• Depuis le début de sa carrière de bourreau en 1891, Anatole Deibler a pris pour habitude de noter dans des carnets d'écolier de toile grise, en face de la date et du lieu de la condamnation, les noms de chaque condamné à mort et leur « curriculum vitae ». Une liste interminable de parricides, de satyres, d'égorgeurs, d'assassins, d'empoisonneurs de tous âges et de toutes conditions. Une fois l'exécution menée à son terme, Anatole Deibler complète son catalogue : en face du nom du condamné une croix tracée à l'encre bleue signifie qu'il a été gracié, le texte rayé d'un trait bleu, que le verdict a été cassé, enfin, une croix rouge cerclée de noir, qu'il a été guillotiné... Ces derniers auront le privilège de constituer ce qu'Anatole appelle « son palmarès ». Les extraits de ces carnets sont complétés par des photos inédites : les derniers portraits des condamnés à mort exécutés tels que conservés par les archives de la police nationale. Au-delà du témoignage historique, cette litanie de visages hallucinés ou résignés, apeurés ou bravaches, et ces fragments de vies brisées donne un éclairage tout particulier sur cette « Belle Époque », dont la nostalgie fait oublier la violence.

  • Entre 1842 et 1871, c'est-à-dire jusqu'à l'incendie du bâtiment lors de la Commune de Paris, la cour des comptes, aux côtés du Conseil d'État, a siégé au Palais d'Orsay. L'édifice se trouvait à l'emplacement de l'actuel musée d'Orsay. Le Palais fut incendié comme d'autres symboles de l'État. Mais, contrairement à l'Hôtel de Ville, au Louvre, au Palais de Justice et l'hôtel de Salm, il ne fut pas reconstruit. La République vendit le terrain et les ruines à la compagnie des chemins de fer d'Orléans et ainsi fut édifiée la gare d'Orsay. La Cour des comptes, quant à elle, fut réinstallée dans les vestiges d'un ancien couvent de la rue Cambon.



  • Ce livre est la suite chronologique du précédent ouvrage d'Yves Perrousseaux, consacré à l'époque qui court de Gutenberg au XVIIe siècle. L'ensemble est conçu pour proposer une vision générale et relativement complète de l'histoire typographique.
    Depuis son invention, au XVe siècle, le tracé des lettres typographiques s'est toujours inspiré de celui des lettres calligraphiées alors en usage. À l'époque des prototypographes, il s'agissait de concevoir des caractères imitant au plus près les écritures gothiques, car le livre imprimé n'avait comme raison d'être que de reproduire industriellement le livre manuscrit, voire d'en faire des fac-similés. Avec le temps, le tracé des lettres typographiques a nécessairement évolué et, à leur tour, les calligraphes se sont inspiré de ces formes nouvelles. Dans le courant du XVIe siècle, la typographie romaine prend le pas sur la typographie gothique. Au siècle suivant, certains maîtres d'écriture, calligraphes renommés, s'inspirèrent du tracé des Garaldes, mais ils le modifièrent quelque peu en y apportant des caractéristiques pertinentes que le « Romain du roi » (caractère créé pour l'Imprimerie royale, et prototype des caractères de la famille des Réales) va reprendre à son compte.
    L'écriture typographique du XVIIIe siècle se caractérise par ces nouveaux caractères, par une constellation d'ornements modulables et autres vignettes à combinaisons, par des formats d'imprimés et des configurations de titres et de textes entièrement différents de tout ce qui avait précédé, certaines préfigurant les éditions de bibliophilie du début du XIXe siècle.


  • Il est devenu banal de dire que nous sommes entrés dans la civilisation de l'image. Les images animées, numériques, virtuelles façonnent notre monde avec une force sans précédent. Mais elles s'enracinent aussi dans une longue histoire, où la chrétienté médiévale a joué un rôle décisif : en osant - contre le vieil interdit biblique - faire et adorer les images, et même donner figure humaine au Dieu incarné, le Moyen Âge a ouvert d'immenses possibilités à la création plastique et à l'imaginaire individuel et social.
    Ce livre s'attache à saisir ensemble, dans leur développement historique, les conceptions de l'imago médiévale et les pratiques rituelles (religieuses ou politiques) et fantasmatiques dont les images furent l'objet depuis le Haut Moyen Âge jusqu'à la Renaissance et la Réforme. Aux images matérielles, en deux ou trois dimensions, l'auteur associe les images visionnaires et oniriques qui permettaient de les légitimer et de se les approprier, comme s'il s'agissait de personnes vivantes, douées de corps et de sang, de parole et de mouvement...
    L'image est l'une des manières par lesquelles une société se re-présente le monde, c'est-à-dire se le rend à nouveau présent pour le penser et agir sur lui.

  • Ce livre de photographies, tel un carnet de bord, retrace l'aventure scientifique de la reconstruction et de la navigation, selon les techniques antiques, d'un bateau grec archaïque du VIe siècle av. J.-C., baptisé Gyptis. Accompagné d'un texte court et didactique, il nous explique, de la découverte de l'épave à Marseille en 1993 jusqu'à la mise à flot de sa réplique en 2013, comment les descendants des premiers colons de Marseille, venus de leur lointaine mer Égée, ont construit ce bateau " cousu ", entièrement assemblé par ligatures, et ont navigué sur cette grande barque côtière à voile carrée. Les photographes, Loïc Damelet, Christine Durand et Philippe Groscaux (†) du Centre Camille Jullian, laboratoire d'archéologie méditerranéenne d'Aix-en-Provence (Aix-Marseille Université, CNRS) à l'origine du projet, ont saisi jour après jour chacune des étapes de ce défi afin d'illustrer aussi bien le travail des charpentiers que celui des archéologues, tels Patrice Pomey et Pierre Poveda, qui ont conçu et réalisé le Gyptis.

  • Louis Bassères, natif de Saint-Laurent-de-la-
    Salanque, a entrepris ses recherches en 1985 suite à la découverte, dans son grenier, d'un album de cartes postales appartenant à son grand-père, le général François Bassères. A partir de ce moment, il s'est attaché à récupérer des photos concernant l'ancienne base d'hydravions Latécoère. Il a commencé par contacter les habitants du village, a passé des annonces dans l'Indépendant des P.-O. puis dans La Dépêche de Toulouse. Par la suite, il s'est mis en rapport avec le musée d'hydravions de Biscarrosse dans les Landes, ainsi qu'avec la fondation Latécoère chapeautée par Marie-Vincente Latécoère. Après avoir consulté les archives de l'Indépendant des P.-O, et ayant réuni suffisamment de documents, il fait appel à son ami Jean-Pierre Bobo pour rédiger l'ouvrage. En effet
    celui-ci possède déjà une certaine expérience, ayant écrit il y a une quinzaine d'années, l'histoire de l'aérodrome de Perpignan-Llabanère. Louis Bassères est membre du Club Cartophile Catalan, du Club Carto Midi-Pyrénées, de l'Association Mémoires d'Hydravions, du Cercle Aérophilatélique Français ainsi que de l'Association « Donner des Ailes ».

  • Ce livre propose au lecteur la première histoire de Saint-Flour qui embrasse la période s'étendant de l'implantation du village gallo-romain du Bel Air jusqu'à l'époque contemporaine, avec un luxe d'illustrations, dont beaucoup sont inédites.

  • Thibaut d'Hangest et Gontran de Livarot, servant tous deux dans les armées de François Premier, par un heureux hasard, se sauvèrent réciproquement la vie le jour de la fameuse bataille de marignan. Leur mutuelle reconnaisance les attaccha l'un à l'autre; pendant pusieurs années, ils ne se quittèrent pint : mais des circonstances relatives à leur fortune, les forcèrent d'abandonner les camps, et de se retirer dans leurs terres. Les biens de Thibaut étaient situés en Picardie. Gontran avait les siens en Normandie. La necéssité de vivre séparés leur fit sentir une peine véritable. ils se promirent que l'éloignement n'affaiblirait point leur amitié.

  • L'édit de mars 1685 qui définit le cadre réglementaire de ce qui deviendra ultérieurement le Code noir, se fixe pour objectif de « maintenir la discipline de l'Eglise catholique, apostolique et romaine ». Les six premiers articles portent sur le respect des rites, des oeuvres et des sacrements de la dite Eglise aux colonies ; baptême et ­instruction religieuse, repos du dimanche.
    La présence missionnaire aux colonies, à cette époque, est conséquente. Les pères Dutertre et Labat comptent parmi les premiers chroniqueurs de la nouvelle société coloniale des îles.
    Cet ouvrage, qui présente la crise religieuse dans les trois décennies pré-révolutionnaires, est ainsi un jalon important dans la connaissance des sociétés coloniales, martiniquaise en l'occurrence. Il incite en creux à un prolongement pour la période révolutionnaire, et surtout impériale, encore bien mal connue, pour faire le lien avec les perspectives tracées pour le xixe siècle par Philippe Delisle (Catholicisme, esclavage et acculturation au XIXe siècle, Ibis Rouge).
    Mêlant histoire institutionnelle, ­histoire sociale et histoire culturelle, Cécilia Elimort très jeune chercheuse s'inscrit avec brio dans le renouvellement à l'oeuvre de la recherche en histoire de la colonisation moderne.

  • Des soldats guyanais, issus d'une société qui n'a pas connu la guerre et ne possède pas de tradition militaire, sont amenés à partir de 1914 à aller combattre en France, la « mère patrie » que la plupart d'entre eux ne connaissent pas, mais également sur les différents théâtres d'opération de la Grande Guerre, au sein de l'armée coloniale ou dans des régiments métropolitains.

    Le « contingent » fourni par la Guyane en 1914-1918 a été numériquement faible, au regard du nombre de soldats venus des autres territoires de l'Empire. Avec les soldats antillais, les conscrits guyanais ont eu peu de place dans l'historiographie des coloniaux de la Grande Guerre. Pourtant, ils prirent leur part de courage et de souffrance, ils connurent l'héroïsme, le doute et la peur, comme l'ensemble des combattants. Certains ont laissé leur vie sur le champs de bataille, d'autre moururent de maladie, ou furent mutilés, dans leur corps ou dans leur âme.
    Cet ouvrage se propose de faire mieux connaître ce que fut la Grande Guerre pour cette colonie, et pour ses soldats, de découvrir les itinéraires personnels de quelques uns d'entre eux, et enfin de porter un regard sur la construction mémorielle de la Première Guerre mondiale en Guyane après l'armistice de 1918.

  • Comment les Romains et Gallo-romains pratiquaient l'envoûtement et la malédiction. Une plongée spectaculaire dans le quotidien d'un univers rarement évoqué de l'Antiquité.

  • Dans des travaux antérieurs, l'auteur a contribué à la mise au jour des traits marquants de la société guyanaise d'avant la départementalisation. Il propose ici une nouvelle approche de l'histoire guyanaise du rétablissement de l'esclavage par Napoléon (1802) à la départementalisation (1946).
    L'idéologie de la solidarité nationale ainsi que les pratiques sociales de la période départementale (1946-1999) ont eu tendance à évacuer de la mémoire collective le fait colonial dont le poids est pourtant déterminant dans les attitudes et les comportements, au temps de l'esclavage comme après l'abolition. C'est à la lumière du fait colonial que l'auteur saisit la vie économique, sociale et politique. Ainsi, en dépit de signes avant-coureurs d'une résistance à l'assimilation, pour se libérer des pratiques racistes du système esclavagiste, la petite bourgeoisie guyanaise naissante met toute sa foi dans le processus de francisation ; une certaine conception de la vie politique dans les colonies impose aux Guyanais le spectacle de scrutins électoraux manipulés, à l'abri de toute inquisition ; la production du territoire évolue sous le signe d'une dépendance économique que les aménagements effectués depuis la départementalisation, enfin obtenue en 1946, ne parviendront pas à réduire de façon significative. Les extraordinaires mutations, qui ont fait du département un pays à haut niveau de vie, ne doivent donc pas masquer une histoire coloniale, responsable de puissantes contradictions rendant plus difficile la résolution des problèmes économiques, culturels et politiques de la Guyane.

  • A partir de moments choisis dans la riche histoire du Périgord, ce livre raconte le cheminement d'une réflexion et la tentative de cerner ce qu'est l'âme périgourdine. Il fait appel à la discipline historique sans négliger la propre sensibilité de l'auteur et son implication dans le récit d'événements qui ont marqué le Périgord. Il nous mène à comprendre pourquoi, comment et en quoi le département de la Dordogne tient une place privilégiée en France.

  • Cet ouvrage présente de manière précise et exhaustive les évènements et les personnages d'une révolution qui a changé le monde à jamais. Des " clips " réalistes permettent de comprendre le paradoxe de la situation des Etats européens, des instantanés révèlent les moments clés et des extraits de courriers peu connus dévoilent la psychologie et la motivation des acteurs. Derrière cette présentation, un fil rouge : l'analyse d'une realpolitik qui n'avait pas encore son nom.

  • A la croisée du dialogue des civilisations, cet ouvrage révèle des aspects insoupçonnés de la traite des Africains et de leur histoire.

  • Dès ses origines, le tourisme prit des formes saisonnières, dont la plus importante fut l'hiver dans le Midi. Cette migration conduisait des rentiers de toute l'Europe et même d'Amérique vers des bourgades transformées en villes d'hiver (Nice, Hyères, puis Pau, Cannes, Menton et Montecarlo), attirés par le climat, la végétation exotique, les fêtes et les jeux. Le déclin se fit sentir après 1929. Les anciens lieux de l'hivernage ont gardé leur forte réputation et gagné de nouveaux adeptes. La fréquentation est plus mélangée, en partie populaire et plus estivale...

  • Les textes rassemblés ici évaluent l'oeuvre d'Albert Schweitzer à Lambaréné, au Gabon. Ils en élucident la pertinence pour caractériser son humanisme ou y trahissent ses faiblesses pour en dénoncer l'idéologie coloniale. C'est donc une lecture critique à laquelle se sont soumis les auteurs. La diversité d'angles indique l'objectivité face à l'histoire, avec des perspectives historique, littéraire, philosophique et sociologique.

  • Cette réédition du livre unique d'un jeune historien libéral mort en avril 1945, constitue à la fois un événement pour la pensée politique et un hommage à un destin intellectuel hors du commun. Ce livre représente une réflexion essentielle pour saisir aussi bien la dimension politique des enjeux économiques que les conséquences définitives de la Première Guerre mondiale et la capacité des démocraties, en face d'un second conflit mondial sans équivalent dans l'histoire, de s'armer et de combattre les totalitarismes. " Voici Keynes mis en accusation, et l'accusation est formidable... " (Sunday Times, 1946). " Un des livres les plus importants de ce siècle. " (The Daily Telegraph, 1995).

  • Les différences culturelles sont infiniment complexes. Parfois il est agréable de les ressentir, parfois il est nécessaire de les comprendre, ou, tout au moins, de les lire. Cet essai trace les contours de la diversité culturelle à travers quelques grandes dates qui marquent l'apparition de nouvelles façons de penser. Nomadisme ou sédentarité, oralité ou écriture idéogramme ou alphabet, analogie ou analyse, polythéisme ou monothéisme, écriture manuscrite ou imprimerie, peu à peu les hommes choisissent ou non une nouvelle façon de penser, d'agir, qu'ils vont céder à leur descendance...

  • En ce début du XXIe siècle, beaucoup pensent encore que le peuple gitan est un monde fermé, impénétrable, replié sur lui-même, hostile à toute communication extérieure qui mettrait en péril son intégrité et sa survie. Et pourtant, nombreux sont les membres de cette communauté qui aspirent à briser ce mur de silence et d'incompréhension. Ce livre s'inscrit dans une perspective de dialogue. Il réunit les témoignages d'une quarantaine de Gitans et Gitanes de la ville et de sa région, sur la vie quotidienne, les traditions, la condition féminine, la religion, l'école, le sida, etc.

  • Dans les bîmâristâns, la beauté, l'harmonie, la pureté des lignes sont étroitement liées à l'histoire de la folie. Cet univers fascine et interroge sur les institutions qui de tous temps ont tenu à l'écart ceux dont la différence dérange. Françoise Cloarec se demande à travers son étude des hôpitaux médiévaux du Moyen-Orient, en passant par l'Italie du sud et l'Espagne, s'ils ont influencé les traitements et la construction des établissements de soins occidentaux.

  • Le siècle des Lumières envoie ses grands voiliers de la Marine royale française à la découverte de mondes nouveaux. Trois grandes expéditions qui révéleront au monde des peuplades, des coutumes et des merveilles inconnues, ont ouvert de nouvelles voies maritimes et fait progresser la navigation et les sciences. Chacune avait aussi en commun la présence singulière d'une femme à bord : Jeanne Baret, Ann Smith et Louise Girardin partagèrent avec de rudes marins les épreuves de ses voyages.

  • Qui sont les Kurdes ? Quelle place occupent-ils dans le puzzle du Moyen-Orient ? Quels sont les enjeux géopolitiques de la lutte du peuple kurde pour la reconnaissance de ses droits nationaux ? Pourquoi constituent-ils, au XXIè siècle, la plus grande nation du monde sans Etat ? Cet ouvrage dresse le bilan de l'histoire des Kurdes sur plusieurs siècles, de la fondation de l'empire Mèdes au VIIè siècle avant J.-C. jusqu'au XXIè siècle.

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