années trente. À la suite de la nuit d'émeute du 6 février 1934 et de la dissolution des ligues, il restait à affronter un dernier complot, le plus impressionnant sans doute, celui du comité secret d'action révolutionnaire, surnommé la " Cagoule ". Dans cet ouvrage, Frédéric Monier retrace l'histoire de ces " stratégies du secret " et s'efforce de présenter une analyse globale du phénomène. En distinguant la conspiration, révolutionnaire et subversive, le complot, judiciaire et répressif, et la conjuration, fabuleuse et mythologique, il nous invite à découvrir l'histoire obscure des rapports de la République et de ses ennemis, réels et imaginaires.

  • Dans ce livre d'entretiens, l'historien Alain Corbin revient sur sa jeunesse normande sous les bombardements, sa guerre d'Algérie, son professorat à Limoges, son parcours universitaire atypique, la genèse de ses découvertes. Un regard sans oeillères sur le XIX e et le XX e siècle. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2000.)
    Alain Corbin est l'un des historiens les plus originaux et talentueux de sa génération. Ses recherches l'ont conduit à étudier des thèmes qui, jusque-là, étaient restés méconnus ou ignorés : la misère sexuelle et la prostitution au XIXe siècle, l'odorat et l'imaginaire social aux XVIIIe et XIXe siècles, le désir du rivage, le paysage sonore et la culture sensible dans les campagne du XIXe siècle, le déchaînement de violence survenu à Hautefaye en 1870, l'avènement des loisirs entre 1850 et 1960, ou encore le " monde retrouvé " de Louis-Fernand Pinagot, biographie d'un sabotier normand du XIXe siècle choisi au hasard dans les archives. Tous ces livres, qui ont connu un grand succès, placent Alain Corbin comme le chef de file d'une histoire qui revient sur ses préjugés et qui restitue à l'imaginaire et au sensible l'importance, pour comprendre les sociétés passées, que leur avait refusée l'histoire politique, sociale ou économique traditionnelle. Dans ce livre d'entretiens, Alain Corbin revient sur sa jeunesse normande sous les bombardements, sa guerre d'Algérie, son professorat à Limoges, son parcours universitaire atypique, la genèse de ses découvertes. Il formule tous les questionnements qui traversent la recherche historique et pose, sur le XIXe et le XXe siècle, un regard sans oeillères autorisant toutes les lectures. Cet historien du sensible, qui connaît un grand rayonnement à l'étranger, prend plaisir à restituer tout ce qui constitue l'humain et à s'affranchir des grands systèmes.

  • La police est une institution ambiguë, caractérisée à la fois comme une pratique gouvernementale et comme une fonction auxiliaire du pouvoir judiciaire.La complexité de cette notion, qui surgit au croisement des activités sociales, de la politique et du droit, sans oublier l'imaginaire forgé par la littérature, a toujours gêné les juristes et les historiens. Comment et dans quelles circonstances historiques le modèle normatif de la police s'est-il structuré ? Quel genre de techniques a-t-il mis en place ? Comment a-t-il évolué pendant la période cruciale de la fin de l'Ancien Régime aux premières décennies du XIXe siècle ? Et enfin, quel mode administratif a-t-il élaboré de sorte qu'aujourd'hui encore, nous sommes en mesure d'en tirer quelques profits pour comprendre l'actualité ? Dans ce livre, fruit de longues années de recherche, Paolo Napoli étudie comment la police moderne s'invente à cette période charnière, la fin de l'Ancien régime et la Révolution française. Il restitue la diversité des mesures réglementaires et la richesse des travaux théoriques, juridiques notamment, qui s'efforcent de penser le modèle policier à la lumière des évolutions politiques, sociales et culturelles fondamentales. Paolo Napoli montre que le modèle policier, avec sa diligence et sa minutie, reste absolument fondamental pour comprendre l'État-providence. Ainsi, derrière le très contemporain " principe de précaution " se cache une histoire longue de techniques policières, de dispositifs préventifs affectant la vie matérielle et morale des hommes. De même, si l'on s'interroge sur la manière dont la notion de " sécurité " perd sa connotation exclusivement psychologique pour acquérir une dimension objective, mesurable et donc gérable, c'est toujours l'oeuvre des dispositifs policiers qu'il faut regarder.

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