Tallandier

  • « On ne peut être curieux du passé sans l'être aussi du monde qui nous entoure. Après l'avoir longtemps et superbement ignoré, je me surprends à le regarder de près. Et cela donne de drôles de résultats. À force d'habiter le passé, c'est le présent qui me semble étrange. Je le regarde comme on aborderait de nouveaux rivages, en guetteur mélancolique, en flâneur, en amateur surpris et amusé. L'expérience du temps donne parfois à l'actualité des allures dérisoires, elle nous fait apercevoir ses inconséquences et sa fragilité. Les visages changent, mais la grimace reste la même. Ces exercices-là ne sont pas dépourvus de dangers. »

  • Six ou sept générations de Français ont vécu sous l'égide de la civilisation républicaine. De 1870 à nos jours, cet écosystème, régénéré à plusieurs reprises - après la Grande Guerre, à partir de la Libération et encore en 1958 -, a tissé un vivre-ensemble à nul autre pareil reposant sur la démocratie libérale, la laïcité, la langue, l'école et un sentiment prononcé d'appartenance à une large communauté.

    Dans la seconde moitié du XXe siècle, les Trente Glorieuses ont favorisé la mise en place de l'État providence et, après 1962, la fin des guerres coloniales a instauré une paix que les Français ne connaissaient plus depuis très longtemps. Prospérité, plein emploi, concorde civile... Comment résister à l'idée que ces temps-là sont comme un paradis perdu ?

    De multiples forces historiques sont venues miner et altérer cet équilibre. Perte du sens de l'intérêt général, dégradation de l'école qui avait aussi pour mission de porter les valeurs de l'État-nation, émergence de diverses formes de violence sociale... Sur fond de mondialisation, de crise climatique et de guerre larvée contre le terrorisme, le vivre-ensemble a dégénéré en vivre côte à côte voire en vivre face-à-face. Le tragique de l'Histoire est revenu.

    En dressant la fresque d'un siècle et demi d'une civilisation aujourd'hui presque disparue, Jean-François Sirinelli éclaire toutes les étapes d'un phénomène dont nous n'avons pas toujours eu pleine conscience. Ce faisant, il nous aide à distinguer le contingent de l'essentiel et, peut-être, à rebâtir un monde nouveau, plus propice à la vie collective.

  • L'Histoire a ses ruses et nous joue des tours : souvent, ce que l'on prévoit ne se produit pas.
    Qui aurait pu imaginer un basculement du monde vers l'Asie, dominé par la Chine ? Ou la renaissance de l'islam sous une forme politique et guerrière ? En Europe, qui aurait pu prédire un tel regain de l'extrême droite et du populisme ? En France, qui aurait pensé qu'Emmanuel Macron, un inconnu la veille, deviendrait président de la République ?
    Interrogé par Emmanuel Laurentin, Marc Ferro porte son regard d'historien sur l'actualité. Il montre comment les grandes tendances d'aujourd'hui plongent dans le passé et ne sont jamais à l'abri de retournements. Décidément, l'Histoire nous réserve quelques surprises et il est bien difficile de trouver une logique aux bouleversements de notre temps.

  • On imagine volontiers que l'Église, depuis ses origines, est une, catholique (universelle), apostolique (organisée par les apôtres de Jésus) et romaine (sous l'autorité de l'évêque de Rome), que les Églises orientales sont restées indépendantes pour des raisons intellectuelles ou historiques, que le culte a toujours été rendu de la même manière et le dogme fixé de toute éternité. Essaimage, dissidences et persécutions n'auraient-ils donc changé en rien le devenir des communautés chrétiennes durant leurs quatre ou cinq premiers siècles d'existence ? La construction de l'identité catholique aurait-elle été aussi linéaire qu'on le croit encore souvent ? Au contraire, la réalité est que la marche vers l'universalisme se déroule sous le signe de tensions continuelles. Au commencement, il n'y a pas de doctrine, mais seulement un message, l'évangile. Il n'y a pas non plus d'organisation, sinon locale. Les communautés développent une conscience collective, l'enseignement et la discipline se construisent au fil des siècles sous l'effet de contraintes extérieures, notamment politiques, tout autant que des évolutions de la pensée antique dans un perpétuel bouillonnement d'idées. Appuyé sur une connaissance intime des sources chrétiennes et non chrétiennes et nourri des recherches les plus récentes, ce livre riche et suggestif décrit un long processus de construction qui se clôt avec la transformation du christianisme en religion impériale à partir du règne de Constantin, le concile de Nicée (325) et finalement celui de Chalcédoine (451). Il renouvelle profondément l'histoire concrète des quinze ou vingt premières générations de chrétiens.

  • Savez-vous que Mozart était franc-maçon ? Que Beethoven était fasciné par Bonaparte ? Que François-Joseph Gossec a mis en musique la Révolution française ? Que Strauss s'accommoda des nazis et que Chostakovitch résista à Staline ?
    Face au pouvoir, la plupart des musiciens se sont engagés et ont choisi d'entretenir avec les puissants des rapports d'admiration, de séduction ou d'opposition... Certains ont été les porte-voix de régimes politiques, comme Richard Strauss tiraillé sous le IIIe Reich entre son soutien à Hitler et le désir de conserver son indépendance musicale. Au contraire, Claude Debussy, ne pouvant être appelé sous les drapeaux en août 1914, est parti en guerre contre la musique allemande avec la volonté d'écrire la musique la plus « française » qui soit. En Union soviétique, dès le milieu des années 1930, Chostakovitch voit, lui, planer au-dessus de son épaule l'ombre de Staline, mais décide de ne pas céder.
    De Lully courtisan du Roi-Soleil à Verdi chantre de l'unité italienne, d'Hector Berlioz partisan des Trois Glorieuses à Mikis Theodorakis affrontant la dictature des colonels, Laure Dautriche nous invite à suivre le parcours singulier de treize génies pris dans les tourments de l'Histoire. Plongée dans les révolutions, les guerres ou les dictatures, leur musique a toujours fini par triompher.

  • Sommes-nous tous Africains, émigrés du « berceau de l'humanité » ? Qu'a été, ou qu'est toujours, la Françafrique ? Comment « l'Islam noir tolérant » a-t-il donné naissance au djihadisme au Sahel ? L'Internet et la téléphonie mobile révolutionnent-ils le quotidien africain ? Comment expliquer la percée de la Chine en Afrique ?

    Faire le tour d'un continent sept fois plus vaste que l'Union européenne en explorant son histoire, sa culture, ses évolutions sociales, économiques, politiques et géopolitiques, ses épreuves du passé - esclavage, colonisation, guerres - et ses promesses d'avenir, tel est le pari ambitieux de ce livre.

    L'exceptionnelle jeunesse de l'Afrique marque ses réalités contemporaines : 40 % de ses habitants ont moins de 15 ans. Le quasi-doublement de sa population d'ici à 2050 va décupler les défis comme les opportunités. L'Afrique trouvera-t-elle les moyens pour nourrir, loger, former et employer tous ses jeunes ?

    Le niveau de son développement, de sa stabilité politique et de son état sanitaire, le rythme de l'émigration ou sa contribution à la (dé-)pollution de la planète concernent plus que jamais l'Europe et le reste du monde. Voici 100 clés pour mieux comprendre les enjeux présents et futurs de la « jeune Afrique ».

  • Qui mieux que Gilbert Martineau, consul honoraire de France à Sainte-Hélène de 1956 à 1987, aurait pu établir une chronique minutieuse des années vécues par Napoléon dans l'île de 1815 à 1821 et faire sentir les lieux, le climat, la flore, dire à quel point ce rocher pouvait paraître dérisoire à l'ancien maître de l'Europe ; peindre l'inconfort de Longwood, décrire ces interminables saisons pluvieuses et embrumées, faire revivre ce monde clos où une vétille prenait des allures d'affaire d'État et où la médiocrité et la cupidité d'une grande partie de l'entourage impérial le disputaient à la mesquinerie et à la bêtise de presque tous les Anglais.

    Avec cette connaissance intime de l'île et de son atmosphère et disposant, outre les grands classiques, de documents disponibles depuis quelques décennies seulement, Gilbert Martineau a pu écrire, à Sainte-Hélène même, le livre complet et documenté qui renouvelle le sujet. C'est une chronique sensible, riche et vivante, de plus de cinq années qui, autant que les victoires d'Austerlitz et d'Iéna ou les fastes du Sacre, permirent à Napoléon de forger sa légende.

  • Si les sociétés coloniales des Antilles françaises sont bien connues à travers l'histoire des esclaves, celle de leurs propriétaires restait à faire. Et pour cause : c'est la chronique honteuse de dominants engagés dans une épouvantable entreprise d'exploitation de femmes, d'hommes et d'enfants.

    Pourtant, l'histoire des esclaves est indissociable de celle des maîtres. C'est celle que raconte Frédéric Régent, à travers le cas de la Guadeloupe. Il suit en particulier le parcours de quatre familles sur huit générations et reconstitue leur installation sur l'île, à partir de 1635. C'est le temps de la culture du tabac, il faut mettre en valeur les terres : ces premiers colons font appel à des engagés, des Européens, qui sous un contrat de servitude subissent de terribles conditions de travail qui préfigurent celles que subiront les esclaves. Par la suite, certains de ces engagés deviennent eux-mêmes des maîtres. Puis avec le développement de la production de sucre, les esclaves sont de plus en plus nombreux à être importés d'Afrique. Ces maîtres ont recours à une extrême violence. Toutefois, du fait du faible nombre de femmes européennes, certains s'unissent avec leurs esclaves. Au gré de la fortune, quelques-uns de leurs descendants passent pour blancs, tandis que d'autres forment la catégorie des libres de couleur. La production de sucre fait la richesse de ces propriétaires. À travers leurs habitations, ils mettent en place des entreprises mobilisant d'énormes capitaux en s'intégrant à une économie connectée au monde. Les maîtres de la Guadeloupe constituent bien un des acteurs moteurs d'une des principales puissances de l'Europe moderne.

  • Justinien devient empereur romain d'Orient en 527. Pendant près de quarante ans, le souverain de Constantinople poursuit un seul but : réformer, agrandir, unir son empire dans la même foi chrétienne et en faire la plus grande puissance du monde méditerranéen.

    Empereur « qui ne dort jamais », Justinien a unifié le droit avec le Code justinien et de nombreuses lois (les Novelles) ; il a été le bâtisseur de nombreux monuments, dont la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, chef-d'oeuvre de l'art byzantin ; empereur chrétien, il a adopté une politique religieuse offensive envers les dissidents, païens ou hérétiques ; il s'est engagédans la définition de la doctrine orthodoxe, a publié des édits doctrinaux, organisé des conciles.

    À l'extérieur, à l'aide de généraux de valeur - Bélisaire, Narsès -, il a défendu l'empire efficacement contre les attaques de la Perse et contre celles de nombreux peuples barbares. La reconquête de l'Afrique du Nord et de l'Italie, que les Vandales et les Ostrogoths avaient enlevées, fut un de ses immenses succès. Si son long règne ne fut pas sans ombres - persistance des divisions dansl'Église, reconquêtes éphémères en Occident -, Justinien a conduit l'Empire romain à son apogée.

  • Malgré l'évolution des procédés militaires, l'essence de la guerre ne change pas. La compréhension des conflits actuels suppose de savoir décrypter les formes guerrières d'aujourd'hui d'après les principes stratégiques de toujours.

    La pensée stratégique occidentale peine à définir une ligne d'action crédible face aux « nouvelles conflictualités » : elle est écartelée entre la tentation du tout-technologique et la fascination pour les approches venues de la sociologie, de l'anthropologie, de l'ethnologie, etc. Or, la technique n'est qu'un facteur de l'équation stratégique et les sciences sociales, certes indispensables, ne sauraient se substituer aux connaissances militaires fondamentales. Ce sont ces connaissances que les auteurs du présent ouvrage, historiens de la stratégie et professeurs à l'École de guerre, nous font découvrir.

  • Oui, Marie-Antoinette a vécu un véritable roman d'amour avec le comte de Fersen. Cette question, qui a bouleversé tous ceux qui se passionnent pour la reine, est enfin résolue grâce aux preuves irréfutables apportées par une technologie de pointe appliquée aux lettres qu'elle a échangées avec le gentilhomme suédois. La correspondance miraculeusement retrouvée en 1982 comportait des passages raturés illisibles. Soumis à la fluorescence des rayons X, ils ont révélé leurs secrets en 2020. Evelyne Lever, qui avait été l'une des premières à consulter ces précieux documents, a eu le privilège d'assister à leur « décaviardage ».

    En une dizaine de chapitres, elle retrace cette poignante histoire d'amour qui s'ébauche au début du règne de Louis XVI et se poursuit pendant la Révolution, avant de publier l'intégralité de ces lettres secrètes où se mêlent sentiments et projets politiques. La personnalité des deux protagonistes en sort considérablement enrichie.

    Une histoire fascinante.

  • Après la révélation qu'a été pour ses nombreux lecteurs
    La Mémoire des Croquants (1435-1652), Jean-Marc Moriceau
    poursuit ici sa passionnante enquête sur la vie de nos ancêtres
    paysans depuis le retour de la paix civile jusqu'à l'aube
    de la Révolution qui bouleverse les campagnes.
    Ce volume offre un accès direct aux sources en associant les témoignages
    sur l'évolution des campagnes aux confidences des acteurs eux-mêmes.
    Avec l'essor de l'alphabétisation - et la croissance de la population rurale,
    qui passe de 17 à 23 millions d'habitants -, chaque région répond à l'appel.
    Des plaines du Nord jusqu'aux villages du Queyras, les gens de la terre écrivent.
    Alternent ainsi des événements de toute nature et des faits de la vie quotidienne,
    les bonheurs et les malheurs. Avec 1 380 épisodes concrets, cette fresque
    foisonnante nous aide à sonder les reins et les coeurs, nous tenant en haleine
    sur cinq générations et trois règnes (Louis XIV, Louis XV, Louis XVI).
    Trois phases, qui ne coïncident d'ailleurs pas avec l'histoire politique,
    scandent la période : cinq décennies de fer où la pression fiscale
    de l'État et les destructions des guerres se conjuguent avec les fléaux
    de la nature (1653-1700) ; un demi-siècle de morosité où les incertitudes
    l'emportent (1701-1750) ; une génération d'espoirs enfin
    où des progrès techniques et même sociaux se dessinent (1751-1788).
    Passé 1750, l'accélération de l'histoire est patente bien qu'inégale.
    La boîte du colporteur apporte les Lumières au village.
    Arpentons les terres, les bois et les vignes omniprésents, pénétrons
    à l'intérieur des fermes, en nous immergeant dans le vécu des habitants
    sur tout l'Hexagone. Ce sont nos aïeux que nous retrouvons et qui,
    au jour le jour, ont façonné les paysages, le patrimoine matériel
    et l'économie dans lesquels nous plongeons nos racines.

  • Ils étaient si proches de conquérir l'Élysée... Mais ils ont échoué ! Pourquoi ces perdants magnifiques n'ont-ils pas atteint le sommet auquel ils étaient destinés ?
    Mendès France, Chaban-Delmas, Rocard, Barre, Delors, Balladur, Jospin, Royal, Strauss-Kahn, Juppé, Mélenchon :
    tous ont été désignés par les journalistes ou considérés par les sondeurs comme imbattables. Et pourtant, ces surdoués
    de la politique se sont cassés les dents sur la conquête de l'Élysée, battus par d'autres qui n'étaient pas forcément les meilleurs.
    Que s'est-il passé dans l'ultime ligne droite de la campagne présidentielle ?
    Pourquoi n'ont-ils pas pu ou pas voulu aller au bout de leur rêve ?
    Est-ce pour des raisons politiques ou psychologiques ?
    Sous la direction de Jean Garrigues, les meilleures plumes de la presse politique sont réunies pour nous o rir une galerie
    de portraits plus réussis les uns que les autres.

  • De la Reconquista à nos jours, l'Espagne offre le visage fascinant et énigmatique d'un pays au destin singulier où de brusques ruptures alternent avec des réveils d'une surprenante vitalité.

    Victime de sa légende noire depuis l'Inquisition et la colonisation des Amériques, l'histoire de l'Espagne reste encombrée de nombreux clichés - sur la Seconde République, la guerre civile et le franquisme - qui cachent une réalité complexe : celle d'une nation vivante mais contrariée par les vicissitudes d'un État impuissant à fédérer ses potentialités.

    Par le rythme clair et soutenu d'un « récit national », Philippe Nourry restitue une nouvelle histoire d'une Espagne flagellée aujourd'hui par la crise économique, menacée dans son unité, mais ouverte sur l'avenir.

  • Pourquoi l'Iran chiite est-il en rivalité avec le monde sunnite ? Quelles sont les causes des premières grandes discordes ? Pourquoi la reconquête de Mossoul ne signet- elle pas la fin de Daech ? Quel est le rôle des grandes puissances dans le conflit entre sunnites et chiites ?
    La discorde entre les deux principales branches de l'islam est-elle la cause principale du chaos qui règne au Moyen-Orient ? Pierre-Jean Luizard remet en perspective les raisons historiques qui ont déclenché cette seconde fitna, en référence à la discorde originelle survenue à la mort du Prophète en 632. Malgré les tentatives de rapprochements au cours des siècles, l'affrontement confessionnel prend, avec la globalisation, une ampleur inédite.

  • De l'Antiquité à nos jours, d'Hippocrate, Platon et Aristote à Foucault et Deleuze, de la « maladie de l'âme » aux névroses et aux psychoses, des temples d'Asclépios aux « HP » via l'asile d'Esquirol, Claude Quétel n'écrit pas une autre histoire de la folie, mais tout simplement l'histoire de la folie.
    « Un livre passionnant. Il nous promène à toute allure, depuis les apothicaires babyloniens jusqu'à la psychiatrie de secteur, en passant par la théorie hippocratique des humeurs, ou la grande querelle de l'hystérie à la fin du XIXe siècle. »
    Le Monde
    « Voici un livre très stimulant, un livre d'historien. Claude Quétel, spécialiste émérite, conteste l'évangile de Foucault et son grand oeuvre, Folie et déraison. Histoire de la folie à l'âge classique. »
    Lire

  • Depuis 1870, la République gouverne le peuple français. Si les Français ont largement adhéré à ce régime, c'est qu'il a contribué à leur bien-être, et surtout a permis aux plus modestes de s'élever par le travail et l'école. Pourtant, aujourd'hui, nos concitoyens s'interrogent sur les impasses de notre démocratie, les manquements face aux nouvelles inégalités et l'affaiblissement de leur État. Notre République est-elle menacée ou obsolète ?

    Pierre Vermeren revient de manière concrète sur la fabrique du républicanisme à la française. Il décrit les mécanismes et les conjonctures qui, depuis quelques décennies, ont conduit nombre de nos compatriotes à devenir méfiants envers leurs élites. Cent cinquante ans après la proclamation définitive de la République, il en retrace les constructions, les ambitions et les failles, nous questionnant au passage, en ce moment dont nous pressentons qu'il est un tournant, sur la démocratie que nous voulons pour construire l'avenir.

  • Chercher le bien commun pour Platon, penser l'homme comme animal politique pour Aristote, désamorcer la violence pour Hobbes, donner une limite au pouvoir pour Montesquieu, comprendre les logiques de classe pour Marx, concilier le souci de l'homme et l'amour du monde pour Hannah Arendt : chacun des plus grands philosophes depuis vingt-cinq siècles continue de nous dire aujourd'hui, pour notre monde, la grandeur et la nécessité de la politique.

    De manière accessible, essayistes d'envergure ou universitaires de premier plan présentent leur lecture d'une oeuvre majeure qui interpelle notre époque.

    Un livre fondamental, destiné à devenir un classique.

  • Infiltration d'agents au coeur des organisations ennemies, sabotages clandestins, éliminations ciblées, raids de commandos... autant de missions menées par les services secrets israéliens, considérés comme les meilleurs du monde. Mais cette réputation est-elle justifiée ? Comment fonctionnent-ils ? Comment leurs opérateurs sont-ils formés ? Quels ont été leurs succès et leurs échecs ?
    La seule façon pour Israël d'éviter le sort funeste que lui promettent ses ennemis, c'est d'anticiper toute action adverse. Ainsi, depuis sa création, l'État hébreu a mis l'accent sur le renseignement, les opérations clandestines et les raids préventifs pour annihiler toute menace.
    Spécialistes du renseignement et du Proche-Orient, Éric Denécé et David Elkaïm donnent à comprendre la communauté du renseignement israélienne dans son ensemble : Shin Beth (sécurité intérieure), Aman (renseignement militaire), Mossad (renseignement extérieur) et autres sayerot (forces spéciales de Tsahal). Ils passent aussi au crible leur organisation, les différentes actions qu'ils ont eu à mener, leurs relations avec le monde politique, mais aussi, leurs échecs.
    Beaucoup d'organismes et d'opérations sont ici évoqués pour la première fois : les capacités d'écoute et de guerre informatique de l'Unité 8200 ; les réseaux d'informateurs implantés au Liban ; le « service action » du Mossad ; les raids clandestins des forces spéciales en Syrie à la recherche des armes chimiques ; et surtout, la guerre secrète contre l'Iran, afin de saboter le développement du programme nucléaire de Téhéran et préparer d'éventuelles frappes aériennes.

  • Qui détient le pouvoir en Algérie ? Qu'est-ce que la « décennie noire » ? Pourquoi les Algériens se sont-ils révoltés en février 2019 ? Pourquoi l'armée a-t-elle lâché le président Bouteflika ? La jeunesse rêve-t-elle toujours de départ ? L'Algérie est-elle une alliée de la Russie ? Les Algériens détestent-ils la France ?

    Avec ses ressources naturelles importantes en gaz et en pétrole, sa jeunesse éduquée et volontaire, l'Algérie dispose de nombreux atouts. Pourtant, les Algériens se définissent comme « un peuple pauvre pour un pays riche ». L'autoritarisme du pouvoir, les freins à la création d'entreprise, le chômage, le manque de logements, l'état déplorable des infrastructures et de l'agriculture laissent le pays entravé de toutes parts, sans compter la vie quotidienne souvent compliquée. L'annonce d'un « cinquième mandat » d'Abdelaziz Bouteflika, malade et invalide, a déclenché un mouvement de contestation historique de la jeunesse algérienne. La population, entraînée massivement dans le « Hirak », réclame une transition démocratique afin que l'Algérie puisse enfin vivre son indépendance, confisquée depuis des décennies. Akram Belkaïd décrypte, en 100 questions/réponses très éclairantes, la situation politique, économique, sociétale de l'Algérie et montre pourquoi ce pays si prometteur reste enlisé dans ses multiples échecs et blocages.

  • Exploratrices ou scientifiques, les expéditions lancées à la découverte des pôles ont été des aventures extraordinaires. Depuis cinq cents ans, la France y joue un rôle de premier plan. Pour la première fois, voici retracées les incroyables épopées de ces explorateurs et marins d'exception.

    Qui se souvient de Balthazar de Moucheron ? Il est pourtant, en 1609, l'un des premiers à imaginer l'ouverture d'une route maritime au Nord vers la Chine. Savez-vous que Bougainville, après sa première circumnavigation, préparait une exploration vers le pôle Nord jusqu'à l'arrivée en 1772 d'un certain Kerguelen qui lui vola la vedette à la cour de Versailles ? Qui se souvient qu'un Français, Joseph-René Bellot, héros pour les Anglais, partit au péril de sa vie à la recherche de Sir John Franklin dans le passage du Nord-Ouest, en 1853 ? Que l'officier de marine et naturaliste Dumont d'Urville découvrit la Terre-Adélie où une station scientifique porte désormais son nom ? Mais c'est avec le commandant Charcot, homme de coeur habité par sa mission au Groenland et surnommé Polar gentleman, puis avec la fondation des Expéditions polaires françaises de Paul-Émile Victor, que la connaissance des pôles fait un bond en avant dans la première moitié du XXe siècle. Aujourd'hui, les stations scientifiques et les missions françaises tentent plus que jamais de contribuer à relever un nouveau défi majeur : le climat.

  • N'étant pas progressiste, je ne suis pas décliniste non plus. Le monde est encore trop beau pour moi. Un ver de terre n'a pas fini de me fasciner. Et je sais qu'aucune technologie ne me permettra de comprendre ma femme, ni de l'aimer mieux. Ma résistance au progressisme procède de mon accueil du monde tel qu'il est donné, jusque dans son drame.
    Je n'ai pas encore appris à bâtir une maison, cultiver un potager, penser comme saint Augustin, chanter comme Dante - pourquoi me jetterais-je sur un casque de réalité augmentée ? Je ne suis pas encore assez humain, pourquoi chercherais-je à devenir cyborg ? Ce serait, sous couvert d'être à la pointe, abandonner mon poste.
    Voici quatre-vingt-dix textes drôlatiques et profonds dans lesquels Fabrice Hadjadj s'interroge sur le devenir de notre humanité sous l'emprise croissante de la technologie et de la consommation. Se refusant à tout discours moralisateur, il transmet, par sa langue jubilatoire, une irrésistible joie de vivre, tout en dégageant les bases qui permettent de refonder notre rapport à l'économie et au politique.

  • Pourquoi sommes-nous tellement aveugles devant la réalité ? La durée de la Grande Guerre, la montée du nazisme, l'extermination des juifs, Mai 68, la chute du communisme, l'attaque du 11 septembre 2001, les crises économiques ou la montée de l'islamisme radical : autant d'épisodes de notre siècle qui ont bouleversé l'ordre du monde et nous ont pris au dépourvu. À l'heure où l'on n'a jamais été autant informé, où les experts se bousculent, où les éléments d'analyse se multiplient, disponibles aujourd'hui quasiment en temps réel, l'implacable catalogue des situations que l'on n'a pas anticipées ne cesse de s'allonger. Moments critiques où pays entiers, dirigeants politiques ou simples citoyens, n'ont pas su, n'ont pas pu ou n'ont pas voulu après coup voir la réalité des faits. Tous ont été en proie à différentes formes d'aveuglement : manque de discernement ou de connaissances, déni, crédulité, poids des illusions ou des doctrines. Aveuglés aussi faute de courage devant les tragédies ou les convulsions en cours. Mais peut-on tout prévoir ? Face aux retournements de l'Histoire, est-il possible d'en imaginer l'issue, d'agir ou de les comprendre ? Avec rigueur et passion, le grand historien Marc Ferro explore ces questions, décrypte les causes des aveuglements de notre monde et repère la lucidité de quelques visionnaires. Entièrement inédite, son enquête éclaire notre réflexion et aide à plus de clairvoyance.

  • Napoléon croyait-il en Dieu ? Avait-il peur de la mort ? Pourquoi portait-il un uniforme de colonel alors qu'il était général ? Fut-il le fossoyeur de la Révolution ? Comment a-t-il géré la dette publique ? Son armée était-elle la meilleure du monde ? A-t-il ruiné la France ? Napoléon est l'un des personnages préférés des Français. Malgré la profusion de biographies, il demeure un mystère. En cent questions à la fois simples et insolites, évidentes comme inattendues, qui explorent le Napoléon intime et s'interrogent sur le bilan de son action, Thierry Lentz fait le point sur cet empereur fascinant. Son ouvrage n'est pas une biographie de plus, mais un puzzle en cent pièces, où il s'est attaché à apporter le maximum d'informations, à nourrir ses réponses d'anecdotes nouvelles, qui s'adressent à l'étudiant, au professeur, à l'amateur d'Histoire ou au passionné.

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